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ÉPOQUE PRIMITIVE

Genève est assez ancienne pour que son origine se perde dans des traditions fabuleuses. Cette incertitude même est l'une des preuves de son antiquité.

Le monument le plus ancien qui nous offre quelque trace de la culture des arts dans nos contrées, est aussi du nombre de ceux auxquels une date précise ne peut être assignée. C'est une pierre, dont l'origine se rattache au culte druidique. Elle est située à trois mille toises de Genève, entre Troinex et Bossey. *

J'emprunte sa description à une Notice publiée en 1819, par M. Eusèbe de Salverte :

« A l'extrémité d'une petite prairie s'élève un monticule circulaire; son diamètre est d'environ douze toises, et sa plus grande hauteur au-dessus du sol de seize à dixhuit pieds. Le chemin de Troinex à Bossey le borde au nord, et tournant subitement, le coupe du nord au midi.

<t Sur ce monticule est couché un bloc quadrangulaire de dix pieds sept pouces de longueur, et de deux pieds

* Cette pierre, acquise par le gouvernement «le Genève, a été transportée dans la promenade des Bastions.

deux pouces environ de largeur. .. Dans le dernier tiers de sa longueur il a été creusé d'un pouce : sur sa surface ainsi préparée on voit quatre figures de femmes, grossièrement travaillées, mais reconnaissables, et qui ont fait donner au monument le nom de Pierre aux Dames, ou de Pierre aux Demoiselles. La première de ces figures est la plus haute; elle a deux pieds deux pouces; la suivante deux pieds au plus; les deux -autres décroissent encore; la quatrième figure a été mutilée.... Rien n'annonce que ces quatre figures aient jamais été plus élégamment sculptées ; elles ne sont donc point le produit des arts perfectionnés que les Romains apportèrent avec eux aux bords du Léman. »

La tradition populaire s'exprime uniformément sur l'antiquité de la Pierre aux Dames.

Nous ne suivrons point M. de Salverte dans la dissertation à laquelle il se livre pour prouver que la Pierre aux Dames est l'un des monuments les plus curieux dont on puisse faire remonter l'origine au culte des druides ; car nous ne parlons pointa une académie celtique; mais nous avons dû signaler l'existence d'un monument, qui est probablement le plus ancien témoin que puisse offrir notre canton des premiers essais dans l'art statuaire.

M. de Salverte a trouvé d'autres traces de monuments druidiques dans le bassin qui nous entoure; mais les blocs qu'il signale ne portent (comme la plupart des monuments de ce genre) aucune autre trace du travail de la main des hommes que celle d'une certaine disposition des masses de pierre, en sorte que nous ne devons pas nous en occuper ici.

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