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IV. — A L EXPOSITION COLONIALE DE MARSEILLE

Lo voyage présidentiel s’esl achevé par la visite de l’Exposition coloniale de Marseille où le Président a vu non seulement l'évocation des trois colonies nord-africaines qu’il venait de parcourir, mais la présentation de tout notre domaine colonial. Là encore, il a fait des déclarations qu'il convient d’enregistrer.

Au banquet qui lui a été offert le h mai, il s'est exprimé eu ces termes :

Voici que je louche au terme du long itinéraire parcoimi pour porter le salut de la France aux bons ouvriers qui. de Casablanca à Tunis — Français, indigènes. Européens, unis dans une étroite association — accomplissent à l’abri de son drapeau une œuvre dont il est plus aisé de sentir que de rendre la puissance et la beauté.

La République a le droit d’èlre fière des résultats encore trop peu connus de son action civilisatrice. Du point de vue moral comme matériel, ils passent eide loin ce qu’avant de les avoir, sur place, constatés, on s'en pourrait figurer. Les richesses déjà mises en œuvre sont considérables : celles dont l'exploitation prochaine apparaît comme facile sont plus grandes encore. Les progrès tant achevés qu’en voie de réalisation pour le bien-être des populations placées sons notre autorité expliquent el justifient le respect el la confiance dont elle es! là-bas entourée.

Quelle joie, au sortir d’un voyage si rempli d'heureuses constatations, de trouver, eu posant le pied sur votre sol. l’admirable cité que tout désigne pour être cette porte de l’Orient si souvent et si justement vantée!

Marseille rend au pays un nouveau service et non le moindre en provoquant l’étude, en stimulant le goût des tractations lointaines. Jamais, sans doute, plus clairement qu’à notre époque n’apparul l'importance des services rendus à la France par la République colonisatrice, par un Eugène Etienne, pur un Jules Ferry.

Jamais, en effet, ne fut plus évidente la nécessité de faire appel à toutes les ressources de notre Empire colonial, d’accrottre et d’accélérer le rythme de nos relations avec l'extérieur el d’abord avec nos propres possessions.

Le 7 mai. le Président a visité l’Exposition coloniale et il a ainsi félicité les organisateurs de cette grande manifestation :

Entre la conception et la réalisation, dit-il, s’est placée cette tragédie mondiale qu’a été la guerre. Avant la guerre, il était à coup sûr utile et désirable que l’attention de la France fut attirée de la manière la plus pressante sur ce domaine colonial, dont on ne dira jamais assez la grandeur, l’étendue, les ressources. Après la guerre, c’esl une question vitale pour la France qui se pose dans l’utilisation de >es colonies. Il se trouve que votre Exposition a, en même temps, deux autres buts, qu’elle atteint tout naturellement. On ne peut parcourir cette Exposition sans qu’immédiatcment on se sente envahi du sentiment de profonde gratitude pour les hommes qui, à travers tant d’obstacles et de difficultés ont. depuis cinquante ans. doté la Franco de la majeure partie de son domaine colonial.

Cette Exposition est, par elle-même, un acte de reconnaissance à la République cl aux hommes d'Etat qui. ayant compris la nécessité que la France suivit l'expansion colonisatrice qui emportait le inonde, ont réussi ii nous donner le Tonkin. la Tunisie. Madagascar et la majeure partie de nos possessions africaines sur l'Atlantique. Il faut que la démocratie soit reconnaissante envers ceux qui la servent bien, car pour bi m se servir elle-même elle li a pas le droit d’être ingrate.

Oui. les Jules Ferry, les Eugène Etienne, les Paul Berl, tous ceux qui ont été ici et au loin les ariisans de celte œuvre admirable, ont droit que, devant eux. la France républicaine s’incline et les remercie parce qu'ils ont — on peut le dire assuré son avenir. Mais il est une autre signification que cette Exposition revêt par la date même où elle s’ouvre. Décidée avant la guerre, elle s'ouvre après elle; et. du même coup, elle est la louange la plus éclatante de tout ce que la France a dû à ses colonies à l’heure tragique où il lui fallait au pl us vite trouver pour sa défense le plus d’hommes et le plus de produits possibles.

Ci' que les colonies ont apporté à la mère-patrie de sang, de ressources de toutes sortes, l’Histoire un jour le dira dans le détail, mais, dès à présent, notre gratitude sait ce que nous devons à ces indigènes que nous n’avons jamais considérés, que nous ne considérerons jamais comme des races inférieures, mais, au contraire comme des associés avec lesquels nous sommes heureux et fiers de collaborer

Au banquet qui a suivi, M. Albert Sarrau t, ministre des Colonies, a tiré ainsi l'enseignement de la visite présidentielle :

Quel avenir sur et prospère n'esl-il pas promis à notre pa\ ' lorsque, appuyant sur le bloc des 100 millions d’hommes composant la France totale, les sécurités qu'il réclame pour la paix durable du droit, il pourra, sans le secours de l’étranger. alimenter sa vie économique avec la substance nourricière tirée inépuisablement de ses propres territoires.

Il u est que de vouloir eela pour le pouvoir. La France, trop longtemps, a méconnu" celle vérité éclatante. La mise eu valeur de nos colonies a subi trop de lenteurs et trop d'atermoiements. L'heure est venue de l'action résolue, puissante, sans arrêt. I.a grande révélation de celte Exposition ne peut désormais laisser inerte ou indifférent aucun Français soucieux des destins de sou pays. Energies, capitaux, volontés, liras et cerveaux, que ces forces actives si' dirigent donc hardiment vers noire France coloniale pour stimuler sa mise en valeur selon un plan méthodique et préri s.

Le plan est l'ail. Il existe grâce à vous, Monsieur le président de la République. En janvier 1920. lorsque vous m'avez fait l’honneur de m’appeler aux directions de notre domaine d’oui re-iner. vous aviez avec votre clairvoyance aecoulnmée. envisagé déjà l’immense concours que la rirhesse coloniale pouvait fournir au relèvement économique el financier de la patrie, ('.'est sur vos ordres cl sur vos conseils que j ai dressé pour nos colonies le programme de travaux publics et d’œuvres sociales proposé depuis un an aux ratifications du Parlement.

Je disais, il y a quelques semaines, en inaugurant cette Exposition, qu’elle apportait à ce projet législatif l’illustra-

tion précise qui en justifie les desseins. Elle éclaire désormais tous les Français sur les possibilités d’avenir et de force nationale que réserve à la France l’exploitation de son merveilleux domaine.

Le voyage présidentiel en Afrique du Nord s’est ainsi achevé en une apothéose de notre domaine colonial.

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