‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 4)Chapitre 44 sur 75 · II® PÉRIODE · texte numérisé non relu

II® PÉRIODE

Période des opérations actives.

L — Opérations du 21 mai au 3 Juin 1918 inclus.

Le 12® bataillon de marche malgache se trouve à l’instruction à Oulchy-la-Ville au moment où se déclenche la 2® grande offensive allemande sur l’Aisne.

Le 27 mai, au soir, le bataillon est alerté; le commandant Groine reçoit l’ordre de se trouver le lendemain matin avec son unité à Rocourt- Saint-Martin où il cantonne.

Le 29 mai, à 11 heures, le général Duchesne, commandant la 6® armée, à laquelle était rattaché le bataillon, traversant le village en automobile, faitappeler le commamlant Groine et lui demande ce qu’il est possible de faire de son bataillon. Sur la réponse qu’il peut être engagé, le général de la 6* armée donne l’ordre verbal de se tenir prêt à partir dans une heure. Une demi heure après, arrive un ordre écrit de l’état-major de l armée prescrivant au bataillon de se porter immédiatement sur Yilleneuve-sur-Fère à la disposition de la 43® D. I.

Tout en cherchant, mais en vain, à établir la liaison bitérale, le bataillon organise la défense du village dont l'attaque commence à 18 h. 4o par -une forte fusillade et un lancement de torpilles.

Après avoir retardé, pendant près de 2 heures, l’avance de l’ennemi sans cesse plus nombreux, le bataillon est obligé de se replier à 22 heures, sur Coincyet prend position au bois du Châtelet. Sud-Ouest deCoincy, où il contient de violentes attaques toute la journée du 30 mai, la nuit du 30 au 31 mai et la matinée du 31 mai.

C’est au cours de cette matinée, vers 11 heures, que le chef de bataillon Groine tombe mortellement frappé.

Malgré les perles très lourdes du bataillon l’ennemi ne peut progresser.

Cependant, la gauche de la division se trouvant débordée, le bataillon reçoit l’ordre à nouveau de se replier et d’aller occuper une position défensive à l’Ouest, en liaison, à droite, avec le 43® bataillon .de chasseurs à pied et les troupes (non désignées) « qui doivent se trouver à gauche ».

Le bataillon faisant partie du groupement de chasseurs Dussauge (1®'' et 59® B. C P.) quitte le bois du Châtelet vers 11 heures, mais l’ordre de repli étant arrivé trop tard, il ne peut atteindre la position assignée, déjà occupée par l’ennemi, et est arrêté, vers 13 heures, aux abords de la ferme de Grisolles par des groupes de mitrailleuses allemandes qui lui indigent de nouvelles et lourdes pertes et l’obligent à se replier encore.

Les unités sont reformées dans la soirée à Licy- Clignon

Le 1*' juin, le bataillon résiste toute la journée sur la ligne Hautevesnes-Courchamps et contient les attaques répétées de l’ennemi jusqu’à la nuit, mais les Allemands ayant réussi à occuper Licy- Glignon et la côte de Clignon, le bataillon reçoit l’ordre de se replier et de couvrir, à tout prix, la route de Hautevesnes en liaison avec des troupes dont la situation n’est pas exactement déterminée.

La position est tenue toute la journée du 2, la nuit du 2 au 3 et la journée du 3 juin, malgré deux violentes attaques de l’ennemi qui ne parvient pas, malgré la puissance des moyens mis en œuvre, à briser la résistance des Malgaches.

Pendant toute cette retraite de l’Aisne, le bataillon s’est toujours trouvé en extrême arrière-garde, conservant le contact immédiat avec l’ennemi et ne cédant le terrain, au cours des replis forcés, que le dernier et lorsqu’il en avait reçu l’ordre.

Après avoir combattu six jours et six nuits, sans répit, à peine ravitaillé, ayant soutenu et repoussé 3 fortes attaques aux prix des plus lourdes pertes, le bataillon est obligé de se replier à nouveau et, le 3 juin au soir, il est recueilli sur les positions américaines devant Marigny.

Mais, à ce moment, l’avance allemande est définivement enrayée; le Boche n’a pu passer et Tordre général a pu dire à juste titre du bataillon : « A contribué à rétablir une situation difficile et à reconstituer le front contre lequel les efforts de l’assaillant sont finalement venus échouer. »

Le 4 juin, il est relevé.

L’appel est fait, mais les absents sont nombreux, car au cours de cette période glorieuse et vraiment héroïque :

Neuf olliciers, dont le commandant Groine, le lieutenant Mauxion, et le sous-lieutenant Cornu sont tués ;

Soixante-six Européens et 489 Malgaches sont tombés, morts, blessés ou portés disparus.

Les Malgaches venaient de conquérir leur première citation à Tordre de Tarmée :

Ordre général n° 612 du Q. G. .1., en date du2o juillet 1918.

Est cité à l’ordre de l’armée :

Le 12® bataillon malgache.

Unité lactique de premier ordre, sous les ordres du comroaiidanl üroiue, tombé glorieusement le .31 mai, puis du capitaine adjmlant-major Rossigneux, n'a cessé de combattre en première ligne peu tant les opérations du 27 mai au 4 juin, disputant le terrain avec une indomptable ténacité et sans souci des pertes subies, à uu adversaire très supérieur en nombre.

A largement contribué, par son esprit de sacrifice et ses brillantes qualités guerrières, à rétablir une situation difficile et à reconstituer le front contre lequel les efforts de l'assaillant sont finalement venus échouer.

Du 2 juin au 6 juillet, le bataillon mutilé, diminué de moitié, ayant perdu une grosse partie des cadres se reforme, tout en organisant en avant de Vendrest (Seine-et-Marne) la presque totalité de la 2® position de résistance de la 6® armée.

La rapidité et l’ardeur apportées par les Malgaches dans l’exécution de ce travail, leur moral qui n’a pas faibli malgré les dures épreuves qu’ils venaient de traverser, leur valent des éloges du général Zeude, commandant le gioupement, qui déclare même au chef de bataillon Hippeau qui vient de prendre le commandement -du bataillon « que la confiance qu’il a dans son groupement repose tout entière sur les Malgaches ».

IL — Contre-offensive du 18 au 22 juillet 1918 devant Soissons.

Le 7 juillet, le 12® bataillon de marche malgache est enlevé de la région de Meaux, transporté dans la forêt de Gompiègne et affecté à la D" division marocaine commandée par le général Dau-

BULLETIN DU COMITE DE L’ AFRIQUE FRANÇAISE

gan et placé à la 1*® brigade, colonel Bouchez, dont fait partie la Légion étrangère. Il prend position dans la nuit du 15 au 16 juillet dans le secteur de Saint-Pierre-Aigle,

Le 18 juillet, à 4 h. .35, accolé à la Légion étrangère, le bataillon attaque par surprise les positions allemandes avec, pour objectifs, le village de Doinmiers et le bois de Ghautlbur.

Les deux compagnies de tête, commandées : la 3® par le capitaine Loustau et la 2® Compagtiie parle lieutenant Chabredier, collent derrière le barrage roulant et abordent Üommiers avec un entrain remarquable qui fait l’admiiation des légionnaires, l'encerclent rapidement, puis le nettoient malgré la résistance de ses défenseurs.

L’alfaire a été menée très rondement

Les compagnies de queue, la compagnie, capitaine Perrin, et la 4“ compagnie, sous-lieutenant Pilot üebienne, celle-ci arrivée depuis moins de trois semaines de Saini-Raphaël et n’ayant jamais vu le feu, s'inliltrent dans le ravin, se rabattent dans le bois de Chauffour et procèdent à son encerclement. Puis elles s'en emparent et le réduisent en dépit d’une résistance acharnée, de minenwerfer et de nombreux nids de mitrailleuses qui s’y trouvent, constituant un centre de résistance des plus sérieux.

Deux heures après 1 heure H, les Malgaches avaient atteint tous les objectifs, ayant capturé plus de 500 prisonniers, 4 canons de 105, 2 de 77, 4 mineuwerier et de nombreuses mitrailleuses.

La progression se continue les jours suivants en ilireclion de Villemontoire. Le 20 juillet, il est au Nord du village de Chazelles et il s’organise défensivement en arrière d une brigade américaine qui poursuit le combat à son compte.

Ces troupes prises sous un feu d une extrême violence se replient plusieurs fois jusqu’aux lignes malgaches où elle>> sont arrêtées. Mais, sur l'ordre, du chef de bataillon, les Américains se reforment sous les rafales de mitrailleuses et d artillerie et reprennent vers midi leurs positions devant Berzy-le-Sec.

Le bataillon tient la position toute la joiunée sous un bombardement des plus violents, mitraillé presque sans arrêt par les escadrilles ennemies de plus de 20 avions qui survolent la position.

Le 22, il est relevé, ayant perdu au cours de «es opérations : 2 ofticiers grièvement blesssés (les sous lieutenants Pilot-Debienne et Démangé), 17 Français et 167 Malgaches tués, blessés ou disparus.

Cette brillante offensive fait décerner aux Malgaches une deuxième citation à l’ordre de l'armée et la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre.

Oi'die de l'armée, u* 343 du 13 octobre 1918.

Le général Mangin, commandant la 10= armée, cite à l’ordre de l’armée :

Le 12* bataillon de tirailleurs malgaches devenu 12= bataillon de cba-seors malgaches)

Le '8 juillet I9i8, sous l’énergiqi’e impulsion de sou chef, le commandant Hippeau, s’est élancé à l’assaut d’un

village fortement organisé et tenu par l’ennemi et l’a enlevé dans un élan superbe.

blntreprenaul aussitôt une nouvelle action dans une direction difïérentej a occupé et nettoyé rapidement un bois rempli .le mitrailleuses.

A aiuii réalisé une avance de 3 kilomètres sur un front de 1.800 mètres faisant plusieurs centaines de prisonniers, capturant des canons et de nombreuses mitrailleuses.

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