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II. — Partie du Cameroun au nord de la Benoué

- Administration présente. — Des tribunaux indigenes ont ete institues, cette ahnee, pour s occuper des affaires secondaires, dans l’étendue de leur juridiction ; quand ces cours de justice progresseront, leurs pouvoirs seront augmentés. Leur juridiction concourra avec celle du chef de district j qui, seul, s’occupera des habitants de la région montueuse.

Le pays a été visité récemment par le District officer , accompagné de quelques soldats; il cher che à préparer les voies, pour nouer de bonnerelations avec les païens.

Sans doute, de même que dans le reste de la Nigeria, les Foulbés et les autres indigènes avancés seront, bientôt, gagnés à notre cause. Le résident est satisfait de l’attitude des chefs Foulbés dans cette circonscription. Des salaires mensuels, dont le total atteint presque 2.000 £. par an, furent avancés aux chefs dirigeants, aux a-lkdèai indigènes, et à la police locale, par l’administra tion indigène de Yola. depuis le commencement de l'année courante, de telle sorte qu’après cela .

l’on ne peut invoquer, pour excuser les abus, le manque de. moyens.

Des plaintes innombrables ont été portées devant le capitaine Brackenbury, le district officer qui installa notre administration dans cette région, vers la fin de l’année dernière, et devant M. Carlyle, qui lui succéda. Plusieurs de ces plaintes étaient dirigées contre les chefs, pour des actes qui furent la conséqtience inévitable de « lacunes » dans l’administration, causées par la guerre. Le capitaine Brackenbury fut obligé de faire la sourde oreille à beaucoup de ces plaintes, craignant que, dans le cas contraire, nous ne soyons amenés à bouleverser l’état de la société, en général. Notre attitude fut comprise tout de suite et appréciée.

Par la suite, en plusieurs cas, se sont élevées des plaintes, nées de la jalousie et de l’esprit de parti, 'entre les chefs d’un côté de la rivière Tiel et leurs partisans, contre les chefs, et leurs partisans, de l’autre côté; car la rivière n’était naturellement pas la frontière naturelle entre les Etats riverains, et ceux qui aimèrent mieux rester où ils étaient que de suivre le « drapeau », encoururent, assez naturellement, la désapprobation de leurs compagnons du même clan habitant sur l’autre rive.

Taxation. — Les Allemands percevaient, par l'intermédiaire des chefs Foulbés, une capitation sur les indigènes adultes, hommes et femmes, et la même sur les animaux. Les taux étaient les suivants: mâle adulte, 2 sh., femelle adulte, 1 sh., cheval ou jument, 1 sh., gros bétail, 1 sh., âne, d d. , mouton ou chèvre, 1 d. Les Français augmentèrent les taux sur les indigènes et les portèrent à 5 sh. pour les hommes et 3 sh. pu iules femmes ; mais les mères de famille furent exemptées. (Cette année, dans leur territoire, les Français ont élevé ces taux jusqu’à 10 h. et 5 sh., respectivement.) Les taxes sur le bétail furent conservées telles qu’elles étaient sous les Allemands.

Désormais, la taxe sur le bétail sera levée, comme en Nigeria, au taux de 1 sh. 6 par animai (peut-être 2 sh. l’année prochaine), mais jusqu'iei on n’a pas essayé d’imposer la population. La perception sera faite, en temps voulu, sur la base de la répartition (française) de l’année dernière.

Administration future. — L’une des principale' questions qui se posent, au sujet de l’administra- *ion de cette région, est de savoir à quel degré il sera avantageux, pour les tribus dont il s’agir, -pie leurs affaires soient traitées conjointement ■vec celles de l’émirat de Yola.

Tl faut noter, d’abord, qu’avant l’occupation européenne, les émirs de Yola exerçaient une .égémonie sur tout le territoire et sur le pays s’étendant jusqu’à Tibatj et à Ngaoundere. Donc. <-n ce qui concerne les individus domiciliés dans ■ es territoires, qui sont, ou de pur sang Foulbé, ou de sang Foulbé avec un mélange de païen, ou l'un type connu sous le nom de « Haben Aman ». c’est-à-dire païens convertis à l’Islam, qui ont

reconnu l’émir de Yola comme leur -ouverain, il n’est pas douteux qu’il conviendra, au point de vue politique et social, de revenir à l’ancien état de choses et de les gouverner par le moyen de l’émir de Yola, leur souverain naturel. D’autre part, il ne faut pas permettre à l’émir de tenter de gouverner des populations païennes qui, dans le passé, ont été entièrement soustraites aux in fluences foulbé, ou sur lesquelles, avant l’ère européenne, il n’exerçait aucun pouvoir effectif.

La difficulté réside dans le fait que ces deux types de population vivent, dans certaines régions, côte à côte; il est donc difficile de résoudre entièrement la question sur une base géométrique ou géographique.

Il est évident, cependant, que l'influence foulbé et les ressources de Yola seront profitables à ces tribus, si l’on n’use pas envers eux de moyens de contrainte. Le mieux à faire, actuellement, n’est pas d'essayer de déterminer le pouvoir de l'émir dans ces régions, sauf s’il s’agit de populations qui appartiennent, évidemment, à l’un des trois premiers groupes cidessvf, cest-à-dire de populations qui étaient primitivement et qui, sans l’action des Européens, seraient encore apparentées à l’émir, ou bien ses sujets; c’est, plutôt, de laisser les tribus plus primitive- libres de s'annexer à l’unité politique de Yola. si, dans l'avenir, elles jugent que c’est leur avantage, social et matériel, de le faire.

11 est donc à propos de reconnaître les préten îions de l’émir à la souveraineté nominale sur toute la province de Yola et de ne pas baptiser de nom d’émirat de Yola une partie de la province ; car toute la province est morcelée en divisions administratives, sous les Européens, et les chefs Foulbé exercent, dans ces divisions, des fonctions administratives, mais seulement dans la mesure qui paraît désirable, étant données leurs relations d’autrefois avec des tribus autres que lés leurs propres.

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