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La suture à points séparés nous parait donc préférable, mais il reste une question importante à trancher, c’est celle de savoir si les fils doivent passer à travers la muqueuse ou rester en dehors. Ce détail de technique ne se trouve indiqué que dans quelques rares observations. Sur ses chiens, Hagler a toujours pris la muqueuse dans les points de suture, de Paoli Erasme au contraire est resté en dehors. A vrai dire, leurs résultats ne diffèrent pas beaucoup, et sur ce point les expériences cadavériques nous ont donné des résultats plus positifs. Sur 3 sujets nous avons pratiqué la suture de l'urèthre en faisant passer les fils tantôt à travers la muqueuse, tantôt juste au-dessous d’elle (expér. 4, 2,3). Dans le premier cas, la ligne de réunion faisait une saillie très notable dans la lumière du canal; elle avait un aspect festonné avec des saillies et des dépressions ; une partie de la cire avait fusé à travers les points de suture et le moule était interrompu à ce niveau. Au contraire, quand nous n'avons pas pris la muqueuse, la suture a été parfaitement hermétique, et en ce point le cylindre de cire avait les mêmes dimensions que partout ailleurs; cette suture était marquée par une simple ligne transversale au niveau de laquelle les lèvres de la muqueuse étaient en contact parfait et étaient restées adhérentes aux plans profonds.
Sur le vivant cette suture doit être faite à l’aide de fils de catgut n° 0 ou 1 montés sur des aiguilles de Hagedorns dont la courbure en facilite singulièrement le passage. Pour si peu que l’on eût de difficultés à amener les deux bouts au contact on pourrait utiliser la précaution recommandée par le Dr Witzel, de Bonn, qui consiste à passer temporairement deux fils de soie dans le corps spongieux et à maintenir grâce à eux les segments uréthraux au contact pendant que l’on noue les fils de catgut.
Ce premier temps de l'opération terminé, on procédera à la suture de la plaie périnéale. On trouvera plus loin, à ce sujet, toutes les indications nécessaires telles que : nombre des plans, question du drainage et de la sonde à demeure. Pour l'instant nous nous contenterons simplement de réclamer la réunion de Ja plaie périnéale. Une telle pratique n’a que des avantages ; les risques à courir sont nuls et l'intérêt majeur réside dans ee fait que les parties molles du périnée sont là pour fournir au canal une paroi inférieure en cas de désunion de la suture uréthrale.
A la lecture des observations, on est surpris de l'insuffisance des détails. Peu d'auteurs, en effet, se sont astreints à décrire leur opération par le menu. Quelques-uns mentionnent à peine : « suture des deux bouts de l'urèthre »; beaucoup laissent dans l'ombre la question de la plaie périnéale; la grande majorité ne parle pas de drainage. Ce qui
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nous a le plus frappé, c’est le peu de soin que l'on semble avoir apporté à cette suture des deux bouts de l’urèthre; on parle de deux, trois, quatre fils alors que nos expériences cadavériques montrent qu'il en faut une moyenne de huit à dix pour obtenir un affrontement parfait et une suture hermétique. C'est, du reste, le nombre approximatif de points que place M. Guyon. Au sujet de la suture du périnée nous notons : dix fois, une suture complète avec ou sans drainage; deux fois, une suture incomplète; une fois, une suture des parties molles juxtauréthrales ; une fois, une suture secondaire; une fois, une véritable autoplastie. Dans neuf de ces cas on eut recours à une suture à étages du périnée et le succès fut complet.
RÉSULTATS. — Nous ne possédons pas le détail des observations du professeur Poncet et nous nous contenterons de donner ses résultats tels qu'il les a communiqués au Congrès de chirurgie de 1886 : sur cinq de ses neuf opérés, il a cherché la réunion primitive du canal et ne l'a obtenue que trois fois ; ces trois malades ont quitté l'hôpital des douzième au vingt-cinquième jours et ont été revus quelques mois plus tard après s'être soudés régulièrement, le périnée était souple et on passait aisément une bougie n° 20. |
Sur les 32 observations que nous avons pu analyser, nous distinguerons les résultats immédiats et les résultats consécutifs ; la réunion par première intention semble bien loin d’avoir été la règle, car on ne peut pas accréditer les observations mentionnant par exemple : « réunion primitive sauf une petite fistulette » ou « réunion presque totale ». Les seules observations dans lesquelles ces réunions ont été totales sont au nombre de cinq, quatre appartenant à M. Guyon ou à M. Albarran.
Quant aux résultats éloignés, il est peu d'observations qui nous donnent des renseignements. Des deux malades de Heussner (obs. 64 et 62) le premier succomba 2 ans 1/2 plus tard à une affection des reins ; son canal admettait une bougie n° 20, et à l’autopsie on ne trouva qu’une simple cicatrice linéaire. Le second fut revu 3 ans après ; il avait eu soin de se faire dilater et restait guéri. Les autres résultats sont trop récents : les uns inférieurs à une durée de 6 mois doivent être laissés de côté ; ce sont plutôt des succès opératoires que thérapeutiques. Les autres, vieux de 7, 9, 10 et 12 mois sont au nombre de 6; chez tous ces malades la guérison s'était maintenue et 4 avaient eu recours à la dilatation.
Mais, encore une fois, les rédactions sont peu explicites et, pour aftirmer que la guérison s'est maintenue, il eüt fallu tout au moins connaître le calibre du canal. Aussi ne donnerons-nous les résultats éloignés que des seuls malades traités dans le service de M. Guyon et que nous
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avons revus! nous-même. Il en est deux (obs. 87 et 88) qui, 6 et 7 mois après une résection incomplète, ont un canal qui admet le béniqué 50, et l'un d'eux n’a jamais été sondé depuis. La troisième observation de M. Guyon (obs. 93) est trop récente. Des deux observations de M. Albarran (obs. 83 et 89), la première mentionne que le malade a été revu 10 mois après avec un canal admettant une sonde de Nélaton no 22 et un périnée complètement fermé. Sa seconde est encore trop récente ; du reste, il s'agissait là d'un fait unique, échappant à toute classification.