‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 9 sur 123 · TLEMCEN ET SIDI BEL-ABBÈS · texte numérisé non relu

TLEMCEN ET SIDI BEL-ABBÈS

D’Oudjda, la commission se rendit à Oran, en s’arrêtant d’abord à Tlemcen et à Sidi-bel-Abbès, non pas tant précisément parce qu’elle comptait pouvoir recueillir dans ces villes des données intéressant directement l'objet de ce voyage, car elle savait bien qu’il n’en serait pas ainsi, mais parce qu elle comprenait qu’il pourrait bien nous arriver d’y voir et d’y apprendre ceci ou cela qui fût de nature à être introduit ou fondé aussi à Melilla, et qui contribuât, par conséquent, au bien de cette ville qui en définitive est l’objet principal de la commission.

Ainsi, par exemple, parmi une multitude de choses qui peut-être pourraient être faites à Melilla, la commission eut l’occasion en visitant Tlemcen de se renseigner sur le fonctionnement d’une des fabriques de tapis dont il existe beaucoup en Algérie.

La fabrique en question est subventionnée par l’Etat, pour 4.000 francs par an ; les produits de la vente lui sont entièrement attribués, mais elle doit, en échangé, subvenir à tous ses frais, tant des professeurs et des élèves, que des laines, des couleurs et de tout ce qui est nécessaire à son industrie. Il y a deux professeurs et quatre auxiliaires choisies parmi les élèves les plus avancées. Les élèves ont un salaire journalier qui oscille entre 0 fr. 25 et 1 franc, et elles font tous les travaux depuis le lavage des laines jusqu’au tissaga des tapis.

Ces petites ouvrières dont l’âge varie de cinq à quatorze ans, sont toutes des indigènes, auxquelles l’Etat, lorsqu’elles ont atteint un degré suffisant d’instruction, fait cadeau d’un métier à tisser complet, pour qu’elles puissent travailler pour leur compte chez elles.

Le produit des ventes est, comme nous l’avons dit, au profit de l’école. Actuellement le mètre carré de tapis se vend 40 francs.

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