‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 4)Chapitre 60 sur 75 · POUR QUATRE OFFICIERS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

POUR QUATRE OFFICIERS GÉNÉRAUX

Par automobile en un jour.

Transport 200 francs

Indemnités : 20 francs X 4 80 —

Total 280 francs

Par animaux en huit jours. .

Transport 32 francs

Indemnités : 20 X 4 X 8 6t0 —

Total.; 672 francs

L avantage pécuniaire que retire l’Administration en utilisant ce moyen de transport disparait dès qu’il s’agit de voyageurs à qui elle ne paye pas d’indemnités de déplacement. Pour ceux-là, l’usage de la voiture de ville ne peut pas être envisagé.

c) Camions. — Pour le transport des marchandises, toute carrosserie impropre à porter moins d’une tonne doit être proscrite, parce que le prix (le revient est alors supérieur à I franc la tonne kilométrique, cbilTre qui ne doit pas être dépassé puisque c’est celui des transports par animaux (2). L’avantage demeure du reste toujours en faveur de ceux-ci tant qu’on n’a que peu de produits à transporter. Ce n’est qu’à partir d’un certain tonnage que l’automobile présente un intérêt, parce que les frais généraux, qui sont relativement élevés, ne viennent plus grever d’une façon appréciable le prix de la tonne kilométrique. Enfin, au delà d’un tel tonnage, l’automobile seule est utilisable.

Cette dernière considération est importante. Il faut environ cinquante à soixante animaux por-

(1) Ces indemnités varient lU 6 francs (soldats) à 20 francs (ofliciers généraux) par jour.

(2) Ce prix est un minimum.

teurs (1) pour effectuer la même somme de travail qu’un camion automobile d’une tonne. On voit tout de suite que pour faire le travail de plusieurs camions il faudrait de nombreux animaux. Or, en admettant qu’on trouve facilement ceux-ci, on ne pourrait les utiliser parce que sur la route suivie les ressources en eau et en pâturages deviendraient rapidement insuffisantes pour assurer leur entretien.

Les camions automobiles peuvent être utilisés, non seulement pour le transport des marchandises, mais encore pour celui des voyageurs. Le prix de revient, pour 200 kilomètres et pour dix voyageurs, par exemple, avec 30 kilogrammes de bagages chacun, serait de 20 francs par personne, ce qui n’est pas excessif.

En résumé, si les transports par automobiles étaient effectués par une entreprise privée, les prix de 1 franc la tonne kilométrique et 0 fr. 10 par kilomètre-voyageur ne pourraient être pratiqués puisqu’ils ne laisseraient pas de bénéfices. Par contre, si l’Administration assurait elle-même les transports, elle pourrait y trouver un avantage, à condition toutefois que le tonnage soit suffisant, et que l’exploitation soit conduite suivant les méthodes de stricte économie qui sont suivies dans les entreprises privées.

Précautions particulières à prendre pour l’utilisation des automobiles en Mauritanie.

a) Personnel. — Avant toutes choses, il faut un excellent personnel intéressé autant que possible à limiter la consommation d’essence et à ménager le matériel.

b) Alimentation en eau. — Certains moteurs chauffent beaucoup, surtout dès qu’on marche en première vitesse. Comme on ne peut se ravitailler en eau que tous les 20 à 40 kilomètres, et que l’eau en certains endroits est boueuse, il est indispensable de voyager avec une réserve qui permette de remplir en route le radiateur au moins une fois.

c) Pneumatiques. — L’usure n’est pas considérable. Les plus fortes détériorations observées en cours de route étaient dues à des souches de bois de quelques centimètres qui faisaient sauter de petites rondelles parallèles au plan de la route. Ces accidents seraient faciles à éviter.

Les épines, si abondantes dans le pays, ne traversent pas les enveloppes et paraissent ne présenter aucun danger.

La chaleur exceptionnelle du sol ne semble pas devoir provoquer facilement des éclatemenis. D’ailleurs les différences de température au cours de la journée sont assez semblables à celles qu’on observe dans les pays tempérés. La dilatation de l’air comprimé est donc du même ordre de grandeur.

Si les roues venaient à patiner dans le sable, on pourrait avantageusement utiliser des cordes

(1) Chaque animal faisant environ 25 kilomètres avec 100 à 130 kilogrammes de bagages.

BULLETIN DD COMTE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

ou des « ceintures » spécialement fabriquées pour passer dans les terrains meubles. Cela n’est pas nécessaire, en tout cas, pour les routes indiquées.

d) Moteur. — On devra avoir un moteur puissant et on sacrifiera de préférence la vitesse à la force. Il n’a pas été constaté que le sable véhiculé par le vent apportât une gêne au fonctionnement des différents organes. Le danger le plus grand à craindre est que le moteur chauffe. On devra donc s’assurer que la circulation d’eau se fait bien, que le ventilateur tourne normalement, et que le graissage est sans défaut. La consommation de lubrifiants est d’ailleurs très comparable à celle observée dans les pays tempérés.

e) Carrosserie. — Il sera bon d’éviter, autant que possible, la présence de bois dans la carrosserie, car celui-ci travaille beaucoup sous l’influence d’une chaleur et d'une sécheresse excessives. On supprimera aussi les capitonnages recouverts d’un enduit s’altérant à la chaleur.

f) Groupement des voitures. — Il faut éviter que les voitures marchent seules, afin que les secours, quels qu’ils soient, puissent être apportés immédiatement en cas de panne. Le groupement des automobiles permet de n’avoir qu’un seul chauffeur-mécanicien pour plusieurs voitures. Il a sous ses ordres de simples conducteurs. La voiture de queue transportera le matériel de rechange et l’outillage pour les réparations.

g) Conduite des voitures. — On devra éviter les points où le terrain est meuble, comme cela peut se rencontrer, même dans certaines zones où le sol est généralement résistant. Les dérapages dans le sable peuvent être dangereux. Pour cette raison on s’écartera autant que possible des pistes tracées par le passage des troupeaux.

Résumé et conclusions.

La Mauritanie est un pays dont le commerce seul ne paraît pas justifier, d’ici de longues années, la construction d’un chemin de fer. Cependant il peut y avoir intérêt, dès maintenant, à améliorer les transports, aussi bien de personnel que de marchandises, et à substituer, au moins sur certains parcours, les automobiles aux animaux de bât.

Dans la région des plaines, qui s’étend sur environ 400 kilomètres de largeur, bien que de très vastes espaces soient occupés par des dunes, il est possible de circuler en automobile sur le sol nu et sans avoir de travaux d’art à entreprendre, le long des trois grandes routes commerciales du pays ; celle qui suit le fleuve, celle.qui va au Tagant et celle qui va dans l’Adrar.

Deux de ces routes ont déjà été utilisées et, au cours de la première expérience, on a pu circuler à une moyenne de 20 kilomètres à l’heure.

Les transports par automobiles effectués depuis un certain temps au Sénégal, dans des conditions moins bonnes que celles rencontrées en Mauritanie, permettent d’affirmer que le prix de revient de la tonne kilométrique peut être amené à un franc, amortissement du matériel compris. Le

prix du transport par automobiles serait donc le même que celui par animaux, mais il a sur ce dernier l’avantage de la vitesse et surtout celui de réaliser de gros tonnages.

Par conséquent, si la quantité de marchandises est suffisante pour assurer un trafic régulier, le transport [>ar automobiles peut être avantageux pour l’Administration, à* condition toutefois que l’exploitation soit faite par elle-même, mais d’après les règles d’économie qui sont suivies dans l’industrie privée.

Henry Hi rert.

Juin 1919.

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Les périls intérieurs de ÏEmpire anglais

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