IV. — La situation financière
En prenant parLà la guerre européenne aux côtés des Alliés, le Portugal consentit en même temps les sacrifices nécessaires en hommes et en argent, non seulement en Europe, mais aussi dans ses colonies d’Afrique. Il convient, en effet, de ne pas oublier que le Portugal a fourni, sur les deuxthéâtres d’opérations, un contingent de 108. 00U combattants, dont 8.500 furent tués cl 24.000 faits prisonniers ou disparus. Une réserve de 150.000 hommes dut être constituée pour maintenir les effectifs des unités combattantes. Les croiseurs allemands, qui menèrent dans les premières années de lutte,, une guerre de corsaires extrêmement active d’un bout à l’autre de l’Océan Indien, bombardèrent à plusieurs reprises les ports du Mozambique. L’effort colonial du Portugal se manifeste clairement dans ses dépenses de guerre : sur un total de G2 millions et demi de livres sterling, 16 millions représentent la part des colonies. La seule compensation territoriale obtenue par la République fut la restitution de Kionga, qui lui avait été enlevé en 1892 par l’Allemagne sans la moindre raison.
D’autres circonstances vinrent aggraver les difficultés nées de la guerre. Profitant du départ des garnisons vers les frontières, les tribus recom-
mencèrent à s’agiter et des révoltes se produisirent un peu partout, dans l’intérieur de la colonie. De graves épidémies, notamment la trop fameuse « grippe espagnole », sévirent durement dans toute l’Afrique du Sud et décimèrent les populations, déjà raréfiées au Mozambique par le recrutement intensif opéré au profit du Rand.
Après cette période de crise politique et économique, la colonie s’est rapidement relevée, grâce à l’abondance de ses ressources naturelles, et sa situation financière apparaît actuellement comme parfaitement saine. La dette totale n’atteint pas 25 millions de francs et le paiement des arrérages en est extrêmement facile.
Aussi les taxes qui frappent la propriété et le commerce sont-elles très légères, à l’exception des droits de douane qui répondent surtout à un but politique. L’emprunt de 3 millions de livres sterling, qui constitue invariablement le leit-motiv de tous les discours d’avènement prononcés par les nombreux Gouverneurs qui se sont succédé à Lourenço-Marquès depuis quatre ans, mais qui n’a pu être réalisé par aucun d’eux, faute de temps, serait donc très facilement couvert. Les recettes du budget ont suivi, en effet, la progres-
sion suivante
(en écus
portugais de 5 francs) :
En 1921, aucun budget ne fut
établi. Celui de
1922 prévoit pour l’année financière (let juillet 1921, 30 juin 1922) 13.750.000 écus, en recettes et on dépenses, sur lesquels 424.000 sont destinés au fonds de réserve. Les recettes proviennent en majeure partie des sources suivantes :
3.200.000 écus de la taxe de capitation (plus exactement la taxe de hutte).