‹ Renseignements coloniaux et documentsChapitre 88 sur 154 · II. — LES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

II. — LES OPÉRATIONS

A) Zone Nord-Est du Moyen-Atlas.

L’idée générale de la manœuvre est de progresser simultanément : au Sud, en partant de la j Moulouya : au Nord, en partant du Zloul et. de la ] haute vallée du Sebou. Deux groupes mobiles J s’avanceront, ainsi, l’un vers l’autre, en occupant I el en soumettant successivement les fractions dissidentes qu'ils rencontreront.

Les troupes appelées à participer à ces opéra-

tions comprennent : 16 bataillons d’infanterie. 5 escadrons de cavalerie. 7 batteries de montagne. Elles se divisent en deux groupes :

avance en remontant le Chou)' ech Cherg. affluent de la Moulouya.

Cette avance permet d’étudier le terrain sur

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1° Le groujK1 mobile du Sud (dLx bataillons) ;

21 Le groupe mobile du Nord (six bataillons).

Le général Aubert, commandant la subdivision de Ta/a, dirige l’en semble des opérations et prend lui-même le commandement du groupe mobile du Sud ; le général Dechcrf, son adjoint, conduit le groupe mobile du Nord.

a Groupe Mobile du Sud.

Dès le début de janvier, les opérations commencent. Parlant d’Outat el Hadj, le groupe du Sud occupe les points de Tougour et de .Missour. situés sur la Moulouya, qui constitueront des bases de départ. La fin dé janvier et le mois de février sont employés à créer à Missour une tète d'étapes et à y construire un pont permanent sur la Moulouya; à établir les pistes indispensables à la liaison avec l'arrière.

Au début de mars, tout est prêt. Dès le 10 mars, le groupe mobile du Sud effectue une première

lequel il va falloir progresser, et, le 29 mars, le mouvement est repris. 11 se heurte à la résistance acharnée de toutes les tribus Marmoucha. Ait Youssi, Ait Tserrouchen. résolues à interdire à tout prix l’entrée des plaines où se trouvent leurs habitations, leurs champs, leurs pâturages. Néanmoins. les dissidents ne peuvent arrêter notre progression. Le soir du 29 mars, le groupe établit son camp sur les premiers plateaux, entre le Djebel Ousilagh et le Djebel Aghal.

Puis, le 6 avril, débordant, par l’Ouest, les résislances accumulées dans les défilés d'El-Bordj et d'Ain Azinous. le groupe débouche dans la plaine. 11 atteint enfin l'agglomération des casbahs qui constitue Almis et dont la majorité des habitants demande aussitôt à se soumettre.

Le 26 avril, le groupe quitte son camp de Douirat. Il se dirige cette fois vers le Nord-Ouest pour atteindre Enjil des Ait Ihassen. Ceux-ci, d’ailleurs, ont eu des perles au cours des derniers combats.

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

ot bien travaillés, depuis, par l’action politique, ils sc soumettent le jour même.

Le lendemain, le reste de nos troupes se porte vers le Sud-Ouest à Tijane, centre occupé parles Ai t Youssi.

Dès lors, l'ensemble des territoires appartenant aux Aïl Youssi sc trouve entre nos mains. Afin de relier notre nouvelle organisation aux postes de la subdivision de Meknôs, qui se trouvent sur la route du col de Taghzeft, la fraction du groupe qui est à Tijane gagne, le 28. le poste de Talialit d’où elle peut repartir le lendemain.

Dans les jours qui suivent, une poussée violente de l’adversaire, qui s’est attaqué aux troupes chargées des travaux des pistes entre Aïn-Azinous et Almis, amène le commandement à réagir énergiquement.

Le 12 mai, le colonel Martin, commandant le 2° étranger, se porte avec 4 bataillons, cavalerie et artillerie, au Nord de la piste d’Azinous à Almis. 11 réussit à dégager l’endroit de forts contingents Aïl Tserrouchen et Marmjpucha.

Le 23 mai, le général Aubert prend personnellement le commandement du groupe Sud. Parti d’Enjil au matin, il atteint Ghioul où il installe un poste. Il prend pied en pleine montagne, préparant une liaison ultérieure avec le Haut-Sebou. Le général Aubert marque ainsi, aux yeux des dissidents, que. malgré leur résistance offensive, l'initiative du mouvement ne nous échappe pas.

Ainsi venu de bases éloignées de près de 350 kilomètres, le- groupe du Sud s'assure la domination d’un vaste pays que l’on peut délimiter, dès le début du mois de mai :

Au Nord , par une ligne partant de Talialit, et passant par Enjil pour atteindre Almis ;

Au Sud, par la vallée de la Moulouya.

b) Groupe Mobile du Nord.

De son côté, à la fin de mars, le grôupe du Nord réuni à Tazouta procède à l’occupation du pays des Beni-Alaham et de la vallée de l’oued Mdez. Il crée les postes de lvilaa, du Djebel Aderj et du Tizi-Tilghamine. Hormis quelques fractions "éfugiées dans les hautes montagnes, les Boni Alaham, bien que soutenus par les Aïl Tserrouelien, Se soumettent aussitôt.

Après avoir organisé la région nouvelle et aménagé les pistes, le général Decherf commence l’investissement du massif du Tichoukt, principal habitat des Aïl Tserrouchen ; le 27 avril, un détachement du groupe Nord part de Taghzout pour occuper le massif du Nador. En même temps, le général Decherf, avec le gros de ses forces, remonte la vallée du Mdez. Le 6 mai, après un violent combat, livré contre les Ait Tserrouchen accourus en grand nombre des montagnes du Sud et de l’Est, il occupe la région de Skoura où nous avions momentanément pris pied en juillet 1917. Notre retour dans cette région produit un effet moral considérable. Dans le mois, les Ait Tserrouchen tentent diverses surprises qui sont toutes repoussées.

B. — Zone Ouest du Moyen Atlas.

Ces opérations ont pour objet la soumission des tribus dissidentes occupant les deux versants du Moyen Atlas entre le haut (Juin er Bebia, la haute Moulouya jusqu’à ses sources d’une part, et les sources de l’Oued El Abid d’autre part, c’est-à-dire la zone de partage des versants de la Méditerranée et de l'Atlantique, pays accidenté, qui contient d’importants massifs forestiers et constitue le véritable « château d’eau du Maroc ».

Le général Poeymirau dispose pour la réalisation de ce programme de 13 bataillons, 7 escadrons. 10 batteries, 7 goums. Formant avec ces forces trois groupes de manœuvre, il devait par une action convergente de ces groupes réaliser une série de jonctions entre l’Oum er Bebia et la Moulouya par les cols du Moyen Atlas, découpant par tranches successives la région à occuper.

Le climat froid et pluvieux de la haute Moulouya. la neige qui persiste très tard dans cette zone du Moyen Atlas rendant impossible avant le mois de mai tout mouvement de troupes important dans cette région, le groupe de manœuvre du Tadla, seul opérant sur le versant nord du Moyen Atlas, devait procéder dès le mois d’avril à l’occupation de Ksiba, pour, d’une part, élargir et consolider notre couverture sur la rive gauche de l’Oum er Bebia, et, d’autre part, protéger efficacement son flanc droit au cours des opérations ultérieures vers Ivebbab et les cols du Moyen Atlas.

Réuni à Ghorm el Alem à la fin de mars sous le commandement du colonel Freydenberg, le groupe de manœuvre, fort de six bataillons, trois escadrons, quatre batteries, trois goums et renforcé par les partisans Zaïan, enlevait le 9 avril, après une série de combats vigoureusement menés. Ksiba défendu par de nombreux dissidents descendus de la montagne à l'appel de Moha Uu Saïd. Après . avoir relié par un réseau très complet de pistes et de postes le terrain nouvellement occupé avec nos postes de Ghorm el Alem et de Dechra El Oued, le colonel Freydenberg venait se concentrer près du poste d’Aït Ishaq le 12 mai.

lin même temps, les deux groupes de manœuvre de la haute Moulouya comprenant ensemble 34 compagnies, 4 escadrons, 4 goums, 7 batteries sous les ordres respectifs du général Théveney et du colonel de Ghambrun, se concentraient au nord de Bou-Draa et aux Vît Mouli.

Pour dégager son flanc droit et y voir clair, le général Poeymirau avait fait exécuter le 10 mai par les Goums et partisans du cercle Béni M’Guild une reconnaissance qui, se portant de Bekrit sur Itzer par les gorges opposées de l’Oued Serroual et de l’Oued Bou Ladjout, dans un pays difficile, fut bien accueillie par les tribus rencontrées et ouvrit au travers du Moyen Atlas une première transversale. Ainsi couverts, les groupes de | manœuvre entamaient le 12 mai leur mouvement vers l’ouest.

Martelés puissamment par notre aviation de bombardement, les dissidents débordés se repliaient devant nos troupes qui. après avoir occupé

successivement Sidi-Tiar, Ait Bou Chérit, Argliatialou N'Serdane, atteignaient Azerzou le 18 mai et s’installaient le 23 à Bou Guedjij.

' Pendant ce temps le groupe de manœuvre du Tâdla atteignait le o mai Tighessaline, le 16 Tinteghaline où il infligeait aux Ichkern une défaite sanglante et enlevait de vive force le 22 mai Bou Tuiouanine, prenant ainsi pied sur le massif culminant du Moyen Atlas.

Le 26 mai le général Poeymirau se portait sur la ligne de crêtes du Tizi Machou et effectuait une première liaison avec le groupe du Tadla, ouvrant ainsi une nouvelle transversale à travers le Moyen Atlas entre Khénifra sur l'Oum er Bebia et Azerzou sur la Moulouya.

Le 18 juin, le général Poeymirau. effectuant un nouveau bond vers l’Ouest, se porte de Bou Guedjij sur Taouenza où il s’installe malgré de vives attaques des dissidents venus des hauteurs sud de la Moulouya pendant que sur le versant nord du Moyen Allas, le colonel Freydenberg, parlant de Tinleghaline.se portait sur le massif du Tasfilalet faisant subir aux dissidents des pertes sérieuses. Le 19 juin, les deux groupes opéraient leur jonction par une nouvelle transversale entre Tasfilalet cl la plaine d'Alemsid. où le général Poeymirau installait un poste assurant en ce point le terminus de notre occupation de la Haute Moulouya.

Les dissidents repoussés, au cours de leurs attaques contre le groupe de manœuvre le 18 mai et dans la nuit du 19 au 20 mai. tentent dans la journée du 20 d’empêcher la marche du convoi de ravitaillement se rendant sur l'arrière à Arghbalou N’Serdane, escorté par le groupe du général Théveney. Au nombre de trois mille, malgré des attaques répétées allant parfois jusqu'au corps à corps, ils sont repousses et se retirent sur les pentes du Grand Atlas.

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