‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 4)Chapitre 33 sur 75 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les tirailleurs.

llu notable musulman vient de dire publiquement :

« Ecoute-moi, France amie. Te souviens-tu de ces lurcos à la calotte rouge, véritable et interminable champ de coquelicots, qui, le regard en flammé, scrutaient à travers le créneau de la tranchée les gestes du Roche? Les revois-tu bondissant par-dessus le parapet, semblables à des lions et sautant chez le voisin pour l’anéantir ? les .irmes du 4 Les revois-tu tombant mi-chemin, en enleur

lente ou rapide, les camarades des autres vagues qui poursuivaient le même but et tombaient à leur tour? Te souviens-tu quand plus tard, en bafaillons serrés, coude à coude avec leurs vaillants frères français, ils s’élancaient en des luttes homériques, sus au Teuton? Fauchés par la mitraille, ils avançaient quand même aveuglés par les gaz délétères, ils marchaient sans souci du danger; broyés par les marmites ils couraient à la victoire, bousculant l’ennemi et lui faisant mordre la poussière, atteignant enfin l’adversaire et le taillant en pièces. Oh! les beaux hommes! Les braves gens ! Comme leur héroïsme cadrait bien avec celui des incomparables poilus de France !

Ecoute-moi, France aimée. Connais-tu les noms, l’origine de ces héros qui, d’une façon obscure, sont rhorts pour toi, oui, pour toi, sans autre souci que celui d’immoler leur jeunesse pour que toi, bienfaitrice de l’Univers, champion de la civilisation, tu puisses vivre? Et ce, sans ré-

courageant dans

Tin.ULLEURS

(Dans le croissant sont inscrits les mots : Fianian Allah I A la garde de Dieu I)

BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

compense autre que celle, posthume, de la reconnaissance? Peu importe leurs noms, pourvu que leur mémoire soit éternelle. Ils savaient, ces soldats magnifiques, que leur trépas, consenti pour ta juste cause, n’était pas un sacrifice inutile. Us songeaient, avant de pénétrer dans l’au delà, que tu serais compatissante à la douleur des leurs, laissés à l’arrière. Ils étaient sûrs que tu pleurerais leur mort au même titre que celle de tes propres enfants. Et c’était pour eux une sorte de pieuse joie de mourir ainsi à l’ombre de ton fier drapeaii, ce drapeau qui a réalisé tant de conquêtes, non seulement par le sabre, mais aussi grâce aux principes d’humanité que tu as su.

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