‹ Réparation de l’urètre périnéalChapitre 13 sur 40 · LOG LES · texte numérisé non relu

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même de l'expérience 19 due au professeur Paoli Erasme, de Turin, qui pratiqua sur un chien une résection totale de l’urèthre spongiobulbaire et sutura les deux bouts ; mais la réunion échoua complètement et il se constitua rapidement un rétrécissement cicatriciel grave avec rétention incomplète d'urine.

RÉSULTATS. — L'expérimentation n'est donc pas favorable à la réunion secondaire après résection; voyons maintenant ce que donnent les observations. Nous en avons relevé 17. Toutes ont trait à des résections totales et dans aucune d'elles il ne fut fait de suture du périnée. De ce chiffre nous devons d’abord en éliminer 3 qui ont été suivies de mort: aujourd'hui une pareille terminaison n’est pas à redouter et n’est imputable qu'à l’époque de l'opération et non à la méthode. Leurs autopsies ne nous donnent pas de renseignements bien précieux puisqu'elles ont été pratiquées à des dates trop rapprochées de l'intervention. Celle de Sédillof faite 22 jours après permit de constater un état local très satisfaisant ; « le canal était libre et au niveau de l’ancien rétrécissement existait une ligne déprimée et irrégulière mais très accusée. Au-dessus etau-dessous de cette ligne, les deux muqueuses étaient bien rapprochées, d’une égale largeur ». L'un des opérés de Bourguet mourut d'érysipèle au 14e jour. La plaie était en voie de cicatrisation ; entre les deux bouts de l'urèthre distants de 23 millimètres, les bourgeons charnus formaient une membrane mince, unie, régulière revêtant la forme etl’aspect général des muqueuses. Les deux orifices étaient facilement perméables pour une bougie de 8 millimètres et l'intervalle qui les séparait formait une cavité ouverte en bas, plus grande que le reste du canal. Le deuxième opéré de Bourguet mourut lui aussi au 25° jour d'infection purulente ; les détails de son autopsie ressemblent de tout point à ceux qui précèdent : entre les bouts écartés de 25 millimètres, on trouva un espace infundibuliforme, tapissé par une membrane mince, unie, rouge, sorte de muqueuse de nouvelle formation qui se continuait en avant et en arrière avec la muqueuse uréthrale.

Nous ne voulons tirer de ces autopsies qu’une seule conclusion, c'est que les opérateurs avaient excisé totalement la portion rétrécie, à l'exception de Sédillot cependant, mais nous ne saurions leur accorder aucune valeur au point de vue du résultat thérapeutique. Sans doute au niveau du point réséqué, la largeur du canal était plus considérable que partout ailleurs, mais l’on n'était qu'aux 44°, 29e, 95e jour de l'opération et il y avait lieu de craindre que ces bourgeons charnus si exubérants, cette nouvelle membrane muqueuse qui faisait l'admiration des auteurs, ne se füt convertie en une bague de tissu inodulaire rétractile.

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Quatre autres observations doivent être laissées de côté (nos 49, 50, 56, 57). Les deux premières sont muettes sur le résultat définitif. L'observation d'Hartmann (no 56) constate simplement que le malade sortit guéri de l'hôpital, éjaculant et urinant par sa verge. Mais deux mois à peine s'étaient écoulés entre l'intervention et la publication du résultat et malgré toutes nos recherches, il nous a été impossible de le retrouver. Quant à la 4e (no 57) le malade quitta le service de M. Guyon quelques semaines après l'opération ; nous faisons part des craintes très sérieuses que nous inspire l'avenir de ce garçon: il nous à été également impossible de l'examiner à nouveau.

Les 10 autres malades ont pu être revus à une époque plus ou moins reculée ; 5 d’entre eux l'ont été de 9 mois à un an après l'opération. Chez celui de Verneuil, toutes les fonctions physiologiques étaient normales et une sonde de trousse passait facilement sauf.un petit ressaut sur la paroi inférieure ; celui de Parizot avait un périnée fermé et un canal facilement perméable ; chez celui de Kœnig la guérison s'était également maintenue. Deux des opérés de M. Horteloup revus 9 ou 10 mois plus tard sont sans fistule et le canal admet chez l’un une bougie 19 et chez l’autre une bougie 46.

Pour les 3 restants les résultats énoncés sont vieux de plus d'une année : le moins ancien est celui de Notta ; il y eut bien dans ce cas une récidive après la résection de 4 centim. de canal et il fallut pratiquer une uréthrotomie interne pour sectionner une bride de la partie profonde du périnée : mais 16 mois après cette dernière opération, la guérison s'était maintenue et on introduisait facilement dansl'urèthre une bougie de 8 millim. Même résultat chez le Ze malade de Parizot revu 2 ans après. L’un des plus beaux succès appartient sans contredit à Bourguet dont le malade se représenta 8 ans plus tard et dontle canal admettait une bougie de 6 millim. Les deux faits de M. Horteloup sont au nombre des meilleurs ; l’un de ses réséqués mourut 3 ans 1/2 après l'opération et l’on trouva que la cicatrice du périnée était très souple; en ouvrant le canal par sa paroi supérieure, il n'était pas possible de faire une différence entre les muqueuses des portions spongieuse et prostatique et la muqueuse au niveau du point réséqué. La paroi en était souple, unie, luisante et ne permettait pas de constater une cicatrice dure. En résumé sur ces 10 malades, revus les uns un an après et les autres à une date plus éloignée, aucun ne portait trace de récidive.

Ces résultats sont incontestablement meilleurs que ceux de la simple uréthrotomie externe étudiés par le Dr Phélip, de Lyon, dans une série d'articles de la Revue de Chirurgie de 1890 et de 1891 et ils ne sont

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pas sans nous surprendre quelque peu, car la résection totale suivie de réunion secondaire met le canal dans une condition éminemment favorable à la production d’un rétrécissement, puisque la totalité de sa circonférence est formée de tissu cicatriciel. Mais il est un élément dont il faut tenir grand compte et qui à lui seul explique la durée des guérisons : c’est la dilatation consécutive. Or tous ces malade sont été soumis d’une manière plus ou moins régulière à l'usage des sondes. Verneuil nous dit que son opéré est revenu plusieurs fois dans l’année qui à suivi ; Bourguet, Kœnig, Notta, Parizot notent ce point important dans leurs observations. Quant aux malades de M. Horteloup, ils ont été dilatés d’une façon régulière et l’un d’eux se passe chaque matin une bougie n° 19.

Ne serait-ce donc pas plutôt à la dilatation consécutive qu'à l'opération elle-même qu’il faudrait rapporter ces succès ?

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