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FACE

HISTO-PHYSIOLOGIE

Mouvement et Sensibilité caractérisent les deux fonctions essentielles de la Main. Ces deux fonctions sont d'importance identique, nous pouvons même aller plus loin : ces deux fonctions se complètent; la bonne exécution de l’une ne pouvant s'exercer que dans le cas d'harmonie intégrale de l’autre.

Il aura fallu des générations de chirurgiens, de physiologistes et d’observateurs pour mettre au point cette notion capitale.

Sans aucune sensibilité, le travailleur manuel, qu'il soit le rustre manœuvrier ou le fin « artisan », devient gravement mutilé, surtout dans l’aire de distribution du médian puisque nous avons vu que cette dernière constituait la principale partie tactile de la main.

Que dire alors si ce « manuel » est également un intellectuel, et si la création géniale de l'artiste, qu’il soit peintre ou sculpteur, ne peut s’épanouir qu’à travers l’agilité sensible des mains ?

Les pulpes du pouce et des deux premiers doigts sont particulièrement importantes à cause de leur usage spécialisé. La section d’un nerf palmaire à la base d’un doigt a pour résultat Panesthésie de cette moitié du doigt sur sa face palmaire.

La section d’un nerf digital dans la commissure entraîne l'installation d’une bande d’anesthésie de la moitié de chaque doigt bordant la commissure.

Privé de sensation, un travailleur peut à peine ramasser un petit objet et lâche constamment ce qu’il a saisi. Sterling BunNELL écrit : « Les yeux des doïgts sont aveugles ».

Malheureusement d’ailleurs, cet ennui majeur ne va pas demeurer seul; des complications interférentes vont s'ajouter, ankylosant les articulations, enraidissant la mobilisation. Comme nous le verrons dans le chapitre de la chirurgie, la sclérose s’installe partout.

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A. — Réparation nerveuse.

Les résultats excessivement bons de la suture des nerfs de la main sont dûs à deux facteurs.

Le premier est que les nerfs à ce niveau ne sont plus mélangés, c’est-à-dire qu’ils deviennent soit purement moteurs, soit purement sensitifs. s

L'autre facteur est que la puissance de régénération du système nerveux s'accroît à mesure que l’on approche de la périphérie.

Dans le système nerveux central où il n’y a pas de névrilemme les axones ne régénèrent pas; à la périphérie les fibres nerveuses prolifèrentes vont jusqu’à pénétrer et à restaurer la sensibilité dans les greffes de peau totale (whole thickness).

H. J. Seppox de Londres, fait également remarquer que plus la lésion nerveuse est proximale, plus le pronostic est défavorable car les modifications périphériques si fâcheuses seront très avancées au moment où la régénération atteindra la périphérie.

Graves également sont les traumatismes par traction car les lésions s’étendent loin sur le trajet du nerf.

B. —— Bilan histo-pathologique après section du nerf.

Du fait de la perte de l’influx trophique, il y a atrophie de tous les tissus, depuis la peau jusqu’à los et l’articulation.

Au-dessous de la section, le nerf ne gonfle pas à moins qu’il ne s’infecte. Les axones se divisent en plusieurs fois leur nombre normal et tentent de passer pour rejoindre le bout distal du nerf sectionné; mais une poussée de prolifération de tissu conjonctif, tissu jeune non différencié, les a précédés en coiffant le bout du nerf. Les axones poussent donc, et prolifèrent dans ce chapeau conjonctif; plusieurs d’entre eux tournent sur eux-mêmes et se terminent en pelote, tandis que d’autres s’échappent dans les tissus, vont s’y ramifier et s’y perdent de telle sorte que, quand la région est heurtée par un choc extérieur, il y a production d’une sensation de picotement (NAGEOTTE).

En résumé, la section d’un nerf entraîne la formation d’une grosseur en bulbe appelée « névrôme », au niveau du bout proximal.

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