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V. — L’artilleriede la Division Marocaine

LA CONQUÊTE DE L’AFRIQUE ORIENTALE ALLEMANDE : Rapport du général van Deventer.. 107 Bibliographie 117

Sitpplément à VAfriqut Française de mai-juin 1919

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Raconter Thistorique de la D. M., ce serait presque raconter toute la guerre !

On sait déjà qu’elle fut formée d’éléments pris parmi les troupes d'occupation du Maroc (l). Ce fut pour ces troupes, que leur ardeur guerrière avait, sous la couduite habile et vigoureuse du général Lyautey, eutrainéesdaus les profoudeursdu Maghreb, un euttiousidsme indescriptible. » Constituée sous les ordres du général Humbert, la 1'® division du Maroc comprenait au début de la guerre deux brigades, la première, commandée par le général Blondlat, comprenait un régiment d’infanterie coloniale qui devint le glorieux R. I. C. M, et un régiment de zouaves; la deuxième, commandée par le colonel Cros, mort au champ d’honneur, comprenait un régiment de tirailleurs etuQ régiment mixtede tirailleursetdezouaves.

Et tout de suite ce fut l’entrée en Belgique, puis le repli sur la Marne, les combats de Saint-Prix et du château de Mondement, les marais de Saint-Gond et la victoire déjà Marne, et ensuite la poursuite.

Le 1" octobre 19 U, la division marocaine est réorganisée avec les éléments qu’elle gardera jusqu’à la (in de la guerre, le 4® (2) et le 7® tirailleurs, le 8® zouaves et le régiment de marche de la légion étran gère, sons le commandement du général Blondlat (3).

Ce qu’elle a fait, les notices qu’on va lire et celle que nous avons déjà consacrée au 8‘ zouaves et celle qui sera sans doute publiée à la gloire de la Légion étrangère le diront.

Nous couronnons ces récits en publiant ci-après le dernier chapitre des a Pages de Gloire » de la ü. M.

Mais ici nous devons enregistrer ses citations collectives. Le 22 septembre 1914 le général Foch la citait à l’ordre de Farmée. Le 10 mai 1915 le général Joffre la citait « à l’ordcc des armées ». Le 2-5 octobre 1915 le général de Castelnau la citait encore à l’ordre des armées.

Quant à ses régiments ils obtenaient : le régiment de marche de la Légion étrangère 9 citations et la double fourragère, honneur qu’il partage avec le seul R I. C. M. ; le 8® zouaves 7 citations et la fourragère rouge; le 4® tirailleurs G citations et la fourragère rouge ; le 7® tirailleurs G citations et la fourragère rouge. C’est la première division de l’armée française dont tous les régiments ont porté la fourragère rouge.

plus l’artillerie deladivision marocaine a obtenu quatre citations (plus une citation de batterie et une de groupe), le 12® bataillon de chasseurs malgaches 3 citations, les compagnies du génie 4 citations, le bataillon de légion russe 2 citations, le groupe de brancardiers divisionnaires 1 citation, l’escadrille B. R. lOi 2 citations. Enfin la croix de la Légion d honneur a été conférée au drapeau du régiment de marche de la Légion étrangère.

La Ü. .M. a été commandée successivement par les généraux Humbert, Blondlat, Codet, Dégoutté, et depuis septembre 1917, par le général Daugan. Les comm nidauts de brigadeontété lescolonels Méricnne- Lucas. Lavenir, -fPein, Delav m, Deraetz, Miltelhausser, Bouchez (l'® brigade), j-Oros, d’Anselme, yGirodoa, Schuhler, Bertrand, (2‘ brigade) tous des Africains.

(1) N JUS rappelons que la D. M. ne comprenait pas, pendant la guerre, les troupes marocaines proprement dites, tirailleurs cl spahis mirocains, qui ont conquis de leur coté une gloire immortelle.

(2) Le i‘ tirailleurs est passé à la deu.\ièmc Division Marocaine en juillet 1918.

(o)"A noter qu'en outre de ces quatre régiments qui en ont été la base, la D. M. a compté, à certains moments, outre l'artillerie et le génie divisionnaires, des chasseurs d’Afrique, une légion russe, le 43“ et le 27“ hatiillois sé iégahis et le 12’ bataillon malga’ he.

Actuellement elle est aux bords du Rhin, La Légion étrangère Ta quittée, le 4® tirailleurs tunisiens est rentré en Afrique et se trouve maintenaat à 'l’aza.

A la Légion le général Daugan a adressé 1 adieu suivant :

Q. G. le 22 mars 1919.

Ordre général n° 2.915.

La Légion s’en va !

Depuis notre arrivée sur celte terre promise des bords du Rhin, bien d’autres, hélas! nous ont déjà quittés; nous les avons tous sincèrement regrettés.

Mais aujourd’hui le départ de la Légion jette dans la division entière, dont ellei partage depuis quatre aus et demi^les peines et les joies, une véritable consternation.

Depuis le jour lointain, mais à jamais mémorable du 9 mai 19l5 où sa puissance d’héro'isme et de sacrilice fût révélée dans toute sa beauté, jusqu’aux dernières batailles de septembre 1918, sur les lignes Hindenburg, quels hauts faits n’à-t-ellc pas accomplis! Quelles vertus guerrières n’a-t-elle pas déployées! Quels succès n’a-t-elle pas remportés !

Elle a partout forcé notre admiration, comme elle avait conquis notre afieclion.

La Légion s’en va. ... mai» les raisons de notre admiration et de notre affection ne disparaissent pas avec elle.

Bientôt, lorsque après avoir parcouru l'Alsace reconquise, après avoir cueilli dans une traversée triomphale les acclainalioris enlliousiastes de la capitale, elle reprendra dans son berceau d Afrique, le cours de ses exploits légendaires et fera rayonner à travers le monde la gloire de la France, nous applaudirons encore à ses succès.

Nous serons fiers de pouvoir dire ;

« Au cours de la grande guerre, elle fut avec nous de la Division Marocaine! »

La Légion s’en va ! vive la Légion !

Au Quartier Général, le 22 mars 1919.

Le général Daugan, Commandant la Division Marocaine.

C’est le régiment d’infanterie coloniale du Maroc, R. L. C. M., son rival en gloire, qui a remplacé la Légion à la D. M. qui comprend aujourd'hui les unités suivantes :

/'■® : Colonel Colin. — Régiment d’infanterie

coloniale du Maroc : lieutenant-colonel Modat. — 1®‘‘ régiment de chasseurs malgaches : lieutenantcolonel Leduc.

2^ brigade : Colonel Derigoin . — 8® zouaves : colonel Lagarde. — 7* tirailleurs : lieutenant-colonel Mensier.

« A juste titre — dit la notice de la D. M. — tirailleurs, zouaves, légionnaires, artilleurs, sapeurs, chasseurs d’Afrique sont fiers de leur histoire; ils sont fiers des victoires remportées et des héros tombés dont ils gardent pieusement la mémoire ; ils sont fiers les uns des autres, fiers de leur uniforme kaki et de la fourragère, comme du croissant qui est leur emblème. 11 n y a pas un coin du front de France où la Division Marocaine n’ait déployé ses drapeaux victorieux, pas une grande ofi’ensive où elle n’ait eu sa part glorieuse, pas un territoire libéré dont elle n’ait racheté de sou sang au moins une parcelle. Elle a livré plus de batailles que n en comptaient les grandes divisions de la grande épopée et les plis de ses fanions ne sont pas assez vastes pour contenir la liste de ses victoires » (1).

En publiant les pages qu’on va lire nous apportons à ses drapeaux et à ses fanions le salut des Africains.

^1) Le 22 juillet 1918, une deuxième division marocaine a été consiituêe en Lorraine sous les ordres du général Modelon. Courant à grands pas sur les traces de son aînée, elle n’a pas tardé à acquérir une réputation de valeur et d’ardeur offensive qui la firent désigner pour les missions les plus délicates.

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