‹ Réparation des Nerfs de la Main et des DoigtsChapitre 8 sur 40 · LES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

LES RÉSULTATS

Citons une fois de plus Sterling BUNNELL : « Les résultats excessivement bons de la suture des nerfs à la main sont dus à deux facteurs : l’un est que les nerfs à ce niveau ne sont plus mélangés, mais sont soit purement moteurs, soit purement sensitifs; l’autre est que la puissante de régénération du système nerveux s’accroit à mesure que l’on approche de la périphérie. Dans le système nerveux central où il n’y a pas de névrilemme, les axones ne régénèrent pas. À la périphérie, les fibres nerveuses vont jusqu’à pénétrer et à restaurer la sensibilité dans les greffes de peau totale (Whole-Thickness grafts) ».

Pour l’objectivité de notre travail il est nécessaire, bien entendu, d’envisager chapitre par chapitre.

1°) Suture immédiate : 34 cas.

— Un seul échec total : bien que 3 ans se soient écoulés, aucune velléité de reprise de la sensibilité dans les territoires en aval de la réparation. Aucun trouble n’est d’ailleurs apparu et l’opéré ne souffre ni de douleur de névrôme, ni de troubles trophiques. Cas n° 10.

Sallier 2

MAR, LC EN

— un demi-échec : dans ce cas, on pourrait écrire que l’opération a trop bien réussie puisque le malade souffre d’une hyperesthésie. Cette hyperesthésie se manifeste à la chaleur. Tous les autres angles de la sensibilité ont été intégralement récupérés Cas n° 28.

—— 35 cas de bons succès, nets, sans séquelles, viennent figurer, en somme, l'intérêt de notre travail. La récupération sensitive s’est manifestée du 4 jour (assez paradoxalement d’ailleurs) à la 7° semaine. Les résultats sont stables, c’està-dire qu'aucun trouble n’est venu se surajouter au bilan des succès.

Accrochons notre attention sur le fait que ces succès de récupération sensitive ne sont pas dûs à une « suppléance » ou une adaptation par le nerf collatéral opposé, comme cela peut se rencontrer assez rarement d'ailleurs. Dans ces cas, il persiste toujours une différence notable dans la perception et la trace de la cicatrice ancienne sert de ligne de démarcation pour objectiver les degrés différents.

2°) Suture secondaire :

— un seul échec : aucune reprise de la sensibilité dans toutes ses formes. Il s’agit cependant d’une réparation intervenant 10 jours seulement après la section, chez un traumatisé simple, sans d’autres lésions associées, et pour laquelle nous n’avions pas rencontré de difficultés techniques remarquables.

Chez ce malade, seul le syndrome de névrôme a « habituellement » disparu. « Habituellement » en ce sens que certains jours, sous l'influence de pressions fortes, existe encore cette impression de pile électrique.

— dans tous les autres cas, soit dans 8 cas, la récupération s’est faite à 100 %, même dans les cas de troubles trophiques graves (gangrène cutanée) où la régression de ces troubles a été totale. (Souvenons-nous que certaines sutures ont été pratiquées 2 mois après la section primitive).

Cette récupération s’est manifestée dans les cas extrémes soit au &° jour, soit au 2% mois.

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