‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 4)Chapitre 52 sur 75 · CINQUIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SÉRIE

Sédiments blancs.

Un horizon blanc, extrêniernent épais, exclusivement siliceux, se superpose aux grès violacés rouges dont il diffère par l'absence totale

(1) La Mpioka est un petit affluent de gauche du Bas-Congo; elle finit à Manyanga, à 60 kilomètres en aval de l’inkissi.

de feldspath, de mica et dèargile autant que par sa couleur. 11 s’étend sur la totalité du Congo belge, formant la plus grande nappe de sédiments connus.

A cette nappe de grès sableux ou siliceux, épaisse de plusieurs centaines de mètres, Dupont assigne pour base : au Stanley-Pool, une assise dequaiTzites bruns; à l’embouchure du Kassaï, un poudingue. Nous craignons qu’il se soit trompé. Nous avons trouvé un poudingue, dans la masse même des grès blancs, et des quartzites depuis la base jusqu’au sommet des grès, de la cote 29o jusqu’à 730 mètres et de Brazzaville jusqu’à Ouesso; leur abondance particulière à la partie inférieure d’une masse friable s’explique aisément par leur densité.

Peut-être proviennent-ils de la désagrégation de masses ou filons de quartzites très anciens, plus résistants que toutes les roches encaissantes; celles-ci disparaissant, les débris, pointements ou arêtes de quartzite, en place ou déplacés, auront fait corps avec les sédiments violets et blancs, très postérieurs.

Peut-être certains de ces grès semblables à des quartzites se sont-ils simplement formés, par rognons ou par lits, dans la sédimentation de l’énorme masse, toute siliceuse.

Des lits de silice concrétionnée [différente des quartzites, dont le grain quartzeux est visible) s'étagent du haut en bas de la masse qui, par l'abondance du sable coulant ou du grès quartzeux sans consistance, est un véritable tas de sable.

Ou attribue sa formation au début de Père secondaire (époque triasitique seule, selon Brien).

C’est à leur alternance de couches dures et de couches friables que la colonie du Moyen-Congo doit son caractère de plateau inégalement démantelé par les eaux et ses vallées de sable blanc. C’est à elle que le jilateau Koukouya doit s.on as- |)ect typique; au-dessus des vallées qui l’entourent, il dresse ses ruines romantiques, ruines d’une table gréseuse reposant sur un las de sable haut de 300 mètres.

A l’Est de la Pama, la table reparaît à la même altitude (720 mètres environ;, forme le sol du vaste pla teau A borna, témoignant la constance de cet horizon géologique que l’on suit au Nord jusqu’à Souanké à la frontière du Cameroun, et jusqu’à Bangui même, puis jusqu'à la bordure orientale de l’Etat belge (faille des grands lacs), soit sur 2.000 kilomètres : c’est dans cette nappe épaisse et en la déblayant que le Congo a établi son bief central (préparé ou non par une dépression antérieure). Dans cette masse il a ouvert son « couloir » entre Tchoumbiri et les Dover- Clilfs du Pool. Le Pool lui-même est creusé à l’emplacement de blanches falaises plus hautes encore dont la base est reconnaissable à la pointe Kalina, à l’île Mbamou, et sert de fondations à Brazzaville (de M’pila à la pointe hollandaise, à

reinljoucluire du MToa et jusqu'à la poinle dangereuse).

La n ippe de grès blancs du Haut et Moyen- Congo semble interrompue à l’Ouest au voisinage du 12" méridien par une fracture ou brusque dénivellation qui achève de donner à ces grès une importance capitale dans la physionomie de la colonie. Cette falaise ou suite de falaises est sa frontière sur oÛO kilomètres; elle partage les eaux du Congo moyen et celles du (labon (Ivindo, Ugoouéj. Au Nord du Sébé, elle marque d’une manière absolue la limite occidentale des grès blancs. Au Sud elle est prolongée par le cours du Ndouo (Niari supérieur) comme s’il avait suivi un affleurement rectiligne de couches. Enlin, au point où le même méridien coupe le lleuve Congo et limite la colonie française au Sud, à .Manyanga, les grès semblent pareillement brisés au-dessus de la Mpioka.

A l’Ouest de cette dernière faille, les grès blancs ne se retrouvent plus qu’en lambeaux rares, dont le dernier serait celui do Tomolo-Kouti^Lutété '^altitude inférieure à iÜO m.) à la limite orientale des plis cristallins.

A l’Ouest de la cassure ou dénivellation que longe le Ndouo, des îlots plus reconnaissables et un peu plus étendus jalonnent le bassin médian du Niari (Colonie du Moyen-Congo) et son versant qui monte vers la ligne de faîte Niari-Ogooué ; îlots dans la haute Lali-Bouenza, dans la subdivision de Sibiti, puis à l’Ouest de Loudima sur 50 kilomètres (Cholet dit : jusqu’aux aflleurements cristallins — précambriens ou siluriens — du Mayombe); peut-t*tre même en subsiste-l il entre les sommets du Mayombe, mais en ces points la confusion est possible avec les grès crétacés de la zone littorale.

Si nous passons de l’autre côté de la ligne de faîte, orientée sud-est nord-ouest, entre le Niari et l’Ogooué moyens, nous retrouvons les grès blancs bien à l’Ouest du douzième méridien.

Les monts de la haute Lolo et la ligne de faîte qui les relie aux plateaux Batékés nous sont encore inconnus ; mais il est maintenant rationnel de préjuger que, si cette région froutièi’C a conservé son relief, elle conserve aussi partiellement son toit de grès.

Le dernier îlot au Nord-Ouest semble être sur la rive gauche de l’Ofoué moyen, au pic Desousa où une table de latérite, à l’altitude de 800 mètres, recouvre des grès grossiers, couvrant eux-mêmes des phtanites (cambriennes ou siluriennes ou dévoniennes).

Barrnt signale la nappe blanche sur les vallées de la Liboumbi et du Lolo moyen, |)uis d(*s îlots sur les contreforts sud-nord découjiés par l’érosion dans le massif de la haute Lolo-Louessé, nœud orographupie essentiel du (labon.

Enlevés de la vallée de l’Ogooué, ils y ont laissé comme témoin le rocher de Mouenda (Aouand jis), rive gauche de l’Ogooué à l’ouest de Eranceville. En ce [loint la base du grès est grossière et presque un poudingue à galets de quartz blanc; le grain devient plus lin vers le sommet, les couches

sont horizontales, reposent sur des couches précambriennes ou siluriennes, et sont traversées complètement par un dyke de diabase.

Au Sud du Sébé, ce sont les débris mêmes de la falaise jusqu’à la Passa à l’Ouest.

Des renseignements que nous avons pu recueillir semblent établir que l’extension primitive des grès permotriasques, remarquable d’Ouest en Est n’est pas moins considérable au Nord du bassin congolais. H serait intéressant de comparer aux grès du Moyen-Congo ceux de la région élevée entre Oubangui et Chari. Sur l’anticlinal qui de Dekoa (56U m.) s’élève au Nord-Est vers les monts Chala (li.OOO ou 1.500 mètres) des grès tendres blancs et rouges, sont signalés en effet :

l” A l’altitude de 900 mètres sur la crête topographique même entre les sources du Couira ou Bongou (aflluent d’üubangui) et celles du Tété Manovo (versant Chari-ïchad) ;

2“ Sur le haut versant qui regarde le Sud, dans la haute Kotto ;

3" Sur le versant nord, dans la zone des « Kagas », de Oampel à N’délé.

L’identité des grès de ces deux colonies montrerait que l’émersion du continent équatorial a porté à une altitude voisine de 900 mètres (audessus des mers), une plate-forme grande au moins comme 3 fois la France ou le quart de l'Europe, et couverte uniformément des mêmes sédiments blancs presque horizontaux. La colonie du Moyen-Congo en est à peine la huitième partie.

Il est aisé de se figurer le ruissellement des eaux superficielles vers l’ouest du plateau. Les multiples cascades de déversement formèrent d’abord les sillons de l’Ügooué, du Niari et peutêtre du Congo inférieur. Puis, soit qu’une partie de l’immense plate-forme ait été déprimée dès le début, ou qu’un lac intérieur soit résulté d’un atfaissernent central avec accompagnement d’accidents tectoniqiu*s (|ui favorisèrent la captation du lac tertiaire par le Congo, cette captation parait en tout cas récente.

Elle est marquée en effet par une série sédimentaire caractéristique que nous allons décrire, et que .M. P. Dupont a datée de l’époque [)ostpliocène (galatées et tischéries de Nemlao).

Page 1