TRAITEMENT CURATIF PAR RÉUNION PRIMITIVE
La réunion primitive ayant été surtout tentée à la suite de la résection de l'urèthre, nous aurons l'occasion d'y revenir longuement à
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propos des divers procédés de restauration du canal. Mais nous faisons ici allusion aux cas où l’urèthre étant relativement intact, on a eu recours à la réunion primitive pour obtenir ou pour hâter la guérison d'une fistule ou d'une perte de substance du périnée.
Nous voyons un intérêt majeur à tenter la réunion primitive chaque fois qu’elle est possible : c'est d’abord l’innocuifé de l’intervention et surtout ce fait bien constaté à la suite de toutes les opérations plastiques que, même si la réunion ne se fait pas, l'échec 'n’est jamais .complet; la suture a toujours tenu sur un point plus ou moins étendu et le malade en retire presque toujours un bénéfice très réel.
Malheureusement, les cas auxquels s'adresse une telle thérapeutique sont assez restreints; elle nous parait surtout indiquée chez les malades appartenant à la première catégorie des fistuleux établie par M. Guyon, chez ceux dont le périnée presque normal est traversé par une fistule unique dont l’orifice interne s'ouvre directement dans l’urèthre sans poche juxta-uréthrale intermédiaire. De telles conditions sont rares, cependant on les rencontre assez fréquemment à la suite d'interventions sur le canal, principalement à la suite d'uréthrotomie externe. 9 observations (de 35 à 43) répondent bien à ces indications : 6 fois on intervint pour fistules consécutives à une section longitudinale du canal sans tendance à la guérison et 3 fois pour fistules spontanées présentant les caractères de simplicité que nous avons réclamés plus haut.
Le manuel opératoire, on le conçoit, varie pour chaque cas; l’avivement peut être obtenu de plusieurs manières : incision simple et grattage, ou mieux excision totale du trajet; c’est à ce dernier que l’on est tenté de donner la préférence quand on connaît l’organisation si complète de ces fistules dont le grattage ne suffit pas toujours à enlever la paroi. Dans bien des observations que nous avons relevées, on s’est contenté de réunir la peau; dans quelques autres les sutures ont été profondes. Nous croyons que la supériorité reste à la suture du périnée a plusieurs plans; mais nous ne la décrirons pas ici, nous réservant d'y revenir longuement à propos de la restauration du canal après résection. C’est également là que l’on trouvera tous les autres détails de l'opération dont l'importance est capitale et relatifs à la question du drainage et à la sonde à demeure.
RésuLrars. — Les 9 observations de ce groupe sont comprises entre les nos 35 et 43. Dans 3 de ces 9 observations (35, 42 et 43), la suture à étage fut appliquée dans toute sa rigueur et le résultat fut très satisfaisant. Un de ces malades (obs. 35) est toujours en observation, son périnée est resté ferme et souple. Dans les autres cas on s’est contenté
d'une simple suture, tantôt à points superficiels, tantôt à points profonds et superficiels à la fois, c'est le cas de'M. Kirmisson. A part l'observation 41 où la réunion imanqua complètement, les 5 autres guérirent très rapidement. Nous ne possédons pas ici de résultats éloignés quant au calibre du canal]; la seule chose que nous désirions montrer est la facilité de la réunion du périnée et la rapidité de la guérison qui suit une telle conduite.