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LA CITE MARCHANDE

Lorsque, des hauteurs des Mérinides. on contemple la « perle de l’Islam », une impression s'impose à l'esprit. Cette antique « Médina » dont les maisons escaladent de terrasse en terrasse, parmi les minarets aux tuiles vertes, les contreforts encadrant rOud-Fez. est bien une vieille cité millénaire telle que seul. Moulay Jdriss. saint vénéré du Maghreb, était capable d'en construire en l'an 808.

C’est celle impression que tout visiteur conserve en parcourant en artiste les ruelles de Fez-el-Bali où domine le clair-obscur cher à Boutet de Monvel. Et dans le « horm » de Moulay Idriss. la très sainte mosquée, comme autour de Ivaraouinc. la cathédrale-université de l’Afrique musulmane, ofi à l'heure de 1' « aser » des milliers de croyants se prosternent en l’honneur d’Allah, comment songer à autre chose qu'aux mystères de l’Islam, à l'art Andalou et à la beauté incomparable de cette

grande cité Maure.

Cependant Fez, si attrayante pour les touristes, est autre chose qu'une ville d’art. C’est la ville sainte du Maroc et même de toute l’Afrique du Nord, certes, mais elle est aussi, et par excellence la « Cité marchande ». la capitale commerciale et industrielle incontestée du vieux Maghreb. Le vieillard à l’allure digne que vous avez rencontré tout à l'heure, drapé dans son burnous comme une statue antique, le tapis de prière sous le bras, est évidemment un chérit' vénéré qui, peut-être, possède en pieux héritage la précieuse « barraca » d'un saint Marabout. Dans un instant, au fondouk Nëdjarine, vous le verrez discuter avec âpreté sur les derniers prix du sucre à Marseille ou les

cours de la livre sterling à Londres.

Tout Fasi en effet, comme le phénicien antique liait « tajer ». c’est-à-dire est un commerçant né car Allah n'a jamais proscrit les légitimes bénéfices d'un honnête commerce.

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