DE LA RÉGION DE TOMBOUCTOU
La région de Tombouctou est une des plus riches en bétail de toute LA. O. F.
Le recensement officiel n’en donne qu’une idée approximative. On peut estimer qu’il représente à peine la moitié de ce qui existe réellement.
Si une grosse partie du bétail échappe ainsi aux investigations de l’administration, cela tient :
1° A l’insuffisance des agents des cercles et surtout à la difficulté que présente l'opération dans un pays immense, à demi désertique où la circulation est excessivement difficile;
2° A la taxe sur le bétail qui étant assez lourde incite les nomades à chercher à s’y soustraire par tous les moyens qu’ils peuvent imaginer.
3" A la transhumance qui d’une saison à l’autre les transporte d’une extrémité d’un cercle dans un autre cercle et leur permet d’échapper totalement, pendant cette période aux agents recenseurs.
Pour toutes ces raisons, il est difficile de- se faire une idée nette des richesses de l’A. O. F. en bétail.
En ce qui concerne la région de Tombouctou qui comprend les cercles de Tombouctou, Goundam, Bamba, Gao et Hombori, on ne sera pas très loin de la réalité en évaluant cette richesse à :
Un millier de bœufs.
Deux millions à deux millions et demi de moutons
et chèvres.
Dix à douze mille chameaux.
Cinquante à soixante mille ânes.
Cinq mille chevaux.
Ce bétail fait l’objet d'un trafic assez important avec la coton ie de la Haute- Vo^ta d'une part et les colonies anglaises de la Gold Coast et de la Xigéria d’autre part.
Le seul marché de Gao, qui tend à devenir un des principaux centres du commerce du bétail, exporte une moyenne annuelle que l'on peut évaluer à 50.000 bœufs, sur la Nigéria anglaise. Le nombre des moutons est certainement double ou triple de ce chiffre.
Les cours sont excessivement variables. Depuis deux ans ils tendent à se stabiliser entre :
60 à 200 francs pour un bœuf suivant l’âge et la taille.
300 à 300 francs pour un chameau.
250 à 1.000 francs pour un cheval.
40 à 12u pour un âne.
5 à 2b francs pour un mouton.
Les facultés d’exportation sont grandes, elles sont loin d'avoir atteint un rendement normal, on peut exporter beaucoup plus. Il y a donc là une richesse considérable qui contribue de plus en plus à la prospérité économique de la colonie.
Impôt Zekkat. — Les nomades de race Maure et Touareg ne paient pas l'impôt de Capitation, ils sont soumis uniquement à l'impôt Zekkat.
Cet impôt est en principe basé sur le quarantième de la valeur de chaque animal. Mais pour éviter qu'il ne constitue une charge trop lourde pour les populations, le Gouvernement a fixé la valeur très en dessous de sa valeur réelle.
Il est établi pour 1922 sur les bases suivantes :
Par chameau
1,50 sur une valeur
estimée à 60 francs
Par âne
Par moutons
et
chèvres
Par bœuf et vache 1,50
Par veaux el
nisse
Par cheval
Par jument
Par poulain
Cette mesure très bienveillante permettra de relever le taux de cet impôt quand le commerce du bétail ayant pris une plus grande extension, nos nomades auront acquis des ressources plus considérables.
On peut estimer qu’il est pour le moment en
rapport avec la capacité imposable des dits nomades. Des recensements mieux faits permettront d’en augmenter le rendement.
A titre d’exemple je dirai que pour 1921, il a produit pour les cinq cercles de la région, une somme de : 552.119 fr. 25.
Le même impôt produisait : 403.000 francs en 1918, 470.000 francs en 1920.
Il passera à plus de 000.000 francs en 1922 et cela en effectuant des recensements de plus en plus serrés.
Le commerce du bétail donne lieu à la perception d’une patente fixée comme suit par arrêté du 9 décembre 1920 du Gouverneur général de l'A. O. F. :
1° Classe, traitants faisant le commerce d’exportation pour les colonies étrangères et achetant plus de 25 bœufs, 400 francs ;
2° Classe, traitants faisant trafic dans mêmes conditions mais achetant moins de 25 bœufs par an, 300 francs ;
3° Classe, traitants faisant le commerce du bétail non destiné à l’exportation dans les colonies étrangères et achetant plus de 25 bœufs par an, 200 frs ;
4° Classe, traitants faisant trafic dans mêmes conditions et achetant moins de 25 bœufs par an, 75 francs.
En résumé, la région de Tombouctou est riche d’avenir en ce qui concerne le bétail, la question est de pouvoir l’exporter.
Je dois signaler pour terminer que la peste bovine et la péripneumonie ont fait depuis 1916 de gros ravages dans notre cheptel, mais la maladie est en décroissance et n’atteint plus guère que les veaux.
Il existe dans chaque cercle un vaccinateur indigène, mais il est regrettable que pour conser-
Recensements de septembre 1920 et juin 1921.
Tableau N° 1
Ovidés
Chevaux
et
et
Cercles
Nomades
Sédentaires
Bovidés Capridés
Juments
Anes
Chameaux
Observations
Tombouctou
Ramba
Oao
ombori
Ciouudam
Totaux
Tableau N° 2
Ovidés Chevaux
OU
et
Années
Population
Bovidés
Capridés Juments
Anes
Chameaux
Observations
Juin 1921
Septembre 1920.
Augmentation.. .
Diminution
Tombouctou, le 1 3 novembre 1921.
Le Colonel commandant la Région, Mangeot,
BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
ver une richesse do cette valeur ces indigènes 11e soient pas placés sous la surveillance d’un ou deux vétérinaires européens. La faute n'en incombe pas à l’administration qui malgré ses offres n’a pas encore réussi à attirer des vétérinaires en A. 0. F.
Colonel Mangeot,
Commandant la région de Tombouctou, Tombouctou, le 24 novembre 1921.
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