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CONCLUSION

Un examen même rapide des ressources du" Mozambique suffit à montrer l'importance qu'il pourrait prendre dans la vie économique du Portugal. Si ce dernier ne se laissait hypnotiser par le mirage brésilien, si le flot de ses émigrants, au lieu de se perdre sans retour au sein de la vigoureuse nation sud-américaine, pouvait être dirigé par une active propagande vers ce vaste territoire aux trois quarts inexploité, le Mozambique deviendrait certainement le « grenier tropical » que toutes les nations de l’Europe essaient de se constituer au-delà des iners : largement ouvert sur l’Océan Indien, abondamment arrosé par ses fleuves, seule possession étrangère barrant de toute sa longueur l'accès à la mer des grandes colonies anglo-saxonnes du Sud-Afrique, il bénéficie sur celte partie du continent noir d'une situation semblable à celle qui a fait la prospérité de la Hollande au débouché des grandes voies de communication de l’Europe Centrale. Le peuple portugais, peuple de marins et de paysans, pourrait parfaitement créer une bouture vivace de l’arbre latin dans ces parages de l'Océan Indien qu’il fut le premier à parcourir et à coloniser. Mais il a pris goût à la commode servitude qui lui a fait, depuis deux siècles, confier sa politique coloniale à une nation amie. Les Gouverneurs généraux, récemment mués en Hauts Commissaires avec des pouvoirs très étendus, ne font que passer dans la colonie, suivant la fortune changeante des partis qui se succèdent à Lisbonne. N’ayant ni l'argent ni la durée, comment pourraient-ils concevoir « les longs desseins et les vastes pensers » qui seuls permettraient la création d'une œuvre solide?

L’accord anglo-allemand de 1913 livrait l'Angola à l’Allemagne et le Mozambique à l'Angleterre. Les possessions allemandes de l'Est et du Sud-Ouest africain sont passées sous le mandat britannique. Les zones d'influence ont-elles suivi le même sort? Il appartient au Portugal — s'il en est temps encore — d'exercer effectivement sa souveraineté par des mesures efficaces, et celles-ci se résument, au Mozambique comme ailleurs, dans une formule aussi vieille que l'humanité : faire de la colonisation nationale par les hommes et par les capitaux. Le Portugal a les uns et il peut facilement trouver les autres.

Pierre Tap.

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Nous accepterions avec reconnaissance les listes de noms pour la propagande que MM. les Adhérents voudraient bien nous adresser.

LA

MISE m VALEUR DE L’ËRÏÏHRÉE

Au cours des débats auxquels donna lieu l’examen du budget colonial de l’Italie, on remarqua beaucoup le discours, de caractère essentiellement technique, que prononça, à la Chambre des députés, M. di Fausto. Il s’occupa principalement des questions touchant la mise en valeur économique des colonies italiennes de la Mer Rouge et plus particulièrement de l'Erythrée.

Le long séjour de M. di Fansto dans ces pays donne à ses vues sur le commerce et la question des ports, des chemins de fer et des cultures coloniales une autorité et un intérêt indiscutables.

C’est donc à la suite de ce guide expérimenté que nous allons passer en revue les diverses questions qui intéressent l'Erythrée, d'autant que les chiffres de diverses sortes cités par M. di Fausto devant la Chambre italienne doivent être considérés comme les plus récents et les plus sûrs.

L’Erythrée, par sa position, exerce depuis des siècles la fonction d’un entrepôt naturel du commerce de la Mer Rougo. Cet entrepôt pourrait monopoliser une grande partie des ressources immenses de l’Ethiopie méridionale, du Soudan ainsi que du littoral arabe du Hedjaz et du Yemen.

A mesure que les conditions politiques de ces pays s'amélioreront et que leur rendement économique croîtra, on verra prospérer en même temps l’Erythrée, débouché naturel et le plus proche marché de ce très vaste hinterland.

Le progrès constant de l’Erythrée ressort des chiffres suivants qui s’appliquent à l’ensemble du trafic de 1907 à 1920. non compris le mouvement du commerce caravanier :

. . Importation :

12 millions 12 do lires

Exportation :

Importation :

Exportation :

Importation :

Exportation :

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Exportation :

. . Importation :

Exportation :

La diminution qui apparaît en 1919 est due surtout à la pauvreté des moyens de transport; dans les 2 dernières années 1921 et 1922, la raréfaction du commerce a été très sensible à cause de la grave crise économique (pie traverse la colonie.

Dans ces derniers mois, on a enregistré jusqu’à 56 faillites et les récents tremblements de terre ont encore contribué à paralyser les affaires.

Au cours de la guerre l'aide donnée par la colonie fut imprégnée du plus pur patriotisme. Les tribus de l'intérieur offrirent aux plus bas prix leur bétail pour la fabrication des conserves de viande pour la troupe.

D’audacieux colons jetèrent sur les marchés

d’Europe des produits non encore régulièrement exploités et de nouveaux commerces se créèrent.

En dehors des salines qui constitueut une des plus anciennes et des plus prospères industries d’Erythrée et qui, pour ainsi dire, monopolisent le commerce du sel dans tout l’Orient asiatique, on a entrepris successivement et sur une large échelle l’exportation de peaux brutes et la mise en valeur des riches mines de potasse de la Dancalie.

Ces mines se trouvent à Dallol, à 80 kilomètres de la frontière italienne, et furent données encancession par l’Abyssinie à la Compagnie minière coloniale. Ce sont les plus riches du monde et une des principales sources de la richesse future de l’Erythrée.

Durant la guerre mondiale, elles fournirent aux pays belligérants une matière première plus que jamais nécessaire à l’industrie de guerre et dont l’Allemagne était auparavant à peu près la seule exportatrice. Cependant jusqu'à maintenant' il y eut de telles difficultés à vaincre pour organiser un service de transport dans la région appelée la « Plaine du Sel » et dans le territoire désert des Dancalies, qu’il fallut pour les surmonter une ténacité considérable et l'emploi de capitaux énormes.

Les bénéfices de l’entreprise firent défaut puisque. au moment où. les mines auraient pu être enfin exploitées largement, la guerre prit fin et. avec elle, l'emploi de la potusse pour les explosifs.

Maintenant le chlorure de potasse est employé par l'agriculture et il faudra que la Compagnie érythréenne l’offre en grande quantité à des prix capables de surmonter la concurrence que fait, aux mines de Dancalie, la potasse d’autre provenance.

La chose peut se réaliser si la Compagnie concessionnaire amplifie et perfectionne se moyens d’exploitation. Il appartiendra au Gouvernement de l’Erythrée de s'en inquiéter à la fois dans l’intérôt immédiat des populations Dancalies, très pauvres en ressources et qui tirent de gros avantages du travail des mines, et pour les bénéfices économiques et fiscaux qu’une active exploitation industrielle procure.

Le chiffre du commerce érylliréen, tel qu'il a été donné ci-dessus, se rapporte à peu près totalement à l’exportation des produits spéciaux de la colonie et à l'importation de produits manufacturés italiens, il n'y figure que dans une proportion très limitée le commerce de transit, qui doit être au contraire pour l’Erythrée la première source de sa prospérité future.

En effet, les pays très fertiles du Soudan, riches en bétail, en mines et en forêts, constituent une réserve inépuisable en matières premières. Grande comme l'Italie, la France, l’Espagne et l’Allemagne réunies, avec moins de 4 millions d’habitants, l'Ethiopie qui atteignit jadis, grâce à la fertilité de son sol et l'influence de ses populati ons. un degré de prospérité considérable, doit également apporter, avec le Soudan, un trafic de plus en plus fort aux ports de l'Erythrée. Enfin, il faut tenir compte que les côtes arabes éloignées de

BULLETIN DU COMITE DE

400 kilomètres, devant Massaouali. se rapprochent à moins de 40 kilomètres à Raheita.

Le port de Massaouah.

La base de la renaissance coloniale de l'Erythrée est constituée par Massaouah. Ce port est le plus grand, le plus sùr et le plus commode poulies approches de toutes les escales de la mer Rouge.

Massaouah possède une magnifique défense naturelle et des fonds suffisants pour tous les navires. Cette ville pourrait devenir une station de charbonnage et offrir un bassin commode pour le moyen tonnage commercial qui ne trouve pas à Aden à faire radouber ses carènes. Ce port est d'ailleurs plus proche de plusieurs centaines de kilomètres du centre du Soudan que Souakin et Port-Soudan et ne devrait craindre la concurrence d'aucun port rival dans la mer Rouge, mais peu a été fait jusqu'ici pour le mettre en valeur. L’équipement du port de Massaouah se réduit à un quai de déchargement, long d’un peu moins de 350 mètres, avec trois grues mécaniques et quelques magasins d’entrepôt. Les violents tremblements de terre d'aoùt et de septembre 1921 ont encore diminué les pauvres ressources de ce port.

Quand on approche de Massaouah, on a devant les yeux une ruine quasi générale, les entrepôts sont écroulés et le quai s'est lézardé. Il en résulte que le trafic a considérablement diminué. L’économie de la colonie en souffre gravement et plus spécialement l'activité des indigènes et des colons qui faisaient tous leurs efforts pour surmonter la forte crise de l'après-guerre.

Le retard de l’administi'ation centrale pour apporter des moyens d’action adéquats et l’absence d'un moyen organique de reconstruction constituent des menaces sensibles pour l’avenir commercial de ces régions, car il faut se rappeler que l’Erythrée n’est pas une unité géographique et ethnographique, aATec des caractères bien distincts, mais un ensemble de territoires très dissemblables, une agglomération de nombreuses tribus de langues, de civilisations et de religions différentes, réunies seulement par un lien économique : le commerce de transit de l’Fthiopie et du Soudan.

Toutes les races contrôlées par les Italiens ne résistent aux forces centrifuges qui les porteraient à se réunir aux parties centrales, dont elles sont originaires, qu’en raison de la condition économique spéciale qui leur rend plus avantageuse leur collaboration hybride.

La clé de cette difficile situation politique et économique est à Massaouah.

De bon ou de mauvais gré, toutes les populations chrétiennes et musulmanes, comprises dans l’orbite commerciale de ce port, sont dans la main de l’autorité qui l'occupe.

Si le trafic en est détourné vers les hinterlands ferroviaires de Djibouti et de Port-Soudan, l’Erythrée perdra sa fonction naturelle et l’unique nœud, qui tient solidement unies sous le contrôle

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