EN LORRAINE ET AU RHIN
(Extrait des Pages de Gloire).
B Bien que très éprouvée, après uu court séjour à Meaux, P la division marocaine est embarquée en chemin de fer aux ■ gares de Lizy-sur Ourcq et Trilport.
H Le 27 septembre elle débarque eu Lorraine. Pendant ||L quinze jours, elle stationne au repos dans la zone de Ro- P sières-auvSalines, Dombasle, Gerbéviller, Froville, puis b le 15 octobre elle relève dans le secteur de Lenoncourt la
Ç, Pendant que se déroulent dans le Nord de la France et en Champagne les formidables batailles où se jouent les
2 destinées du monde, et dont nous suivons passionnément • de loin les phases victorieuses, rien ne trouble le calme |l absolu de cette paisible région. Quelques incursions heu-
reuses au delà de la Loutre dans les positions ennemies des Ervantes et de Bezange, quelques tentatives infructueuses de l’adversaire sur nos lignes, un violent bom- :? bardement par obus toxiques, que subis.sent les zouaves à >, Moncel, sont les seuls incidents de guerre qui marquent ^ notre occupation de ce tranquille secteur. Le reste ne vaut M pas la peine d’être noté.
P Par contre, les brillantes cérémonies militaires qui romÿ pirent la monotonie de notre séjour aux tranchées laissc- ? ront dans nos coeurs un plus durable souvenir.
I Le 28 octobre, dans le parc du château de Lenoncourt, le général Gérard, commandant la 8* armée, devant le dra- ^ peau de la Légion, et en présence des délégations de toutes les unités, remettait au général Daugan, qui aura cet hon- .■ neur dans l’Iiistoire, d’avoir conduit la division marocaine sur tous les champs de bataille de 1918, la croix de comii mandeur de la Légion d’honneur.
L Le 30 octobre, le général de Castelnau, commandant le » G.A E., remettait solennellement, sur le plateau de Cerf cueil, au 7® tirailleurs et au 8* zouaves, la fourragère aux K couleurs de la Légion d’honneur, et au batailloo-malgache, U la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire.
Enfin, le 2 novembre, le général Daugan accrochait dos palmes aux fanions des unités de la division récemment •’ citées à Tordre de la l'® armée : une première palme à la légion russe, une première au G.B.D., une troisième à TA C.D.M,
' Justes récompenses d’admirables exploits.
Cependant, à partir du 3 novembre, le secteur semble ' prendre une physionomie nouvelle ; les canons arrivent par centaines, les cantonnements se resserrent, les longues
Elle était composée d'ailleurs de régiments fameux : le régiment ' d’infanterie coloniale du Maroc, l’as des régiments ; le 4® régiment U, de tirailleurs tunisiens qui provenait de la l” ü. M ; le 2» régiment de tirailleurs marocains; le 235® régiment d'artillerie et un i escadron du 11® dragons. En moins de quaire mois, les diverses I unité-» de la deuxième division marocaine totalisèrent trente-deux citations à Torlrcdo Tarniée. — Le B I G. M lermina la guerre avec la double fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre ; le 4* régiment de tirailleurs algériens avec la fourragère rouge et les autres régiments avec la fourragère verte.
r Dèboucliaut le 20 août 1918 de la forêt de Laigle, la 2® Ü. M. - enfonçait les lignes ennemies sur 14 kilomètres, prenant Lomhray, , Marivaux, Gizaucourt, le f’resne, Camalin, Gournay, Bourguignon, Besme et franchissait TAilelte en face Pierremante. Glissant à droite, elle attaquait ensuite Crécy-au-Mont, forçait le passage de TAilelte et occupait la voie ferrée de Laon.
Passant de l’armée Mangin sous les ordres du général Gouraud, elle était engagée en Champagne, enlevait la butte du Mesnil, Gratrenil, passait la Dormoise, TAlin, entrait dans Vieux et • pourchassait le Boche, vers Monthois. Quinze jours plus tard, elle couninnait ses exploits en forçant les défenses redoutables qui ‘ interdisaient toutes communications entre Vouziers, Giaa>lpré et la Croix -en-Bois et ouvrait à Tarmée française Teotrée des défilés de TArgonne.
,* L’armistice trouvait la deuxième division marocaine en Haute- Alsace où la population délivrée lui a réservé un accueil des plus ^ touchants. Le 2.5 janvier 1919 elle était dissoute à Belfort.
files de camions font leur apparition sur des roulss jusqu’alors désertes. Ce sont des préparatifs d’attaque auxquels nous ne nous trompons plus.
.Mais tandis qu ils se poursuivent, se parachève dans les .■Vrdennes et le Laonnais la défaite ennemie; la demande d armistice du gouvernement allemand la consacre bientôt.
Avec l’intérêt passionné que l’on devine, nous suivons les phases des négociât ons, les antennes de T. S. F. ne chôment pas : il faut prendre « Nauen » après « Paris » et « Paris » après « Nauen » — et les nouvelles vraies avec les nouvelles fausses circulent avec une rapidité inconcevable.
Le 10 au soir, tandis que le 8® zouaves s'apprête à lancer un bataillon à l’assaut de Rozebois, les cris qui éclatent soudain dans les tranchées ennemies et se répercutent à
LE GÉNÉR.a UAUGAN Commandant la Division Marocaine.
Tinlini, les feux qui s’allument, les fusées multicolores qui embrasent les hauteurs de la Loutre et de la Seille, nous apprennent que le gouvernement allemand a accepté les conditions de l’armistice fixées par le maréchal Focli.
L’armistice.
Enfin le i l novembre, àoli. 45, au moment où les zouaves héroïques jus(|u au bout, passent la Loutre, pour partir à l'assaut, uu radio émanant du maréchal commandant en chef les armées alliées, prescrit de suspendre à 1 1 heures toutes hostilités.
La nouvelle se répand comme une traînée de poudre; pas de cris, pas d’étonnement bruyant : depuis si longtemps nous étions sûr.-» de la victoire que sa venue ne nous pas surpris et sa pensée nous était trop familière pour qu’au premier aspect nous ne l'ayons pas reconnue ; seulement une grande joie, joie toute intime, trop profonde
BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
pour s’exprimer d'être encore présent à cette heure bénie, d’avoir vécu assez pour voir le couronnement de notre oeuvre et assister à l’écrasement de l’Allemagne, que tant d’autres, hélas ! eussent aimé, comme nous, contempler.
L entrée en Lorraine.
La fortune, favorable à la division marocaine, permit que celte lin des hostilités la trouvât aux portes mêmes de la Lorraine annexée, toute prête à aller cueillir le fruit de la victoire.
Mais avant de franchir la frontière, n’était-il pas nécessaire de dépouiller le vieil homme, d’abolir temporairement dans nos cœurs toute haine, tout désir de vengeance, afin de n’y laisser place c^u’àun immense amour pour nos frères si longtemps sépares, à la pitié pour leur souffrance, à la reconnaissance pour leur lidéllté quarante-huit ans gardée ?
Pendant six jours do véritable retraite, la division marocaine se prépare à l’accomplissement de cet acte solennel.
Et le 17 novembre, à 7 h. 30, ses colonnes franchissent la Loutre à Moncel et à Bez inges, pénètrent en Lorraine.
Jour à Jamais mémorable dans sou histoire ! On dit que beaucoup, au seuil de celte terre promise, s’agenouillèrent et baisèrent pieusement le sol sacré. Il se peut; c’est le geste que tous nous eussions voulu faire.
Après avoir liaversé sur des roules défoncées, réparées à la hâte, la région ruinée, dévastée, labourée d’obus, semée dec.liamps de mines, q<ii hier était la zone de combat, qui aujourd’hui est déserte nous apercevons au loin, au-dessus des toits d’ardoises, le clocher pointu de Château- Salins
C’est là (|ue va avoir lieu le premier contact avec la population lorraine.
« Les habitants avaient préparé un arc de triomphe, bien rustique, enguirlandé de branches de sapins; ils n’ont pas eu le temps de l’ériger, il gît sur la roule — ils ont renoncé .. »
« Beaucoup d’entre eux, impatients, avides de voir plus tôt leurs libérateurs, sont allés au devant d’eux sur la grand’routc et enrubannés, lleuris, parés de cocardes, leur font à l’entrée un pitlores(|ue cortège .. »
« Tout le mou le est fou, dit une ménagère — on n aura pas de soupe aujourd’hui »
Le fait est ([ue tout le monde est dehors nous attendant.
« El quand, derrière un peloton, de spahis, groupés autour de leur fanion, sous lequel flotte une ([ueue de cheval blanche, teinte au bord de pourpre et comme traînée dans le sang, quand derrière celte troupe étrange, insolite, inouïe, faite pour déconcerter et émerveiller tous ces spectateurs béants, apparaît le général Daugan, radieux, un frisson passe sur la foule pressée. Un cri monte, se propage de proche en proche, roule comme une vague jusqu’au fond de la rue, jusqu’au parvis de l’église dont le bourdon égrène la haut, ses notes graves « Vive la Fi’ancel Vivent nos libérateurs! » Et des femmes se jettent au devant du drapeau et le baisent, inclinées, devant ce signe tangible de la patrie comme devant l’ostensoir... »
« Le général entouré de son état-major, s’est arrêté eu avant de la place de l’Hôtel-de Ville, que parent des tilleuls défeuillés par l'automne. Le 8® zouaves, la fourragère rouge à l’épaule, défile devant lui aux accents entraînants de sa musique massée de l’autre côté de la rue. Ah ! la magnifique, l’impressionnante troupe !...
« Le bourdon vibre toujours dans l’air vif. Les avions de la Marocaine, reconnaissables à leur croissant, ronflent dans l’air, si bas, qu’à tout instant on tremble pour le coq du clocher!
« Chaque fanion qui passe, cha(|ue chef de bataillon, cha(|ue chef de section soulève une reprise d’acclamations...
« La légion défile comme avait passé le 8' zouaves, au milieu des vivats, des bravos, arborant la double fourragère rouge que lui ont value ses derniers exploits. Le colonel Rollet, fidèle, même en cette saison, même sous ces âpres ci mats de 1 Est, à sa légendaire tenue de toile kaki, le dolman couvert, cuirassé de croix et de médailles, avait pris dans ses mains le drapeau et au milieu de la garde presfigieuse que l’on connaît, de ces légionnaires chevronnés, décorés, médaillés, fièrement campé à la gauche du
général Daugan, face à la musique jouant à pleins poumons la marche fameuse, il vit défiler son glorieux, son inégalable régiment, impeccable, astiqué, allant d’un pas relevé, allègre, triomphal...
« Quand arrive la dernière compagnie, le général lui fait faire halte. Il demande au colonel Rollet, avec son glorieux étendard, de remonter de quelques pas.
<< Le général se plaça face à ce groupe héroïque, le drapeau tricolore au milieu de la garde ; les clairons sonnèrent. les tambours battirent.
« Puis les yeux humides, me semble-t-il, dans un beau geste de chef, un geste imprévu qui exalta tous les cœurs à la fois, se penchant sur l’arçon de sa selle, il baisa les plis de la soie pâlie au soleil et aux intempéries des batailles.
« Un souffle passa, irrésistible, comme l’alfolante tramontane; un patriotique délire transporta les assistants... »
El interprètes émouvants, parce que na'îfs et sincères des sentiments de ce peuple si longtemps opprimé, les petites filles de Château-Salins, spontanément, coururent au drapeau et le couvrirent de leurs larmes et de leurs baisers.
Et de ce jour commença la marche triomphale à travers la Lorraine en fête : partout des drapeaux aux fenêtres, des sourires aux lèvres, et des larmes aux yeux.
On ne peut songer à en raconter chaque étape. Couimeiil cependant ne pas parler d’insming que presque toutes les unités de la division ont traversé l’une après l’autre, et où chacune croit avoir pénétré la première, tellement chaleureux y fut l’accueil et débordant l’enthousiasme 'I
Toutes les maisons étaient parées de drapeaux, de fanions, de vieille» gravures françaises, de statuettes de l'empereur; d’un bout à l’autre du village des centaines de jeunes filles en costume lorrain escortaient les soldats, tendant vers eux leurs bras dans un geste adorable, jetant leur cœur avec des baisers, cependant que les vieux qui avaient revêtu leurs costumes des grands jours et arboraient fièrement les médailles françaises, sur les pas de leur porte, ne savaient que pleurer. De toutes les caves, tenues secrètes aux boches, les vins vieux étaient sortis; devant la maison du maire une table était servie en permanence avec gâteaux et champagne. Le village a chômé entièrement quatre jours et de quatre nuits personne n’a dormi.
Comment ne pas parler de Rech, où les bonnes sœurs à l’annonce des premiers cavaliers avaient massé devant l’école un bataillon de petites filles qui, au passage de nos spahis, d’une voix déshabituée du français, mais plus suave à nos oreilles que toute mélodie, entonnèrent la Marseillaiife comme elles l’eussent fait d’un cantique?
Gomment ne pas raconter la touchante supercherie de Sarralbe qui, pour hâter l’arrivée de nos troupes, simula un pillage et envoya d’urgence à Dieuze un émissaire réclamer du secours! L’entrée du bataillon de zouaves, à la nuit, fut du délire.
Sur la route, jusqu’à 2 kilomètres au delà de la ville, la foule se pressait : 2 000, 3.000 personnes, peut-être plus. Et cette foule se mêlait aux uniformes kaki; chacun voulait toucher de sa main un soldat français pour s’assurer qu’il ne faisait pas un rêve, que c’était une douce réalité.
Et soudain des torches s'allument, des centaines, enlevées à un parc du génie allemand, et ce fut à travers les rues de la ville un défilé féerique, inoubliable, de Lorrains et de zouaves mêlés.
Le lendemain, réception officielle par la municipalité; discours, fleurs et champagne; le surlendemain, défilé du 7* tirailleurs devant le général Mazillier, commandant le l®'' C. A. C. ; puis défilé de la légion et de l’artillerie. Des fêtes et de la joie...
Comment enfin ne pas dire l’accueil que fit au bataillon malgache le village de Bliesbriiken, à l’extrême limite de la Lorraine française? Une jeune fille s’avança vers le commandant Hippeau et lui dit ces paroles : « J’ai le grand honneur et le suprême bonheur de vous exprimer le saint respect de toutes mes compagnes.
« Le sang sublime, versé pour nous, resserre les liens qui toujours nous attachaient à la France.
RË^SE1GNEMEN'(’S COLONIAUX
« Merci encore à vous, glorieux survivants, ainsi qu aiix héros morts pour la sainte cause.
« Amis si chers à nos coeurs, soyez les bienvenus. ■- Populations d’Insming et de Rech, de Sarralbe et de Bliesbriiken et de tous les villages de Lorraine qui ont accueilli la division marocaine, soyez ici, ensemble, remerciées. Les plus douces émotions de notre vie, c’est à vous que nous les devons — vous avez payé tous nos sacritices, toutes l'OS peines de quatre années de guerre.
Le Palatinat.
- Et puis nous avons franchi les frontières lorraines —
. nous avons foulé le sol germain, nous avons défilé musique et drapeaux déployés dans les villes allemandes et l’ennemi s’est courbé devant nous.
Le l®"" décembre la division marocaine traverse Deux- Ponts, le 5 elle pénètre à Kaiserslautern au milieu d’une foule énorme, puis elle s’enfonce dans la région boisée, montagneuse, déserte, duHardt. Le 7, elle débouche à Rad • Durkeira dans la plaine, et le 8 enfin, le 5® chasseurs d’Afrique et le 7® tirailleurs atteignent en même temps, à Ludwigshafen, le Rhin.
Nous l’avons eu, votre Rhin allemand !
Nous l’avons eu, votre Rhin allemand :
IL a tenu dans notre verre.
Un couplet qu’on s’en va chantant Efface-t-il la trace altière
Du pied de nos chevaux marqué? dans v.-'tie sang?
Nous l'avons eu, /olre Rhin allemand.
Son sein porte une plaie ouverte.
Du jour où Condé. triomphant A déchiré sa robe verte.
Où le père a passé, passera bien reiifant.
C’est là, sur les bords du Rhin, où elle monte une garde vigilante, que s’achève pour la division marocaine la glo rieuse année 1918.
Que lui réserve l’avenir? Elle n’en sait rien, et n’en veut rien savoir.
Déjà ses territoriaux sont partis pour porter en exemple à leurs fils le récit de leur vie; les Russes les ont suivis de près : ils s’en vont racheter leur pays ; d’autres partiront encore : zouaves, artilleurs, sapeurs, chasseurs d’Afrique qui, pleins d’honneur et de gloire, rejoindront demain leurs doux foyers de France ; tirailleurs malgaches ou algériens qui regagneront bientôt, les uns leur île lointaine, les autres leur désert brûlant et y chanteront, le reste de leur vie, leurs exploits immortels ; légionnaires enfin, venus des extrémités de la terre et qui retourneront y célébrer la gloire de la France. Mais qu’importe celle dislocation, qu’importent ces séparations, si cruelles soient-elles.
Nous avons vu se réaliser le rêve de notre vie; aujourd’hui il n’y a, il ne peut y avoir place dans notre cœur que pour la joie, joie sans borne, joie sans mélange de la Victoire.
Et vous, soldats tombés de la division marocaine, héros si chers à nos cœurs, à qui ce livre est dédié, réveillez vous aux accents de cette victoire, associez vous à notre joie.
Ecoutez les acclamations triomphales de Château-Salins, c’est vers vous qu’elles montent !
Et le respect des filles de Bliesbriicker, c’est à vous qu il s’adresse.
Et les douces mains des Lorraines d’Insming, c'est vers vous qu’elles se tendent et leurs chastes baisers, c’est à vous que leur cœur les jette.
Voyez l'Alsace et la Lorraine en fête, accueillir au milieu des transports nos armées victorieuses, et songez que cette allégresse est l’œuvre de votre sacrifice.
Et puis suivez-nous au delà des frontières lorraines; voyez vos régiments reconnaître à travers le Palatinat et jusqu’au Rhin magnifique les routes anciennes des inva sions françaises; écoutez résonner sur le pavé des ville.s allemandes nos pas vainqueurs et savourez la joie profonde de la vengeance.
Enfin, par delà les fêtes de la Victoire, et toutes haines assouvies, contemplez cette France que vous avez aimée
jusqu'à mourir de votre amour pour elle, reprenant dans le monde la place qui lui est due, et voyez-la rayonner, au milieu des nations, d’une gloire immortelle.
Songez que c’est votre œuvre encore et tressaillez d’allégresse en vos tombeaux épars.
Allons! Enf nts de la Patrie!
Le jour de Gloire est arrivé Fait au quartier général de Ludwigshafen,
le 31 décembre 1918.
Il- -LE 4' TIRfllLLEURS