IX. — Crédit et banques
Jusqu’en 1905, il n’y avait en Ethiopie aucun établissement de crédit. Un décret de l’empereur fondait le 10 mars 1905, la Banque d’Abyssinie (Bank of Abyssinia). Cette Société s’est constituée sous les auspices de la National Bank of Egypt et fut autorisée par un décret du gouvernement Khédivial, en date du 30 mars 1905. Elle est pla- cée en Ethiopie sous la juridiction anglaise.
Cette banque a l’autorisation de frapper des thalers, émettre des billets et entreprendre toutes opérations financières, commerciales et industrielles. Elle possède des agences à AdHis-Abeba (siège administratif), Dirré-Daoua, Harrar-Ville, Dessié, Goré etGambella. Elle aurait, dit-on, l'intention d’en créer de nouvelles àMassaouah, Port- Soudan, etc. Si le rôle économique de cet établissement n’a pas été jusqu’ici ce qu’il aurait pu être, cela tient surtout aux circonstances. Il serait désirable, qu’après la guerre, le conseil d’administration, dans lequel sont représentés les porteurs anglais, français, italiensetabyssins, prît des dispositions permettante la directionadministrative de prêter un appui plus efficace au commerce local.
Socété éthiopienne de crédit. — La Banque d’Abyssinie ne jouit évidemment pas d’un monopole exclusif puisque, au mois de mai 1909, a été constituée une banque indigène pour le développement de l’agriculture et du commerce en Ethiopie sous le nom de « Banque abyssine ». Elle ne jouit d’aucun privilège spécial et elle est devenue une simple caisse de prêts. Son capital, fixé à 40.000 actions de 80 thalers (1 .200.000 fr.) n’a
jamais été entièrement versé. Le versement du premier quart a été suivi d’autres versements dont le montant n'est pas connu. Les actionnaires sont presque exclusivement abyssins et tout le personnel est indigène. Cet établissement assez mal géré a, d’une lagon permanente, son capital engagé et attend la lin d’une opération pour en entreprendre une autre. Il prête exclusivement aux indigènes et à la manière abyssine, c’est-àdire avec des garants comme cautions. Le taux n’a rien d’excessif pour le pays : il est de 10 0/0 par an. Si le nouveau gouvernement arrive à mettre plus d'ordre dans 1 administration de cet établissement, dont l’ex-héritier du trône tour à tour vidait et remplissait les caisses par des emprunts à long terme ou des impositions extraordinaires, auxquelles il taxait arbitrairement les grands chefs de la Cour, la Banque abyssine sera susceptible de rendre de réels services à la population indigène.
Conditions et délais de paiement. — En temps normal, et pour les maisons connues de leurs fournisseurs, les paiements se faisaient contre réception des documents avec des remises variant dans ce cas entre 5 et 10 0/0. Dans le commerce des liquides, on accordait généralement six mois decrédit. Pour les articlesde ménage, notamment la ferblanterie et pour la papeterie, les remises variaient entre 20 et 40 0/0. Ces maisons ayant toutes d’ailleurs en Europe des agents ou descommissionnaires, leur adressaient en règlement des produits abyssins et complétaient, le cas échéant, leurs paiements en numéraire. Les commerçants présentant moins de surface étaient tenus de faire leurs paiements en passant la commande. Quelques fournisseurs se contentaient de la moitié du prix d’avance et le solde était envoyé à la réception des documents ou même sur connaissement à Djibouti. Dans ce cas, les remises très minimes, ne dépassaient pas 3 ou 4 0/0.
Depuis la guerre, on traite généralement au comptant. Cependant, plusieurs commissionnaires dès 1915, ont consenti à travailler en compte courant. La succursale île la Banque de l’Indochine, l’agence de la compagnie de l’Afrique orientale (maritime et commerciale) et aussi, dans certains cas, les agences de la banque d Abyssinie en territoire éthiopien, se prêtent à toutes les opérations faites par les banques d’outre- mer.