‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 42 sur 123 · V. — Conclusion · texte numérisé non relu

V. — Conclusion

Le système de défense de la Rhodésia au moment où la guerre éclata était très loin d’atteindre à la perfection. La police britannique de l’Afrique du Sud [British South Africa Police) dans la Rhodésia septentrionale et méridionale, quoique formée de bonnes troupes, suffisait à peine au maintien de l’ordre, même en temps normal, dans un territoire ayant une surface de 450.000 milles carrés, une population de 1.600.000 indigènes et de seulement 30.000 Européens. Les organisations de volontaires et de cadets ( Volu"(eer et Cadet) dans le Sud et les Associations de fusiliers (Rifle Associations) dans le Nord font honneur à leurs membres respectifs, mais elles ne représentent pas un système général de préparation tel que l’exigeaient la situation géographique du territoire et son degré de développement politique.

C’est, dans ces conditions, un résultat remarquable pour la Rhodésia que d’avoir pu, pendant les neuf mois qui suivirent l'ouverture des hostilités, non seulement protéger ses frontières contre l'invasion, mais en ouire fournir deux régiments d'infanterie européenne, prêts à servir sur d’autres champs de bataille. En y comprenant ceux qui partirent pour l’Angleterre individuellement afin d’y offrir leurs services, on peut dire avec certitude qu’au milieu de l'année 1916. 40 pour 100 au moins de la population blanche adulte mâle était enrôlée dans le service actif, soit en Europe, soit en Afrique.

Depuis le début de la guerre, un lourd fardeau et une grave responsabilité reposaient sur le quartier général de Défense et spécialement sur le commandant en chef brigadier général A.-H.-M. Edwards, C.B., M.V.O. Plus tard, la nomination du général Northey sou’agea le général Edwards de la responsabilité des opérations sur la frontière nord, mais, pendant les dix-huit premiers mois, ce dernier exerça

le commandement suprême, aussi bien sur les troupes du Nord que sur celles employées à garder la frontière ouest. L’expédition navale était aussi sous ses ordres.

En outre, il devait diriger l'enrôlement, 1 équipement et l'expédition des renforts pour la frontière et des régiments devant servir en dehors du territoire, surveiller les sujets ennemis et prendre toutes les mesures intérieures' nécessitées par l'elat de guerre. Il devait aussi assurer pendant ce temps le maintien des dispositions habituelles destiuées à assurer la tranquillité des districts. Toutes ces tâches furent accomplies par le général Edwards avec une énergie sans défaillance et une patience admirable II a été très habilement secondé par le lieut nant colonel T S. Masterman, qui, outre ses fonctions de contrôleur des trouves de la défense, a servi de chef d’état maj >r au commandant en chef. Le lieutenant colonel Mastermau est un ofticier très zélé, un grand travailleur et la valeur de ses services pendant une période d’efforts extrêmes ne saurait être exagérée. Le major F. R. Buruside, du 3e hussards, a aussi rendu d’utiles services au quartier général comme chef d’étatmajor, avant de prenlre le commandement du 1er régiment rhodésien.

Le maintien des bonnes relations entre les diverses autorités de la Rhodésia est dû en grande partie au tact déployé par le général Edwards et à l'efficace et judicieuse collaboration de deux administrateurs, Sir Drumoud Chaplin, K. C. M. G , et Jlr. L. A. Wallace, C. M. G. L'absence de difficultés doit être attribuée dans une large mesure à l’influence discrète et aux efforts infatigables de Mr. H. J. Stanley, C. M. G., commissaire Résident, qui, en tant que représentant dans la Rhodésia le gouvernement impérial, a été le centre des correspondances et des négociations locales.

Ainsi que son prédécesseur le colonel R. Burns-Begg (dont je désire rappeler ici les services dans la première période de la guerre) il a’trouvé une aide précieuse dans la personne de Mr. C. Douglas Jones, le secrétaire expérimenté du commissaire Résident.

Enfin, c est pour moi un plaisir de reconnaître nos dettes envers l’administration du Congo belge pour sa coopéra -x tion, non seulement sur la frontière nord, mais aussi dans la préparation de l’expédition navale sur le Tanganyika et dans les actions engagées sur le lac. La colonie belge était d’ailleurs étroitement intéressée à la question de la maîtrise du lac et, bien qu’à un moindre degré, à la défense de la frontière Fife-Abercorn. Son attitude néanmoins ne fut pas dictée par des motifs d’intérêt personnel. La coo pération de nos vaillants alliés belges nous fut offerte dans un véritable esprit d’amitié et de camaraderie et fut acceptée de même.

J’ai l’honneur

Buxton,

Haut commissaire.

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