‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 4)Chapitre 3 sur 75 · II. — Paul Leut'wein · texte numérisé non relu

II. — Paul Leut'wein

Un autre écrivain qui a pris la Mittel Afrika pour thème spécial, c’est le D' P.Leutwein, fils du général Theodor Leutwein qui fut gouverneur du Sud-Ouest-Africain Allemand de 1898 à 1905. J’ai sous les yeux le petit livre d'environ 50 pages, inlilulé Mittel Enropa Mittel Afrika, qu’a publié Paul Leutwein en 1917, 11 tire les mêmes conclusions que leD’’0. Karstedtde l’étonnante et énergique résistance des colonies allemandes durant cette guerre.

Si les trois colonies : Sud-Ouest-Afrlque, Cameroun, Est-Afrique, séparées comme elles l'étaient les unes des autres et non préparées, se sont montrées un facteur réellement positif dans les forces engagées dans cette guerre, combien plus grande serait l’efficacité d’un vaste et unif|ue empire colonial pourvu de tous les moyens de la guerre scientificpie moderne contre toute attaque ennemie par terre ou par mer! Un tel dominion colonial, établi au vu des expériences de cette guerre, serait absolument invincible (p 47).

Loutwein rapporte le projet de Mittel Afrika tout à fait dans les mêmes termes que Karstedt, mais il a un sens plus fin de l’incertitude de l’avenir, incertitude qui doit jeter sur tout cet impérial projet une ombre et un doute.

«Le développement de la guerre dans les colouies^-ditil, nous a appris que les petits territoires cohrnttmx sont difficilement capables d’une sérieuse défense. Aussi devous-nous, pour l’avenir, y renoncer. D autre part, le caractère décousu de nos possessions si éparpillées et sans bonnes frontières a rendu ce désavantage particulièrement sensible ..

Il est naturel (lu’il existe un désir urgent de voir notre territoire colonial prendre une nouvelle forme... 11 a été proclamé un peu partout que l’honneur de l’empire aile-

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

mand exige que nous recouvrions toutes nos colonies. Le point de vue est sentimental et en outre il n’est pas exact. Au moyen de compensations équivalentes, territoriales ou commerciales l’honneur de l’Allemagne ne serait pas moins eauvegardé ; et, tout à lafois, le chemin serait rendu plus facile vers une entente avec nos ennemis actuels.

Beaucoup de politiciens coloniaux arrivent, chaque jour davantage à cette conviction qu’un territoire étendu en Centre- Afrique (touchant à la fois à l’océan indien et à l’Atlantique) nous fournirait les conditions favorables à notre future activité coloniale. Ce domaine devrait renfermer nos plus Importantes possessions (le Cameroun, l’Est- Africain et la moitié septentrionale du Sud Ouest-Africain) et être amalgamé en un seul tout par l’annexion du Congo belge, ainsique par celle de bandes de territoires provenant des possessions britanniques, françaises et portugaises ainsi qne du Sud-Afrique anglais. La délimitation précise delà. Mittel Afi'ica allemande doit être laissée en dehors de toute discussion pour des raisons de sagacité politique. Des mémorenda détailles ont été préparés sur ce sujet qui doivent pour l instant rester confidentiels.

Bornons-nous à ceci : la Mittel- Africa allemande en tant que terrain destiné au peuplement, en tant que facteur économique et comme l)ase de pouvoir politique, se révélera comme donnant satisfaction à toutes les exigences. L’idée qui a présidé à cette délimitation a été d’assurer de bonnes chances de succès dans les négociations nécessaires en ce qui concerne les concessions réciproques et de fixer les nouvelles frontières de telle façon qu’elles donnent le moins possible d’occasion de frictions à l’avenir.

Le projet renferme une demande ma.vimum et une demande minimum onire lesquelles, suivant l’issue finale de la guerre et selon l’habileté de nos négociateurs, la délimitation définitive sera, selon toute probabilité, fixée (pp. îiO, 51.)

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