‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 7 sur 123 · OUDJDA · texte numérisé non relu

OUDJDA

Tour atteindre ce point, la marchandise peut suivre deux voies, la maritime et la terrestre. Nous n’avons pae à nous occuper de la première, alors même que les ars ticles viendraient de .Melilla; seule la voie terrestre nouintéresse. Cependant, à titre de curiosité plutôt, nous indis quons ci-dessous quelques données très succinctes concernant ce sujet :

Melilla-Oudjda. — (Voie maritime). On envoie la marchandise de Méliila aux ports de Saïdia ou Port-Say, le coût du transport jusqu’à Oudjda étant de

Fret à Saïdia ou Port-Say, 35 francs la tonne.

Charroi de Port-Say ou Saidia à Oudjda, 40 francs la tonne.

Douane franco-marocaine, 5 0/0 ad valorem.

Droit n Affer » (pour le sultan), 0,70 les 100 kilogrammes,

Droit de plombage des colis, 0,10.

Mélilla-Uudjda. — (Voie terrestre). La marchandise arrivée à Berkane continue jusqu'à Ojdjda par charrettées, payant de 3 à 4 francs par 100 kilogrammes, et sans aucune autre charge.

Articles de principale consommation et leurs lieux d'origine.

Tissus de coton. — L’Angleterre figure comme principale exportatrice de* articles « blancs » et imprimés »; l’Espagne vient ensuit» pour les articles « imprimés » principalement, articles assurément très appréciés; la France vient enfin avec des « mous selines » et un peu de blanc.

Soieries en général — La France y figure presque exclusivement; les indigènes font un usage assez important des grands mouchoirs de Lyon.

Babouches. — En outre de la production locale, et de quelque importations de Fez, elles sont importées de l’Algérie; (principalement de Tlemcen).

Sacs pour envois. — La France est principalement exportatrice; l'Espagne fournit très peu.

Vins. — Ils viennent presque tous d’Algérie mais leur consommation est faible.

Liqueurs. — La France était la principale exportatrice. Elles sont actuellement prohibées.

Huiles. — L’Espagne vient en tête, puis, pour des quantités peu importantes Tunis et l’Algérie. Celle dernière a cessé ses exportations actuellement.

Alcools. — Ils sont actuellement prohibés. On ne peut envoyer que ce qui est nécessaire aux besoins pharmaceutiques, et en quantités absolument limitées.

Pétrole. — Amérique et quelques raffineries anglaises. Très rare en ce moment.

Bougies. — L’Angleterre est la principale exportatrice. Tout de suite après vient la France (Marseille). On peut dire que la fabrication espagnole est inconnue.

Savon ordinaire. — La France, principalement et presque exclusivement.

Cuirs arabes. — Utilisés par l'industrie indigène locale en petites quantités ; ils viennent de Fez et d’Algérie (Tlemcen).

Carbures. — Très employés. Actuellement, cet article est fourni par l’Espagne.

Sucre. — France principalement (Marseille). Les sucres espagnols sont absolument inconnus sur le marché.

Thés. — La Chine par l’intermédiaire de maisons d’exportation françaises et anglaises.

Café. — Il vient du Brésil.

Farines. — Elles ne figurent pas actuellement sur la place, parce qu’elles sont réquisitionnées par l'autorité militaire.

Bois. — Avant la guerre ils venaient d’Autriche ; actuellement la demande est alimentée avec parcimonie par la France et l’Algérie. Les prix atteints sont énormes.

Plâtre. — On en trouve un peu dans le pays, mais presque tout vient d'Algérie.

Carreau.r de faïence. — Très peu employés. Les constructions européennes manquent d'éléments décoratifs de cette nature, et la construction indigène les ignore. Ceux que l’on rencontre viennent d’Algérie (Tlemcen) et sont d’une fabrication assez grossière.

Verrerie. — Elle vient de France dans sa totalité.

Ciments français (Lafarge). — Ils atteignent en ce moment des prix très élevés, car la demande est supérieure à l’olTre.

Prix des articles de principale consommation.

Les circonstances actuelles empêchent de donuer des prix fermes; ils oscillent considérablement et subissent le contre-coup de l’agio des accapareurs. Au moment où nous recueillons ces notes, les tissus out subi une augmentation de 30 0/0. D’autres articles comme l’huile ont pour conditions les facilités plus ou moins grandes qu’ils ont pour venir d’Espagne. En général, on peut dire que le marché n’a pas de valeurs réelles pour ces articles de grandes consommation. Malgré cela nous reproduisons, ci-dessous, les prix des articles de grande consommation au moment de notre séjour à Oudjda :

Iluile d'olive

Ilecto .

220 francs

Riz

100 kilos

Haricots

Olives noires (du pays)....

Sucre en pains

— coupé

Morue courante

1 kilo

1 fr. 60, 1 fr. 70

Bougies de 10 onces (paquet

de 7)

0 fr. 85, 0 fr. 90

Bougies de 15 onces (paquet

de 3)

1 fr. 40, 1 fr. 50

Orge

100 kilos

26 francs

Viande de bœuf

2 fr. 50

— de mouton

2 francs

Charbon végétal

Café vert

Conserves de légumes(caisse

de 50 boites)

Conserves de tomates (boite

fer-blanc 25 cm.)

Conserves de piments (bott î

12 cm.)

0 fr. 90

Carbure de ralciam

1 kilo

1 fr. 40

Pois chiches

50 francs

Farines (vente à la charge

des autorités)

(Eufs

le cent

6 francs

Savon (suivant la quali é).

luO kilos

120 francs, 200 francs

Volailles

la pièce

Laine du pays

100 kilos

Poivre noir

Pommes de terre

Sel

Thé première qualité

1 kilo

— deuxième qualité

— troisième qualité

il fr. 50

— qualité ordinaire

9 frànos

Blé

100 kilos

Vin de 11°

le litre

0 fr. 50

Pain

1 kilo

0 fr. 50

Le pain fabriqué dans le Maroc oriental français contient 80 0/0 de farine de blé et 20 0/0 de farine d’orge.

Prit du transport d'Oudjda à quelques points de la zone.

' Oudjda-Taourirt. — Distance par chemin de fer 110 kilomètres. Coût du transport, 8 francs par 100 kilomètres.

Ouljda-Taza. — Distance par chemin de fer, 220 kilomètres. Coût du transport, 11 francs par 100 kilomètres.

Oudjda-Martimprey. — Distance par bonne route, 37 kilomètres. Coût du transport en voitures, 2 francs par 100 kilomètres.

Ouljda-Berkane. — Distance par bonne route, 60 kilomètres. Coût du transport en voiture, 2 fr. .70 par 100 kilomètres.

Oudjda-Berguent. — Distance par piste, 85 kilomètres. Coût du transport. 6 francs par 100 kilomètres. En hiver, étant donné le mauvais état du chemin on convient du prix.

Dans le Maroc oriental les marchandises qui viennent en transit d’Oran paient le 5 0/0 ad valorem , exception faite pour les légumes secs qui paient de 1 à 2 francs par lOo kilogrammes et les fruits secs qui paient 3 francs par quinlal métrique.

L’alcool et ses composés non médicaux paient à leur entrée en territoire marocain d’après des tarifs spéciaux.

Tant pour ce qui concerne la partie agricole que pour l’élevage, c’est la médiocrité ; dans ce dernier les troupeaux de moutons prédominent.

D’après tous les renseignements recueillis il n’existe pas de mine dans la région. Au point de vue municipal, les services locaux sont confiés à Oudjda au consul de France, et, de même qu’à Berkane un impôt de 8 0/0 sur les immeubles sert à subvenir aux dépenses urbaines. En outre de cet impôt, il en existe un autre qui frappe d’une somme d’un franc par mois, chaque établissement ayant porte ouverte sur rue pour contribuer aux frais de l’hygiène de la voirie.

Au point de vue des industries OuJjda n’a pas grande importance, celles qui existent sont peu nombreuses et rudimentaires, et presque toutes ont pour objet des articles arabes. Il n’en va pas de même au point de vue commercial. car, au contraire, à ce point de vue Oudjda a une très grande importance, elle est actuellement le centre d’approvisionnement de tout le Maroc oriental français ; beaucoup de ses articles vont jusqu’à Fez.

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