‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 71 sur 123 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

Pays kotoko et balgué. — Dans tout le pays kotoko et balgué à l'époque de la moisson, apparaissent de vastes champs de mil. La nature très argileuse du terrain ne permet que la culture du sorgho ( andropogon sorghum ) dont les deux prin-

BULLETIN DU COMITÉ DI

ci pales va riétés sont : le dourra ou gros mil rouge, qui se sème au début de la saison des pluies, et le berbéré ou mil blanc d’hiver, qui se sème dans les terrains inondés au fur et à mesure qu’ils s’assèchent. Le petit mil ( penniseturn spicatum ) demandant un terrain sablonneux est très rare.

Dans les terrains inondés entre Logone et Mandara pousse un riz sauvage, au grain petit et terne, qui se reproduit par rhizomes. La récolte est faite au moyen de paniers balancés dont les bords secouent la tête des tiges.

L’oignon de belle venue, l'ail à saveur atténuée, le « yalo », légume qui tient à la fois de l’aubergine et de la tomate, sont cultivés sur les bords du Logone dans des jardins arrosés au moyen de puits à balancier : les « chadoufs » des Arabes.

Les haricots indigènes appelé •< niebés » sont cultivés partout.'

On cultive dans tout le pays et en grande quantité deux variétés d’arachides : avachis hypogea, la plus répandue, et woandzeia subterranea qui ressemble au pois chiche. Près des cours d’eau pousse le sésame, qui donne une huile très, fine. Le coton existe depuis fort longtemps. Autrefois les Kotokos allaient acheter des captifs au Baguirmi avec des bandes de toiles de coton tissées par eux. Les terrains favorables à cette culture sont nombreux. Les Allemands s’efforçaient de la développer et faisaient des distributions de farines.

La culture de l’indigo, complément de celle du coton, se fait sur une petite échelle.

Mandara. — Bien que disposant en plaine d’un pays très fertile qui leur donne d’abondantes récoltes, les païens du Mahdara, habitués aux rochers, n’en cultivent pas moins la terre arable des montagnes. Ils disposent ainsi d’une récolte même quand l’ennemi tient la plaine.

La récolte des haricots indigènes est aussi abondante que celle du mil. Le gros mil rouge fournit beaucoup de son, peu de farine et donne une bouillie ou « acidé » très inférieure à celle du petit mil. Aussi, dans tous les pay, les païens consomment le mil rouge non comme bouillie, mais en boisson ermentée appelée « pipi » ou « mérissé » par les Arabes. Le mérissé peut être complètement liquide et rouge, c’est le « bibil », ou bien contenir toute la farine qui a servi à le faire, il est alors gris et se nomme akabech. Cette dernière façon de le préparer a fait dire à un oilicier anglais des troupes de Mora : « Le Kirdi mange le niébé et boit le mil »."(!)

Les arachides sont également cultivées ainsi que le goinbo ( hibiscus esculentus ) nommé derraba par les Arabes, base de toute sauce indigène.

Le coton existe, mais est assez peu cultivé. Sur les terrasses de la montagne et au pied des cailloux, les gens du Mandara cultivent le tabac.

Pays des Massas. — Le sol inondé et pas assez sablonneux ne permet pas la culture du petit mil. Celle du berbéré est fort peu répandue. Par contre

L’AFRIQUE FRANÇAISE

les récoltes de gros mil rouge sont magnifiques et les grosses agglomérations de fermes offrent une suite ininterrompue de champs cultivés pendant plusieurs kilomètres. H

Les arachides et le sésame sont largement cultivés. Lecoton n’est produit qu’en petite quantité, I Il n’en saurait être au trement dans un pays où i hommes et femmes vont presque nus.

(iliaque ferme possède de petits carrés de tabac " soigneusement entretenus. Ici tout le monde fume, ■ hommes et femmes, et on ne connaît pas de bonheur plusgrand que de deviser à l’ombre d’un arbre en fumant une grosse pipe d’argile et en 1 vidant des pots de bière de mil... Une bonne pipe, 1 un bock de bière fraîche, de l’ombre, quel colo- ] niai juché sur un chameau, arpentant le sable sans fin, sous un soleil ardent, n’en a jamais rêvé 1 comme du bonheur suprême ? Ne méprisons pas :i les Mousgous!

Diamaré. — Comparé au territoire du Tchad, 1 le Diamaré est un pays fertile. Bien que la maind'œuvre servile y soit très nombreuse, une sur- ! face beaucoup plus grande pourrait être cultivée, j Les guerres entre Foulbé et païens ont nui à l’agriculture. Les peuhls étaient des pasteurs auxquels le travail de la terre paraissaitrude. Ils pré- ! féraient de beaucoup razzierles récoltes des païens, ■ ou. pour amener ces derniers à merci, dévaster les moissons naissantes.

Les Kirdis chassés de la plaine n’ont plus mis en valeur les bonnes terres. Béfugiés dans la montagne, ils en ont cultivé les terrasses, retenant la terre au moyen de murs de soutènement.

Le gros mil rouge et le mil d’hiver ou berbéré sont abondamment cultivés au Diamaré et dans la vallée de la Benoué.

Le peti t mil est cultivé à Bogo et un peu àMindif, Maroua, Garoua.

Le maïs, qui donne deux récoltes, est cultivé à Mindif, Maroua, sur les bords du mayo Kebbi et de la Benoué.

On trouve deux sortes de riz : 1° dans les ter- N rains bas, Bogo par exemple, le riz vivace semblable à celui du Logone ; 2° le riz cultivé qu’on sème en juin et qui donne un grain plus blanc que le précédent.

Le blé dur semblable à celui du Kanem est cul tivé à Maroua, Garoua, Djebaké en assez grande quantité ; un peu à Mindif et à Bogo.

Le dasos ou fabirama du Soudan, l’oignon se trouvent sur les bords delà Benoué, à Maroua, etc. Partout on cultive les haricots et les arachides.

Une petite quantité de dattiers donnent des fruits de qualité inférieure à peau épaisse. On trouve des papayers et citronniers dans les villages et quelques kolatiers à deux jours de Nassaraou. Avant la guerre, existait à Garoua une superbe bananeraie. Les Allemands l’ont détruite.

^Le coton est cultivé partout, maissurtout dans la région de Garoua. Les chefs de village avaient ordre de développer cette culture et d’apporter au poste du coton égrené qui était expédié en Allemagne. Les Allemands avaient installé à Pittoa uneferme cotonnière.

(1) Cité par le capitaine Rémond.

De nombreux fromagers fournissent abondamment du kapok.

I n peu partouton trouve des karités. Dans les bas fonds du Diamaré et surtout dans la vallée du Mao- Loué, lesgommierssont nombreux ; lagomme de Maroua est renommée.

Dans les villages, principalement aux environs de Garoua, on cultive la canne à sucre. A Garona môme les Allemands en possédaient d’immenses champs.

On trouve l’arbre à caoutchouc dans la région de Garoua où les Allemands en avaient une plantation.

Station cotonnière de Pittoa. — A une quinzaine de kilomètres de Garoua, dans un épanouissement de la plaine de la Benoué, se trouve une station cotonnière admirablement placée pour la culture du coton, dans une zone forestière à terre riche, à bord d'un mayo.

II ne reste actuellement que les plantations et défrichements, les bâtiments ayant été incendiés. Il semble que les Allemands avaient essayé un grand nombre d’espèces de graines, car on retrouve des plants indigènes, plants à graine nue du Togo, du Dahomey, du Sea-Island, etc.

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