III. — P AR LA MANŒUVRE
En aucun cas nos détachements ne doivent être expédiés sans avoir reçu communication des renseignements du moment. Tout chef de troupe en mouvement doit venir prendre langue, dans les postes qu’il traverse, avec le chef du service des renseignements. Il serait désirable que les caravanes et gueftlas en fissent autant. Bien souvent il leur suffirait de retarder d’un jour ou deux leur mouvement pour éviter une catastrophe.
En tout cas, quand il y a danger, il est du devoir de l’officier de renseignements de prendre les mesures qu’il convient : soit arrêter le mouvement, soit même simplement prévenir.
M!*SBtGNSMP.NT» CfU/lNIAUX. N®* 7 et 8.
Tout détachement doit appliquer strictement en toutes circonstances nos règlements relatifs à la sécurité en marche et en station. Une troupe qui se meut avec un service de sûreté bien compris n’est jamais attaquée par un djich. Quand un petit nombre d’hommes se rend non loin d’un poste pour assurer une sécurité quelconque, il faut qu’ils varient leur itinéraire et qu’ils n’emploient pas toujours le même procédé de protection.
Un homme qui passe plusieurs fois de suite au même endroit, à peu près à la même heure, est guetté ; il est à peu près sûr un jour ou l’autre de tomber dans une embuscade.
Quand un petit détachement doit traverser un défilé à flancs inaccessibles ou d’une longueur telle que par ses propres moyens il ne pourrait songer à assurer son propre flanquement, alors il doit s’engager dans ce défilé en colonne par un, les hommes placés à un minimum de 5 pas de distance, quitte à avoir un allongement considérable, cela pour éviter de tomber en masse dans une embuscade, et pour avoir des hommes éloignés du point d’attaque, encore disponibles pour la défense et la riposte.
A ce propos, il ne faut jamais se fier aux fezzas chargées d’assurer la sécurité le long de la route. Il arrive trop souvent qu’elles font, ou cause commune avec les djicheurs, ou qu’ayant peur de se compromettre elles n’occupent pas les points utiles. Il ne faut les considérer que comme un surcroît de sécurité.
Tout détachement en circulation qui n’a pas une mission s’y opposant nettement doit, de son propre mouvement, entamer la poursuite d'un djich qui vient d’opérer dans ses parages ou attaquer quand il lui est signalé dans son rayon d’action.
Ceci s’impose, en tout cas, à un chef de poste qui a des effectifs disponibles, et liberté d’allures doit être donnée au chef envoyé en poursuite.
Enfin, il ne faut jamais, sur un parcours éloigné d’un poste, lancer un détachement d'un effectif inférieur à la force moyenne des djiouch en circulation dans le pays.
Dans le même ordre d’idées, un chef de poste ne doit pas hésiter, quand il a une sécurité à assurer dans son voisinage, à envoyer un détachement qui réponde comme effectif à ce même principe. Il lui est plus facile dans son poste, derrière ses murs organisés, de se défendre avec une garnison très réduite.
Enfin, il faudrait, pour déjouer les combinaisons arrêtées par les djicheurs, toutes les fois que cela est possible, éviter de lancer les convois, les détachements de liaison, à des dates fixes.