‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 72 sur 123 · II. — ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

II. — ÉLEVAGE

Elevage du cheval. — On trouve des chevaux chez les Choas du Balgué, les Foulbé du Diamaré, les Massas du pays mousgou.

Les chevaux des Ghoas et des Foulbé appartiennent la race Dongolawi fortementaltérée par des croisements avec des chevaux de race barbe et de race arabe. Les types les plus purs sont au Diamaré, où on trouve de grands et beaux chevaux.

Caractères généraux. — Haute taille : 1 m.45 à 1 m.oO, robe foncée, souvent belle face, presque toujours balzanes, tète sèche, dolichocéphale, chanfrein busqué.

Les défauts les plus communs sont : membres trop longs et trop grêles, aplombs défectueux, poitrine ogivale sans ampleur.

Ces défauts peuvent provenir d’un élevage mal compris : chevaux montés trop jeunes, nourriture défectueuse, et la race pourrait être fortement améliorée. Telle quelle, elle donne beaucoup plus de chevaux de parade que de chevaux de service.

Les Bororos ont le cheval du Dendi de race arabe. Les païens du Diamaré, les Mousgous ont des poneys connus sous le nom de chevaux

lakka.

Elevage des bovidés. — Les bœufs des Choas sont des zébus de lavariété dite des Arabes.

Caractères généraux. — Couleur foncée, en général marron, haut sur pattes, fanon court, cornes en croissant et courtes, bosse petite et acuminée. Le squelette est énorme, la peau épaisse, les formes grossières. Ce sont des animaux de travail.

Habitant dans un pays inondé six mois par an, ù dans la journée mouches et taons abondent,

les Ghoas ont dû devenir sédentaires. Par la force des choses, leur bétail a diminué. Ils ne peuvent conserver ce qui leur en reste qu’en enfermant leurs troupeaux à la saison des pluies dans des cases enfumées et en les laissant paître la nuit.

Les bœufs des Foulbé appartiennent à la variété dite zebu fellata.

Caractères généraux. — Taille moyenne (1,26 à 1,28), linesse de conformation, squelette peu volumineux, robe de couleur claire où le blanc et le fauve dominent, tête fine, front plat, cornes courtes en croissant, membres déliés et fanons courts, peau souple, bosse bien accusée, double chez le mâle, acuminée chez la femelle. Ces animaux sont conformés en bêtes de boucherie.

Les Foulbé, étant originairement pasteurs, sont venus au Diamaré avec de nombreux troupeaux. Séduits par un pays riche où le sol est fertile et la main-d’œuvre servile nombreuse, ils se sont sédentarisés. Il en est résulté tout comme pour les Choas une diminution de leurs troupeaux : 1° la sédentarisation limitait les pâturages utilisables ; 2° les ressources vivrières permettaient de délaisser en partie le laitage. Le nombre des bovidés est néanmoins très grand.

On ne trouve pas de boni fs porteurs au Diamaré. Le fait doit beaucoup moins tenir à la race des bovidés qu’à la nature du terrain qui, très caillouteux, n’est pas favorable à l’utilisation des bœufs porteurs.

Il est bien certain que les troupeaux des Choas et ceux des peuhls n’ont pas été préservés des mélanges et que les deux races se sont pénétrées. Mais dans l’ensemble le bétail foulbé se différencie nettement du bétail arabe.

Les Bororos nomades ont une race de bœufs complètement différente de celle des peuhls du Diamaré et du Soudan. Elle se distingue à première vue de celle-ci par la couleur foncée de la robe et les longues cornes en lyre.

Venus récemment du Sokoto, les Bororos ont des bœufs identiques à ceux de leurs congénères vi.vant entre Sokoto, Maradi et Dogoudoutchi.

Caractères généraux. — Grande taille (1 m. 30 à 1 m. 50) animaux rustiques, robustes, sauvages robe foncée, cornes longues et fines en lyre ou en V, peau grossière à aspect plissé. La viande est dure ; ce n’est donc point un animal de boucherie.

Contrairement aux Bororos du Sokoto, ceux du Diamaré ne s’en servent pas comme animal porteur. Ce qui vient à l’appui de cette assertion, que seule la nature du terrain est cause de l’absence de bœufs porteurs au Diamaré.

Les païens actuellement réfugiés dans les massifs montagneux possèdent encore, m’ont dit de nombreux peuhls et également le lieutenant Pozzo di Borgo. des bœufsde petite taille et sans bosse. Cequi ne les empêche pas de posséder des bœufs fellata. D’ailleurs les razzias réciproques ont dû provoquer des croisements.

Les païens possédaient ces bœufs de petite race bien avant l’arrivée des Foulbé puisque les vieux mallems, qui racontaient à Kurt Strumpell l’oc-

BULLETIN DU COMITÉ DE

cupation du Diamaré, lui disaient que, quand, en 1908, le modibo Bouba Birro enleva Maroua aux païens Gisiga, « d’innombrables bêtes à cornes de la petite race sans bosse tombèrent entre les mains des Foulbé ».

Sur les bords du Logone, en amont de Massara il n’y a pas de tsé-tsé, lesMousgous y pratiquent l’élevage d'une race de petits bœufs qui sont extrêmement nombreux. D’après M. le vétérinaire Penaud, les caractères généraux sont les suivants : petite taille (1 m. 15 à 1. 18), bosse bien accusée, robe claire où le fauve domine, cornes petites, peau très fine, sabots larges et grossiers.

M. Pecaud pense qu’il s’agit de la variété foulbé qui s'est modifiée et adaptée à la vie ralentie due à un régime pauvre et marécageux. Il me semble plus probable que les Massas devaient avoir une race de bœufs identiqueà celle des païens du Diamaré, avec lesquels ils étaient en relations puisque leurs établissemenis atteignaient Bogo, et que cette race a été croisée avec des bovidés de race peuhle appartenant non aux Foulbé venus récemment au Diamaré, mais à ceux établis depuis longtemps au Baguirmi.

Plus encore qu’au Balgué, de nombreuses précautions doivent être prises dans le Bec de Canard pour abriter le bétail à la saison des pluies. Non seulement on l’enferme dans des cases enfumées, mais encore on lute les portes de ces étables. La nuit seulement, les bœufs vont paître avec de l’eau presquejusqu’au poitrail.

Moutons. — Chez les Choas et les peuhls, les moutons appartiennent principalement à la race dite du Fouta-Djallon, soit pure, soit fortement métissée de race maure. Les moutons de pure race maure sont rares. Tous les moutons sont à poil et non à laine. Les Bororos ont des moutons de la race dite peuhle élevée sur le Niger.

Chèvres. — Les Arabes et les Foulbé ont des chèvres de taille moyenne, hautes sur pattes, fines, aux oreilles longues et tombantes, robes claires, cornes menues et en lyre.

Les païens possèdent des chèvres basses sur pattes, à tête large, cornes arquées, courtes, divergentes, robe jaune sale, race rustique, mauvaise laitière, mais facile à engraisser.

Jumenterie de Golombé. — Les Allemands avaient installé une jumenterie à Golombé avec annexe à Biparé.

A Golombé, l’établissement occupait une surface considérable dans un pays très mamelonné. Les bâtiments en briques séchées, aire en ciment, toit de paille, étaient construits sur les élévations ’ du terrain. Les animaux occupaient des hangars fermés sur trois côtés avec râtelier en fer ; un terrain de parcours était réservé sur le côté ouvert. L’annexe de Biparé était semblablement construite.

Il a dû y avoir au plus cinquante à soixante juments. Les étalons furent d’abord des chevaux choisis dans le pays ; puis, en 1914, les Allemands firent venir deux étalons d'Allemagne. L’un d’eux mourut à Golombé, l’autre fut emmené à Garoua au début de la guerre.

L’AFRIQUE FRANÇAISE

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