‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 4)Chapitre 54 sur 75 · CUIVRE · texte numérisé non relu

CUIVRE

Nous avons signalé, dans l’horizon supérieur des calcschistes, les gîtes cuprifères du K. Niari et du Djoué.

Leur formation est en rapport, bien qu’on en ait dit, avec un plissement des calcaires. Les calcaires non plissés ou nivelés de la vallée même du Moyen-Niari n’ont pas fourni de gisements importants de cuivre. Au Sud du lleuve le plisse ment des calcaires a dû alTecter aussi les grès supérieurs qui ont épousé, à Mindouli, les formes ondulées du calcaire dévonien, et qui ont offert après ce plissement moins de résistance à l’érosion ; aussi trouve-t-on présentement ces grès rompus au voisinage immédiat de la zone cu[)rilère ondulée. Le plissement serait donc d’ègc tertiaire, en rapport avec la venue des diabases du Bas-Congo, du llaut-Ogooué et du Bangui qui toutes sont métallifères.

Au moment de 1 injection minéralisatricc, l’épaisseur et l'imperméabilité des grès rouges ont sufti pour arrêter les vapeurs qui les ont è peine modiliés (erès verts localisés de Mindouli) Les va peurs imprégnèrent abondamment les calcaires supérieurs, dont quelques-uns ont recristallisé, et elles se déposèrent en minerais complexes, de riche teneur.

FMus tard, la dislocation des grès par les agents atmosphériques, le contact des amas ou filons dénudés avec des eaux siliceuses, ferrugineuses et calcaires ont détruit et appauvri superficiellement les filons, notamment par substitution de silicates et de carbonates aux sulfures d’injection. Leur richesse reste cependant telle qu’au lieu d'exploiter à 3 0/ü de cuivre, comme en Europe, on laisse sur le carreau les minerais mélangés dont la teneur ne dépasse pas 30 0/fL Encore faut-il noter lacomplexitédcs mineraisdont le traitement électrolytique permettrait de retirer un appoint appréciable d’argent (1).

Nous nous bornerons à une énumération des gîtes connus, exploitables.

1“ Gîtes (le remanicnienl de Londima (Tchidoiinda).

2' Groupe de Ml)oko Soiiglio exploité depuis des siècles par les naiils. recoiimi en 1885 :

Al)ikoula lloko-Soiigtio sur la Haute-Loadima, affluent du iN'iari.

Akouirr.lia ;moiils Pangala).

Dieuguila illaiito-Boili. afiluent du Kengué), rivière Gola (aflliicnt Kengué).

Cu, avec Fe, l’I', (catlionales et pliospliale-^).

(1) Cet argent qui e.st une des singularités du minerai de Mindouli se trouve, avec quelque fréquence, à l’état natif dans des cassures de la chslcostine. où les eaux météoriques ont certainement pénétré.

.1® Groupe Loutété-Louvizi occidentale :

Petite Louvizi. afiluent Loulété, et monts Gongolo.

Haute Maniouda (affluent Loutété).

Zanga Zombo.

Pimbi sur Louvi2i occidentale.

Pb (llonien et recristallisé, Cu.

4° Groupe Louvizi orientale Loukouni :

Haute-Lou vizi orientale.

Mindouli.

Cu avec Ag, Pb, Zn, Mn, Mg, Mo, Fe, Fl (silicates, cai-bonates, sulfures complexes).

5“ Groupe du Djoué :

René ville- May a ma.

Cu, plus complexe encore et peut-être plus riche que le 4° groupe.

6 Région des sources de la Sangha :

Cu reconnu dans le cercle de 'Koundé (notamment dans la Haute-Kadé’i, à Mouri, etc.). Des dioptases ont été trouvées sur la rive droite de la Sangha, prés de Nola.

Il est probable que d’autres amas exploitables, c’est-à-dire en aflleureraent ou sous des couches gréseuses amincies, seront encore trouvés. C’est pour y contribuer que nous nous sommes efforcé de déterminer les limites — antérieurement imprécises — du calcaire. Nos recherches nous font penser en outre qu’on a cherché pendant longtemps le cuivre oü il n’était pas. Le niveau supérieur (utile) du calcaire dévonien est à une altitude voisine de iüO mètres, aux mines de Mboko- Songo — à moins de 400 mètres dans la llaule- Louvizi — à 380 ou 400 mètres à INIindouli où cependant le calcaire avec dioptases paraît atteindre l’altitude de 520 mètres — à 400 mètr es environ à Benéville, — quelle que soit la hauteur (de 600 à 730 mètres) des crêtes voisines. C’est donc à cette altitude soutenue plutôt que dans la plaine qu’il faut chercher, le long des frontières méridionales de la colonie, et peut-être aussi ailleurs L’examen nous a montré (IIB série) le contact des calcaires avec d’autres niveaux ;

1° A l'Ouest avec l'alignement cristallin Bas- Congo-Bas Kouilou N. (versant oriental). Au Nord du Tchiloango ce secteur frontière, en colonie française du Moyen Congo, n’a guère été exploré qu’en quelques points de passage, toujours les mêmes.

2° A l’Est de Boko-Songo avec les grès dominant les sources du Foulakary et du Loula : la convexité des crêtes au Nord a été seule prospectée (fructueusement, de Boko-Songo à Mindouli); le prolongement des crêtes vers l’Ouest, leur concavité vers le Foulakary en colonie française, sont peu ou pas connus

d** Dans le Djoué, contact avec des grès blancs montant vers les sources de l'Ogooué et vers le grand anticlinal Niari-Ogooué. Thollon n’a reconnu qu’un arc inférieur à 50 kilomètres.

4" Dans la boucle inférieure du Kouilou-Niari, contact avec une aire gréseuse qui a pu protéger les calcaires supérieurs dans la région de Macabana. Cette aire se reliant à la couverture plus ou moins ébréchée du massif de la Ilaute-Louessé

— et (le l’anticlinal qui le continue jusqu’aux sources de l’Ogooué — réserve l’espoir de nombreux contacts et d’autres plissements des calcaires.

Enfin, si le bassin de l’Ogooué au voisinage de la colonie du Moyen-Congo présente un faciès dévonien qui ne paraît pas cuprifère, par contre la région littorale peut recéler du cuivre. Sa constitution géologique rappelle celle du Katanga; elle offre en outre une grande uniformité du Caineroum à l’Angola, et des dépôts sédimentaires de malachite, à la base du crétacé, sont connus depuis longtemps sur la côte d’Angola.

OR

L’or n’est exploité nulle part en Afrique Equatoriale Framjaise.

Il est connu au Gabon à Mayoumba (cap Matouti), comme curiosité dans le granit, et il est signalé dans le Nyanga ; il a été trouvé au Mayoumbe belge, près de notre frontière, dans la Dimba (Ilaut-Tcluloango).

Au Moyen-Congo il est reconnu ;

1“ Dans le Mayoumbe français, semble-t-il.

2“ Sur le territoire d’une société concessionnaire de la llaute-Sangha (quartz aurifère des massifs métamorphiques).

Notre ignorance de la géologie du Moyen-Congo ne permet pas encore de détailler les points où les recherches seraient le plus urgentes. Cette ignorance est telle que plusieurs pointements granitoïdes relevés par nous viendraient, sur la carte de Barrat, se placer au milieu des grès blancs supérieurs. De Brazza et Cuirai n’indiquaient-ils pas le granit aux rapides du Djoué, faits des plus beaux grès de l’Inkissi?

Cependant l’uniformité du continent et des divers gisements qu’on y a pu étudier conseille d’examiner au point de vue aurifère : d’une part, les terrains cristallins avec leurs intrusions granitiques, quartzeuses, peut-être dioritiques, et, d’autre part, les dykes de diabase tertiaires. Nous signalerons notamment aux prospecteurs les points suivants :

— Niari inferieur : vallée du Loubomo (chaîne du Mayombe) juscpi’à la région du haut Tchifoango.

— Niari moyen : pâté cristallin à l’Est de Sibiti.

— Niari supérieur : pâté granititpie au Nord-Ouest de Kimboto.

— tlaute-Licona-iMossaka , massif granititpie ouest de Mbomo.

— tIaut-Lebango, massif granitifjue ouest d’Abolo.

— Haut-Opa.

— Haute Sanglia-Lobaye, zone cristalline.

Tous les terrains non métamorphiques, stériles à ce point de vue, et les alluvions fluviales (ju’un hasard seul peut révéler — hors de la proximité des pilons énumérés ci-dessus — seraient également défavorables aux recherches.

IIOUU.LK

L’existence d’une mer carboniférienne dans toute la zone équatoriale laisse peu d’espoir de trouver la houille dans la colonie.

Pour trouver les côtes au bord desquelles les dépôts charbonneux pouvaient se former, il semble qu’il faille aller : au Nord-Ouest jusqu’à l’île ou archipel des monts du Mouni (1), au Nord jusqu’à Koundé (schistes bitumeux) ou Baboua (graphite) et l’anticlinal d’Oubangui-Chari . De l’autre côté, l’archipel des monts Mossemba — Angola — devait former une avancée du confinent qui réunissait encore l’Afri(|ue Australe au Brésil et à rinde.

Entre ces deux rives devaient s’élever des hauts fonds qui devinrent plus tard le Mayombe et l’anticlinal allongé entre Niari et Ogooué ; mais la sédimentation dans cette mer bordée de roches cristallines était troublée par l’apport de sable quartzeux et de feldspaths défavorables à la formation houillère, comme les variations probables du rivage étaient défavorables à la grande végétation.

Seule une extension — problématique — des terres primaires au large du Gabon aurait permis la formation de la houille sous l’Atlantique moderne.

Quant aux éruptions posttriasiques ou tertiaires auxquelles on attribue les sources salées et les puits d’huile minérale observés fréquemment le long de la côte africaine — elles n’ont pas encore été étudiées dans le Sud du Gabon.

Nous noterons enfin que la Mission Périquet a envisagé la décomposition des matières organiques dans les forêts marécageuses du continent : elle conclut à l’impossibilité de formations tourbeuses dans les bassins de l’Ogooué et du Congo.

AUTRCS MINÉRAUX UTILES

Outre les puits bitumeux et salifères qui doivent être recherchés sous les dépôts tertiaires et crétaciques de la circonscription maritime du Kouilou, ces mêmes dépôts peuvent renfermer du gypse et de la malachite sédimentaires comme en Angola.

Le calcaire, introuvable dans toute l’Afrique centrale, existe en masses inépuisables au Moyen- Congo. Tandis qu’au Tchad (à l’exception du Mayo-Kebbi) et dans l’Oubangui, la presque totalité de la chaux usitée jusqu’à présent provient de bancs coquillers des grands fleuves — épuisés ou presque; tandis qu’au Gabon la région côtière semble seule renfermer du calcaire, le Moyen- Congo recèle une zone calcaire de 200 kilomètres, de 300 peut-être.

Cette zone, depuis la région côtière jusqu’aux portes de Brazzaville, est étendue le long de la rivière K’Niari et de la future voie ferrée. Si elle ne fournit que des chaux maigres, celles-ci pourraient certes remplacer économiquement la majeure partie de la chaux européenne, fût-ce par un mélange avec cette dernière, et leur exportation intéresserait toute rAfri([ue centrale.

(1) Voir la note au bas de la page 3.

BULLETIN DU COMTE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Certains échantillons de calcaires peuvent d’ailleurs fournir au polissag^e, comme au Bas-Congo belge, du marbre à faible prix.

Les matériaux de construction abondent dans les quatre premiers niveaux que nous avons décrits, et môme sur toute l’étendue du cinquième, notamment à Brazzaville.

L’argile borde tous les cours d’eau en quantité beaucoup plus considérable qu’en Europe. Elle a donné des briques, donnerait aussi bien des carreaux, tuiles ou tuyaux de poterie.

Pour les usages domestiques, les potiers de Boko, de Brazzaville et d’autres régions sans doute obtiennent une excellente matière en mélangeant aux argiles violettes (4“ série) les argiles grises du sixième niveau.

Il n'est pas jusqu’aux sables blancs, stériles, mais très purs, qui ne puissent fournir matière à verrerie et à exportation dans le vaste bassin congolais et l’Afrique centrale et australe.

Enfin, si nous nous sommes volontairement limité aux certitudes qu’un examen géologique — bien insuffisant — nous a fournies, l'avenir réserve d’autres espoirs.

L’anticlinal primaire d’où sortent 1 Ogooué, la Lali, le Djoué, d’une part, le Ngounié, le Nyanga, la Louessé à l’autre extrémité, recèle des ressources dont l’inventaire n’est pas commencé. D’autres régions intéressantes (Ngoko, llaute- Mossaka) sont inconnues. Et la Haute-Sangba- Lobaye, voisine du Cameroun, ou la chaîne du Mayombe ne le cède peut-être en rien aux régions minières d’avenir de l’Oubangui (Kouango!, du Cameroun, du Gabon septentrional (monts de Cristal), du Mouni ou du Kassaï belge.

En ces régions comme au bassin cuprifère du Niari-Djoué, la houille semble faire défaut totalement. Mais le combustible des forêts et la bouille blanche, que les forêts condensent et conservent, permettent les premiers essais et installations minières.

Nous en conclurons que la forêt, — source de richesse par le commerce de ses essences et de ses latex, — nécessaire au développement agricole et à celui des agglomérations urbaines, sera la condition sine qua non d’un développement minier et industriel.

De la conservation des forêts, dépend la fortune du Moyen-Congo.

Capitaine Jolbdy.

CONDITIONS D’ADHÉSION AU COMITÉ

Tout Français souscripteur d’une somme annuelle dau moins vingt francs devient 7nernbre adhérent et recevra pendant l’ année le Bulletin mensuel publié par le Comité.

Le chiffre minimum de la cotisation est réduit à quinze francs pour les fonctionnaires coloniaux, l’armée elles membres de l’enseignement

Page 1