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CHAPITRE IT : NOTATIONS CHROMATIQUES

yeux, en équilibre entre le jaune et le bleu, c’est que les quantités de jaune et de bleu qui constituent le vert s’équivalent chromatiquement. En quoi consiste cette équivalence chromatique? Ce n'est pas une égalité de poids ou de volume, car l'expérience nous montre que, pour faire du vert, il faut beaucoup moins, en poids et en volume, de bleu de Prusse que de gomme-gutte, bien que la luminosité de cette dernière soit supérieure à celle du bleu. Si les deux quantités associées de bleu et de jaune s’équilibrent dans le vert normal c'est que ces deux quantités s'équivalent sous le rapport de la valeur colorante. Cette équivalence sera le point

de départ de notre notation quantitative.

15. Constance de l'équivalence chromatique. — La valeur colorante dépend pour chaque pigment de sa nature, et, dans l’application, principalement de sa divisibilité ou solubilité ; elle peut varier d’un pigment à l’autre et reste constante pour une même substance dans les mêmes conditions physiques. Nous avons ainsi un rapport constant entre les quantités de deux mêmes couleurs qui s'équilibrent pour former une même dérivée. C’est-à-dire que dans la formation de

l'orangé © par exemple, et du violet V, toujours une même quantité m de rouge 8 , LOU 1

(e} R équivaut chromatiquement à une quantité n de jaune J et à une quantité p de bleu B. Mais quand deux quantités n et p sont équivalentes à une troisième m elles sont équivalentes entre elles ; nous pouvons donc conclure que n de J et

p de B s'équivalent dans la formation de VX, et formuler d'une manière générale

l'équivalence chromatique : La même quantité m de R qui équilibre une quantité n de J pour former O, équilibre également pour constituer V une quantité p de B qui équilibre à son tour n de J dans la formation de FE. Conséquemment aussi, si la quantité m de R est suffisante pour donner le ton franc (6) sur l'unité de surface, n de J et p de B donneront également le ton franc où le maximum chromatique de J et de B sur la même unité de surface.

De plus, m de R ei n de J associés pour former O, leur dérivée, donneront le

ton franc de cette dernière sur deux unités de surface ; cet orangé contiendra donc oO

e m n ar unité de surface — de R et — ded.

16. Équivalents chromatiques. — Nous appellerons équivalents cho'omatiques les quantités relatives de couleur qui s’équilibrent dans la formation des couleurs

dérivées et peuvent se remplacer dans les dérivées de même ordre. Ces mêmes quantités relatives suffisent, pour chaque couleur, à donner le ton franc ou maximum chromatique, sur l'unité de surface. Ces quantités pourront être déterminées expérimentalement pour chaque nature de couleur, en les examinant toutes dans les mêmes conditions, par exemple dans le même liquide, si elles sont délayées dans un liquide, etc. Cette détermination, vu le grand nombre de variables qui peuvent intervenir, n'aura pas la rigueur de la détermination des équivalents chimiques (rigueur qui n’est pas nécessaire en chromatique), mais elle serait un vrai progrès et offrirait de nouvelles ressources.

En attendant, le seul fait de la conception des équivalents chromatiques et de leur représentation suffit pour établir les notations quantitatives et en tirer les

plus grands avantages dans l'étude pratique des couleurs.

17. Représentation des équivalents chromatiques, — Les équivalents des couleurs primitives et de leurs dérivées immédiates seront représentés par le symbole unilittéral de ces couleurs ; ainsi R, J, B, O, KE, V, isolés, représenteront le rouge, le jaune, le bleu, l’orangé, le vert et le violet, à la fois en leur nuance spécifique et dans la quantité relative qui constitue leur équivalent chromatique.

Nous pouvons déjà le remarquer, ces formules se prêtent à l'analyse ; il suffit de traduire la loi de leur dérivation (14) pour mettre en évidence leur composition

qualitative et quantitative :

Nous voyons en effet par ces égalités que l'équivalent de ces couleurs secon-

daires se compose de deux moitiés des équivalents des couleurs parentes.

18. Détermination et notation des dérivées de second ordre. — Pour définir et représenter les autres nuances dérivées et les tons de toutes les nuances, nous considérons tout équivalent chromatique comme divisible en six parties — nous

dirons plus bas (70-71) pourquoi choisir ce diviseur de préférence à un autre. —

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