HISTORIQUE SOMMAIRE
l.E DR.\1'EAU DU TIRAILLEURS
depuis des siècles, inculquer aux peuples placés sous ta tutelle ».
Les pages qui suivent donnent un aperçu de l’épopée d’une phalange de ces tirailleurs héroïques^ celle du 4® régiment de marche de tirailleurs tunisiens.
Ses rangs ne sont formés que de fils de la douce Tunisie, encadrés par des Français et quelques Algériens de choix.
Il serait impossible, même dans un long ouvrage, de retracer tous les traits d’héro’isme qui foisonnent dans l’histoire de ces tirailleurs, mais aujourd’hui, chacun sait ce que signifient les mots « Attaque et Défense », « Tenir et vaincre », chacun sait ce qu’ils coûtent et la simple énumération de ces attaques et de ces défenses suffira pour légitimer l’orgueil avec lequel les tirailleurs du 4® régiment de marche portent leur fourragère aux couleurs de la Légion d’honneur.
DU
4' régiment de marche de tirailleurs tunisiens.
Maroc. Belgique. Marne.
Après avoir pendant plusieurs années combattu au Maroc, où sa conduite héroïque lui a valu de pouvoir inscrire sur son drapeau « Casablanca », le 4° régiment de marche de Tirailleurs prend part, dès le début, à la campagne contre l’Allemagne. Ses bataillons du Maroc débarquent à Bordeaux et à Cette; celui de Tunisie débarque à Cette. En Belgique, avec la 38° division, il combat le 23 août 1914 à llanzinelle où la belle conduite des tirailleurs en impose à l’ennemi; mais l’ordre de retraite arrive : à contre-cœur, le régiment SC replie vers le Sud et alors commencent les étapes longues et pénibles au cours desquelles malgré la fatigue, malgré les difficultés du ravitaillement, les tirailleurs, marchant dans un ordre impeccable, conservent toute leur belle humeur et leur entrain.
Le 30 août 1914, à Bibémont et Villers-le-Sec, il faut à tout prix arrêter l’ennemi et permettre aux camarades de se dégager, le combat est rude et la lutte inégale; mais les tirailleurs se battent superbement et pendant toute la journée ils ne perdent pas un pouce de terrain, quoique plus de la moitié de leur effectif ait été mis hors de combat.
Dans la soirée, l’ordre de repli arrive, le 4* tirailleurs continue sa retraite ; après quelques escarmouches à Ronchères le 3 septembre et à Pargny le 4 septembre, il arrive le S septembre près de Provins.
C’est là que dans la nuit du 5 au 6 lui parvient l’ordre de reprendre l’offensive.
La joie est visible sur tous les visages et les dures fatigues de la retraite sont instantanément oubliées, et, dès le 6 septembre, la marche en avant est reprise; elle se continue sans interruption jusqu’au 13 septembre, date à laquelle le 4® tirailleurs arrive sur le Chemin des Dames. C’est là sur le plateau de Paissy que le 18 septembre le drapeau du régiment reçoit ses glorieuses blessures d’un obus de gros calibre allemand.
Pendant ce temps, le 5® bataillon avec la division marocaine s’illustrait le 30 août à Berthoncourt, le 1®' septembre à Alaincourt, puis dans les marais de Saint-Gond et au château de Mondement. Il rejoint le régiment à la fin d’octobre sur le plateau de Paissy.
Soupir. La Division Marocaine.
La Ferme d’Alger.
[Novembre-Décembre)
Le 6 novembre 1914, le 4® tirailleurs est à Soupir où il livre à l’ennemi un dur combat et conserve le terrain conquis malgré la violence de plusieurs contre-attaques.
RENSKIGNEMENTS COLONIAUX-
La régiment entre alors tout entier dans la division marocaine.
• Le 2.T novembre, il tient le secteur de la Pompelle, ferme d’Alger; il y fait la guere de mines, et le 30 décembre 1914 une formidable explosion détruit la ferme d’Alger, engloutissant une partie des défenseurs, mais les survivants se cramponnent au terrain et refoulent victorieuse ment l’adversaire en lui infligeant des pertes sévères.
Le 2 mars, une nouvelle attaque allemande sur le même point n’a pas plus de succès.
Première citation à l’ordre de l’armée.
Artois {0 mai- K) juin 1915).
Dans le courant d’avril, le régiment est transporté en Artois, il doit participer aux grandes attaques projetées dans cette région.
Le 9 mai, il est en réserve de corps d’armée, mais dans la soirée, il relève la légion très éprouvée et il soutient les 10 et H mai une lutte difficile.
Le 16 juin, il attaque près du Cabaret-Rouge. D’un- seul élan, le ravin qui le sépare de son objectif est franchi, les divisions voisines sont arrêtées, Qu’importe, on conservera quand même le terrain conquis , l’ennemi s’acharne dans des contre-attaques répétées contre les éléments très en flèche du régiment, mais il échoue complètement et quand il est relevé, le i* tirailleurs a conservé toutes ses positions.
Au cours des combats du 9 mai et du IG juin, les pertes ont été lourdes, mais sa brillante conduite lui vaut une citation très élogieuse à l'ordre de la A® armée.
Deuxième citation à l’ordre de l’armée.
Champagne [25 septembre i9î5).
Après un séjour en Alsace le 4® tirailleurs est transporté en Champagne, et le 25 septembre, il est chargé de l’enlèvement du bois Sabot bien fortifié et fortement miné, formant un saillant des lignes allemandes. Après une puissante préparation d'artillerie, les tirailleurs bondissent des tranchées dans un élan superbe et sautent dans les lignes ennemies avant le déclanchement des tirs de barrage, tombant sur les mitrailleuses avant qu’elles aient pu tirer. Mais l’intérieur du bois est fortement organisé. Des mines sautent, des fortins ignorés se dévoilent et résistent désespérément. Malgré tout, l’admirable ténacité des tirailleurs triomphe de tous les obstacles et dans la soirée le bois Sabot est complètement nettoyé.
De nombreux prisonniers et un butin considérable sont le résultat de cette mémorable journée qui vaut au régiment sa deuxième citation à L'ordre de l'atmee et lui confère le droit au port de la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre.
Somme {juillet 1916).
Après une dure période d’instruction et de sec teur, on retrouve le 4® tirailleurs sur la Somme dans la grande attaque de juillet 1916.
Le régiment n'a attaqué qu’en deuxième ligne, mais il a la tâche ingrate de tenir le terrain conquis autour de Belloy-en-Santerre, pendant qim l’ennemi contre-attaque.
Malgré la fatigue et l’insomnie, malgré la houe qui encrasse les armes. les tirailleurs, non contents