‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 3)Chapitre 8 sur 134 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Prise et occupation de Douala.

Le vendredi 25 septembre 1914, aux premières lueurs du jour, le mont Cameroun apparaît, énorme cône bleu foncé dominant une ceinture de nuages blancs et gris. Les navires français pénètrent dans l’estuaire du Cameroun. A la lorgnette, on aperçoit toute une flotte à l'ancre, dont nous approchons avec lenteur. A notre gauche, au-dessus des nuages, la masse sombre du Cameroun; derrière nous, la silhouette conique de Fernando-Pô; adroite, une côte basse, couverte d’arbres. Un peu plus tard, Y Amiral-h ourichon mouille derrière le Bruix , à côté du croiseur anglais Cumberland. Dix-huit navires en rade, battant pavillon anglais et français, sans compter les remorqueurs, les chalands, les chaloupes à vapeur et à pétrole qui vont et viennent sans arrêt.

Après avoir conféré avec le général, le colonel réunit à bord de Y Amiral-Fourichon les chefs des diverses unités de la colonne et donne ses ordres. Les Anglais commenceront à débarquer le 26 dans la rivière Dibamba, au sud de Douala; les Français suivront, en plusieurs échelons. Le croiseur Challenger bombardera la ville.

Au coucher du soleil, le mont Cameroun apparaît entièrement dégagé des nuages. La nuit tombe. La lune brille dans le ciel clair et baigne de ses rayons pacifiques les navires immobiles. Et c’est pourtant la veillée des armes.

La pluie recommence pendant la nuit. Le ma-

Page 1