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LA CONQUÊTE DU SUD DE LA COLONIE

(Cliché du Times.)

aussi loin que possible, afin de pouvoir utiliser la Rufiji pour les transport». Les opérations des colonnes de Kilwa et de la Rufiji avaient été conçues dans ce but D’après les dires des indigènes et les quelques statl-tiques utilisables, on pouvait s’attendre à trois semaines encore de beau temps. Mais les transports et les approvisionnements étaient loin d être satisfaisants. Les dépôts avancés ne contenaient pas de réserves, le nombre des porteurs était insuffisant, les animaux nécessaires aux transports mouraient et les conducteurs des transports mécaniques tombaient si rapidement malades, que l’effectif des troupes sur le front ne put être maintenu dans cette région.

Dans ces conditions je rappelai le gros de la lre brigade sur le chemin de fer central et réduisis autant que possible les forces de réserve, tentant néanmoins de me porter en avant avec le reste des troupes.

La tre brigade est-africaine envoya un détachement dans la direction de Nyakisiki, ce poste fut occupé après quelques escarmouches, ce qui permit à l’ennemi de se débarrasser de son hôpital, qui contenait en cet endroit 50 Allemands et 150 Askaris.

La 2" brigade de la lpc division poussa vers Utete pendant que la 3* brigade nettoyait la contrée située iminé-

Commencement de la saison des pluies.

Tout semblait aller pour le mieux, lorsque, le 25 janvier, une pluie abondante commença à tomber, devançant le début de la saison de pluies la plus intense que l’Afrique orientale ait connue depuis des années. Le 27, les lignes de communications de Mikesse à Kibambawe étaient, interrompues par la rupture des ponts et la submersion des routes. Des opérations dans toutes ces régions furent dorénavant sérieusement entravées par cette pluie intempestive.

Il est très difficile de comprendre les difficultés que la saison des pluies entraîne pour une troupe agissant aussi loin de ses bases de ravitaillement, avec de nombreuses lignes de communications differentes, traversant des contrées difficiles de toutes espèces, nécessitant parfois jusqu’à 30 milles de transport à dos d’hommes. Dans les vallées de la Mgeta et de la Rufiji, les routes construites avec beaucoup de peine et de soins, sur lesquelles des transports mécaniques roulaient continuellement en janvier, n’étaient parcourues un mois plus tard qu’avec beaucoup de difficultés et de fatigues, par de» porteurs pataugeant pendant des kilomètres, avec de l’eau jusqu’à la ceinture. La ligne

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

de communications Dodoma-Iringa franchissait la Grande- Ruaha dans la saison sèche grâce à un gué facilement praticable, mais lorsque les pluies »e furent établies, les vivres durent être transportés, non seulement en traversant une rivière débordée, mais en franchissant aussi, sur chacune de ses rives, un marais de 6 pieds de profondeur et d’autant de milles de largeur. Cette extension de l’inondation sur nos lignes de communications de Dodoma à Iringa nous causa une anxiété considérable et tous les efforts furent faits pour lutter avec elle. La colonne d'Iringa fut réduite autant que possible et des bateaux spéciaux, à fond plat, furent préparés, il fut cependant necessaire de se retirer sur une nouvelle ligne le long de la route qui se dirige du chemin de fer à Kilossa vers le Sud. La vallée de la R u fi j i et de ses divers tributaires devint un vrai lac dans lequel le cours réel des fleuves n était souvent que difficilement discernable. Les patrouilles durent être faites en canot, les hommes amarrèreut parfois leurs embarcations aux toits des maisons qui leur servaient auparavant de quartier.

Les conditions étaient également très dures dans la région de Kilwa. car les routes devinrent impraticables aux transports mécaniques et les animaux mouraient peu de semaines après leur débarquement. Un facteur plus sérieux encore peut-être était l’état sanitaire des troupes. La région côtière et les vallées de la Mgeta et de la Ruliji sont malsaines même durant la saison sèche pour tous autres que les indigènes africains, les pluies amènent un accroissement considérable de la malaria, la dysenterie et la pneumonie atteignant alors les indigènes eux-mêmes.

En 1916, beaucoup de nos troupes de l’Afrique Orientale passèrent la saison sèche dans des localités élevees et relativement saines. Il était impossible d’en faire autant en 1917 sans abandonner un territoire qui avait été durement conquis et dont il taudrait de nouveau çhasser l’ennemi, au prix des mêmes difficultés, si nous lui laissions la possibilité de le réoccuper.

L’ennemi avait certainement aussi à compter avec la malaria et avec la monotonie, sinon la raréfaction des vivres, mais.^i un degré moindre, car ses troupes blanches étaient plus acclimatées à l’Afrique Orientale Allemande, et ses soldats indigènes étaient originaires de la contrée, Il avait en outre l’avantage de se retirer sur ses lignes intérieures, -celui de posséder de vieilles troupes dont tous les éléments faibles avaient été éliminés avec le temps et celui de pouvoir vivre sur le pays en se retirant. Ce dernier avantage était encore accentué par le fait que, taudis que nous avions l’habitude de ne prendre que ce dont les habitants pouvaient se passer et de le payer, les Allemands n’avaient aucun scrupule à tout prendre. Après avoir utilisé hommes, femmes et enfants, au'-si longtemps qu’ils en avaient besoin, ils les renvoyaient en arriére, dans un dénuement abominable, dénuement qui accroissait les difficultés rencontrées par nos troupes.

Opérations pendant le débat de la période des pluies.

Je vais résumer brièvement les opérations qui eurent lieu avant que la saison des pluies ait atteint sa pleine intensité, avant de rendre compte de la réorganisation qui eut lieu pendant cette période, en vue de la reprise de l’offensive avec l’arrivée de la saison sèche.

Opérations du général Northey dans l'Ouest.

Sur le théâtre sud-ouest de la guerre, où les pluies n’avaient pas été aussi abondantes, 1 activité fut considérable. Au début de février les troupes du général Northey étaient disposées comme suit :

a) Une faible colonne à Likuju.

b) Le détachement du colonel Byron à Songea et autour de ce poste.

c) Le détachement du colonel Tomlinson à Kitanda, en face de Wintgens.

d) La colonne du général Murray, ayant repoussé Kraut à l’Est d'Iringa, était entre ce poste et la rivière Pitu.

e) Une colonne sous les ordres du colonel Hawthorn située près d’Alt-Langenburg allant vers Wiedhafen.

f i Un bataillon africain à l’Est de Lupembe surveillant la Ruhudje.

Après la reddition de Grawert, la colonne de Likuju s’avança vers le Nord, dans la direction de Kitanda, aussi Wiutgens se retira-t-il, en livrant des combats d’arrièregarde, jusqu’à Gumbiro, où il fut rejoint par Kraut. Us ne pouvaient se procurer dans le district de Gumbiro que peu de vivres, aussi ne pouvaient ils y demeurer longtemps. Des nouvelles reçues le 8 février indiquèrent que Kraut se retirait vers le Sud. Le 10 il parut sur la route de Wiedhafen a Sougea, attaqua deux de nos postes sans succès, et marcha le il vers le Sud, chaudement poursuivi par le colonel Hawthorn, dont la colonne avait été mise en mouvement très à propos Les rapports signalaient le mécontentement de» troupes de Kraut. probablement par suite du manque de vivres, sa retraite était en conséqucuce rapide, mais, bien que ses arrière-gardes aient été souvent sévèrement traitées par nos troupes de poursuites,

11 parvint à bien effectuer sa retraite avec 6 compagnies et 3 canons jusqu’à la frontière portugaise immédiatement au Sud de Sougea. Des rapports, reçus le 24 février, signalaient la concentration de forces ennemies considérables à Likuju ; en conséquence le colonel Hawthorn fut rappelé à Songea. Wintgens pendant ce temps s’était porté vers 1 Ouest, ses troupes avancées commençaient à apparaître à la Mission de Milow vers le milieu du mois.

Le général Northey envisageant la possibilité d’une attaque sur ses ligues de communications, méditée par Wintgens entre Alt-Langenburg et Ubena, donna l’ordre au gros de la colonne du colonel Murray de se porter de la Ruhudje à Tandala. Une faible colonne mobile, sous les ordres du capitaine Anderson du 18e hussards, envoyée de Tandala pour reconnaître Milow, fut attaquée à 12 milles au Nord de ce dernier poste, le 16 février, par des forces très supérieures et après un combat courageux dut profiter de 1 obscurité pour se retirer. Le colonel Fairweather qui la soutenait avec quelques unités du corps des cyclistes sudafricains (South African Motor Cyclist Corps) fut tué. Une compagnie des fusiliers royaux africains (King’s African Ritles) sortant de Tandala le 18 février fut presque encerclée par le groupe principal des troupes de Wintgens à 6 milles de ce poste, mais s’ouvrit vaillamment un passage après un violent combat et rentra à Tandala. Wintgens se mit en devoir d’investir ce poste par l’Ouest et le Sud. Toutefois le 22, la colonne du colonel Murray arrivait et Wintgens sans attendre d être attaqué se retira vers le Nord abandonnant un canon de 1,4 iuch. Les forces de Wintgens consistaient en environ 600 hommes dont le dixième était blanc, les rapports le signalaient comme disposant de

12 mitrailleuses Maxim et de 2 canons. Le colonel Murray le poursuivit immédiatement et ainsi commença, le 25 février une longue poursuite qui allait se continuer pendant plusieurs mois et à laquelle le colonel Murray mit une énergie et une décision très grandes.

Le général Northey avait dû tellement éparpiller ses forces pour lutter contre les nombreux détachements ennemis sur son front qu’une faible poussée de Wintgens suffit pour lui permettre de passer au travers. Le reste des forces à ma disposition avait tellement décru pendant cette période qu’il m’était pour le moment impossible d’en distraire même un faible détachement pour prendre part aux opérations contre Wintgens.

Région de Lindi.

D’après certains signes, l’ennemi semblait avoir concentré ses troupes dispersées aux alentours mêmes de Lindi; je jugeai prudent d’en renforcer la faible garnison. Le brigadier général O’Grady, muni d’une force appropiiée, reçut le commandement, et des mesures rapides furent prises pour tenir l’ennemi à distance. L’organisation du port fut immédiatement prise en mains, car je désirais opérer une vigoureuse offensive partant de ce point à la fin de la saison des pluies.

Opérations autour de la Rufiji et de Kilwa.

Il y eut peu de changement pendant le mois de février dans la région de la Rufiji. L’ennemi, probablement par suite de la crue de la rivière, qui avait commencé à sortir de son lit et à inonder les régions voisines, retira, quelques compagnies vers l’Est, mais il présentait encore un front

sérieux surla rive droite de larivière aux alentoursd’Utenge et en face de la brigade de la Nigeria à Mkindu. Une attaque de nos postes avancés de Nyakisiki fut repoussée avec pertes. Le général Hannyngton en'Oya des tro' pes appartenant a la première division à lu milles au Nord de Ngarambi, mais des difficultés d approvisionnement et la pénurie de moyens de transport empêchèrent un mouvement offensif décisif. A la fin de février la première division occupait la ligne Utete-Namatewa-Chemera, ce dernier poste ainsi que Mitole couvrant la ligne de chemin de fer eu construction à l’Ouest de Kihva vers Liwale.

A ce moment la rive nord de la Rufiji était libre et la plus forte moitié de la colonne du colonel Borne avait traversé la rivière près d’Utete. La surveillance du cours de la Rufiji par la marine parmi les marais de mangliers de son delta était une tâche difficile Le lieutenant-commandant Garbett organisa une surveillance rigoureuse avec une remarquable rapidité et bien que les inondations suivantes aient modifié les canaux et transformé les bancs de sables, l’approvisionnement par eau d'Utete fut dorénavant régulier.

Pendant le mois de mars, les patrouilles furent très actives dans la région du lac UteDge et sur les bords des rivières Lugonya et Kingani, mais 1 inondation de la contrée empêcha toute opération de plus grande envergure. Vers le milieu de mars, 1 ennemi montra une activité croissante au Sud de la rivière Matandu, les rapports signalaient Mpotora comme soli iement occupé. Une partie des forces d’Utenge s’étaient évidemment portées vers le Sud, en conséquence les troupes de la région de Kihva furent redistribuées.

Réorganisation.

Le ravitaillement des diverses colonnes était une source d’anxiété pour moi et pour tous mes chefs de colonne. Par suite de l’intensité des pluies dans la région de Kihva, les mouches faisant périr les animaux de bât, et l’emploi des transports mécaniques légers devenant impossible, le portage à dos d'homme dut être graduellement adopté dans l’intérieur du pays et un système de « dhows » et de bateaux fut organisé jusqu’à la source de la rivière Matancki. Une partie de la première division établie à Mohoro et plus tard à Utete fut ravitaillée par eau en utilisant la Rufiji, grâce à des dispositions prises de concertavec la marine. La rivière devint la p incipale source de ravitaillement pour toutes les troupes de cette région.

Le ravitaillement des troupes dans la région d Iringa par la ligne Dodoma Iringa était devenu si précaire, qu’en mars la ligne Kilossa-Iringa dut être adoptée bien que son utilisation impliquât de lourdes pertes tant en porteurs qu’en ânes et de nombreux cas de maladies parmi le personnel blanc. Ce n’est qu’à partir de mai que les conditions climatériques permirent d’utiliser de nouveau la ligne Dodoma Iringa.

Les difficultés qu'entraînait le passage des vivres à travers les régions basses entre Kibambawe et les régions élevées des monts Uluguru s’accroissaient constamment, aussi les troupes étaient-elles fréquemment à demi ration. Je résolus en conséquence de hâter le retrait de la partie des troupes du général Bcves demeurée à Morogoro, pour les récupérer et les reformer.

Les maladies avaient atteint une telle proportion, tant parmi les Européens que parmi les troupes originaires de l’Afrique du Sud que le retrait de ces troupes devint nécessaire. Je décidai d'en envoyer le plus possible dans 1 Afrique du Sud et de les rappeler au moment des opérations offensives après les pluies.

Les fatigues de la campagne et le poids de combats avaient été supportés depuis 1914 par quelques unités de troupes de l'Inde et par les fusiliers royaux africains. Ces troupes avaient souffert également des maladies, surtout les Indiens, mais les effectifs étaient si faibles qu’il ne me fut pas possible de retirer des King’s African Rifles et que quelques Indiens seulement purent être envoyés dans des contrées plus saines afin de se reformer.

Formation des colonnes.

Lorsque je pris le commandement, la troisième division

quittait la contrée pour se rendTe dans l’Afrique du Sud et la décision avait été prise d’y renvoyer aussi la seconde division, ce qui rendait les forces sous mes ordres trop faibles, sinon pour tenir, du moins pour entreprendre des opérations offensives à la fini de la saison des pluies Des mesures furent donc prises pour augmenter les King’s African Rifles pour accroître les troupes de l'Ouest africain, pour renforcer les bataillons indiens au moyen de détachements et si possible pour faire quelques échanges avec des unités nouvelles.

Avec le retrait de ces divisions la vieille organisation devint inadaptée. Je décidai, au début de février, consicéraut la nature probable des futures opérations, de réorganiser les états-majors et de redistribuer les troupes, de façon à former des colonnes appropriées en importance aux opérations ultérieures, de manière que, en mai, époque où l’on pouvait espérer que le sol s’assécherait, des mouvements concertés pussent être entrepris de Lindi Kilwa, de la Rufiji centrale ; d'Iringea et de songea respectivement et si possible de plus au Sud encore.

Transports. — 11 avait été clairement démontré que, dans cette région, on ne pouvait pas compter sur les animaux pour les tran-ports, le portage à dos d homme et les transports mécaniques légers étaient doue indispensables. Les uns et les autres étaient pour le moment insuffisants tant en nombre qu’en personnel et exigeaient une réorganisation complète. C’était la question la plus urgente, elle fui immédiatemem étudiée.

Corps de porte"rs. — Le recrutement, le transport, l’organisation et la distribution des porteurs était un difficile problème. 11 était indispensable que le personnel blanc qui devait avoir à employer les porteurs, fût en état de comprendre les indigènes et capable de lçur parler leur propre langue. En conséquence j’en référai aux gouvernements de l’Afrique Orientale Anglaise et de l’Ouganda et leur envoyai un ancien officier d état-major pour leur expliquer la situation et ses exigences. Je reçus une très prompte a-sistance. En mars, le Compulsory Service Act fut mis en vigueur et un ancien officier de renseignements très expérimenté, M. John Ainsvorth (plus tard coloneli fut mis à ma disposition pour organiser et surveiller le recrutement et le transport des indigènes. Il fut décidé que l’accroissement nécessaire du nombre des porteurs serait surtout demandé à la région voisine du lac Victoria, celle ci contenant les races les plus aptes à supporter les conditions climatériques de l’Afrique Orientale Allemande. Les meilleurs résultats suivirent celte décisions, et, bien que le transport des porteurs par mer fût restreint par la quantité limitée de bateaux utilisables, il ne s’écoula pas longtemps avant que de notables progrès se fissent sentir dans le ravitaillement des troupes, résultat obtenu grâce au constant accroissement du nombre des porteurs.

Transports mécaniques. — Il était indispensable de prendre des mesures en vue d’une sérieuse augmentation du nombre des camions automobiles légers dans la région avant l’époque de l’assèchement des routes à la fin des pluies. Des commandes furent faites aussi nombreuses que possible en Angleterre, dans l’Afrique du Sud et aux Indes. Nous avions acquis l’expérience de la rapidité avec laquelle les conducteurs tombaient malades dans ce pays, aussi des mesures furent-elles prises pour accroître leur nombre Des écoles de chauffeurs furent ouvertes dans l’Afrique du Sud l’Afrique Orientale et l’Ouganda pendant que de nouvelles demandas de personnel étaient faites dans le Royaume-Uni et aux Indes.

Service médical. — J’ai exposé plus haut qu’avec la venue des pluie-, la proportion des malades s’était rapidement accrue, principalement par la malaria et, à un degré moindre, par la dysenterie. L'arrêt des transports par voiture légère ajouta encore aux difficultés. Le grand nombre de porteurs nécessaire pour remplacer tous les autres moyens de transport augmenta encore le nombre des malades, la nécessité de les transporter à bras, au lieu de le faire au moyen de voitures, rendait l'éVacuation beaucoup plus lente. La relève des troupes européennes par des troupes appartenant en majorité à des aces de couleurs nécessita un changement dans le personnel médical Pour répondre à ces conditions nouvelles, des unités médicales spéciales furent organisées et je demandai de nombreux officiers de santé et du personnel. Le recrute-

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ment d’un corps médical africain commença dans l’Ouganda afin de fournir du personnel aux ambulances de porteurs et des infirmiers exercés pour les King’s Africau Rilles. Nous nous assurâmes un matériel plus important pour le transport des fardeaux et des porteurs pour les braucards.

Nous fûmes aussi en état de prêter assistance aux Belges sous le rapport du matériel et des médicaments de réserve.

King's Africain Ri/les. — La nécessité ayant été reconnue d’employer le plus possible des troupes indigènes africaines ljrsque la campagne aurait atteint le stade où elle venait de parvenir, une augmentation considérable des fusiliers royaux africains avait été approuvée, un an environ auparavant L organisation et l’instruction des nouveaux bataillons était poussée aussi activement que possible, je profitai de la première occasion pour les inspecter à Tabora et Nairobi. Les progrès obtenus me satisfirent, ils représentaient tout ce que nous pouvions espérer On ne se rend généralement pas compte combien les indigènes africains sont longs à instruire. Ceux appartenant aux tribus les plus guerrières sont de peu d’usage tant qu’ils n’ont pas subi une année entière d’entraînement méthodique sous des officiers familiers avec 1-s conditions localeset, même dans ce cas, ils doiventêtre employés avec attention. Ceux recrutés dans des tribus médiocres, exigent une formation notablement plus longue Tous les Africains demandent à être employés par des officiers blancs et des sous-officiers qui les comprennent et qui leur parlent leur langue. J’adressai au ministère de la Guerre des demandes importantes de personnel européen pour ces bataillons ; néanmoins quelque temps s’écoulera sans doute avant qu’on puisse apercevoir de bons résultats. Il était importai t aussi d’éviter que les unités en camp<gne des King’s African Rifles ne perdissent leur mordaut, en raison de fréquents emprunts de personnel entraîné, tant blanc que noir.

Instruction. — La saison pluvieuse fut utilisée pour l’instruction des troupes. Des écoles furent organisées pour enseigner remploi des engins nouveaux, des canons Lewis, des grenades à mains et de celles pour fusils, du mortier pour la construction des trauchées et des signaux, elles furent toujours maintenues au complet.

Service aérien. — Le corps royal aérien (Royal Flying Corps) accomplit toutes les fois que cela lui fut possible des vols intéressants, mais sauf dans la région ouest, où le temps était moins mauvais, il ne put faire que peu de chose pendant la période de pluies. En conséquence j’en rappelai la plus grande parfie en vue d’une remise en état. De nouveaux aérodromes furent organisés à Songea et à Lindi.

Chemins de fer. — La reconstruc ion du chemin de fer central se poursuivait rapidement en iépit des pluies. Le trafic reprit »-n janvier de Dar-es Salam à Dodoma et une attention spéciale fut portée pendant cette période sur I amélioration des ponts de la Ruvu et de la Mkata; ils nécessitaient un soin considérable, des réparations et reconstructions. En février la section Dodoma-Tabora fut ouverte au trafic, en liaison avec le réseau belge par l’intermédiaire du lac Tanganyikia. L’avance systématique de la ligne Dar-es-Salam Tabora continuait.

N’étant pas certain que les routes utilisables après les pluies pour les transports fussent suffisantes pour ies divers ravitaillements, je pensais que le meilleur emploi du surcroît du matériel de chemin de fer, à ma disposition, serait la construction d’une ligne allant aussi loin que possible de Dodoma vers Iringa. Les travaux commencèrent au milieu d’avril de> bateaux spéciaux furent rassemblés pour le transport du matériel nécessaire; pendant ce mois la plus grande partie en fut débarquée et envoyée en avant.

La construction de la ligne de Kilwa, dont le ravitaillement des troupes de cette région devait dépendre, était poussée aussi activement que possible, mais les difficultés que les pluies et les maladies faisaient surgir rendaient ses progrès peu sensibles. Beaucoup de matériel néanmoins avait été débarqué à Kilwa et, avec le retour de la saison sèche, la rapidité de la construction s’accroîtra sans doute rapidement.

Transports fluviaux. — J’ai parlé plus haut de la reconnaissance du Rufiji et de la création d’un service de transport fluvial qui en résulta. Ceux qui n’ont pas vu la rivière Rufiji débordée ne peuvent comprendre les difficultés que

ce service eut à vaincre. Un dur travail et une grande persévérance permirent de ravitailler par transport fluvial les troupes delà région d’Utete. et en mai le premier bateau parti d'Utete atteignait Kibainbawe.

Artillerie. — La levee de nouveaux bataillons de King’s African Rifles, le grand accroissement du corps de porteurs et du nombre des animaux de bât demandèrent un grand effort au département de l’artillerie. Jusqu'à ce que le matériel pût arriver d’Angleterre, les manufactures locales s’employèrent à satisfaire ses demandes.

Coopération avec les Belges et les Portugais.

Au début de février, je m’étais rendu à Palma afin d y rencontrer le gouverneur et commandant en chef portugais, et j’avais discuté avec lui les bases d’une collaboration possible dès l’organisation de ses forces En mai il me rendit ma visite et nous pûmes avoir un nouvel entretien à Dar-es-Salam.

Eu avril, aussitôt que je fus informé que notre gouvernement s était entendu avec le gouvernement belge en vue d’une nouvelle coopéraiiou de ses forces et des nôtres, je me rendis au Tanganyika et j’y conférai avec le général iVlalfeyt, commissaire royal, et avec le colonel Huyghe, Commandant en chef Le résultat de celte conférence, pleinement satisfaisant, fut a ors télégraphié au ministère de la Guerre. Les troupes belges furent pourvues de vivres, de porteurs et de matériel et leur coopération postérieure en mai se montra très utile.

Opérations pendant les pluies.

Toutes ces mesures montrent à quel point la période de pluies fut essentiellement une période de réorganisation. Néanmoins chaque fois que les conditions locales le permirent, tous les efforts furent faits par les commandants de colonnes pour harceler l’ennemi.

Région de Lindi.

A Lindi le brigadier général O Grady entreprit plusieurs offensives locales. Ses patrouilles eurent le dessus, il s’assura ainsi les collines au Sud du port. Une attaque par sur-

rise bien exécutée contre un ( oste allemand à l’Ouest de

guru Mahumba, le 11 mars amena la dispersion de la garnison et la prise d’une mitrailleuse pompom. L’enDemi avait hissé un canon de 4 pouces 1 dans le voisinage de Miveka, avec lequel il exécutait un bombardement intermittent et comparativement inoffensif de nos sentinelles sur la colline de Kitulo ; le 211 avril, nos troupes surprirent le camp ennemi à Yangwani, les Allemands se retirèrent en désordre abandonnant beaucoup de provisions.

Le 24 notre petit posté de Sudi Bay fut attaqué par deux compagnies, elles se retirèrent laissant une douzaine de morts. Le 25. il y eut un faible engagementeutre les King’s African Rifles et un détachement ennemi de force égale. Le résultat fut satisfaisant, mais, n’était le manque d officiers blancs, aurait pu être transformé en un vrai succès A la fin d’avril plusieurs compagnies nouvelles furent signalées dans la région de Lindi et un détachement considérable, comprenant les troupes commandées par Kraut était à Tunduru et aux environs. Cette dernière troupe avait repassé la frontière portugaise vers la fin de mars.

Rien d’important ne se produisit dans cette région avant le 19 mai, date où une sérieuse reconnaissance dans la direction de Mrveka rencontra l’ennemi en force, immédiatement à l’Ouest de Ngurumahamba. Le combat dura toute la journée, nous nous rendîmes parfaitement compte que l’ennemi n’avait pasaffaibli ses forces dans cette région.

Pendaut cette période le port de Lindi fut ouvert et mis en état de servir aux futures opérations.

Des renseignements dignes de foi annonçaient que les Allemands bâtissaient un dépôt de vivres dans le voisinage de Ma-sassi. Ce qui, rapproché du fait qu’ils avaient virtuellement évacué la liffne de la rivière Matandu, et qu’ils ne semblaient pas tenir la route de Kilwa Liwale en force, semblait indiquer que leur ligne de retraite de la région de Kilwa vers Massassi passerait par Likawage et la rivière de Mbemkuru.

Opérations autour de Kilwa et dans le voisinage de la Rufiji.

Le retrait des forces ennemies de la région du lac Utenge se poursuivit régulièrement pendant tout le mois d’avril ; vers le milieu du mois un gruupè considérable était concentré à environ 20 mil les au Sud-Ouest de Kilwa Kivinje. Des engagements de patrouilles avaient lieu journellement dans le voisinage, un détachement du régiment de la Gold Coast se distingua dans l’un d’eux en tendaut à un ennemi trois fois supérieur en uombre une embuscade où celui ci perdit environ 40 hommes.

Le 18 avril un détachement x:omposé de 400 hommes du 40* Pathans, de 2u0 des King’s African Rifles avec deux canons de montagne appartenant au régiment de la Gold Cnast, sous le commandement du major iyudall du 40e Pathans, attaqua un groupe d ennemis qui s’était avancé jusqu’à quelques milles dq Rumbo L'ennemi était en force et aprs un courageux combat qui dura plusieurs heures, dans lequel les perles furent considérables des deux côtés, nos troupes durent se retirer sur Rumbo et s’y retrancher. Bien que cette attaque n’ait pas atteint son but, elle eut pour effet de débarrasser les troupes de Kilwa de toute pression de ce côté.

Le 20 avril, l'hôpital allemand de Mpangania.à 10 milles à l’Ouest d Utete, se rendit ; des mesura furent immédiatement prises pour évacuer les malades, 70 Européens et 140 Askaris, donlla plupart étaient convalescents. La crue de la Rufiji avait tellement isolé l’hôpital, que l’évacuation dut être entièrement faite par canots, actionnés au moyen de perches ou de rames, à travers les roseaux, le courant de la rivière même étant trop violent pour qu’on pût l'affronter même avec un bateau à vapeur puissant

Les maladies causées par les pluies exceptionnelles avaient avec le temps diminué notre personnel européen dans une proportion très sérieuse. La pénurie d’officiers anglais s’etait fait sévèrement sentir dans toutes les troupes de choc de la région côtière et ce n est qu’au prix de grandes difficultés que la ligne électrique, de laquelle dépendait le ravitaillement des troupes au Sud de la rivière Matandu put * être maintenu en service. A Kibambawe la rivière donna de sérieuses causes d’inquiétudes ; le 14, elle atteignit son élévation maximum, de 6 pieds supérieur au bac, au niveau d'inondation le plus élevé enregistré précédemment par les indigènes de la région. Les communications qui devaient franchir la rivière devinrent précaires et dangereuses, onze hommes furent noyés le 19 en la traversant. En raison des difficultés grandissantes du ravitaillement dans la Rufiji centrale, je fus forcé de réduire encore la garnison delà Nigéria. Je pouvais le faire néanmoins sans danger, car les Allemands, après avoir graduellement diminué leurs forces dans cette région, quittèrentNgwembe et se retirèrent plus au Sud le 22 avril.

Le 5 mai, un petit canon situé dans un marais de mangliers sur le continent, a l’Ouest de Kilwa Kisiwani, ouvrit soudain le feu sur un bateau à l’ancre dans le port. Des mesures furent immédiatement prises de concert avec la marine, l’ennemi fut chassé, et un poste établi sur la terre ferme. Dans la région de Kilwa l’ennemi continuait à abandonner le Nord de la rivière Matandu et à renforcer ses troupes sur la rivière Ngaura, à 20 milles au Sud-Ouest de Kilwa Kivinje. Le 20 mai Mpotora avait été complètement évacué par les Allemands, les troupes se retirèrent en partieau Sud, vers Lix\ ale, en partie à 1 Est p >r Likawage. Pendant ce temps nous avions occupé Loge-Loge sur la Rufiji le 9 mai ; vers le milieu du mois, la rivière d’Utete à Kibambawe, ainsi que la contrée située à 20 milles au Sud était complètement débarrassée de l’ennemi. A la fin de mai, en partie par suite de la pression exercée par nos troupes, en partie en raison de l’inondation et de 1 épuisement des vivres, l’ennemi était pratiquement contraint d’abandonner toute la région au Nord de la rivière et s’était retiré à 5<» milles à l’Est de Songea. Des pluies abondantes continuèrent dans la région côtière jusqu'au mi ieu de mai, il fallait laisser s’écouler un certain temps avant que les dégâts causés à nos lignes de communications pussent cire réparés et que l’état des régions iuondée permit le passage des voitures.

Opérations du général Northeg dans l'Ouest.

En mars, quatre compagnies commandées par Langenn étaient à Mpepo, près du confluent ues rivières Ruhudje etPitu. et lorsque Northey affaiblit son Tunt de Luperube pour renforcer la colonne Murray, j’en\ oyai un bataillon de troupes africaines d Iringa à Ubena. Il nm fut possible de le faire car l’inondatiou de la vallée d Ulanga était telle qu’elle assurait presque la sécurité du district d’iringa.

Dans la région sud-ouest la colonne du colonel Hawthorn s’avança en avril deSongea à 41 milles à l’Est vers Likuju où Linch avait environ cinq compagnies. Linch se retira vers l’Est sans offrir de résistance sérieuse. Le front Lupembe devint extrêmement calme, la vallee entière d’Ulanga (les vallées de la Ruhudje, deKilombero et d’Ulanga) étaait transformée eu un vaste lac, s’éteudaut au Nord du plateau d’iringa jusqu’au pied des collines de la chaîne de Alabenge.

Vers la fin d’avril, deux colonnes ennemies, composées surtout par les troupes anciennement commandées par Kraut, traversèrent la rivière Rovurna, au Sudde Tunduru, entrèrent dans l’Afrique Orientale Portugaise et se mirent en devoir d'occuper les régions relativement fertiles situées entre Mtarika et la rivière Lujeuda et le lac Nyasa. Ayant construit des camps fortifiés dans cette région, ils envoyèrent des détachements avances à Mtonya et au lac Shirwa, leurs patrouilles franchirent même la frontière du Nyasaland, 2U milles au-dessous du fort Mangoche. promptement chasséesd’ailleur8parnos troupes. Des mesures fureutprises pour renforcer la garnison du Nyasaland du Sud et des troupes portugaises quittèrent la côte pour joindre Mlengula sur le lac Nyasa dans la seconde quinzainé de mai.

Les rapports signalèrent un projet d’avance allemande vers le lac Shirwa et même vers Quelimane sur le bord de la mer; il nous semblait cependant que l’ennemi ne parcourait le pays que pour se rendre compte des possibilités de ravitaillement ou même qu’il faisait des préparatifs en vue d’une retraite éventuelle de ses troupes vers l’Afrique Orientale Portugaise. Ils exploitèrent en effet la contrée située sur les bords de la rivière Lujenda où ils recueillirent et amassèrent des vivres dont une partie fut expédiée au Nord à Nassassi.

Opérations dans l'Ouest contre Wintgens.

Pendant ce temps, le colonel Murray continuait à poursuivre Wintgens Le 13 mars Wiutgens'était à Alt Utengule, le 18 il avait atieint la Mission de Saiut-Moritz. Le colonel Murray bien qu’attaquant continuellement ses arrière gardes, ne parvenait pas à engager un combat avec le gros des troupes Wintgens enlevait en avançant tous les vivres de la région, celui qui le poursuivait dépendait donc entièrement de ses convois de ravitaillement, uomme il était impossible de savoir si les forces allemandes continueraient leur marche vers le Nord ou tourneraient à L Ouest dans la diiection de la Mission de Saint-Bonifaz, où leurs patrouilles avaient été reuconlrées, je pris mes dispositions pour envoyer un détachement è Tab«ra, d’où il pourrait marcher au Sud vers la Mission de Kitinda pendant qu’un autre detachemeDt fut transporté, grâce au concours du commandement belge, par le lac Tanganayika à Bismarckbttrg.

Le 21 mars, le colonel Tomlinson avec un détachement avancé, se trouvait à 3 milles de Saint-Moriiz quand il fut sérieusement attaqué et forcé de se retirer après un rude combat. Le colonel Murray chercha à encercler Wintgens à^Saiut-Moritz, mais ce dernier lui échappa par l’Est, et. après avoir traversé la rivière Songwe le 1er avril, marcha par la rive nord du lac Rukwa sur Uleia, district riche, dont les habitants étaient favorables aux Allemands. Il tourna ensuite vers le Nord Est et au milieu d avril était à Nkulu. Le major Montgomery, des fusiliers royaux africains, commandant un détachement envoyé de Tabora, avait atteint la Mission Kilunda le 5 avril, il réunit des vivres et du bétail. Wintgens s'avança dans la direction de Kitunda, le 26. et Montgomery dont les troupes étaient en minorité se retira vers Sikonge. Une colonne mobile avait été formée pendant ce temps sur le chemin de fer central à Itigi , cette troupe atteignit Kiromo le 30 avril ;

BULLETIN DD COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Murray, très retardé par la longueur croissante de sa ligne de communications, n’atteignit Nkuku qu’à la fin du mois.

Les diverses colonnes opérant dans cette région étaient maintenant assez peu éloignées, ce qui permit de donner au brigadier général Edwards un commandement ayant pour but d’assurer leur coopération. J’accrus autant que possible les forces à sa disposition, mais sa concentration fut très sérieusement entravée par l’écroulement du pont de chemin de fer entre Mrogoro et Kilossa le 7 mai.

Wintgens demeura dans le voisinage de Kitunda jusqu’au milieu de mai. La plus grande partie des Askaris étaient Wanyamwezi, recrutés dans les districts de Tabora et de Muanza, et les rapports signalaient leur refus de marcher de nouveau vers le Sud et la désertion de quelques-uns d entre eux. Malgré tout, leur moral semblait bon. Murray atteignit Kintunda le 19 mai, mais Wintgens s’était porté au Nord-Ouest de ce point le 16.

Le commandement belge était de nouveau en rapports' constants avec le général Edwards et coopérait avec lui. Les dernières dispositions prises par ses troupes devaient être reportées un peu plus au Nord afin d'être plus favorables encore si l'on décidait d’attaquer Wintgens. Celuici était si malade qu’il fut forcé de se rendre aux Belges, mais ses troupes, se déplaçant rapidement à la faveur de la nuit, échappèrent à nos colonnes, traversèrent le chemin de fer central entre Tabora et Kilimatinde, retraite trop précipitée néanmoins pour causer des dommages à la ligue. La colonne du général Edwards et les troupes belges les poursuivirent ensemble vers le Nord

Ceci complète le récit des opérations effectuées pendant la saison des pluies dont l’étendue fut naturellement assez faible. C’était essentiellement une période de préparation des mouvements offensifs qui devaient avoir lieu au commencement de la saison sèche. Néanmoins un grand effort fut demandé aux trouves, ainsi qu’aux divers services et départements intéressés, pour faire face aux difficultés qu’entraîna l accomplissementd’opérations actives pendant cette période et parvenir à les surmonter.

Les travaux incessants imposés par le maintien des diverses lignes de communications et l amélioration des conditions de débarquement à Kilwa et Lindi nécessitèrent de nombreux emprunts aux troupes techniques mises à ma disposition en nombre limité. Il fut impossible d’obtenir des renforts proportionnés à 1 épuisement général et bien que les diverses unités du génie royal, des troupes techniques et du corps des Ponts et Chaussées (Royal Engineers. Technical troops. Road Corps) eussent fortement souffert de l’insalubrité de la saison, je ne pus les rappeler pour leur donner le repos dont elles avaient besoin et qu’elles avaient si bien mérité.

Les services de transport et de ravitaillement furent assurés en dépit de grandes difficultés, causées par les inondations et par l’état des routes, celles-ci souvent ein-

ortées, et en tout cas impraticables II fallait amener de très loin les animaux de boucherie nécessaires à 1 alimentation des troupes. La fièvre qui sévit sur la côte orientale et le trypanosome causaient une mortalité très élevée dans les troupeaux de bétail traversant le pays venant de l’Afrique Orientale Allemande. Les maladies et l’épuisement s’accroissaient considérablement tant parmi le personnel blanc que parmi les porteurs et de très nombreuses demandes de renforts furent faites, demandes qui ne purent être pleinement satisfaites. Une grande énergie et un admirable dévouement furent déployés par tous ces services.

On peut se rendre compte qu’un effort exceptionnel fut demandé au corps des vétérinaires. L importance des pertes de bétail a été signalée dans les rapports mensuels Pour la période qui nous occupe tout entière la mortalité des chevaux, des mules et des ânes accompagnant les colonnes a été extrêmement élevée, causée principalement par la trypanosomiose et à un degré moindre par la maladie des chevaux. Le manque d’approvisionnement et l’intensité des pluies y ont aussi contribué. La difficulté des communications rendit impossible le transport d’avoine en quantité suffisante pour les nombreux animaux employés.

Le service médical avait à résoudre un problème d’une extrême difficulté, l'évacuation de ses blessés etde ses malades pendant la période des pluies. Evacuation principalement faite grâce à des porteurs, qui devaient souvent

traverser des marais ou parcourir des routes recouvertes parfois pendant plusieurs milles, de 3 ou 4 pieds d’eau. Son personnel souffrit considérablement des maladies dominantes, mais accomplit son service avec un grand dévouement dans les conditions les plus pénibles.

Dans son dernier rapport, le général Smuts, mon prédécesseur dans le commandement, exprime sa reconnaissance pour les services rendus par les gouvernements respectifs de l’Inde, de l'Afrique du Sud, de l’Afrique Orientale Anglaise, de l’Uganda et de Zanzibar par diverses Sociétés charitables et quelques personnalités privées. Le même concours actif m’a été accordé par tous durant la période pendant laquelle j’ai exercé le commandement. Je souhaiterais remercier spécialement le commandant en chef de l’armée des Indes pour sa promptitude à faire face aux nombreuses demandes qui lui furent adressées.

Les troupes de l’Afrique Orientale apprécient pleinement tout ce qu’elles doivent à la mariue marchande et se rendent parfaitement compte que c’est grâce au dévouement et aux efforts infatigables de ce service qu’il leur fut possible de se ravitailler pendant la campagne.

Je dois les plus vifs remerciements à la marine royale pour sa précieuse collaboration Elle s’est toujours montrée désireuse d’aider les forces continentales de toutes les manières possibles.

Je ne puis donner dans ce court rapport plus qu’un exposé général de la façon dont la campagne a été dirigée pendant les pluies. Mais j’estime ce récit suffisant pour donner quelque idée des souffrances qui ont été éprouvées par les troupes pendant cette période. Outre les conditions climatériques très pénibles, la pénurie de moyens de transport causa de nombreus-es privations, les efforts faits par les divers états-majors, départements et services, pour les atténuer, furent très grands. Cette pénible période a été supportée par tous les soldats d’une manière digne d’éloges. Le bon esprit et l’ardeur des troupes de combat n’en a pas été diminuée. Les chefs, les états-majors et les départements ont eu à supporter le double fardeau de la lutte contre les difficultés inhérentes au maintien de la campagne pendant la saison des pluies et, en même temps, de la réorganisation des troupes et de leur préparation en vue de l’offensive future.

A. R. Hoskins,

Lieutenant-général,

commandant les forces dans l’Est Africain.

IV. — La fin de la conquête de l’Afrique Orientale Allemande.

Le secrétaire d’Etat à la guerre a reçu la dépêche suivante du lieutenant-général sir J. L. van Deventer, K. C. B., commandant en chef des forces britanniques dansl’Afriquc orientale :

Dar-es-Salaam (1).

21 janvier 1918.

J’ai l’honneur de vous adresser ci-contre mon rapport sur les opérations des troupes dans l’Afrique orientale, du 30 mai au 1er décembre 1917. i

En exécution des ordres de Votre Seigneurie je quitta- Prétoria le 15 mai et le général Ho-kins me transmit à Dar es-Salaam, à midi, le i9 mai, le commandement des troupes de l'Afrique orientale.

A ce moment, les forces de l'ennemi comprenaient deux corps principaux. A l’Ouest, les troupes commandées par Tafel avaient pour base Mahenge. Elles comprenaient de 2 à 3.000 hommes et tenaient le pays dans un rayon d environ 70 milles à l'Ouest, au Nord et à 1 Est de Mahenge, avec un fort détachement à Likuju, 50 milles au delà de Songea, sur la route de Songea à Liwale.

Les principales forces allemandes se trouvaient a l Est, dans le secteur entier, faisant face à nos troupes a Kilwa et Lindi. Elles comptaient entre 4 et 5.000 hommes et comprenaient la fine fleur des troupes de Lettow vorbeck,

(1) London Gazette , 2* supplément du 5 avril.

sous le commandement immédiat du commandant en chef allemand.

En plusde ces troupes, il existait deux importants détachements. L’un de quatre ou cinq compagnies sons von Stuemer, avait envahi l’Afrique Orientale Portugaise et exploitait le riche secteur de Nwembe entre la rivière Lujenda et le lac Nyassa. L’autre, comptant 000 hommes sous Naumanu, troupe de raid plutôt que détachement, avait réussi à se dérober à nos troupes de poursuite et à traverser le Central Raihvay à l'Est de Tabora : elle se déplaçait à ce moment vers le Nord.

Nos propres troupes étaient ainsi disposées : à Lindi, unebrigade (général O. Grady). Entre Kihva et Mohoro, occupant le pays sur 34 milles vers l’intérieur, deux colonnes (général Hannyngton).

Sur le Rufiji, à Kibambawe, la Nigérian Brigade (sauf un bataillon) (général Cunlifîe).

A la poursuite de Neumann, la valeur d’une brigade, avec un nombre égal de nos alliés belges.

Deux bataillons se trouvaient à Iringa, et une petite réserve centfale à Moragoro.

Les troupes du général Northey occupaient la ligne de Ubena à Songea, tandis qu’un détachement comprenant uu bataillon des King’s african Rifles exerçait une pression

les Tanga et Central Raihvays, Tabora ou Dar-es-Salaam. Le pays actuellement occupé par l'ennemi était pour la majeure partie sauvage et inhospitalier ; les moyens de communication étaient pratiquement inexistants ; et les villes les plus renommées, comme Lhvale et Massassi, n’étaient, au point de vue militaire, que de simples expressions géographiques. Aussi m'apparut-il de très bonne heure que nos véritables objectifs dans la campagne qui s'ouvrait devaient être les forces ennemies en campagne, et que la conquête complète de l’Afrique Orientale Allemande ne pouvait être obtenue qu’en frappant fort et beaucoup.

La campagne s annonçait grosse de difficultés. L’ennemi occupait encore un territoire de 300 milles carrés et avait l’immense avantage de lignes de communications intérieures. Entre Mahenge et Liwale il n'y avait pour ses forces occidentales qu’une simple marche de sept jours, mais le transport d'un corps britannique de Mahenge à Kihva ou Lindi, la seule voie d’accès vers Lhvale, aurait demandé autant de semaines. Le pays se prêtait admirablement à la défensive et à la tactique des combats d’arricre-garde. Les Askaris de l’ennemi étaient maintenant tous des vétérans, combattant dans leur brousse natale, appuyés de mitrailleuses allemandes nombreuses et bien

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