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LA CASERNE DE LA LÉGION ÉTRANGÈRE A SIP1-RET.-ARRÈS

veiller. Le fusil toujours attaché au poignet, elles ont en outre des grenades à portée de leurs mains. Et grâce à ces précautions, les surprises et les vols d’armes sont actuellement beaucoup moins fréquents qu’au! refois.

Dès tpie le camp est installé, on commence à construire le poste qui assurera la sécurité de la région.

Alors, pareil aux soldats célèbres des fières légions romaines d’autrefois, le légionnaire dépose son fusil et reprend ses outils de travail.

Et, à nouveau, les spécialistes de tous les métiers se mettent vaillamment à l'ouvrage. A tour de rôle, les fractions désignées vont, chaque jour,* garder les positions environnantes pour

| .des repos fréquents sont accordés. Si le dimanche I est inconnu, on a. par contre, en principe, une journée de repos pour quatre jours de route ou de travail. Ces journées, c'est le grand nettoyage. Les armes, l’équipement, les tentes, le paquetage, tout y passe. A l'encontre de l’Algérie, les cours d’eau sont nombreux au Maroc. Sur les bords verdoyants d’un ruisseau ou d’un beau fleuve aux eaux limpides, les légionnaires se dévêtent. El, tons nus sous le joyeux soleil d’Afrique, ils lavent leurs effets et se baignent ensuite avec délices. Pendant (pie leur linge sèche, ils s'étendent voluptueusement à l’ombre et font la sieste. Ou bien ils pèchent à la ligne. Le poisson, très abondant, vient mordre à une épingle sans appât, recourbée

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t‘ii forme de huineçon. Chacun, au retour, rapporte sa pèche à la cuisine de sa section. Et le repas du soir s’agrémente d’une délicieuse friture... Après ces agréables journées de délassement, le légionnaire se remet gaiment à l’ouvrage, le lendemain, avec une nouvelle ardeur.

Dès tpie le poste est suffisamment avancé, le drapeau français y est solennellement hissé. Et quand, matin et soir, le clairon lance dans le camp la sonnerie vibrante des «couleurs », Européens de toutes nations, indigènes de toutes races, interrompant instantanément leur ouvrage, se dressent face à lui, et tous saluent avec fierté le glorieux emblème sous les plis duquel ils se sont volontairement rangés.

La nourriture, en colonne, était autrefois peu variée. La seule boisson du soldat était l’eau, comme en France. Maintenant, les légionnaires ont, comme leurs camarades de la métropole, du vin à tous leurs repas.

Bien que le prix en soit élevé, on peut, chaque jour, leur donner des légumes frais, pommes de terre, choux, carottes, Les allocations ont été sérieusement augmentées. Ils ont de l’eau-de-vie

sont couvertes, en maints endioils, de superbes forêts de cèdres gigantesques. Le site est tout souriant. souvent même pittoresque. De grandes routes nombreuses, continuées par des pistes bien entretenues, permettent aux automobiles et aux camions de circuler facilement durant toute la bonne saison.

En résumé, les années passées au Maroc sont dures, mais elles s’écoulent vite. Elles sont nécessaires avant le séjour enchanteur du Tonkin, car elles forment le vrai légionnaire résistant, entraîné, discipliné, ardent au « baroud », infatigable au travail. La vie des camps le met en outre en contact constant avec ses officiers. Il apprend à les connaître et à les aimer. Ceux-ci témoignent à leur tour une réelle affection à ceux qui s’en montrent dignes. Avant vécu de longs jours côte à côte, ayant couru ensemble les mêmes dangers, ayant souffert des mêmes peines, la confiance et l’estime réciproques s’établissent naturellement entre eux. . . C’est la force de-cette troupe d’élite!... Et quand, plus tard, après de longues années de séparation, h; légionnaire rencontre, un jour, son ancien capitaine, d’un mouvement spontané, tout fier et tout

Décret du 30 octobre J 019.

O. du 7 Novembre 1919.

Hautes paies du Maroc (s’ajoutaiit à la solde).

Après 3 ans

Après 3 ans

Après 10 ans

liante Supplément

GRADES paie temporaire Total

Haute

paie

Supplément

temporaire

Total

Haute

paie

Supplément temporaire Total

Caporal 1.90 » 1.90

Soldat 1.30 » 1.90

Observations. — Les militaires indigènes de tirailleurs et de

spahis

et les tirailleur

s sénégalais

conservent leur haute paie spéciale.

dans leur café au réveil. A son défaut, l’indemnité équivalente qui est perçue permet d’augmenter les repas. Le fromage, les fruits, les confitures leur sont fréquemment donnés comme dessert. Et, les jours de marche, de travail ou de combat, ils ont toujours un « casse-croûte », en plus, pour le matin. Et puis, les coopératives et les « soukiers » (1) suivent les colonnes. Et le légionnaire peut s’y procurer ce dont il a besoin. 11 reçoit, après trois ans de services 30 fr. 75 tous les quinze jours. Après cinq ans 54 fr. 25. Après dix ans, 57 fr. 75. L’année suivante, la môme existence recommence en d’autres points. Mais le Maroc est vaste, les régions sont différentes les unes des autres. Et c’est encore l’attrait de l’inconnu.

Le Maroc oriental est nu et aride. Il est peu cultivé. Certains endroits argileux et ravinés ont môme un aspect chaotique qui rappelle les paysages lunaires. Quoique traversé par quelques beaux fleuves et rivières, l’eau y est moins abondante qu’au Maroc occidental.

Celui-ci est au contraire, très riche et très verdoyant. De belles récoltes s’étalent, immenses, dans toutes les plaines et vallées. Les montagnes

(I) Marchand indigène ambulant.

heureux, il se précipite franchement vers lui la main tendue. Et c’est avec une joie sincère et profonde que celui-ci serre dans la sienne la rude main de ce vieux compagnon d’armes avec lequel il a couru le bled... autrefois.

Et cette solide amitié du chef et du soldat dure toujours! Les morts ne sont pas oubliés dans la grande famille de la légion! Les cimetières sont toujours pieusement entretenus partout où elle liasse ! Et lorsqu’un légionnaire tombe au Champ d'honneur, tous ses camarades et tous ses officiers viennent avec recueillement l’accompagner à sa dernière demeure. Son capitaine, au nom de tous, au nom de sa famille absente, lui dit le dernier adieu. El sa tombe est couverte de fleurs!...

§ 3. — Le Légionnaire au Tonkin.

Si, au Maroc, la vie du légionnaire est rude, il en est tout autrement au Tonkin.

Les colonnes sont actuellement peu fréquentes. Elles ont lieu parfois dans la delta, mais principalement dans la haute région. Là. le pays est difficile, mais merveilleusement beau. D'immenses forêts de bambous gigantesques couvrent les montagnes. La brousse inextricable envahit tout.

De loules les vallées descendent de nombreux cl riants ruisseaux qui dévalent en cascades tumulueuses jusqu’aux grandes rivières. De ci, de la, une riche plaine bien cultivée, et les petites « caïnhà » (1) isolées des paysans (les « nhà que ») émergent dans la verdure.

Pour pouvoir aisément marcher au travers de cette intense végétation, la tenue du légionnaire est réduite au strict minimum. Le casque en liège (toujours indispensable sous les tropiques), la tenue de toile kaki, le fusil, l'équipement, le coupecoupe. le moustiquaire et... l’éventail. Plus de

se protéger contre les incursions du terrible seigneur de la brousse, le tigre. Le bétail est parqué sous la maison. El tout cet assemblage de bambous dorés, brillant sous le soleil, donne à ces coquettes petites « eai-nlm » l'aspect de jouets d’enfants sortant tout neufs de leur boile. Le bambou sert d ailleurs à tout, aux Annamites. Leurs cannes, leurs éventails et leurs pipes sont en bambou. Leurs chapeaux et leurs manteaux de pluie sont faits en feuilles de bambou. Ils font griller le riz dans un bambou en guise de casserole. Un morceau de bambou leur sort de bouteille, un plus

UN l ‘ANXEAl' DE LA SALLE D 'HONNEUR DU Rr RÉGIMENT ÉTRANGER

A Sidi-Bel-Abbês.

gros effectifs, ou de groupes mobiles comme au Maroc. De petites colonnes, (h* 150 hommes environ. composées par moitié de légionnaires et de tirailleurs annamites.

Plus de camps. La tente est inconnue. On bivouaque sur les bords d’un ruisseau au milieu de la forêt, ou dans les habitations des paysans sil on en trouve. Ces petites maisons sont entièrement construites en bambou, depuis les murs, les planches. les portes et les fenêtres, jusqu'au mobilier et aux tuiles mêmes de la toiture. Elles sont bâties sur des pilotis de gros bambous, à trois mètres environ du sol. On les entoure également d une lande palissade de bambous aiguisés afin de

( 1 ) Maisons.

petit, de gobelet. Leurs minuscules bateaux, leurs bateaux, leurs radeaux ainsi que les rames, les nuits, et parfois même les voiles, sont encore en bambou. Ils mangent en salade les jeunes pousses de bambou. Us nourrissent leurs chevaux avec les feuilles. Et, d'un coup de coupe-coupe exercé, ils savent tailler certains bambous femelles d'où jaillit instantanément uni' source fraîche et abondante. l'eau des pluies s'y infiltrant goutte à goutte au travers des feuilles et des nœuds.

Plus de routes pour les camions ou les voitures.

Plus de convois de chameaux, de mulets, ni même de petits chevaux du pays. Les sentiers sont trop étroits et à parcours par trop fantasques. Par suite, plus de ravitaillement régulier avec l'arrière. On se nourrit sur le pays. Mais les œufs,

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os poulets, los oies, les canards, les porcs sont en abondance. Le riz remplace le pain. Kl. si le vin est souvent regretté, le légionnaire sait toutefois apprécier l'alcool de riz. qu’il appelle « choumchoum », et qu'il soit bien découvrir au fond des cachettes les plus .secrètes où le conservent les « nhà-què ». Les coolies indigènes transportent les bagages indispensables à dos toujours sur un bambou et attachés avec des cordes de bambou, les a cai-lal ». Et. en longue file pittoresque4, ils trottinent inlassablement derrière chaque unité, plus adroits et plus résistants que les chameaux les plus robustes ou les mulets les plus agiles.

La troupe marche aussi en file indienne, suivant le guide sur des sentiers invraisemblables que l’on devine à peine sous la brousse. Souvent, dans les hautes vallés encaissées, le lit du ruisseau est le seul chemin praticable. Mais le soleil esl chaud, et l’on est vite séché .dès qu’on en sort. Les grandes rivières (toujours gonflées par les pluies à l'époque des colonnes) sont franchies par les radeaux de bambous, Les hommes s'y accroupissent, par petits groupes, jusqu'à ce que l’eau effleure le bord. Et. conduits par un indigène qui manie la pagaie d’une main habile, ils glissent rapidement vers la rive lointaine, tournoyant sur l'immense nappe écu mante, sur laquelle ils semblent être assis.

Toujours en serpentant, les petites colonnes s'enfoncent lentement, dans les profondeurs immenses de la grande forêt. El l'on poursuit ainsi longtemps les pirates qui se cachent cl sont presque toujours insaisissables. Ils sont peu nombreux en général, et attaquent rarement. Cependant

boni portant. Leur premier feu est souvent meurtrier. Mais le légionnaire se ressaisit vite. Et, bondissant à leur poursuite, il a tôt fait de les anéantir s il les atteint . Quand la brousse est trop épaisse et qu’il ne peut tes y suivre assez vite, il les contraint alors à aller se tapir à nouveau dans lesfourrés épais où leurs tanières sont dissimulées et où il los force à demeurer.

Ces combats sont d'ailleurs peu fréquents, les ennemis les plus a craindre sont le coup de soleil, le coup de chaleur, les moustiques et le tigre.

Le casque qui protège du soleil, doit toujours être conservé, même à l’intérieur des « cai-nhù ». Un rayon de quelques instants sur la tète peut être mortel. L'éventail est précieux dans les moments de chaleur lourde, dans les hautes herbes, et évite bien des accidents. La nuit, la moustiquaire esl indispensable, car les piqûres des moustiques occasionnent rapidement les fièvres. Le tigre est la terreur de tous. L'Annamite l'appelle « Monseigneur»!... El le légionnaire qui n'a peur de rien, tremble cependant quand il entend le monstre en chasse après sa proie.

Pour s'en préserver, à l'encontre du Maroc où ils sont interdits, de grands feux sont allumés qui l’effrayent et le tiennent à distance. Personne, même les sentinelles, n’ose plus s'en écarter.

Et. quand la nuit est descendue, nuit profonde, impénétrable, qui impressionne les plus crânes, chacun écoute anxieusement les bruits étranges qui emplissent peu à peu la grande forêt mystérieuse! C’est le cerf qui s'enfuit éperdument dans un grand fracas de branches cassées. Et le tigre, haletant, qui poursuit, déchirant l'air de son

quand ils croient bonne l’occasion, ils surgissent brusquement de la brousse et tirent presque à

aboiement rauque e bambous éclatent en

t terrifiant... Par instants, les^ détonations soudaines pareils

Décret du 1er Novembre 1919

2 Novembre 1919

Hautes payes coloniales (s’ajoutant à la solde

Haute

Supplément

Total

(’.RADKS

paye

temporaire

par jour

Caporaux cl assimilés :

Après 10 ans

5 ans

— 3 ans

Soldais et assimilés :

Après 10 ans

;> ans

3 ans

Décret du !•; Janvier 1919

du 9 Janvier 1919

Solde des hommes de troupes coloniales.

cuites l)K ïltOl'I’KS DK TOl'TKS A l!M K:

Solde de présence coloniale

Caporal, brigadier, caporal-clairon, brigadier trompette, caporal sapeur, caporal armurier et lu igadier armurier, musicien après 10 ans de fonctions, brigadier

maître maréchal

Artificier de batterie, maître-pointeur, maître ouvrier, premier ouvrier, maître artificier, soldat armurier

Soldai, cavalier, canonnier, ouvrier de batterie et des compagnies d’art i- \ lrc (11. licier à fer cl à bois, aide-maréchal ferrant bourrelier, tambour, clairon. I trompette sapeur d'infanterie et du génie, soldat et élève musicien. > soldat des sections spéciales! fusilier et pionnier) ou des unités en tenant \ lieu 2' Cl.

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