IV. — Situation générale de la Rhodésia et recrutement
Le 10 août 1916, la police de l’Afrique du Sud Britannique fut placée sur le pied de guerre et y est demeurée depuis. Il n’a été possible de faire participer à la campagne qu’une faible partie de ses forces, mais il faut honorer grandement ceux qui restèrent à l’arrière et y accomplirent un devoir moins glorieux, mais également important, celui de maintenir l'ordre dans le territoire. Tous les officiers et les soldats étaient désireux de faire campagne dans l’Est, le Sud-Ouest et même en Europe. L'ordre qui a régné dans les affaires intérieures est dû aux troupes de police de la Rhodésia septentrionale et méridionale, non moins qu’à la conduite loyale des chefs indigènes et des hommes des tribus.
Depuis le début de la guerre, le corps des volontaires de la Rhodésia méridionale (So ithern Rhodésia Volunleers ) a maintenu son effectif et sa valeur. Je désire rappeler les services du majorD. Mac Donald, commandantladivisionde l’Est, et du major A.C L. Webb, commandant la division de l’Ouest. Dans les premiers jours de la guerre, des mesuras furent prises pour enrôler une réserve de volontaires ( Volunteer Reserve), pour laquelle le lieutenant-colonel H. H. Heymann a rendu de grands services. Dans la Rhodésia septentrionale, antérieurement à 1914, aucune mesure n’avait été prévue par la loi pour l’enrôlement des troupes, mais, avant la fin de l'année, quelques dispositions simples furent décrétées par proclamation, et une petite troupe connue sous le nom de fusiliers de la Rhodésia septentrionale ( Northern Rhodésia Rifles ) fut levée. L’organisation de cette troupe fut menée avec succès par lemajor R. Gordon, D.S.O., et le major Boyd Cuninghame Un détachement fut envoyé sous les ordres de ce dernier sur la frontière nord pour y prendre du service actif et d’autres
fractions furent organisées en vue de la défense locale dans différents centres.
En octobre 1914, une proclamation de « Loi martiale et Ordre public » fut publiée qui permettaità l’Administration de faire des règlements interdisant la communication de renseignements à l’ennemi et d’une façon générale sauvegardant l’intégrité du territoire. En ce qui concerne le traitement des su jets ennemis, on adopta les mêmes principes que dans l’Union sud-africaine. Un nombre considérable d’entre eux furent envoyés dans l’Uuion pour y être internés; quant à ceux laissés momentanément en liberté, ils furent contraints de se présenter périodiquement, lorsque le commandant eu chef l'ordonnerait.
Le *22 octobre 1914, le Conseil législatif de la Rhodésia méridionale prit une résolution demandant que le gouvernement recrutât et instruisît sur-le-champ 1.000 hommes, pour être placés à la disposition du gouvernement impérial en vue de service actif dans le territoire ou en dehors. Si les services de ce contingent étaient requis en dehors de l’Afrique du Sud, il devrait être traité de la même façon que les contingents provenant des autres parties de l’Empire.
La levée d’un contingent de 500 hommes d’infanterie avait déjà été autorisée et, à la fin d’octobre, le 1er régiment rhodésien (First Rhodésia Régiment ) était formé. Le mois suivant, le régiment, sous les ordres du major (temporairement lieutenant-colonel F. -R. Burnside), partit pour l’Etat libre d'Orange, où il aida les troupes de l’Union à étouffer la rébellion, puis marcha vers le Sud-Ouest Africain Allemand. Il assista à l’engagement de Trekopjes et participa à la marche du général Boiha vers le Nord jusqu'à Otjiwarango. Le régiment fut licencié en juillet 1915.
Peu après le départ pour le service actif du 1er régiment rhodésien, uu nouveau contingent fut recruté pour le Service impérial et un second régiment rhodésien (Second liliodesia Régiment) fut formé. L’effectif de ce régiment, originairement de 475 hommes, fut porté bientôt à 800, dont 167 furent recrutés dans l’Union et le reste dans la Rhodésia. L’instruction fut difficile, en raison du petit nombre d’officiers expérimentés et de l’abondance des pluies, mais, grâce à l’intelligence des recrues et à « l’esprit de corps », le régiment était en parfait état lorsqu’il fut envoyé, au début de mars suivant, sous les ordres du major A.E. Capell, D S. O. dans l’Est Africain Allemand. Il y a rendu et y rend encore de grands services.