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ANGE DES COULEURS

parmi les données, ces dérivées sont dues à l'association de leurs composantes ; association qui ne change rien à la nature des éléments, ne combine que leurs effets chromatiques et leur laisse toute facilité de modifier ces effets au contact d'autres éléments.

Nous verrons dans les problèmes comment déterminer le résultat d’un mélange

où entreraient des dérivées chromatiquement indécomposables

48. Démonstration de la 2"° partie. — Le résultat d’un mélange dépend des proportions de couleurs primitives et de couleurs auxiliaires qui entrent dans les données de ce mélange.

Toutes les teintes possibles et, par suite, toutes celles que lon peut avoir à mélanger sont ou des couleurs primitives, ou des couleurs auxiliaires, ou des dérivées de ces couleurs (3 et 4) ; or ces dernières, les dérivées, se comportent dans les mélanges comme si leurs éléments étaient en liberté (47) ; donc, le résultat du mélange, quelle que soit la variété de ses données, dépend uniquement des proportions de couleurs primitives et de couleurs auxiliaires qui y entrent.

Donc c’est en vain qu'on chercherait à obtenir, avec des couleurs dérivées, un

résultat que ne puissent donner les cinq couleurs rouge, jaune, bleu, blanc et noir.

49. Démonstration de la 3"° partie. — Quand il n'entre dans un mélange que deux des couleurs primitives, le mélange donne lieu à la formation d'une dérivée dont la nuance est, dans le cercle chromatique, intermédiaire aux deux couleurs parentes.

« Si l’on méle deux à deux des matières colorées en rouge, en jaune et en bleu, on obtient l’orangé, le vert et le violet (1). » Or, dans le cercle chromatique, l'orangé est intermédiaire au rouge et au jaune, le vert au jaune et au bleu, le violet au bleu et au rouge ; donc notre proposition ne fait que rappeler un fait d'expérience constante.

Nous allons en donner une démonstration ou explication scientifique :

Tout pigment absorbe la couleur complémentaire de celle qu'il réfléchit, c'est-àdire, la couleur qui lui est diamétralement opposée dans le cercle chromatique.

Mais, de fait, il ne refléchit pas une seule espèce de rayons colorés, il réfléchit en

(1) M. Chevieul. Comptes rendus hebd. de l'Académie des Sciences, tome X, p. 121.

même temps, en quantité plus ou moins considérable, les rayons des couleurs voisines ; de même, il n'absorbe pas uniquement la couleur qui lui est diamétralement opposée, il absorbe en même temps plus ou moins les rayons des couleurs voisines, selon leur voisinage plus où moins grand. Nous pouvons donc dire qu'un pigment quelconque absorbe d'autant plus une couleur que celle-ci en est plus éloignée dans le cercle chromatique, et réfléchit d'autant plus une couleur que celle-ci lui est plus voisine. Donc si deux pigments sont associés dans un mélange intime, ils absorberont les couleurs qui leur sont le plus éloignées à l'un et à

l'autre, ils s'absorberont eux-mêmes dans la mesure de leur éloignement et réflé-

chiront la couleur qui leur est la plus voisine à l'un et à l'autre, c’est-à-dire, leur intermédiaire.

Donc si nous mélangeons du rouge et du bleu, ces deux pigments réfléchiront le violet — la couleur qui leur est le plus voisine à l’un et à l’autre — ; ils absorberont tous les autres rayons colorés : le pigment rouge absorbera les rayons

verts et plus où moins leurs voisins jaunes et bleus ; le pigment bleu absorbera les

rayons orangés et plus on moins leurs voisins rouges et jaunes. On verra de même comment le mélange du rouge et du jaune ou du jaune et du bleu ne peut donner que de l’orangé ou du vert.

Concluons-le, les pigments, pour donner lieu à une dérivée par leur association,

doivent avant cette association réfléchir déjà les rayons de cette dérivée. S'il existait des pigments rouge, jaune, bleu, ne réfléchissant que des rayons stricte-

ment monochromatiques, on n'obtiendrait jamais de couleurs dérivées.

50. Des dérivées des rayons pigmentaires. — La formation des dérivées se vérifie pour les rayons pigmentaires dans le mélange optique (46), comme pour les pigments intimement mélangés.

n parlant ainsi nous avons conscience d'aller à l'encontre de l’enseignement actuel. La plupart des physiciens qui s'occupent de ces questions, pour ne pas dire tous à notre connaissance, donnent comme un fait indiscutablement établi que le mélange des rayons pigmentaires bleus et jaunes ne donne jamais de vert. Nous lisons dans un manuel de science chromatique d'ailleurs fort remarquable l'attestation suivante : « Que l'on recoure soit aux disques de Maxwell, soit au procédé d'expérimentation imaginé par Lambert, que l’on emploie les variétés de

bleu ou de jaune que l'on voudra, on wobtiendra jamais de vert; la lumière

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