‹ Renseignements sur les beaux-arts à GenèveChapitre 25 sur 36 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Messieurs,

J'ai exposé dans la première partie l'état des beauxarts à Genève jusqu'à la fin du seizième siècle.

Dans la seconde, j'ai indiqué quel avait été leur développement pendant le dix-septième siècle, et la plus grande partie du dix-huitième.

Dans la troisième, j'ai parlé du mouvement qui leur avait été imprimé dès l'année 1776 jusqu'à 1814. Il me reste à jeter un coup d'œil sur l'époque qui a suivi la Restauration, de laquelle date la nouvelle et brillante école de peinture genevoise.

Les mémoires précédents sont accompagnés de notices biographiques sur les artistes qui ont honoré Genève ; à très-peu d'exceptions près, je me suis abstenu de parler de ceux qui vivent encore. Si je voulais rendre cette quatrième partie complète, je devrais y joindre aussi des no-

tices sur tous nos peintres actuels ; mais cette tâche m'a paru au-dessus de mes forces. D'ailleurs, pour qu'une biographie présente un véritable intérêt, il faut qu'elle renferme de ces détails domestiques (si je puis m'exprimer ainsi) qui font connaître celui dont on parle dans sa vie privée aussi bien que dans sa vie extérieure ; or, on ne saurait se permettre ce genre de détails quand il s'agit de personnes vivantes. En outre, les jugements que l'on porte sur des artistes qui n'ont pas atteint le terme de leur carrière, sont toujours plus ou moins hasardés, car l'expérience de tous les temps a prouvé, que l'opinion des contemporains n'est pas toujours confirmée par la postérité. La mode, l'esprit de coterie, exercent une grande influence sur les jugements du public. L'on voit quelquefois tel artiste, auquel on avait d'abord assigné une place secondaire, atteindre plus tard les premiers rangs. Enfin, tant que la vie d'un artiste n'est pas terminée, on ne peut porter sur lui un jugement sûr et impartial, car son talent peut ou décliner, ou s'accroître. Je me bornerai donc à tracer les biographies de ceux des artistes de la nouvelle école genevoise que nous avons eu le malheur de perdre; cependant, comme j'ai souvent regretté, en lisant la vie des peintres célèbres, que la liste de leurs ouvrages n'eût pas été conservée, et que je désire que ces pages soient de quelque utilité pour ceux qui entreprendraient plus tard un travail sur la vie des peintres de l'école actuelle, je chercherai à me procurer la liste de leurs principales œuvres, en y joignant l'indication des encouragements et des récompenses honorifiques qu'ils ont reçues de divers gouvernements ou sociétés. La publication de ce genre de documents ne peut offrir

que des avantages.1 Je chercherai en même temps à recueillir les autres renseignements qui peuvent contribuer à honorer nos artistes ; mais ces derniers documents sont destinés à un travail particulier, que je n'ai point le projet de livrer actuellement à l'impression.

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