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CHAPITRE I : NÉCESSITÉ DES TYPES

qui même la constituent exclusivement, quand l'épaisseur de la couleur est assez grande, où sa transparence assez faible, pour que le fond soit sans influence sur la coloration. Alors l'intensité chromatique variera avec le nombre des couches : d'abord elle augmentera avec ce nombre parce que chacune des couches réfléchira un nouveau contingent de rayons colorés ; puis cette augmentation atteindra sa limite au moment où les rayons de lumière qui atteignent la couche la plus profonde ne peuvent déjà plus émerger à leur retour, absorbés qu'ils sont par les couches qu'il leur faut traverser.

Ajoutons que la transparence d'une substance n’est pas toujours la même pour tous les rayons colorés. Toutes les fois donc que la couleur d’un corps est la résultante de plusieurs rayons colorés, ce qui est le cas Le plus habituel, quelquesuns de ces rayons plus vite absorbés cesseront aussi plus tôt d’émerger, et ce ne sera pas seulement le ton ou l'intensité qui variera avec le nombre des couches, mais la nuance spécifique elle-même. Un pain de laque carminée ou de gommegutte présentera un ton et même une nuance bien différente du ton et de la nuance

qu'ils fournissent au pinceau.

57. Influence de l'état de la surface colorée. — Du moment que les rayons colorés qui frappent nos yeux sont dus habituellement à un phénomène de réflexion, ces phénomènes dépendant essentiellement de l'édifice moléculaire superficiel, de l’état de la surface, il en sera de même de la couleur. Cette relation est assez complexe. En effet, ce west pas la réflexion régulière ou spéculaire qui

nous donne la sensation des couleurs; cette réflexion régulière que produisent

les miroirs et les surfaces les plus polies nous renvoie les rayons qu’elle reçoit

sans les modifier, sans les absorber, par suite elle nous manifeste non la couleur de la surface réfléchissante, mais celle de la lumière incidente. Cependant, au moins dans certaines positions, on peut voir la couleur du miroir lui-même : cela tient à ce que le poli n'étant jamais d’une perfection absolue, il y a un peu de réflexion diffuse à côté de la réflexion spéculaire. C’est la réflexion diffuse qui

nous révèle la couleur des corps, et comme cette réflexion diffuse est en raison

inverse du poli, on peut en conclure que l'intensité chromatique augmentera elle aussi à mesure que le corps sera moins poli. Cette conclusion n’est que partielle-

ment vraie, car il arrive un moment où le rapport est renversé et où la coloration

croît avec le poli. En effet, on ne saurait éviter la réflexion d’une certaine quan-

ité de lumière blanche (la plus mate des couleurs, le noir de fumée réfléchit encore 1/20 de la lumière blanche que réfléchit Le papier blanc), cette lumière non décomposée est perdue pour la coloration et, parce que cette quantité de lumière blanche augmente avec la rugosité ou la pulvérulence de la surface, la coloration sera d'autant plus pâle que la surface sera moins polie. Le marbre le plus riche en

couleur est gris blanchâtre quand il n’est pas poli, il suffit de le rayer avec une

pointe d'acier pour en avoir la preuve. Un fragment de verre, de quelque couleur qu'il soit, une fois pulvérisé prend l'aspect de la craie ; sa nature n’a pas changé, mais les phénomènes de réflexion ont augmenté aux dépens des phénomènes d'absorption et la lumière non décomposée reste nécessairement incolore. Les couleurs en poudre, le pastel, donnent des teintes beaucoup plus pâles que les couleurs employées dans les autres procédés de peinture, en raison de la quantité de

lumière blanche qu'ils réfléchissent.

Enfin la coloration des corps ne dépend pas seulement de la ré flexion qui a lieu sur la couche la plus superficielle, les rayons réfléchis par celle-ci se fortifient de

tous ceux que renvoient les couches sousJacentes ; or le poli de la surface permet à

un plus grand nombre de rayons de pénétrer jusqu'aux molécules sousjacentes,

nouvelle raison pour que la coloration croisse en intensité avec le poli de surface.

Nous pouvons actuellement comprendre l'effet produit sur les couleurs par la présence de l’eau, de l'huile, du vernis. La présence de l'eau rend la couleur plus riche chromatiquement, mais plus foncée. Quand on peint en fresque et en aquarelle, il faut nécessairement compter avec cet effet : une fois sèches les couleurs sont beaucoup plus pâles qu'au moment où on les applique. La raison en est que la présence de l'eau diminue la réflexion de la lumière blanche à la surface des molécules colorées et augmente les phénomènes de décomposition et d'absorption.

L'huile et le vernis produisent des effets encore plus puissants. Certaines couleurs, telles que le bleu de Prusse et la laque carminée deviendront si foncées par leur mélange avec l'huile et le vernis qu'elles sembleront noires et qu'il faudra les éclaircir par une addition de blanc. Mais, d'autre part, la peinture à l'huile est teintes, la transparence et la profondeur de

incomparable par la richesse de :

ses ombres. Une couche de vernis sur un tableau ou sur un bois poli en fait

admirablement ressortir les couleurs et les nuances. C'est qu'ici encore, non seule-

ment l'huile et le vernis diminuent la réflexion diffuse de la lumière blanche mais

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