LUMIÈRE ET CHALEUR AUX POLES DE LA PILE
▼érité de cette proposition fondamentale : mais, quand le microscope grossit vingt-cinq ou cinquante fois, le phénomène se manifeste avec beaucoup plus de netteté. L'enclume et le marteau , ou la lame et la pointe, peuvent être tour à tour le pôle positif et le pôle négatif, mais, de quelque manière qu'on renverse le courant^ la lumière apparaîtra toujours au pôle. négatif; elle se montrera au point de la lame située vis-à-vis de la pointe, ou à l'extrémité de la pointe, si la lame et la pointe sont tour à tour le pôle négatif; la pointe dans te premier cas, la lame dans le second, resteront tout à fait obscures; c'est un phénomène permanent, une règle sans exception.
La lumière dont nous venons de parler , et que M. Neef désigne sous le nom de lumière primitive, est composée de points très-blancs, sans dimensions aucunes , même quand ils sont vus au microscope ; elle est entourée d'une lumière ou flamme peu éclatante , fixe, violette, qui s'étend sur la lame comme un cercle plan, ou enveloppe la pointe sous forme de surface conique.
En diminuant peu à peu l'intensité de là pile , au moyen , par exemple, du modérateur décrit dans les Annales de Poggendorf, tome XX, page 235 , on peut rendre de plus en plus faible cette lumière bleue, la faire évanouir même; le nombre des points brillants diminue alors sans qu'ils perdent de leur éclat , et bientôt Ton n'en voit plus qu'un seul. Si, au contraire, on augmente graduellement la force de la pile , le nombre des points blancs augmente rapidement , ils forment bientôt une surface brillante , la lumière violette ou la flamme s'étale aussi : plus tard , elle franchit ses bornes premières , elle se trouve avoir passé du violet au rouge , et forme comme un petit volcan : les étincelles finissent par apparaître; de temps en temps on les voit s'élancer comme des points brillaùts , partant du pôle lumineux et allant au pôle obscur, sans qu'on puisse y voir une double décharge d'un pôle à l'autre. Si l'intensité du courant dépasse certaines limites , le fil et la lame rougissent , la combustion commence, les deux lumières se confondent, on ne peut plus les distioguer, mais on est convaincu qu'il s'agit, cette fois, d'un phénomène nouveau, qui n'est plus le résultat de la seule électricité, et qui se complique d'une chaleur étrangère et consécutive.
Nous n'avons parlé jusqu'ici que de la lumière primitive. Née de l'électricité, il est constant qu'elle se montre toujours au pôle négatif; étudions maintenant Tapparition de la chaleur.
1083 NATURE INTIMG DU ftPECTB^ »OLi^IRIS.
Milld oxpérience« ont démoQtré que les coaraQis élec4riqu^ khU une source de chaleur qui peut aller jusqu'à la combustion la plus actiye; mais M. Ne<}( va plus loiu, il no crsint pas d'affirmer que, si le pôle négatif, ou le kathodet pour nous servir d'uno expressioa assez comnmnéroent reçue en Alieuiague , est le point de départ de la lumiôre, le pôle posiUr, ou Vanode^ est l'origine de la cbaleuré £o effet , quand ou observe au microscope la poiote ou le marteau constitué à Tétat d*anode ou de pôle positif, on le voit, d'obscur qu*il était en présence de renclume lumineuse, rougir tout h coup» si le courant est assex foi*t, ce qui ne lui arrive jamais, avec une mêmcia' tensilé de pile, quand il est constitué à Tétat de kathode ou de pqle négatif.
M. Walker avait constaté le môme phénomène dans de bien plus larges proporiions avec une pile de Daniel, formée de 150 cellules ou éléments. Il mettait en croix les deux Gis conducteurs, sans les amener au contact, et en laissant entre eux un petit intervalle ; aussitôt ou voyait apparaître un courant brillant de lumière dans la mince couche d'air qui séparait les fils : le conducteur positif, depuis le point do croisement jusqu'à son extrémité libre, devenait subitement rouge, se ramollissait, se courbait, tandis que h fil négatif restait comparativement froid.
M, Walker encore plongea les extrémités des deux fils dans des vases séparés, munis de thermomètres qui com'uuuiquaieut par une mèche capillaire; la température de Teau versée dans le vase oj^ aboutissait le fil positif s'élevait beaucoup plus que celle qui communiquait di-* rectement avec le pôle négatif*
Personne n'ignore que les effets mécaniques de la pile sont tontii fait corrélatifs au développement de la chaleur électrique ; or, M. Riess décrit ainsi l'effet produit sur le conducteur métallique : il devient chaud, il éprouve des ébranlements, il se courbe et se recourbe» il rougit, il se sépare violemment de son point d'attaclie^ il éplate» il fondi il se dissipe en poudre impalpable. £t tous ces effets thermiques i U fois et mécaniques» sur lequel de» conducteurs apparaissent-ils? sur celui qui se lie an pôle positif.
Ces effets sont même si constants que les arts en ont tiré un parti avanU0eux: en partant de là, 51. Pring est parv^uà faire de bonnes gravures sur des plaques d'acier , sans autre burin que l'éleelricité galvanique. Pour graver en crfux* il mei Je pbqne d'expier 9U mm^
LUMIÈA8 m CHALEVA AUX POLS» m LA PILE. 1085
muoication avec 1^ pôlopo&îlif* etdessioe sur elle avw une. points de platine communiquant avec le pôle négatif ; à chaque iuterruption de contact » des parcelles d'acier prennent feu , se détachent , et la plaque se creuse. Pour graver en relief, c'est le contraire : la plaque doit communiquer au pôle négatif, et le fil servant de burin au pôle positif, alors, ^ chaque élincelle , quelques particules arrachées au fil viennent adhérer à la plaque d'acier» et dessinent le relief qu'il s'agissait d'obtenir.
Ëofin, lorsqu'on met m présence deux cônes de charbon aux pôles de la pile, on voit toujours que le cône en contact avec le pôle positif donne plus de chaleur, qu'il se creuse et se détruit peu k peu, tandis que le cône placé au pôle négatif s'accroît aux dépens du premier. Tomes ces expériences se réunissent pour prouver que la production de chaleur apparaît surtout au pôle positif.
Faut-il aller plus loin f Faut-il admettre que, s'il y a élévation de température au pôle positif, il y a abaissement de température au pôle négatif? Ne serait-ce pas 12i la cause du froid signalé par M, Peltier, dans le passage d'un courant galvanique? M. Neef n'ose pas se prononcer sur cette difficile question: il Ci^oit agir prudemment, et se contente d^avoir démontré : 1° que la lumière apparaît toujours au pôle négatif qui lui donne naissance, et que celte lumière primitive est indépendante de la chaleur ; 2** que la source de la chaleur est proprement le pôle positif, et que cette chaleur est originairement obscure; 5*" que la lumière et la chaleur ne se confondent pas à l'état naissant, mais seulement quand elles sont arrivées à un certain état d'exaltation; de cette fusion naissent les phénomènes du feu et de la combustion.
M. Matteucci a repris tout récemment l'étude des phénomènes signalés par M. Neef. Quoique la lettre écrite par lui à l'Académie soit prolixe et confuse , nous la reproduirons textuellement. Il importe en effet d'appeler Tattention des physiciens sur ces importantes re^ cherches :
« J'ai étudié les phénomènes calorifiques, lumineux , et le irans* port de matière de l'arc voliaïque, en me servant, pour le produire, delà machine électro-magnétique, qui est aujourd'hui employée gé* néralemeat dans l'application de l'électricité aux malades. Av«c cette machine, qui fonctionne parfaitement pendant des jours entiers avec
1084 NATURE UfTIMB DU 8PECTRE SOLAIRE.
quelques éléments de Bunsen ou de Grove^ on a, entre une pointe et une lame de platine , une série continuelle d'étincelles électriques correspondantes aux interruptions très-rapprochées du circuit En observant le phénomène à la simple vue , on croirait à l'existence d'un arc continu de lumière ; mais, en regardant un disque tournant avec une certaine vitesse, et dont la surface est peinte en rayons noirs et brillants , il est facile de s'assurer de la discontinuité de cette lumière électrique.
» Dans toutes mes expériences, j'ai employé deux pointes sembla^ Ues de platine ou d'un autre métal , au lieu de la pointe et de la lame^ comme extrémités entre lesquelles l'étincelle doit éclater.
> J'ai étudié d'abord la température des deux pointes métalliques au moment où l'arc électrique était produit» et, pour cela, très-près de l'extrémité des pointes, j'avais fait faire un trou qui avait à peine un millimètre de diamètre, et dans lequel était fixée la pointe d'une pince thermo 'électrique de fer et de cuivre, en communication avec le galvanomètre. Quand l'expérience est bien conduite , de manière à avoir une série continuelle d'étincelles accompagnées par un son constant, on a aussi une déviation fixe au galvanomètre ; j'ai démontré ainsi , et mesuré la différence de la température de la pointe positive comparée à celle de la pointe négative; cette dernière était toujours moins élevée : la différence varie suivant les métaux , comme on devait s'y attendre; je l'ai trouvée plus grande avec le fer et le
cuivre, [le fer et le platine, et moindre avec le plomb, le bismuth et le zinc.
» J'ai étudié ensuite les phénomènes lumineux de cet arc électrique ; ce qui était important à faire, dans ce cas, d'après l'observation du docteur Neef, de Francfort, qui n'avait jamais vu de lumière qu'au pôle négatif. Suivant le docteur Neef , avec un courant trèsfaible, on a constamment, et uniquement sur le pôle négatif, une lumière électrique qu'il appelle primaire , parce qu'il la croit indépendante de la présence de la matière des pôles.
• J'ai fait une longue étude de l'arc voltaîque obtenu avec la machine électro-magnétique , en l'observant à l'aide d'un microscope qui grossit de quarante à soixante fois. C'est surtout en employant des pointes de fer ou de platine et un courant très-faible , qu'on fait réussir l'expérience , qui est très-belle et importante. Voici les phénomènes que j'ai observés constamment :
LUMIÈRE ET GHALEOR AUX POiXS DE LA PILE. 1085
» 1' On voit trèd-didtinclement rextrémilé positive seule à Télat d'incandescence; sur sa surface roulent des globules de matière rouge et fondue qui s*en détachent en y laissant des cavités , et sont lancés sur la pointe négative où ils vont former des espèces de champignons. En obligeant les deux pointes de fer à rester en contact, c'est un phénomène très-beau à observer que la formation d'un double cône de lave incandescente d'une lumière très-brillante au milieu, et qui, appuyée par ses bases sur les deux pointes métalliques, coale évidemment du pôle positif au négatif.
> 2" On voit une lumière diffuse semblable à une flamme ou à un nuage lumineux, mais transparent, qui enveloppe les deux pointes; cette lumière varie de couleur avec la nature des métaux des pointes, et ressemble à toute autre lumière électrique qu'on produit entre des métaux différents. Ainsi elle est verte avec le cuivre , d'un jaune sale avec le zinc, violette avec le platine et l'argent.
» 3"*' Cette lumière ou flamme est constamment traversée par des points étincelants semblables à ceux qu'on produit quand on frappe sur le fer chaud; ces points étincelants se produisent principalement avec des pointes de fer, et on les voit éclater toujours en dehors de la flamme électrique.
B /i" Enfin, des points lumineux, très-brillants, très-mobiles et qui semblent se refouler toujours vers l'extrémité de la pointe, apparaissent constamment et seulement sur la pointe négative. L'observation du docteur Neef est, en cela, très-exacte; il suffît de changer la direction du courant pour voir cette lumière sauter immédiatement d'un pôle à l'autre. Si une goutte d'huile se trouve entre les pointes, la lumière du pôle négatif se concentre sur l'extrémité seule, comme on l'obtient avec un courant excessivement faible. Si l'on emploie un courant un peu fort, on ne voit plus les phénomènes décrits se produire distinctement^ et les deux pôles apparaissent alors également lumineux.
« Enfin» j'ai aussi étudié le transport de la matière par l'étincelle entre les deux extrémités métalliques ; j'ai employé pour cela une lame et une pointe de métaux semblables ou différents, en tenant la lame tantôt positive, tantôt négative. C'est toujours la lame que j'ai ob-» servée après l'expérience avec le microscope ; il y a, dans tous les cas, et invariablement, transport du métal positif sur le négatif. La tache ronde qui se forme sur la lame se compose de la partie centrale où
1086 NATDRl INTIM8 DU 8PfiGTIIB 0OLAIRB.
Ton voit leff signes de la fusion et où l'on trouve dépoté le métal trainsporté de Tautrc pôle ; autour de cette partie centrale» il y a un cercle rayonnant d'une couleur toujours plus ou moins foncée, qui varie avec les différents métauK. Lorsque la lame est positive, les signes de la fusion sont plus grands, on y voit à peine les tacbes du métal transporté du pôle négatif, et le contour, de couleur foncée» est trèsgrand, C*est le conlrairo qui a lieu si la lame est négative. Si une goutte d*cau gommée ou de térébenthine est interposée entre la pointe et la lame, on voit bientôt la goutte se charger d*une poussière noire, qui est composée de métal très- divisé» et la laclie formée sur la lame manque de eontours.
9 Ayant eu pour principal but dans ces recherches d^étudier la production de la lumière au pôle négatif, pour ne pas recourir à Fhypothèse faite à ce sujet de la lumière produite par un pôle, et de la chaleur par Tautre, j*ai fait un grand nombre d'expériences en te^ nant les pointes positive et négative faites de deux métaux différents. J*ai trouvé que la lumière fixe au pôle négatif ne se produit jamais sans la présence d'une pointe en platine au pôle positif, et> dans ce cas, la nature du métal de la pointe négative est indifférente ; au contraire, si la pointe négative est en platine, et si Ton a des pointes en fer, zinc, cuivre ou argent, au pôle positif, la lumière fixe au pôle négatif, dépendant de la nature des métaux et se produisant principalement avec le platine, est due à réchauffement plus grand du pôle positif et aux particules arrachées de ce pôle, devenues incandescentes par leurs dimensions très-piitites, et rejetées sur le pôle négatif; il est clair qu'avec des métaux qui peuvent s'oxyder et brûler facilement à l'air, ces phénomènes ne peuvent plus se produire de la même manière qu'avec le platine.
» Il me restait k rechercher quelle pourrait être la cause de i'é-cbauffement si inégal de la matière des deux pôles. L'arc voltaïque, que nous avons étudié, se produit dans un circuit qui est tantôt formé par le contact des deux pointes, tantôt rétabli imparfaitement par le transport de la matière avec l'étincelle. J'ai fait passer un courant électrique produit par une pile à force constante, k travers deux tiges cylindriques de fer ou de plomb , qui se touchaient par leurs bases. Chacune de ces tiges avait près de sa base un tout petit trou , dans l'intérieur duquel était placée une plaque tbermo*électriqoe en commanication avec le galvanomètre^ J'avais ainsi la mesure de la^m-
LUMIJIM ET GHALRDA AtlX I»ÔL«ft M LA PILE. 4087
pérdtitl^e déTeloppée par l6 passage An courant dans la tige métallique auprès de l'Interruption, ou plû^ eïactement auprès des extrémités des deux tiges en contact. Avec cette disposition , j^ai pu facilement m'assorer que la température développée par le passage du courant était à son maximum près de Tinterrupiion, et que pour faire varier cette température , il sufiBsait de faire varier la pression réciproque des deux tiges. A mesure que la pression diminuait , et sansque le courant électrique variât sensiblement » la température des tiges devenait toujours plus élevée. Ainsi le courant tbermoëlectrique développé par la pince, étant de 10 à 15 degrés lorsque les deux tiges sont très-pressées Tune contre Tautre, s'élève à 60 ou 70 degrés quand on diminue cette pression. De mémo, le dégagement de Ja chaleur varie considérablement lorsque la surface des bases des liges qui sont en contact est ou oxydée ou polie , ou couverte d'elle couche très-mince de graphite, d'oxyde de fer, etc. Toujours la chaleur développée augmente par l'oxydation ou par une couche de ponssière de graphite qui courre la surface des tiges» Dans ce cas , Textrémité la plus chaude est toujours celle qui communique au pôle po&itif , et ce cas^, le plus favorable pour obtenir la plus grande différence de température entre le p61e positif et le pôle négatif, est toujours celui dans lequel la surface de l'extrémité négative étant cotiverte d'oxyde oti de poussière de graphite, celle de l'extrémité positive est restée polie. En rapprochant ce fait de celui que nous avons précédemment signalé concernant réchauffement inégaldes deux pôles, il devient évident que, puisque par le fait du transport de la matière, du pôle positif au négatif, la surface des deux pôles s^altère différemment, et que la plus grande altération a lieu sur le pôle négatif, il faut que la différence de température soit due, au moins en partie, k la différence d'altération de la surface, qui est une conséquence du fait du transport déjà cité. Nous espérons avoir ainsi démontré expérimentalement la liaison qui existe entre les phénomènes de Tare voltalque, et nous sommes amenés h les faire dépendre du transport de la matière du pôle positif au négatif. D'ailleurs, nous savons, par les expériences de M. Porret et de M. Becquerel, que le transport de la matière du pôle positif au négatif est un phénomène indépendant dû développement de la chaleur par le courant électrique.
1088 NATURE INTIME DU SPECTRE SOLAIRg«
» J'espère pouvoir me livrer bientôt à de nouTelles expériences destinées à confirmer les vues que je viens d'indiquer.»
Nous sommes désolé d'avoir à le dire, mais cette note de M. Matteucci, loin d'éclairer la question délicate soulevée par M. Neef, la complique et l'entoure d'obscurités amoncelées comme à plaisir. Autant les expériences de 1^. Neef, telles qu'il les a répétées devant nous à Francfort, étaient nettes, précises, concluantes, autant celles de M. Matteucci sont complexes, incertaines, indécises. Il fallait, avant tout, pour mettre en évidence le phénomène capital de la présence de la chaleur au pôle positif, de la lumière au pôle n^tif, se mettre à l'abri de l'Incandescence du kathode et de l'anode, il fallait pour cela n'employer que des courants excessivement faibles et des métaux presque inoxydables ou incombustibles, comme la pointe et l'enclume en platine de M. Neef. M. Matteucci semble avoir compris ù peine la nécessité de ces conditions indispensables, et nous lui en voulons réellement d'avoir eu le courage de venir obscurcir ou étouffer, sous des hypothèses complètement gratuites, une des plus belles et des plus fécondes observations de la physique moderne.
Pour nous, qui avons vu, de nos yeux vu, des expériences parfaitement faites; qui, dans les circonstances les plus favorables et loin de toute source d'erreur, avons vu comme par enchantement la lumière passer d'une extrémité du circuit à l'autre, et briller toujours au pôle négatif, en laissant le pôle positif dans l'obscurité, nous croyons à la grande découverte de M. Neef, et nous inscrivons son nom sur le catalogue des physiciens éminemment habiles et heureux.
Au reste, la production de la chaleur au pôle positif presque exclusivement ne peut pas être révoquée en doute : elle devient évidente, par exemple, dans le petit appareil de M. De Larive, où l'on met en présence deux cylindres de fer terminés en cônes aigus et communiquant aux deux pôles de la pile. On s'assure, à l'aide des seuls doigts, que le fer communiquant au pôle négatif est encore froid, quand le fer positif est déjà très-chaudt
La production de la lumière au pôle négatif presque exlcusivement est aussi pour nous un fait incontestable qui nous a souvent frappé depuis que nous avons reçu de M. Neef le bienfait de l'initiation. Nous l'avons observé dans le charmant appareil de M. Froment à courants interrompus. Nous l'avons vu chez M. Rumkorff sur grande échelle : on mettait en présence, dans le vide, deux boules de platine qui devenaient les pôles d'un courant d'induction déterminé à
Taide de la roue de M. Massou, et Ton voyait distinctement qu'une seule des boules de platine était lumineuse et froide relativement, la seconde, chaude et obscure ; c'était tantôt l'une, tantôt l'autre, suivant le sens du courant; et en tenant compte de Tinversion du courant dMnduction, on constatait la vérité de la proposition du docteur Neef. Ce même phénomène enfin a brillé pour nous d'un éclat plus grand encore lorsque nous avons observé de plus près la naissance de l'arc lumineux entre les deux pointes de charbon. Au moment où l'on ferme le circuit, nous avons presque toujours vu le pôle négatif s'illuminer le premier d'une lumière faible, de la lumière primitive du docteur Neef. Quand plus tard le courant était établi» que la chaleur était devenue très-intense, l'éclat du pôle positif, centre de la combustion, refoulait dans l'ombre le pôle n^àtif qui restait presque obscur on éclairé seulement d'une lumière empruntée. Jusqu'à nouvel ordre donc^ nous maintenons M. Neef dans tous ses droits d'inventeur» et nous croyons fermement à la vérité de sa belle proposition. Pourquoi faut-il que les comptes-rendus de l'Académie des sciences, si accessibles aux improvisations de M. Matteucci, soient restés fermés à utie toute petite note dans laquelle, à notre retour d'Allemagne, nous donnions l'énoncé de la belle découverte de M. Neef, et l'aperçu , en quelques lignes , de son mode de démonstration? Pondus et pondus, mensura et mensura. Quel singulier et triste résultat de la négligence ou de la mauvaise volonté l le beau mémoire de M. Neef a été exclu, même sous forme d'abrégé, du Recueil académique» et la si imparfaite dissertation de M. Aiatteucci y a trouvé une large place !
Nous nous croirions quelque peu coupable, si nous n'accordions pas un petit espace aux observations suivantes du R. P. Maas, professeur de physique au collège de la Paix, à Namur ; elles ont quelque rapport avec celles de M. Neef, et ne manquent pas d'un certain intérêt.
Nous laisserons parler l'auteur, car il nous serait impossible de rédiger nous-mêmes l'exposition d'une série de phénomènes que nous n'avons pas vus :
« Je venais d'achever pour mon cours une pile de Grove de 70 très-petits couples ; le platine n'a que 3 centim. de long sur 2 centim. de large, le zinc est petit en proportiou. Son énergie présumée me fit espérer que je potu'rais produire facilement la décomposition simul-
i090 NATURE INTIME DU SPECTRE SOLAIRE.
tanée de plusieurs substances. J'avais donc mis à la suite les uns des autres plusieurs tubes en U renfermant, à partir du pôle positif, de Tacide si^fqrique, de l'acide chlorhydriqae , de l'acide azotique, de facétate de plomb, et enfin un voltaïmètre pour comparer les équivalents de rbydrogène et du plomb. Ces tubes commimiquaient entre eux par des fils de platine de 3 millim. de diamètre sur 160 millim* de long. Tous les liquides étaient chimiquement purs, S3uf l'eau du voltaimètrot aiguisée par une goutte d'acide sulfurique. Je crois devoir Mre remarquer que la pile avait déjà servi pendant près d'une heure fMur l'arc voitâîqoe et la magnifique atmosphère violette dans le vide« {Hmr la décomposition de la potasse, l'amalgame d'ammoniam , etc. Or, I la reprise de la leçon, I peine la petite pile aveit-^Ue oommeiieé -à pIrodBire ses effets ( 3,^ cent cubes pendaat 3 min. , sans réduction à l'état normal 8,75) , que le tube rempli d'acétate se Hit 4 bonilHr fortement du côté positif avec production abondante de péroiyde de plomb. Obligé de l'écarter, je continuais avec )e reste de i*appareil ; mais ft peine avais-je touché le dernier liquide avec le voiti^mètre (Tacide a2oti()ue} par le fil qui devait devenir un pôle négatif, qo'nn bruissement analogue à celui que produit nn fer rouge dans Teso se fit entendre, pendant que l'hydrogène et l'azote, sans odeur d'ammoniaque, se dégageaient en abondance. L'extrémité même du fil de plaline était d*un blanc éblouissant, le reste d'on beau bleu i en ovtre le fil était engagé de plus d*un centimètre dans le liquide. Je substituai alors au platine des fils d*argent, puis de cuivre, de même diamètre. L'argent et le cuivre devinrent bleus comme te platine; le fit de fer, au contraire, devint jaune; il avait le diamètre de ceux qui, dans le commerce, portent le n* 12,
» Après avoir écarté le tube d'acide azotique, j'essayais les mêmes fils dans l'acide chlorhydrique : le platine devint vert jaunâtre, l*argent vert splendide, le cuivre bleu; te fer, légèrement plongé, devint b\e\x d'azur; puis, enfoncé à la profondeur d'environ 5 cent., d'un blanc éblouissant sur toute sa longueur. C'est l'acide chlorhydrique qui prodoit le plus d'effet : plus d'uncrtois le petit fil de fer glissant le long des parois du tube, jusqu'à venir rencontrer le niveau du liquide, devenait tellement incandescent, qu'il se soudait au verre au point de demander un efibrt pour le détacher. C'est dans cet acide que jai pu enfoncer le plaline jusqu^à une profondeur àéii cent.,
en le conservant dans l'état d'ignition ; mais cette fois-ci sa couleur était rouge. En ie poussant un peu plus loin, jusqu'à venir déborder du côté positif) la lumière s'éteigoit subitement, mais sans choc Je mentionne ce nouveau fait parce que le cuivre, immergé semblablemeut jusqu'à la profondeur de 5 cent., s'est éteint chaque fois avec un bruit sec.
» Pendant que ie phénomène de l'ignition continuait à se produire, je mis en contact immédiat les deux gros rhéophores que j'avais fait passer par les encadrements de la fenêtre et du volet; puis, ayapt supprimé le contact, la décomposition et l'ignition qui s'étaient arrêtées ne recommencèrent plus ensemble ; il n'y eut que décompositicm silencieuse. Retirant alors le ûl de platine, puis le replongeant de nouveau, je produisis siinultanément les deux effets plusieurs fois de suite.
9 Je ne m'étais pas attendu à ces phénomènes, et j'étais loin de les prévoir ; je n'avais pas même voulu essayer l'incandescence directe du fil de platine avec une pile dont chaque couple avait si peu d'étendue : on sait, en effet, que, dans ce cas, mille couples ne produiront guère plus d'action calorifique qu'un seul. Cependant, pour m'assurer de la réalité, je pris même le fil de platine qui m'avait servi dans les liquides, et en rapprochant les électrodes jusqu'à n'être plus qu'à un demi-millimètre de distance, je. n'obtins aucune lumière, même dans l'obscurité. Voilà donc le pouvoir échauffant de la pile augmenté au moins dans le rapport de 1 à 2A0, sans mettre en ligne de compte l'énorme destruction de force que produit la colonne liquide interposée dans le second cas.
n Voici maintenant les tableaux des diverses couleurs qui se pro-duisent sur les fils plongés dans les liquides :
Aa pôle Acide Acide Acide azot. pntazK» Ammnniaan«
négatif. chlorhydrique. sulfurique. (concent.) dotasse. Ammoniaque.
PitiTiMB Vert-jaune. Violet. Bleu. Blanc. Aucun effeU
An«BHT Vert. Bleu el bleu-vert Jaune. Pas d'observ.
par places.
CuivjLB Bleu. Bleu. Bleu. Blanc-jaune. »
Fer Bleu d'azur. Violet. Jaune. Violet, »
Jd Blanc sur brûle » » »
une plus hors du » n »
grande Ion- liquide.
gueur.
» Il est inutile d'indiquer les densités des liquides, puisque Teipérience se renouvelle dans un liquide déjà considérablement altéré. L'acide azotique seul m'a semblé devoir être fumant; une quantité d'eau assez petite surajoutée diminue sensiblement la longueur de la partie incandescente.
Aapôle Acide Acide Acide azoUque Potasse,
positif. chiorhydr. suifurique. afTaibli par l'action.
Platinb Rouge. Rouge. Blanc. Rouge.
Arcbnt Id. Id. Rouge. Id.
CuiTRB là, Id. Aucun effet. Rouge-jaune.
Fer Id. Id. id. Rouge vif.
» Au pôle positif, l'ignition s'établit bien plus difficilement : on dirait qu'il y a lutte entre l'incandescence et l'affinité des éléments électro-négatifs pour les métaux. Le cuivre devient d'abord rouge sur une assez grande longueur, puis s'éteint tout à coup sans bruit, sauf l'extrémité qui reste rouge. Toutes les couleurs du spectre, sauf le rouge, se montrent au pôle négatif; c'est au contraire le rouge qui domine presque exclusivement au pôle positif.
» J'ai été vivement préoccupé depuis lors de la presque constante apparition de la couleur rouge au pôle positif. J*ai, par conséquent, dû commencer par m'assurer si cette teinte rouge allait encore se présenter en employant soit d'autres liquides que des acides et des alcalis, soit d'autres électrodes. On pouvait, à la vérité, présumer qu'il en serait des sels comme des acides ou des bases^ puisque dans le moment où la pile commence à agir, la décomposition porte les éléments en sens opposés. L'intérêt de la question m'a excité à ne pas me fier à des suppositions, d'autant plus qu'en plongeant les pôles dans une dissolution saline, j'avais une nouvelle circonstance qui plaçait l'appareil dans des conditions un peu différentes des premières. £n effet, l'un des pôles devait cette fois être entouré d'une atmosphère d'éléments électro-positifs, l'autre d'éléments négatifs en plus grande opposition.
» Les deux tableaux suivants font connaître les effets observés et servent de complément à ceux que j'ai déjà publiés; l'acétate de plomb n'y figure cependant pas, parce que tous les résultats ont été négatifs. L'or dans l'acide cblorhydrique au pôle négatif a paru vio-
ACTION DBS GOURANTS SUR LA LUMIERE. 1095
let et blanc-jaiunâtre par places ; au pôle posLiif ont paru des étin- . celles rouges-jaunâtres sur un fond bleu-sombre :
Aa pôle Azotate Azotate Fulfate Chlorure
hëgatif. de plomb. de poasse. de soude. de sodium.
Or Violet magniOq. Violet. Blanc-jaune. Blanc-jaune.
Plàtinb Violet. Violet-blanc. Blanc-jaune. Jaune pur.
Arcemt Violet, vert, Violet. Blanc jaune. Blanc-jaune.
puis vert.
CnvEB Vert. Blanc. (1. Blanc-jaune Blanc-janne.
Maillbcbort. Violet, vert, Violet, Blanc- Blanc-
rouge, brûle. jaune. (2. jaune. (4.
Fer Violet. Blanc. Blanc-jaune. Blanc-
(3. jaune. (5.
Zuic • Blanc, » »
Fond.
GiARBOH » Blanc-jaune. » »
Se consume.
Au pôle Azotate Azotate Suirato Chlorure
POSITIF. de plomb. de potasse. de soude. de sodium.
Oi Rouge. Rouge. Rouge. Rouge.
Platdib » Rouge. » »
PéliUement sec.
Aecsnt » Rouge-blanc. » •
CUITRB » » » »
Maiuechobt. » » p »
Fbb • Rouge, puis vert. • »
Zinc » Rouge. » »
ClABBOIf • » » »
» Ainsi le rouge domine presque exclusivement au pôle positif, en passant quelquefois au blanc et au jaunâtre, suivant Ténergie du courant : il est étonnant que l'orangé, si voisin du rouge, ne se soit jamais produit nulle part. I^e dirait on pas, avec le docteur Brewster, que ToraDgé n'est pas une couleur primitive? mais comment ne se produit-il pas par mélange 7
» Le blanc s'est manifesté plusieurs fois, mais seulement avec un courant énergique et dans des dissolutions par trop concentrées : j'o*^ pérais alors avec de l'azotate de potasse que j'avais étendu d'un peu d'eau.
» Le vert paraît plus souvent : avec le fer, je l'ai vu très-distincte* ment au pôle positif ; il est plus fréquent au pôle négatif.
» C'est le jaune avec le bleu et le violet, formant souvent atmosphère^.
comme dans les cas marqués de i à 5, dans le tableau du pôle né* gatif, qui aiment à se produire.
. » L'influence de la conductibilité des métaux s'est surtout tait sentir dans remploi de Tor, que je n'ai pas pu enfoncer sur une longueur un peu considérable sans faire cesser le j)bénomène. Elle s'est aussi produite, mais en sens opposé, dans le zinc, qui avait 1 millimètre de côté et offrait par conséquent une section environ quatorze fois plus grande que la section commune des fils métalliques. J'étends la même remarque au charbon, que j'avais employé sous la forme de petits crayons fins de plombagine d'environ 1 millimètre de diamètre ou d'une section onze fois plus grande que les fils,
» Ces petits cylindres de charbon m'ont présenté un beau spectacle en \e$ enfonçant dans une pâte un peu liquide de craie et de chlorure de sodium. Au pôle négatif, ils se disposaient en étincelles lancées avec grande force jusqu'à atteindre l'œil de l'observateur. Au pôle positif, le carbonate remontait le long du petit cylindre en même temps qu'il s'établissait dans la pâte tantôt quatre, tantôt trois hémisphères lumineuses tourbillonnantes sur une étendue d'environ 5 (1 6 millimètres. »
Avant de passer à une nouvelle propriété de la lumière, nous donnerons place à la petite note suivante de M. Bertin, qui complète Té* tude de l'action du magnétisme sur la lumière.
Après avoir longuement exposé l'état de la science, relaliTement à l'étude des rayons colorifiques, chimiques, phosphorogéniques, magnétiques, etc.^ nous arrivons, enfin, à une action de la lumière toute différente, et qu*on pourrait désigner sous le nom de physiologique.
RAYOriS EXCITATEURS DE LA VÉGÉTATION. 109^
DE L'ACTION DE LA LUMIÈBE SUR LES PLATfTES. «^ RAT0NB
La lumière exerce sur les plantes une acllon certaine et qui a été mise en évidence depuis (rès-Iong-temps.
l*" Elle joue un rôle important dans le phénomène de la respiration. SoiiR rinfl^ence des rayons solaires, les parties vertes dégagept de l'oxygène presque pur, ainsi que Priestley Ta démontré , et absorbe en même, temps, dans l'atmosphère, l'acide carbonique qu'il renferme pour en assimiler le carbone. Soustraites à Tinfluence de9 rayons solaires, pendant la nuit, par exemple, où i l'ombre, ces mêmes parties vertes cessent de dégager de l'oxygène et versent dans l'atmosphère de l'acide carbonique. Dans l'obscurité comme sous l'influence des rayons directs du soleil, les parties colorées des plantes absorbent l'oa^ygène de l'atmosphère et rejettent une quantité u|i peu moins considérable d'acide carbonique.
2° La lumière active la propriété qu'ont les plantes de sucer l'eau avec laquelle on les met en contact. On prend trois pKmtes de même espèce, munies de feuilles de même grandeur et de même force ; on les met dans trois vases séparés et on les expose l'une à l'obscurité, l'autre à la lumière diffuse, et la troisième au soleil. La première aspire très-peu d'eau, la seconde plus, et la troisième davantage. Hall a encore démontré que les plantes vivantes augmentent de poids, pendant la nuit, par la raison qu'elles absorbent alors sans trans* pirer.
â"" La lumière est l'agent principal de la coloration des parties vertes des végétaux. Plus une plante est exposée à la lumière, plus il se forme de matière verte; moins elle est éclairée, plus elle est étiolée et blanche ou pâle. M. de Humboldt a verdi légèrement le tepi^ dum sativum en l'exposant à la clarté de deux lampes ; M. de CandoUe a bien mieux réussi avec six lampes d'Argant placées à met. 33 centimèt. de distance delà plante.
U* L'apparition et la disparition de la lumière, le passage du jour aux ténèbres, et des ténèbres au jour, déterminent, sur la plupart des plantes, des mouvements ou changements de positions remarquables des feuilles ou des fleurs. Sou^ ces influences alternatives, un grand
nombre de plantes semblent présenter tons les canctères des phénomèoes physiologiques que Ton a désignés sous le nom de sommeil ou de veille. En exposant des plantes dormeuses à la lamlère il*on nombre suffisant de lampes, M. de Candolle est parvenu à changer en quelque sorte leurs habitudes ; il a vu des sensitlves s^épanooir la nuit, et des belles de nuit ouvrir leurs calices le jour.
5* Les tiges de la plupart des plantes tendent vers la lumière et se rejettent violemment du côté du plus grand jour.
6® Au contraire, les racines de certaines plantes ftdent vers h la*> mière et cherchent Tobscurité.
7*" La lumière semble exercer une action sensible sur la germina* tion.
B*" Enfin, les divers rayons dont se compose le spectre solaire agissent inégalement dans la production de ces divers phénomènes on influences.
Après cet énoncé rapide et général des faits relatifs à Taction de la lumière sur les plantes, nous allons analyser le plus complètement et le plus brièvement possible les travaux modernes des physiciens sur cet important sujet.
Travaux de M. Payer. — Premier mémoire. — iSi^r la tendance des tiges vers la lumière. — 25 décembre 18&2,
l"" Toutes les fois qu'on fait germer une plante, du cresson alénois, par exemple, sur du coton humide, dans un appartement éclairé par une seule fenêtre, ou dans une boîte à une seule ouverture, la jeune tige, au lieu de s'élever perpendiculairement au sol, conune cela lui arrive toujours à ciel découvert ou dans Tobscurité complète, s'incline vers la fenêtre en restant toujours droite et formant avec la verticale un angle d*un certain nombre de degrés.
2* Toutes les fois , au contraire, qu*on place dans cet appartement ou dans cette boîte une plante déjà née, et qui, ayant poussé dans Tobscurité complète ou à ciel découvert, est verticale, la jeune tige se courbe d'abord , puis s'incline vers la lumière, c'est-à-dire qu'il y a ici deux phénomènes successifs. Dans le premier, la partie inférieure de la tige est encore verticale^ mais la partie supérieure est plus ou moins horizontale. Dans le second, la partie supérieure s*étant un peu redressée, et la partie inférieure légèrement inclinée, la
tige est redevenue droite, de coarbe qu'elle était, et se trouve dirigée ters la lumière.
S"" Pour que la plante se courbe ainsi du côté où vient la lumière, il n*est pas nécessaire, comme paraissent le penser MM. de Gandolle et Dntrochet, que le point de courbure reçoive quelques rayons de cette lumière.
k^ Cette courbure ne persiste point dans les jeunes tiges, lorsque b cause qui Ta produite vient à cesser.
5* 6^ et 7^. Mais son intensité est loin d*étre la même dans les diiForses circonstances où Ton place les jeunes plantes.
Ainsi, on peut établir comme règle générale que la tendance des tiges vers la lumière est d'autant plus grande que cette lumière est moins intense ou qu'elle arrive de plus bas.
8* Le milieu dans lequel la plante se trouve n'a d'influence que sur la vitesse avec laquelle la courbure s'opère ; car, au sein des eaux comme dans une atmosphère d'azote ou d'hydrogène, la courbure finit toujours, avec des temps différents sans doute, par avoir le mêmeHucgré ; ^vToqîie toutes les autres circonstances sont égales d'ailleurs.
9« Si, au lieu d'être placées dans une boîte à une seule ouverture, les jeunes plantes sont mises dans une boîte à deux ouvertures, et partant reçoivent l'action de la lumière dans deux directions différentes, des phénomènes non moins curieux se présentent.
Ces deux ouvertures peuvent se trouver sur le même côté de la boîte, de manière à ce que les rayons qu'elles laissent passer fassent entre eux un angle plus ou moins aigu, ou être placées l'une vis-à-vis de l'autre.
Dans le premier cas, lorsque l'intensité des deux lumières est égale, la tige se courbe dans la direction de la résultante. Mais lorsque cette intensité est inégale, soit au moyen d'ouvertures d'étendue différente, soit au moyen d'écrans è l'une des ouvertures, la tige ne se courbe plus dans la direction de la résultante, mais bien dans la direction de la lumière la plus forte.
On peut donc, à l'aide d'une jeune plante, déterminer en quelques heures, de deux lumières laquelle est la plus intense, de deux verres lequel est le plus (ranspàrént, et dans des circonstances données, on pourrait s'en servir comme d'un véritable photomètre.
10* Dans le second cas^ c'est*à-dire I^sque les deux ouvertures
1098 NATURE IfiTlMB PU 8P£C17AB «OUIRS,
sont Yi8»k-*vis l'une de raivUre $ur des côtés ûpposé^, l'ioteosilé des deux rayons est-elle égale, la plante, sollicitée également de part et d*aatre. ne se courb ni d'un côié ni de l'autre. Cette intensité estelle au contraire inégale, elle «e cour)>e du côté de la plus grande lumière, à mdos toutefois qu*il ne lui arrive des deui côtés une lumière suffisante, auquel cas elle ne se courbe point non plus, quoiqu'elle soit plus éclairée d'un cûié que de l'autre.
11» Pour que tous ces phénomènes s'accomplissent, le c^oncours des diffiSreates parties dont la lumière se compose n'est point nécessaire.
Car de toutes les expériences, soit avec l'héliostal;, soit avec^ des verres colorés et analysés, en procédant par élimination, il résulte que sous les rayons ronges, orangés* jaunes et verts, la plante se conduit comme dans l'obscurité complète, c'est-à-dire qu'elle ne se courbe jamais , tandis que sous les rayons bleus et violets^ elle se courbe toujours.
12* Cette absence complète d'action dans certain3 rayons n'est point due à la nature de le substance coloriante ou verte. Entre dei)X lumières traversant, Tune un écran d'eau et l'autre un écran d'es*
sence de térébenthine» la plante s'est conrbée dans la direction de la bissectrice. 'C'est à^diro qu'elle s'est comportée comme s'il n'y avait point eu d'écrans interposés.
Donc, pour le phénomène du o(iQuvement au moins, la lumière chimique n'a aupunc influence.
IdvComm.e la plaote qui se trouve entre deux rayoqe lumineux d'intensités différentes se cpurbe toujours du côté de la lumière la plus grande, il a été facile de déterminer lequel, du bleu ou du violet, ivait le plus d'influence, et U. Payer a toujours trouvé que c'était le Uen.
W Enfin, comme la tige se courbe d'autant plus qu'il y a moios de lumière, i( a pu facilement, à l'aide de plantes placées à divers endroits dans la çl)ambre noire, s'assurer si l'obscurité était complète.
Tels sont I.es r4suluts principaux qu'il a obtenus; quant aux appareils dont il s'est servi, il les décrit dans son mémoire, ainsi (|ue la manière dont il a opéré pour arriver à ces résultats.
Ce mémoire a été l'objet d'un rapport très-favorable fait par
M« Beo^oerel an mm d'une cpmmis^n acytdémlqiie.^o^ Mi pu-
RAYONS EXGlTAfEURS DE LA VÉGÉTATION. i099
troobet foisait partie, L'Académie remercie M. Payer de sa commu- Qicaiion»elle prend le plus grand inlérôt aux faits intéressants qu'elle renferme, elle l'engage à continuer des recherches entreprises dan» de si bonnes voies, en y apportant toute la précision et la rigueur dé« sirables» et prenant en considération tous les faits récemment découverts concernant l'action chimique des rayons solaires} ces recherches ne peuvent manquer de le conduire à des découvertes impor* tantes pour la physiologie végétale.
. M.Qqtrocheti auquel, quoique membre do la commission, M. Becquerel ne communiqua pas son rapport, «ansdpute parce qu'il était absent, a fait sur le mémoire de M. Payer des observations diffuses et minmieufies» il est vrai, quelquefois, mais souvent aussi Imporiantea et fineg. Analysons sa critique en le laissant parler :
ff M. Payer ayant cité Je Lepidium sativum . le cresson alénois» comme la plante qui lui a spécialement servi dans ses expériences , c*est par l'emploi de cette même plante que j'ai dû commencer. Tantôt j*ai placé dans mon appareil des plantules de Lepidium sativum que j'avais préalablement fait germer, soit à l'ombre, soit à ciel découvert; tantôt j'y ai iait germer des graines de cette même plante* Jamais Je n'ai vu les tigelles de ces plaptules offrir la moindre inOei^ion vers la lumière transmise par le vçrre rouge. Je les y ai laissée» pendant huit jours ; elles y ont pris un accroissement consi* dérable en longueur , comme cela arrive généralement aux plantes qui ne reçoivent pas asee« de lumière , mais elles sont demeurées droites et verticales. 51es observations 4>ut ainsi confirmé pleinement celles que M. Payer a faites sur cette même plante.
» Pendant ces expériences , il arriva que dans l'un des vases o4 j'avaie mi» germer des graines de Lepidium sativum, il leva plusieurs graines d'une plante piua petite , graines qui se trouvaient accidentellement dans la terre. Les tigelles de cea nouvelles plantules se di« rigèrfiot ou se fléchirent toutes vers la lumière transmise par le verre rouge, ce qui contrastait singulièrement avec le défaut complet d'inflexion des tigelles du Lepidium sativum qui les avoisinaient dans le même vase. Je ne pouvais reconnaître immédiatement quelle était cetta nouvelle plante que le bavard vouait d'offrir à mon observation. Je eoupçonaai que c'était l'Àlsine média » parce que cette plante se trouvait en grande quantité dans l'eiàdroit où j'avais pri» la terre qui m'avait offert rapp»ritîpii.WM#odijh9 4ê§t pi^iitiiiw qw JQ ^^o^î^
1100 NATCRB INTIME DU 8PBGTRE SOLAIRE.
d*obsener. C'était le 1®' août que j'avais fait cette observation, et je trouvai effectivement , et en abondance , des graines mûres sur les pieds d'Alsine média. Je recueillis ces graines et je les semai dans la * terre contenue dans un petit vase. Au bout de quatre jours, par une température de -|- 20 à 22 degrés centésimaux, ces graines étaient germées, et dès le second jour après leur germination, il me fut facile de reconnaître la similitude des plantules avec celles que j'avais observées précédemment. Le troisième jour je les plaçai dans mon appareil; elles se fléchirent toutes vers la lumière transmise par le verre rouge, et cela dans l'espace de quatre heures , par une température de -{- 22 degrés centésimaux. Je retournai le vase de manière à diri« ger l'inflexion des tigelles vers le fond de Tappareil. Il était alors midi. Quatre heures après, les tigelles s'étaient retournées et s'étaient de nouveau fléchies vers la lumière transmise par le verre rouge.
» D'où pouvait provenir la différence qui existait à cet égard entre la tigelle de l'Alsine média et celle du Lepidium sativum? La première chose qui me frappa, en recherchant la cause de ce phénomène^ ce fut la différence de la grosseur de la tigelle de ces deux plantes. Les tigelles du Lepidium sativum, le troisième jour après la germination, m'ont offert huit dixièmes de millimètre de diamètre; leur longueur était de 12 millimètres ; les tigelles de l'Alsine média, dans les mêmes circonstances, ne m'ont offert que quatre dixièmes de millimètre sur une longueur de 10 millimètres; elles sont ainsi de moitié moins grosses que les tigelles du Lepidium sativum. Je fus porté à penser, par cette observation, que la grande exiguité du diamètre des tigelles de l'Alsine média était la condition essentielle de leur inflexion vers la lumière rouge , inflexion qui n'était point offerte par les tigelles de Lepidium sativum, en raison de leur grosseur plus considérable, ce qui entraînait leur moindre flexibilité. Pour savoir si ce soupçon était fondé, il me fallait soumettre aux mêmes expériences d'autres plantes nouvellement nées et dont les tigelles auraient, les unes, des diamètres plus petits que celui que possède la tigelle du Lepidium sativum , et les autres des diamètres égaux ou supérieurs à celui de la tigelle de cette dernière plante. »
M. Dutrochet soumit donc à l'expérience un grand nombre de plantes dont les tigelles variaient en diamètre depuis 80 jusqu'à 20 centièmes de millimètre; il poursuit ainsi :
c Ces faits prouvent, d'une manière irréfragable, que c'est en vertu
BATONS EXCITATEURS DE LA VÉGÉTATION. llOi
de rexigaité de leur diamètre, et non en verta de leur nature partientière, que les sept dernières plantes de mon tableau se sont fléchies ▼ers la lumière rouge, et que c'est seulement parce que leurs tigelles étaient trop grosses que les quatre premières plantes n'ont offert aucune inflexion vers cette même lumière rouge. Ainsi il suffit qu'il y ait seulement un dixième de millimètre de différence entre le diamètre d'une tigelle et celui d'une antre de la même espèce, et cela ▼ers une certaine limite, pour que l'une se fléchisse et que l'autre ne se fléchisse pas vers la lumière dans les expériences que je viens d'exposer. Cette différence se réduirait même à moitié, ou à 5 centièmes de millimètre, en considérant que les deux mercuriales dont les tigelles avaient 60 centièmes de millimètre de diamètre ne se sont point fléchies vers la lumière rouge, tandis que celte flexion a eu lieu chez le Trifolium agrarium, dont la tigelle avait 55 centièmes de millimètre de diamètre.
» L'Alsine média est la plante chez laquelle l'inflexion vers la lumière rouge a été la plus rapide ; elle s'est effectuée dans l'espace de quatre heures, par une température de -^ 23 à -|<- 24 degrés centési* maux. Chez les autres plantes, cette inflexion a mis de six à huit heures à s*opérer.
» Mes expériences prouvent que les tiges des plantes s'infléchissent vers la lumière rouge transmise sans mélange d'antres rayons par un verre de cette couleur. Les expériences de M. Payer ont prouvé qu'elles s'infléchissent vers la lumière bleue ou violette , transmises également seules par des verres de l'une et de l'autre de ces deux couleurs. Cette propriété appartenant ainsi aux rayons colorés extrêmes du spectre solaire, il me paraît certain qu'elle doit appartenir aussi aux rayons colorés moyens de ce spectre , c'est-à-dire à la lumière orangée , jaune et verte, qui serait transmise par des verres de ces trois couleurs. »
Ici M. Dutrochet soulève un doute qui, s'il pouvait être admis, renverserait de fond en comble une partie du travail de M. Payer :
« Est ce en vertu d'une qualité spéciale que les rayons rouges, blius et violets, transmis par des verres de ces trois couleurs, ont déterminé l'inflexion de ces tiges végétales? Ne serait-ce point plutôt en vertu de leur intensité lumineuse, intensité qui doit être variable suivant la transparence des verres î
» Si, dans les expériences de M. Payer, la lumière transmise par le
ii02 NATune intimb du spictrb solaire*
verre violet qu'il a employé a en moint de pnisgince que la lumière iraoi* mise par son verre bien, pour déterminer l'inflexion des tiges végétales t cela provient , je le pense, de ce que dans les verres qui ont servi à ses expériences, il y a eu plus de lumière bieue transmise par son verre bleu , qu'il n'y a eu do lumière violette transmise par son verre violet. Si les verres des autres couleurs qu'il a employées n'ont point transmis une lumière capable de produire l'inflexion des tiges végétales, cela provient, à mon avis, de ce que ces verres ne transmettalent point une lumière assez intense» et de ce que les tiges végétales qu^il soumettait à l'expérience, possédant un trop fort diamètre, n'étaient point assez flexibles.
» Ce pouvoir colorant est au maximum dans les rayons bleus, verts el jaunes qui occupent la partie moyenne du spectre solaire. On le voit diminuer, d'une part, dans les rayons indigo, et, d*une autre part, dans les rayons orangés : il est au minimum dans les rayons violets et dans les rayons rouges qui occupent les deux parties extrêmes du spectre solaire. On peut s'assurer de ce fait en plaçant dans le spectre solaire des objets que leur petitesse rend difficiles à bien voir. Leur perception est plus facile lorsqu'ils sont éclairés par les rayons qui occupent les parties moyennes du spectre solaire, que lorsqu'ils sont éclairés par les rayons qui occupent les deux parties extrêmes de ce spectre. Il doit résulter de là qu3 les rayons bleus, verts et jaunes, doivent avoir la propriété de déterminer l'inflexion des tiges végétales à un plus haut degré que ne Tont le» autres rayons colorés qui se rapprochent des parties extrêmes du spectre solaire. L'expérience, j'en suis convaincu, confirmera cette prévision; mais il faudra se tenir en garde contre les déceptions qu'elle pourra présenter, et tenir compte surtout du diamètre des tiges végéules qui seront soumises à dei expériences, puisque ce diamètre, suivant son étendue {^us ou moins grande, pourrait déterminer, tantôt des résultata négatifs, tan^ tdt des résultats positifs.
n Le sommeil et le réveil des fleurs ont eu lieu derrière mon verre rouge. J'ai fait ces expériences à la lumière diffuse sur les plantes suivantes : Leoruodon taraxacum, Hyeracium sylvaticum^ Beliis perennis^ Campanula spéculum. Les tiges de ces plantes étaient plongées dans l'eau par leur base. J'ai observé de la même manière le sommeil et le réveil des feuilles du pourpier, Portulaçca pleriic^a^ la plante était jeune et enracinée. Ces expériences ont
RAYONS EXCITATËtlRS DE LÀ VÉ&éfATION. 1105
êi^ fiitôs par déë témp&fttures de + 20 à 22 degrés centésimaux. » Je terminerai en faisant observer que les tiges des plantes qui reçoivent la Inmière transmise par des Terres coloras s'alkmgcnt beaucoup pins qu'elles ne le feraient sous Tinflaence de la lumière ordinaire. €e! effet, qui a lieu, quelle qne soit la coloration du verre, même lorsqu'il transmet d'autres rayons que ceux de sa propre coloration , cet effet, dis-je, prouve que ces plantes éprouvent toujours dans ce cas de Tétiolement, et que, par conséquent, leur émanation aqueuse naturelle est diminuée, ainsi qu'elle Test toujours lorsque la lumière est insufQsante. »
M. Payer ne pouvait pas laisser sans réponse les observations peu bienveillantes de M. Dutrochet : les faits qu*il oppose aux doutes de son illustre contradicteur jettent un grand jour sur cette difficile question.
1*" Il a Ait germer les plantes suiva&tes : Alsine média, Papaver Rhœoi^ Papaver somniferum, Agrostemma cœli Rosa^ Avena flavescens^ Agrostù lamantha, Spergula arvensis^ OEthtonema saxatile, Medicago bipulÙM^ dans trois boîtes éclairées, la première du verre rouge à lumière homogène, la deuxième d*un autre verre rouge qui laissait passer, outre la lumière rouge, quelques-uns des rayons d'une réfrangibilité différente, la troisième enfin d'un verre bleu beaucoup plus foncé que les deux autres.
Les résultats de ces expériences furent les suivants : Dans la première boîte, éclairée par une lumière rouge pure, aucune tige ne se courba vers cette lumière; dans la deuxième, éclairée par la lumière rouge légèrement naélangée de lumière d'une autre réfrangibilité^ il y en eut qui s'intéchirent et d'autres qui restèrent droites. Celles qui s'infléchirent furent : Àhine média, Papatfer RHœas, Papa»er umnifermn^ Agrostemma^ cœU Rvsa , OEthicncma saxattU, Htdicago lupuUna. Celles qui restèrent droites sont : Avena flaaescens Agrosiis iœmofîtha, Sparguta arvensis,
V Avena ftavescens et VAgrostis lœmantha avaient un diamètre bien inférieur \ celui de VŒthionema saxatile et du Medicago tupu- Una^ et cependant elles restèrent droites, tandis que ces dernières se courbèrent. Ce n^est donc pas seulement, comme le pense M. Dutrochet, la grosseur de la tige qui influe sur ces phénomènes... La nature de la plante» la solidité de son tissu, sa croissance plus ou moins ra-
pide, etc., iofloeot paiement sur cette faculté plus oa moins grande de se coorber vers b Jumière.
Qaaot à robjection relatife à l'influence de rintenaté de la lumière. Al. Payer répond infincîUement en montrant Je verre violet et le Ycrre bleu avec lesquels il arait opéré. A travers le verre violet on peut lire, et le verre bleu est tellement foncé, qu'on ne peut distinguer nettement les objels.
«Est-il permis, ajoute-t-il^ de conclure l'influence des rayons moyens du spectre de celle des rayons extrêmes, en présence des nombreuses expériences physiques de toute nature qui prouvent au contraire que les rayons de réfrangibilités différentes sont également différents quant à leurs propriétés calorifiques, chimiques et même électriques?
SEœm) MÉMOIRE. Sur la tendance des racines à fuir la lumière,
27 mai 18/i/i.
' « Le phénomène si connu de la tendance des tiges vers la lumière, et sur lequel j'ai eu l'honneur de présenter un premier mémoire à l'approbation de l'Acacémic, a pour contre-partie un autre phénomène qui avait totalement échappé, jusqu'à présent, anx recherches des physiologistes, et que je désigne sous le nom de tendance des racines à fuir la lumière.
» Pour le constater, rien de plus facile. Il suffit, dans une chambre éclairée par une seule fenêtre, de faire germer des graines de chou et de moutarde blanche sur du coton flottant dans un vase en verre rempli d'eau. En même temps que les tiges s'inclinent toutes vers la lumière, les racines plongées dans l'eau se courbent en sens inverse comme si elles fuyaient cette lumière; de façon que les jeunes plantes représentent alors assez bien chacune la figure d'un S.
» Pour les deux plantes que je viens de citer, c'est-à-dire le chou et la moutarde blanche, aussi bien que pour beaucoup d'autres, ce phénomène se manifeste toujours, qne ce soit de la lumière diffuse ou les rayons directs du soleil qui pénètrent dans l'appartement.
» Mais il en est d'autres, telle que le sedum telephium^ chez lesquelles une lumière diffuse ordinaire, bien qu'agissant fortement et avec succès sur les tiges pour les faire courber vers elle, n'a cepen-
dant aacDoe influence sur les racines, qui restent droites et qui ne fuient en effet que les rayons directs du soleil.
» Dans d'autres enfin, comme le cresson alénois, les rayons directs du soleil aussi bien que la lumière diffuse sont sans action sur les racines : je ne les ai jamais vues dévier de la perpendiculaire en aucune façon.
» Il y a donc des plantes dont les racines fuient la lumière directe du soleil et ta lumière diffuse, d'autres la lumière directe du soleil seulement, d'autres enfin ni l'une ni l'autre. Par conséquent, les racines sont de capacité différente pour la lumière, si je puis m'exprimer ainsi, suivant la nature des plantes elles-mêmes. .
» De ces faits résultent nécessairement les conséquences suivantes, qui, du reste, ont été vérifiées directement par des expériences précises:
• \^ L*angle d'inclinaison formé avec la verticale par la racine qui s'infléchit est différent de l'angle d'inclinaison formé en sens inverse par la tige avec la même verticale.
» 2"" Il est toujours plus petit, c'est-à-dire que la courbure de la tige vers la lumière est toujours plus grande que la courbure de la racine en sens contraire.
» 3* Pins la lumière est intense, et plus cet angle d'inclinaison es considérable.
» Pour constater cette dernière conséquence, j'ai reçu sur une lentille le rayon de lumière pénétrant dans la chambre noire, et j'ai placé les plantes que je voulais soumettre à l'expérience à des distances différentes du foyer* Il est évident que celles c[ui furent fe plus éloignées furent moins éclairées que celles qui furent le plus rapprochées, et cependant ce sont ces dernières dont les racines se sont courbées davantage.
» Mais tonte la lumière concourt-elle à l'inclinaison de ces racines, ou n'est-ce qu'une ou plusieurs parties du spectre?
» Toutes les expériences faites au moyen d*un spectre rendu fixe à l'aide d'un héliostat m'ont conduit aux résultats suivants v^
» i<> Il n'y a que la partie du spectre comprise entre les raies F et H qui agisse sur les racines pour les faire fuir.
» 2"" \a'& différents points de cette partie du spectre comprise entre les raies F et H n'agissent point tous avec la même intensité.
« 3** Il y a, par conséquent^ toujours un point où a lieu le maximum
UOB SAflmÉ IPïtlMÊ Dt) StfeCTRt! soLAlhte.
d'actidii, et hUdlnaitoi) fest d*âUtàtit ttioiriâ gt*aiidé i[)a'Oti S'éôàfte plus de ce point.
1^ à« Ile pditit msItithUm est ^âriéblè podr lé§ différente» plantes.
» d"" Gh'Bëe digne de rëfnâl^qne, le pblHt o tes racines se coûrlm% te pidh lêÉt ftyM b^ItU 6û lu tigëà ^'iâttltlëht lé ^Idl^ j e^ési-à-ditë que le point maximum d'action est le même pour les râbtâeâ él les tiges d^ttim ménde plante.
« Cett% iitïm dé M Mtttiè^e ^ur lies tiged et léà rabitteâ i, ^àns atiêtitt doute^ ct)tiim« hôbs le itoY^tltrek-ott^ dU reste btetitOt, une grande Mfluétic« sût lé tebdiidcè de^ tiges Vër^ lé biël et de§ facitllêà térà h terre.
ii Qliàht ii la éhnsé par lâqùéile là ihème espèce de lumière prodiilt m ^ ti^ et là racine M èJÔfets si âitiférents, je demandé à t*Académie la permission d'user de la même réserve que dans mon preiuiéb mémbfre.
» ie ne terminerai pas toutefois sans rappeler que, si Ton fait Vex^ périence de manière à ce qu*ii n*y ait que la tige soumise à r«ction directe de la lumière, cette tige se courbe seule, et la racine reste droite. On ne peut donc pas supposer ici, comme on l'a fait pour la tendance des racines vers le centre de la terre, nne isspèe^ de polarite qui ferait que la tige s'inclinant vers la lumière, la nd&B devrait, par cela seul, s'infléchir en sens inverse.»
Cette fois, c'M M. DuttS{>cfaet iqui^ pHntietfaeill n&omi^H^ Mfc M. Payer, a faît à rÀe&démie le rapport ssr ee 9e<(^d taên^^lNS. Nous en extrakitas les pass^g^s (\ùi eontit^imeÉt qttMqiKBft IMtft WMi« veaux :
(K Là tt^ndancig quIUDfectéht éeriàttil^s )^niim d'è^ ^é'gétàùlc à fuir h lumière est connue depuis longtemps , puiETquè 'cVsl èîi tSÎi <^xA M. kttigl l'a annottcét a^A làôiitfè saVànt, dans tih mémoire fnsèiré aux Transactions pkitàst^tfués. W aVait b'6nsta\ë cette tendance \ fiiirla lWiièî«âans )iè^ Vrille)» de plA^iéÛrs Végétaux griibpants. ifla^gré les assertioh^ de cè^ fi^bîfe 'ôbs'éHal'euf, celte tendance de certaines parties des pïante's ft fàlr î'à lumière demeura douteuse dan's l'opinion de tous lesphysiologîsfes JusqùVn janvier l'822,époque à laquelle M. Dutrèichet Ait cobnàîtï'e ïe fait de là tendance de la radicule du gui à fuir la lumière. tTétVe ràdicuté, comme celle de toutes les graines eu ger- MAàtlôb,!^ cMpitôe de deux palr'tiès, savbir : dû |[^reiàier méri-
RATONS EXeiTATEURS DB LA VEGETATION. 1107
Ihalle de la lige, et de la racine nainsante* de sont ces deux parties qui ferment, dans toutes les graines en germination, le caudex des^ ceadant.
B II constata que la tendance à fuir la lumière eiiatmt.dans la première de ces deux parties constituantes de ce que Ton nomme la radicule, c'est-à-dire dans le premier môrithaile de la tige du gui ; Tétat rudimentaire de la racine naissante ne lui permit pas de voir si elle tendait aussi à fuir la lumière» direction dans laquelle elle sem^ bUk p<»tée d*oûe manière passive par la flexion du premier môrithaile de la tige ou du méritballe radiculaire. Plus tard » en février iB33, M. Dutrochet communiqua à 1* Académie des Sciences une observation touchant une racine aérienne de Potbos digitata qui lai avait offert le phénomène de fuite de la lumière ; mais il regarda comme exceptionnel ce phénomène, alors unique dans la pbysiok^ie végétale, d'une véritable racine qui fuit la lumière. Tel était l'état de ia question sur ce point de la physiologie v^étale lorsque M. Payer en fit Tobjet de ses recherches.
» Le premier qui ait étudié l'action de certains rayons du spectre solaire sur la direction ou la flexion des tiges est le docteur Poggioli» dont le travail a été publié dans les Opuscules scientifiques de Bologne (tome It page 9). Ce physieieo sounoit aux rayons rouges ^t •Qx rayons violets du spectre solaire des plantules de Raphanm ru$- Ucanus et de Brassica olenuea viridis^ dans les premiers temps qui avaient suivi la germination. Il vit ces jeunes plantes diriger la foce supérieure de leurs feuilles vers le prisme, c'est-à-dire vers la Ivunière violette d'une part, et vers la lumière rouge d'une autre part, ce qui attestait la flexion des tiges vers ces mêmes lumières. Il estima que Fénergle de l'influence exercée sur ces plantes par les tkjoiÉs violets était à celle des rayons rouges comme trois est à un. Ha restreint ses expériences à l'emploi des deux rayons extrêmes du spectre solaire, parce que, dépourvu d'héliostat, il était réduit à dél^acer à la main les vases qui contenaient ses plantes pour suivre le spectre dans son déplacement continuel.
» Depuis le docteur Poggioli, dont le mémoire a été publié en «17, jusqu'au 26 décembre 18/i2, qu'a été présenté à l'Académie des Sdeoces le ménsoire de M. Payer, aucun travail n'a paru ayjoit pour dqeC l'étode de l'influence des rayons colorés du spectre sofanne ear la flexien des liges.
» Depais ce temps, le docteur Gardner, de New-York , a fait pa*raltre dans le numéro de janvier 1S&^ du Landon, Edinburg and Dublin Philosophtcal Magazine, un mémoire fort important sur ce même sujet. Un extrait de ce mémoire a été inséré au numéro de février 1844 de la Bibliothèque universelle de Genève.
» En soumettant un semis de turneps au spectre solaire fixé par un héliostat, le docteur Gardner a vu que ces jeunes tiges tendent à se courber dans deux sens différents : 1^ elles tendent à se courber vers le prisme ou vers la lumière, et cela sous Tinfloence de tous les rayons colorés du spectre solaire ; 2^ elles tendent à se courber vers l'espace qui est éclairé par les rayons indigo, en sorte que les plantes éclairées par les rayons rouges, orangés, jaunes, verts et bleus, d'une part, s'inclinent vers l'espace éclairé par les rayons indigo, tandis que d'une autre part^ les plantes éclairées par les rayons violets s'inclinent vers ce même espace éclairé par les rayons indigo. Dans cette expérience, le semis prend ainsi l'apparence d'un champ de blé couché par deux vents opposés. Les plantes éclairées par les rayons indigo n'offrent qu'une seule de ces tendances à la flexion, celle qui les dirige vers le prisme ou vers la lumière; les plantes éclairées par tous les autres rayons colorés du spectre solaire étant soumises à deux tendances à la flexion dans deux sens dont la direction se croise à angle droit, suivent la résultante; leur inclinaison latérale, ou suivant le sens de la longueur disposée horizontalement du spectre solaire, diminue à mesure que les plantes sont plus rapprochées de l'indigo. La raie indigo de Frannhofer, le docteur Gardner ne la désigne pas autrement, serait le centre ou l'axe vers lequel tendent de part et d'autre les tiges infléchies. Le docteur Gardner conclut de ces expériences que la force qui produit l'inflexion des tiges selon la longueur du spectre solaire réside dans le rayon indigo. Pour ces expériences, les plantes étiolées sont préférables aux plantes vertes, elles sont plus faciles à fléchir ; il ne faut qu'une à deux heures pour que ces phénomènes se manifestent; on les observe également en se servant de la lumière de la lune.
9 D'après ces expériences, la propriété d'opérer la flexion des tiges végétales vers la lumière, propriété que M. Payer n'accorde qu'aux rayons bleus et violets du spectre solaire, se trouverait appartenir à tous les rayons colorés de ce spectre ; mais le docteur Gardner n'a pas tenu compte de Tinfluence qu'exerce sur la flexion des tiges la
lamière diffuse qui accompagne toujour&]e spectre solaire. Quant au fait de la flexion des tiges végétales dans le sens de la longueur disposée horizontalement du spectre solaire, et en sens inverse, de chaque côté de l'espace éclairé par les rayons indigo, il a échappé complètement à M. Payer.
» Ces curieus*es expériences méritaient d'être répétées, et nous nous sommes empressés de le faire. Pour cet effet, nous avons fait faire des yases de verre ou petites cuves de la forme d'un parallélipipède, longues de 50 millimètres, larges de 30 millimètres, profondes de 50 millimètres, et formées avec des lames d'un verre bien plan, assemblées avec de la glu marine. Ces vases étant remplis d'eau, on mettait sur la surface de celle-ci des lames de liège très-minces, lesquelles étaient percées chacune de dix petits trous dans chacun desquels on plaçait la radicule naissante d'une graine de moutarde blanche. Nous avons choisi cette plante comme étant celle dont les jeunes tiges et surtout les jeunes racines nous ont paru posséder au degré le plus convenable, nous ne disons pas le plus grand, la faculté d'obéir aux diverses tendances à la flexion sous l'influence de la lumière. Les jeunes tiges de pavot , par exemple, se fléchissent avec trop de facilité vers la lumière pour offrir convenablement le second phénomène de flexion qui a été découvert par le docteur Gardner. » Suivant la recommandation du docteur Gardner^ nous avons constamment fait développer nos petites plantes à une très -faible lumière venant de haut en bas, aûn, d'une part, de leur donner un commencement d'étiolement qui les rend plus sensibles à l'action fléchissame do la lumière, et d'une autre part, aûn de leur conser^ ver la position verticale. Voici comment nous avons procédé poui les soumettre à l'influence des rayons colorés du spectre solaire.
n Nous nous sommes servis de l'héliostat inventé par M. Silbermann aîné, et exécuté par M. Soleil. Nous devons dire ici que nous avons eu extrêmement à nous louer de l'usage de cet héliostat, dont l'inventeur a rendu un véritable service aux physiciens, en leur procurant un instrument de eette nature, à la fois simple et exact, en même temps qu'il est peu coûteux.
» Le rayon solaire était transmis au prisme par une ouverture ordinairement allongée dans le sens vertical et d'une largeur va* riable.
» Le prisme employé était do plus pur flint-glass.
1110 NATURS INTIME DU âP>R£ gOLAIRS.
» Le spectre était toujours produit par le ffliaimum de déviation.
• Le rayon solaire étant reçu sur le prisme placé dans une situation verticale , le spectre se trouvait placé horizontalement dans le sens de sa longueur. C*est dans ce spectre horizontal que nous placions la série de nos vases dans lesquels étaient nos plantules, et cela lorsque leurs tiges avaient acquis une longueur de 20 à UQ millimètres. En deçli ou au delà de cette longueur, elles étaient peu propres aux expériences.
» Les plantes étaient placées à 6 mètres 5 déc, du prisme. Â cette distance, le spectre solaire horizontal avait environ 25 centimètres de longueur.
» Nous placions des vases munis de leurs plantes au delà et de chaque côté des deux extrémités du spectre solaire, mais surtout du côté du violet, parce que c'est de ce côté que nous avons observé que se prolongeait spécialement, au delà du spectre solaire, Taction qui fléchissait vers le prisme les tiges végétales. Voici les résultats que nous avons obtenus dans nos nombreuses expériences, toutes ùites par des températures de -j- ^^ ^ ^^ degrés centésimaux. ^
» Le premier mouvement que Ton observe dans les tiges v^étales est celui de leur flexion vers le prisme, c'est-à-dire vers la lumière; ce mouvement de flexion a toujours commencé à se manifester dans les tiges soumises aux r3yons violets ; nous n'avons Janiïais observé d'exception à cet égard. Le mouvement de flexion vers le prisme se montre ensuite dans les tiges soumises aux rayons indigo et bleus, et ordinairement en même temps dans les rayons lavande qui forment la continuation presque invisible du spectre au delà du violet. On voit ensuite les tiges situées dans les rayons jaunes et verts se fléchir, puis vient la flexion dans les rayons orangés* Les tiges irituées dans les rayons rouges se fléchissent lesderniètes. Pendant joe temps, k flexion des tiges situées au delà du violet se manifeste jusqu'à une distance qui, selon Tintensité de la lumière, va jusqu'à 20 et même quelquefois jusqu'à 30 centimètres au-delà de la limite du violet. Ce n'est que dans le cas où le faisceau lumineux, tombant sur le prisme, a une grande intensité, qu*on observe la flexion des tiges situées au delà des rayons rouges, ^t cela jusqu'à une distance qui* au maximum, s'est étendue jusqu'à 10 centimètres au delà de ces rajoos. Ainsi, la flexion des tiges vers le prisme m ver« b hêmke «'étend
fort p^u 9u (le|^ (jc§ rayons ropges, tandis qu'elfe s'^t$B4 fort Ipiil au delà des rayons violets.
9 l4)r«qnQ ript^nsité lu^nineusp d«s rayons solfiipa^ qm tamb^nl sur I^ prisme e^t affaibli^i soit par la grande eiigoité de Tpnvertqrtt ^M (>prtç iMrpière, sait parpe qun Tatmosp^iiFe 4 n^mHffm^^ P«Fdfi 4e sa tr|in^piir$QÇe. ^lors la flp^ion 4^6 tige^ ver^ fe prisme » flen^io^ qui conimençe togjpqrsj ^ans |c|5 rayons vipjfîls, pe ^'^tpnd pli^§ 9p;s§î loin de part çt d^jjirp di? ces rayons, Aipsi, npus fivpns f p, daiis pipsicurs de ces ç^, çeti.e flexion yers 1^ prisme pi^ p^s atteindra L^ liges éclairées par les rayons Qrang,é§ ^t rpqçes ef, pp p'ét^ndriB ^m peu au delà de Teiftréipité violcl^e du speçlr^. Nç^us iiypps yt}, d^nn les cas de §rand affaiblissement d^ Fintensii^ lumineusç du spectrp| h flexion des tiges, commençant tpujpurs d^ns les raypns viplel^, ne s'étendre d'une part dans le spectre C[ue d^ns les rayons indigo et dans une partie des rayons bleus, et d'une autre pn^t» dans lef rayons lavande. C'est tr^s probableipent po^r n'avoir e.xpérjpieplé qn'avee des spectres prpdpiis par des faisceaux de rayons sojaires extrêmement exigus, et par conséquent pourvus de Irès-pei) d*jntensité lumineuse, que M. Payer a vu la flexion des tige§ nes*opérer que dans les rayons violets, indigo et bleus.
» f^ous ayons jusqu'ici laissé de côté le phénomène delafl£xiop latérale, découvert par le docteqr Gardner, phénomène qui ne commence à se manifester qu'une dend-heurc qu même pn^ heure après la manifestation de la flexion des liges vers le prispie df ni^ les rayons violets. Cette flexion latérale, ou selon la direction d£ la )pn.gacur du spectre solaire, commence toujours par les ti^ située^ dans les rayons jaunes, et elle y précède mêipe souvent la flpxjon vers le prisme ou vers la lumière. Alçrs on voit ces liges se flécbif exclusivement du côté de l'espace éclairé par les rayons verts; up peu plus tard, lorsque la tendance à la flexion vers le prisi^e se ma* nifeste dans les tiges situées dans les rayons jaunes^ elles cessent d'être fléchies exclusivement selon ja direction de la lonçuçur du spectre solaire ; elles suivent obliquement la résuUapte des dfiix tendances rectangulaires qui le? sollicitent à la flexion. Les tiges situées dans les rayons orangés et dans les rayons verts voisins des jaunes ne tardent pas à prendre cette même flexiori latérale oblîqiie ; ell^e s^ manîfestp ensuite sur les ti^es situées dans Jes jrayoçs
ronges, puis en dernier Heu dans le reste des rayons Terts et dans les rayons bleus qui les avoisinent. Dans les rayons indigo, les tiges demeurent exclusivement fléchies vers le prisme. Ce n*est qu'environ une heure après que les tiges situées dans les rayons jaunes ont commencé à se fléchir latéralement, que les tiges situées dans les rayons violets depuis longtemps fléchies vers le prisme commencent à prendre une flexion latérale qui est en sens inverse de celle que possèdent déjà toutes les tiges situées dans les rayons rouges, orangés, jaunes, verts et bleus : elles se fléchissent alors obliquement vers les tiges situées dans les rayons indigo, tiges qui conservent invariablement leur flexion vers le prisme. Nous n'avons jamais vu les tiges situées dans les rayons lavande offrir cette flexion latérale, qui, cependant, y a été observée par le docteur Gardner. Ainsi ce sont les rayons indigo qui sont le centre vers lequel tend de part et d'autre la flexion latérale des tiges soumises au spectre solaire.
•> Bien que ce soit l'espace éclairé par les rayons indigo qne l'on doive considérer comme le centre naturel de la double flexion latérale des tiges végétales qui sont soumises au spectre solaire, il arrive cependant quelquefois que ce centre se trouve placé ailleurs. Ainsi il nous est arrivé une fois de voir ce centre placé au milieu du violet ; alors les tiges qui se trouvaient placées dans la moitié des rayons violets voisins des rayons indigo, les tiges placées dans ces rayons indigo eux-mêmes, et dans tous les autres rayons colorés jusqu'à Textrémité rouge du spectre solaire, ces tiges, dis-je» étaient toutes fléchies latéralement du côté de l'extrémité violette du spectre, tandis que les tiges qui étaient situées dans les rayons violets extrêmes étaient latéralement fléchies en sens contraire. Une autre fois nous avons observé que la flexion latérale des tiges se rapportait à deux centres : l'un faiblement marqué, situé, comme précédemment, dans le milieu des rayons violets; l'autre, très-fortement marqué, situé daus le milieu des rayons verts. Nous devons dire que, dans cette dernière expérience, nous avions fait tomber sur le prisme un très-gros faisceau de rayons solaires : il était transmis par une ouverture circulaire de 12 millimètres de diamètre. Dans tous les cas où nous avons transmis la lumière au prisme par une ouverture allongée verticalement^ et dont la largeur n'excédait pas 3 à 4 millimètres, nous avons toujours observé le centre de la flexion
RATOf^S EXCITATEURS DE LA VEGETATION. 1113
latérale des tiges dans l'espace éclairé par les rayons indigo, ainsi que l'a annoncé le docteur Gardner.
» Il résulte de ces expériences que les tiges végétales soumises aux rayons colorés du spectre solaire subissent Tinfluence de deux causes différentes de flexion : Tune qui tend à les fléchir vers le prisoie ou vers la lumière, et s*étend aux tiges placées sur la prolongation du spectre, surtout du côté de son extrémité violette ; Tautre qui tend à les fléchir dans le sens de la longueur du spectre, et cela dans deux ^ns opposés, en sorte qu'il y a un centre de cou* yergence occupant le plus souvent tout l'espace qui est coloré par les rayons indigo. Ainsi ce centre n'est pas un point, ni une raie du q>ectre, comme le dit le docteur Gardner. Jamais nous n'avons vu cette flexion latérale dépasser les rayons violets d'une part, et les rayons rouges d'une autre part; elle ne se manifestait point do tout lorsque Hntensité lumineuse était faible.
» Ce ne sont pas les seuls rayons colorés du spectre solaire qui agissent sur les plantes dans ces expériences ; ils sont accompagnés par une quantité assez notable de lumière diffuse blanche.. .
» Les tiges végtMales soumises à l'influence d'un spectre très-pur nous montrèrent tous les phénomènes de flexion que nous avions observés précédemment en employant des spectres qui n'étaient point purgés de la lumière diffuse réfléchie par l'atmosphère ; nous vîmes ces tiges opérer leur flexion dans ses deux modes : l'un direct ou vers la iamière, l'autre latéral ou selon la longueur du spectre...
» De ce qu'il est impossible que le spectre solaire ne soit pas accompagné par de la lumière blanche diffuse, il résulte qu'au dehors de ce spectre , cette lumière diffuse doit opérer la flexion des tiges végétales. C'est effectivement ce que nous avons observé en plaçant des vases garnis de leurs plantules à des hauteurs diverses au-dessus et au-dessous du spectre solaire horizontal. Nous avons vu« dans ce cas, * les tiges se fléchir vers le prisme, c'est*à-dire v^^ la lumière, et cela même lorsque la lumière réfléchie par Tatmosphère était tiîminée. La lumière réfléchie par le prisme sufiBsait pour produire cet effet. Mais, comme on le pense bien, nous n'avons jamais observé, dans ce cas, de flexion latérale.
» Quelle est la cause de la flexion latâ'ale des tiges dans les expé-
V'mces dont il ç^\ ici qg^^tipo ? C^ qp'il y 9 de plys simple k ^URPOS^P est ce qui est admis implicitement p^r 1q dopt^up QardQ§ri Q^jf PU
disant que, iQrs de lear fle](ipo Jaiérdle, ces tjgea ^pQt 9éçhi^ v^rs les rayons indigo, y§uI din? qne km flexion e^t dirigée v^rg l§ lieii oh gei rayons indigo sont réfléchi^ par lr$ cçrps qui sont é^U^é^ p?? c§tt§ partie dn spectre, C*cst par mt^ de la ipAmfi îdé# qu*i} reg»rd« Vn^ cennon vertical^ des tiges comme produit^ par I9 t^nd^npe q9*eH#i} auraient ine diriger v^rs le» rayop» bleuxqui pqm lé^HhU de {Qiitn pari^ par Tatmosphëre. Cène explii^atign parait aussi naturelle quVite e^t 9ii0ple , et eepeadant elle §i?t km tejn de rendra paiinn d# leof les pbénpnDëaes qne présenta cette Hemn taiérale.
» La flexion de^ lige* vers le jpfinw <)» ^^rs la limik^ d4p^ i b lois de ractiont apéçiaie des rayons chlorés dn «pe^r^ jt iê ra«Uo»d# 1a lno)ière diffuse qui acpoippagne nécessairement le Hmtfê, U u'fiH
pas douteux que les rayons viniets, indigo et bkm n'^mt m um
action spépiaJe i Jaqoelle s'igonie l'action de U ^nmi^fê i'iBim i mais en est^ii de même par rapport an^ autres rayons «olor^ da 3pe^f9 2 par exemple, l^ 9eim des tjg^a^r^ If prjsfie, ImaqyVU^ se0t 4(^biirées p^r les rayons ronges, est-^lte en parnif^ mrémlm^t de l'actioodeces rayon;5,Dndoit-elie être attrîMç à la seuWInmii^r#4iSw§ dont il est impossible de pri^^er le spectre? |I n*y a)^aût4}u*np senl moyen de répondre cette i)nestion« et mm Tityoïis mi» en i^aag^- » Nous evons pri$ nn vem r()0ge qmt recevai^t un rayon ^jr#«
«e (f aosm^tiail qyt des f ay<MMi foiig«i, ^'Qi|s f ii^eps «nelf^ Mwec ie plus grand soin par le prisme , pour nous assurer de ce fttft. Oe mm» tifles d# mouiarâe bi««i;be« pkcéei derrière «e v»rre, qui recevait la liu»ièr« sM^e , ^e «oorbèriNii Ttrs k immiàrê rosge 119^1 qM*ti tr^Afimetiaif, Pmr av^, «*il âtait pofi»bl«« aMor^ j^ius d« «Mr« liliid^ relatiy€m«At k ee £9*4, «âos fim^ lotiiher eur sa fwisniA lui i^nem^ de rayais r<e«iges que ireniwtUiii c« f e«De ésbifié ^lar te liir mjére soleire f «éflé^faîe sur liu ftar. h m'mk de 1- MUostac. S< im im^ .^eau. iiia)i»e|j|[ #A>tcqiniï^0 d«s rayMiSMtr«sq»e dfis rtfMe iw^m*
trpp iiaiU^^ pom* ^tre i9Pi^hi^ à 1*^, fi#5 r>f«w< piltts f^imU^ q^ U» r^9«p^ , m ^iTÂk^k éiHêé»^^ (^ le ^mm^ eii ifrie tue ces derniers seraient demeurés parfait«Ht^|}ttriS, L^f^M^^,4êÊ»
eiMM 4»9kmm$ il u'y mt^ m ià ièm iîti^êtumm^ iteifeetro
RàTCWS eXGITATËUR» DE LA VEGETATION. 4115
soIair€ : on fit seulement une aire circulaire rouge. De jeûnes tiges de moutarde blanche, placées dans celte aire de lumière rouge paro , se courbèrent vers le prisme ou vers ia lumière rouge , les premières au bout d'une heure , et les dernières au bout de deux
heures et demie. Ce. qu'il y eut de très-remarquable, c'est qu'il y eut ici une flexion générale latérale vers l'espace qui, dans l'état ordinaire, aurait dû être occupé par les autres rayons colorés du spectre, desquels pas un n'existait. Deux expériences semblables nous ont offert les mêmes résultats. Ainsi les rayons rouges purs ont le poutoir de produire la flexion des tiges végétales vers eux, et, lorsqu'ils ont traversé un prisme, on voit, sous leur influence, les tigçs présenter en outre une flexion latérale qui, par sa combinaison avec la flexion directe vers la lumière rouge , donne lieu à une flexion suivant la résultante de ces deux tendances. Nous ferons remarquer que l'aire circulaire formée par la lumière rouge foncée et pure qui, transmise par notre verre rouge, avait traversé le prisme, offrait peutêtre une teinte un peu moins foncée au côté de cette aire où de* vaient se trouver les rayons rouges les plu$ réfrangibles. Nousdevon^ ajouter qu*il ^ avait auprès de Taire circulaire rouge, et du côté ojk, dans l'état ordinaire » auraient dd se trouver les autres r^yorni colorés in spectre » des tiges $e<pblable& à celles qui éuimt d^ns çetie dire circulaire rouge, et qu'elles n'offrireat pas U plus légjb^e inflexion^
» Il nous restait à examiner l'action du spectre solaire sur les ra^ cines. Nous avons dit que nos jeunes plantes de moutarde blanche étaient plantées dans des trous fort petits, faits à des laD9$s aiinces de liège qui flottaient sur l'eau qui remplissait des vases de verre à côtés parallèles. Les racines de la moutarde blanche fuJc^ la hmièn^ ain^î que l'a fait voir M. Payer, Nous pouvions donc expérinoepter si ce phénomène aurait lieu sous TinflueBce des rayû95 colorés du spectre solaire, ainsi que Ta annoncé le même pi^rvateur* Nous fbçims» donc dans ce i^ectre, et sur la prolongation des imx icôiéjs, des va* ses dans Teau desquels se développaient les racines de jeooes moutardes blanches. La longueur de ces racines était de 20 è 24 millimètres; elle n'atteignait pas tout à faix la moitié do la profondeur des vases. Celte expérience fut établie h 9 heures hO minutes du o^atin, etpar une température de H' 17 de||résceQté^aux; ? 12 heures
1116 NATURfi INTIME DU SPECTRE SOLAIRE.
30 minutes, nous obsenrâmes, dans les rayons violets seulement, une flexion en arrière et en crochet de la pointe des racines ; elles fuyaient la lumière violette. A 12 heures ti5 minutes, cette môme flexion en arrière ou en fuite de la lumière s'observait , mais moins forte, dans Tindigo et le bleu, et de plus, de l'autre côté du violet, dans les rayons lavande. Ainsi, le maximum de fuite de la lumière se trouvait dans les rayons violets; c'était là que se trouvait l'initiative de cette flexion, ainsi qu'avait lieu, pour les tiges, Tinitiative de la flexion vers la lumière. La fuite de la lumière, toujours par la pointe des racines, se manifesta, pendant les heures suivantes, dans tous les autres rayons colorés du spectre solaire. Ce ne fut qu'à 4 heures, c'est-à-dire 6 heures 20 minutes après le commencement de l'expérience, que nous observâmes premièrement dans les rayons jaunes, et ensuite dans les rayons orangés et dans ceux des rayons verts qui étaient voisins des jaunes, une flexion latérale de la pointe des racines, flexion dirigée vers l'espace éclairé par les rayons rouges. Cette flexion se combinant avec celle de fuite de la lumière qui la croisait à angle droit, il en résultait que les pointes des racines étaient courbées en crochet suivant la résultante de ces deux tendances.
» Ainsi, la fuite de la lumière par les racines commence dans les rayons violets, et leur flexion latérale commence dans les rayons jaunes, comme cela a lieu pour la flexion des liges vers la lumière et pour leur flexion latérale ; seulement tous les mouvements dans les racines sont inverses de ceux des tiges : ainsi, chez les tiges, il y a flexion vers la lumière et flexion vers l'espace éclairé par les rayons indigo, tandis que, chez les racines, il y a flexion pour fuir la lumière et flexion pour fuir l'espace éclairé par les rayons indigo. Toutefois, d'après les expériences ci-dessus exposées, on voit que ce dernier mode de flexion ne s'est point présenté à nous dans les racines soumises aux rayons rouges ni dans celles qui étaient dans les rayons violets, et cela fort probablement parce que dans ces deux rayons la tendance à la flexion, dans le sens latéral, est au plus faible degré. Aussi avons-nous vu que, lorsque la lumière n'était pas suffisamment intense, la flexion latérale ne se manifestait pas non plus dans les tiges placées dans ces mômes rayons rouges et violets.
» Toutes ces expériences ont été faites en employant un prisme de flint-glass ; il était nécessaire de les répéter en employant des prismes faits avec d'autres substances. Dans deux expériences faites
avec QD^ prisme d'eau, nous avons observé des phénomènes exacrement semblables à ceux qui s'étaient {nrésentés h nous en employant un prisme de flint*glass, c'est-à-dire : 1"^ flexion des tiges vers le prisme ou vers la lumière, flexion commençant dans les rayons vio^ lets et se montrant ensuite dans les autres rayons colorés du spectre, et au delà de ses limites, bien plus du côté de son extrémité violette que du côté de son extrémité rouge ; 2^ flexion latérale des tiges ver^ l'espace occupé par les rayons indigo, commençant dans les rayons jaunes et se montrant ensuite dans les rayons orangés, rouges, verts et bleus ; et enfin flexion des tiges soumises à l'influence des rayons violets vers l'espace éclairé par les rayons indigo. Cet espace s'est donc encore ici trouvé le centre de convergence des deux flexions latérales opposées des tiges.
» Nous avons enfln employé un prisme d'alun aux mêmes expériences. Le spectre solaire produit par ce prisme était trop peu étalé pour qu'il fût possible de faire sur lui des observations l)ien exactes, et, de plus, ce prisme n'était pas d'une transparence parfaite, ce à quoi nous attribuons de n'avoir pas observé par son emploi la flexion latérale des tiges ; leur flexion vers le prisme s'est seule offerte à nous, et ayant commencé, comme toujours, dans les rayons violets, elle s'est étendue de là aux tiges éclairées par tous les autres rayons colorés du spectre. »
M. Dutrocbet termine en proclamant que M. Payer a rendu service à la physiologie végétale en faisant connaître de nouvelles plantes dont les racines ont une tendance à fuir la lumière, fait dont il n'y avait jusque-là qu'un seul exemple connu, fait d'ailleurs qui n'est point général.
Recherches de M. Zantedeschi. — De Vinfluence des rayons ^à* laires transmis par des verres colorés sur la végétation des plan" tes et la germination des graines; 30 novembre 1842.
Nous ne croyons pas pouvoir faire mieux connaître ce travail qu'en analysant le rapport fait par M. Dutrochet, au nom d'une commission de l'Académie des Sciences :
t Les premières recherches relatives à l'influence qu'exercent sur les plantes les rayons lumineux colorés appartiennent à Senç-
1ii8 NATDRt INTIMR DC 0PECTRE SOUIRG*
hier, el remonlefit à TaDiiie 1762. Ce physiologbte se wyU cU grandes bouteilles de verre très«iniaee» rempUet d'eaa rottgie ptr le <}armin, jaunie par lectircuma et ie safrani rendue violette par la teinture de toumosoL Les plantée et les graines étaient soumises I la lumière transmise par ces bouteilles remplies d*eaa colorée on d*eau pure. Les résultats de ees expériences continuées pendant qui*» tre ans furent les suivants :
» La germinstion arriva d'abord dans les graines soumises à la lumière jaune et )i la lumière violette , ensuite dans les graines soumises à la lumière rouge, m enfin dans les graines tenues|dans Tobscurité.
» L'allongement des tiges et des racines fut dans l^ordrè suivant : au plus haut degré dans Tobscurité, cet allongement diminua successivement sous l'influence des lumières jaune, violette et rouge; il fut encore moindre sous Tinfluence de la lumière transmise par les bouteilles remplies d'èau pure ; il fut au plus faible degré à la lumière libre. Celte dernière fut toujours trouvée plus efficace pour verdir les plantes que celle d*un seul des l'ayons colorés dont elle se composé. Les rayons violets furent trouvés avoir plus d'énergie pour prévenir rétiolement que les autres rayons de lumière colorée.
V Ces expériences ont été faites sur les graines et sur ks jeunes plants de laitue, d*épinards, et de haricots.
» Carradori, dans un ouvrage publié eu 1841, ouvrage cité par M. Zantêdeschi, mais que nous n*avons pu nous procurer, confirme lés résultats obtenus par Senebier en ceci, que le pouvoir de la lumière pour colorer en vert les végétaux est à un degré émlnent dans les rayons violets et bleus, bien qu'il y soit plus faible que dans Il lumière ordinMfe.
» Vftigt^qtMtfiè ans aVaftt h publication de tes dernières observations de Carradori, c'est-V^lir© en 1817 , te dt>cteur Sébastien l^oggioli avait publié un travail fort remarquable sur le même sujet. Au lien àé Sdttmettre les planter; à la lumière transtnise par des verres ^eolof^, fl les iBoumit )i rinfitrence des rayons ilu spièctre solaire.
9 Deux vases de même grandeur, et placés dans des conditions MnMftl^tes, ffcfWHhem un même nombre de graines de Raphantis rusti<«Éii!s. ÏM ^lafttuies ^laissantes prfnsnt iitoidenteltement on dève-
HAWM feXdttAÏËtÎRi DB la VÉôétAflON. 4H6
loppèmênt Initie bbûêiciefafalé danii m dé ee^ VasfHl qoè dàtis Tautre.
» Les plflbtules teSi t)iuii. développées furefit soumises »ût l'ayons rouges; les plantules les inoins développée furétit sotttnlses atit rayons Tioletsr Q^lle eipositidti dés pIftAtutei alit deui fayofistodge et Vtetei dura p^idant siiheâis^le pretnter Jour, et également pendant six heures dans chacun de^ tf ois Jours qui suivirent. DU le trofsiètne juufi tel pUbtules Miutniitts aut rayonë Ti4)lei6 et qui» au eomoiencernent de l'expérience, étaient les plus petites, avaient sorpâ!>Sé en ÉérdoppemettI MH» ()Ui élMént lOuititeei aUX rttyohs ro»g«S ; ces dernières, au quatrième jour, parurent ttiolëes^ L'âUteur obsertu que» AMI l«é diétatVttséS) tes feuilles cotylêdotlains ded plahtules changèrent de position et dirigèrent teur fece slipérieure Vers lé pristt« , e'iBBl^l'-dire VeM la lumière rouge dans tin des Vases, et vers la lumière violette dans Tautre Vase. Cette directit)H arriVH bietî plus M cheft lèë pilktilutes boutôi^es aux réyoùs violets que che^ celles qui étaient soumkei^ ëni réy^$ rougei M. Poggiôli, qui ^xpèriiûentâtt mr des pfoutilies deRapfaanUé rusticanus, â tu que les deux fedilles einyiédionafr«ft qui cèurdUnAtent tes plauilileià avaient dirigé leurs littib iUpérieuréB veri^ la lanifère violeile en premier lieu, et vers la lumière rotige en l^oud lieii. L^ deut feUillës oppt^^i qui termiatiiânt ntùê {ytoUt^le» d'AlisiUe Hàediè dii^èreât de même téUrs tktés mpé^éï^ vèi% ili iumi^ f^Ugëi k îàqu^lé SéUte eiiëï éhièUt soumises dans une expérience dUUl lU^I . dt; JÛssieU et Adolphe BroU* gH^rt ont été ^^ôin^. ÂiUsi le phéUofuènè «st lé Mëthé què celui qui i été %l»ervé il y à d^jà Vîttgt-séplâtos paï* 19. fôggteli.
» M-. PUg^ff àféut suulhis dek fèUillés de taput^ttie et dès feuilles tjte viim ptoiigéeé soUs TéaU, It:^ mén ^Ux rayons rt)Uges et iei» autres wt raton» Molm, il uMi&rytt^ oeî feUiHes ne dégagèréUt pa^ là ptUs petf^ l^uHe 4e gtit o^ygèue.
* Le IrtêiWe èxpétiUiehtatèar t bbsérVé que ko grâihèô de BrâÉslca tfUlsa ferii^lit plttts prompteihièut 56t^s llufluencedéâ rayond rouges tti ^peiÊtue fôhnNe que ^obis rtUfiueUt^ des rayons tertil, et plus ^f^dÉ^teimteUt ikm rtMfâ^èUeè des t'ayons terts que soujs r influente des f^y^us vi^^s^
» Néute^aitiyofis àctuélteiuènt aut etpéHentei^ dé M. £autedestfa1, Witteur éù MénWiré qui est fobjèt dé ce rapport. Voici Texposë som-
1120 NATURE INTIME DU SPECmE SOLAIRE.
» Une caisse de bois fut divisée en sept cases, et chacune de cellesci fut fermée avec un des verres colorés suivants : orangé , violet , jaune, bleu, vert, noir.
X» L'auteur n'avait pas pu se procurer de verre roog^.
Un pied de balsamine fut placé dans chacune des cases fermées par les verres orangé, jaune, vert, bleu et violet.
9 Sous le verre bleu, la plante s'allongea plqs qne sous les autres verres.
» Sous le verre vert, il n'y eut aucun allongement sensible ; h plante périt le huitième jour.
» La plante qui eut le plus de vigueur fut celle qui se trouvait sous le verre violet, mais cependant ses fleurs périrent.
» Les plantes les plus faibles furent celles qui se trouvaient sons les verres orangé, jaune, vert et bleu.
» Sous les verres violet et vert, les feuilles conservèrent leur couleur verte ; sous tous les autres verres, elles jaunirent.
» Sous les verres violet, bleu et vert, lès tiges se courberait vers la lumière ; sous les verres orangé et jaune, elles restèrent droites.
» Dans d'autres expériences, M. Zantedeschi plaça sous le verre vert des pieds d'Ocymum viride, de Myrtbus moscata et de Gerens pentalophus. Les deux premières de ces plantes perdirent leurs feuilles ; la troisième se maintint longtemps en bon état, et s'allongea beaucoup en se courbant vers la lumière.
» M. Zantedeschi sema des graines de Balsamine dans les cases de son appareil, recouvertes par les différents verres colorés. Ces graines germèrent, dès le second jour, sous le verre vert ; elles germèrent, le troisième jour, sous le verre violet ; le quatrième jour, sous les verres jaune et orangé; le cinquième jour, sous le verre bleu ; enfm elles ne germèrent que le neuvième jour dans celles des cases qui, n'ayant point de verre, étaient à la lumière et à l'air libres^
» Sous le verre vert, les feuilles cotylédonaires prirent une teinte verte que n'avaient pas celles qui étaient librement exposées à la lumière; sous tous les autres verres, ces feuilles devinrent jaunâtres.
» M. Zantedeschi expose ensuite les expériences suivantes, qu'il a faites sur des pieds d'£chino-cactus Oltonis , placés dans les cases fermées par des verres colorés, et cette fois il avait pu se procurer un verre rouge pour fermer une de ses cases. Dans l'espace de temps
iUYaifS EXCITATEURS BË LA TEâéTATfON. ^121
qui s^écOula depuis \e Î6 juin j osqo'à la fin d*octobre, les plantes mises en expérience jeunes encore prirent des développements différente sous les différents verres colorés. Leur accroissement en longueur fut de 2 centimètres sous les verres violet et orangé ; cet accroissement fut de 1 et demi cent, sous les verres jaune et vert ; ce même accroissement fut de 1 cent, seulement sous les verres rouge et bleu.
» Dans deux autres mesures prises antérieurement, Tune le 19 juillet, l'autre le 6 août, Taccroissemeut de ces plantes avait été tout à fait différent ; en sorte que l'auteur renonce à tirer aucune conclusion de ces expériences.
9 M. Zantcdeschi ayant semé des graines d*£chino-cactus Ottonis dans chacune des cases de son appareil , vit germer ces graines en vingt-quatre jours dans les cases fermées avec les verres violet et bleu et dans la case qui était sans verre ; ces graines germèrent en vingt-neuf jours dans la case fermée avec un verre vert, et en trente jours dans la case fermée avec un verre rouge.
» M. Zantedescbl plaça des plantules d'Oxalis multiflora dans les cases de son appareil ; elles se comportèrent comme il suit :
» Les tiges de cette plante se courbèrent vers la lumière sous les verres violet, bleu et vert ; elles n'offrirent aucune inflexion vers la lumière sous les verres rouge, jaune, orangé et noir.
» M. Zantedescbl tira les conclusions suivantes de ses expériences:
» La végétation, sous l'influence de la lumière transmise par tous les verres colorés , est languissante et maladive , ainsi que l'avaient observé Senebier et Garradori.
9 L'ordre observé pour la germination sous les verres colorés est différent de celui qui a été observé par Senebier.
n La lumière violette a une puissance peu inférieure à celle de la lumière ordinaire pour verdir certains végétaux, ainsi que l'avait dît Senebier ; la Balsamine est dans ce cas ; mais cela n'a pas lieu pour
rOxalis multiflora.
» Quant à la vigueur de la végétation, elle n*est point plus grande sous le verre violet qu'elle ne l'est &ous les verres jaune et rouge , ainsi que l'avait observé Senebier.
» La lumière verte est moins favorable à la végétation que la lumière rouge.
» La plus grande vigueur de végétation a lieu sous le verre bleu pour rOxalis multiflora.
' ^ M» iKiDtiutesçhi p^§e a|]ç N 9nQm9li^9 pr^^ntm p^ piis §xr ilâi;i0Or$fi3 BraYienn^nt de ce q^ç ce n*ç$t pas saMlpiD^f)! 1% ^pmièrç a^ii ftflt W^ M pUntp^ popr ffvori^cf Ipijr végélatiQn, pi^itf «miisi
d'umrç^ fg^i)U ii nRflwfiPW desfjup)^ e§i somi^^e d'MPfi ffi^nièrg y^-
WWÇ l§ ^Uftlj^ (Ir? Ii?§q§. ^1 ce|^ §wivant 1^ diyersîfô des plantçs. » U Cprowis3ipR §9i( J)Oîi gré ^ W, Z^niedescin 4f ses curieuses f f P^riçiiee^, fn^l^ré ]*iDcertiti|(le des résultats obtenus , et Tangage i Ips çpi^dq^ep ^11 ^mploya^t les rayons colprés du spectre so|aire Ipi-mêq^fi,
I^flqqfi^çUïS DE A|. QarpKISïi, -r- Sur l'mm i^ (^ l{tmiirQ jaune ^1^ M pr<l^M^^^P^ ^^ ^ couleur yertç de^ plantfs et sur celle de (a l/i^mmç in4k<i ^«^^ ^ production (te Ifur^ mq^pementSy
a ]ue bpt de ce Mémoire^ dit 111. Gsjrduer, est ç|e prouver qiie les divers rayons du spçctre jouissent de propriétés 4ifféreiites d^ns leur ^Çtioi) sur }(s§ végétaux; il dpit, en particulier, -^ërvir à çlémqntrer que les rayons qui font naître la couleur v0tlc des plantes sont en- Ij^rement différents de ceux c|ui produisent les nioqvements vers la iMipière, la couleur Tert(3 éta^t>déve}pppée surtout par les rayons jaunes, tandis que le mouvement est produit par la lumière indigo, f
Va I)éliosta( r^géçl)issa|t un rayop de soleil dan^ un tube quc^drangi)I(ii^e qui traversait le volet^ Ce tubeferpié à son extrémité intérieure JT^pferm^it pi) prjsme é(|uilatéral en flint-gla^s^ placé vpiticalcmçnt, et la lumière réfractée entrait dans l<| çliambre p^r yne puvertuje praiigq^e d^P^ un ^es côtés du tube ; totite lai portioi| â^es rayons lumineux qui n'avait p^^ traversé le prisipe était arrêtée aq ruojea 4'Mft ^î*ipMgPf»et Les obs^rviiljpns furent faites en Viç-giine, pendant ^U^ p^^SQH rW§r^»iaWeiPept belle, dç § JDillç,t ^j} t-T o^çtqbrg Jg/jJ,
J-es plaptç|s epjployéesi étai^p.t ^es sçmis de navets ^ ^é r§ v$»§ , dp moutarde, de pois, de fèves, et des plants de Solanum pjgrqn^ ^t yjrpiapurp, dç f\mm m^^ Ç{ o^ino;-, etç.j mais W, Ç^r^ner emplqyai bieniôtpresqHP ç^ç|usivemçnt des sçmis de nayets, çe§ plaintes fournissant les meilleurs résultats 11 les ççmji^ dap§ dpç t)pî(e^ i PfimparfÎRf 9^ç m dap^ d^, y^ses , et les fpiss^it se d^yfi|pi^pçr dans l'obscurité jusqu'à ce que les plantes eussent atteint une {)9|iltçur djf J pouQÇ ^ 1 popçe trojs (]|p^çts apgiaJS- ÇU^s étaient alors Pîpopées à Faction des rayons solaires à 15 pieds anglais ^i^ ppsipç; (ij^quiç
cemi^rtiBieBt de 1» boite qo reoaiNiit ^ue d9« r^fw% o^hHf^ A*WS^ seule espèea el vmiforaiait enviroo m^ aentaii^g d^ piant^iji
M. G^rdper a i;»HJPurs trouvé quelsi çqiilmir vart^ était (91 plus prp« Qûiieée dpri« U boUû e^pQ^e iim; rayons jaunes, La proAuctfon de la chlorophylle ue se manifip^^ , mêp)9 dftus les cirçoust^nces l?a plpçi favorables, qu*nprè$ une ei(pQ3ition assez longue de$ plante^ 2^ la lu-^ mière. i.*çspace de (e^ips le plus court qui ajt sufli pour verdjr un serois de pavets exposé au ceuire du faisceau jaune 9 éié de deux heiircç ; mais souvent six heures et plus étaient nécessaires. La couleur verte obtenue par Texposition des plantes à la lumière est asseï persistante; un séjour de soixante-et- douze heures dans Tobscurité Ue su^t pas pour Taltérer sensiblement dans un semis de navets. Les plantes des champs peuvent quelquefois conserver leur couleur dans l'obscurité pendant trois semaines, mais elles finissent par se jaunir. Afin de comparer Faction des différents rayons lumineux, M. Gardoer observa le tctaps nécessaire aux plantes contenues dans les différents compartiments pour atteindre une nuance de vert déterminée. Il trouva, pour le compartiment jaune, trois heures et demie ; pour Toranger, quatre heures et demie; pour le vert, six heures. Au bout de dix-sept heures et demie, le semis exposé aux rayons bteus avait atteint une nuance de vert qui ne fut estimée que la moitié de celle qui avait été prise pour terme de comparaison.
L'action colorante est-elle due aux rayons chimiques, aux rayons calorifiques ou aux rayons lumineux du spectre? Elle ne peut être attribuée aux rayons chimiques, parce que, si Ton éclaire des plantes étiolées au moyen de rayons solaires qui ont traversé une so« lotion de bichromate de potasse assez concentrée pour absorber tous les rayons chimiques, ces plantes verdissent dans un espace de temps remarquablement court. Ce ne sont pas non plus les rayons calorifiques qui exercent Faction colorante, car le maximum de chaleur des rayons qui traversent un prisme de flint-gîass ne correspond pas avec le maximum d'action sur les plantes étiolées. On doit donc admettre que la chlorophylle est développée par l'agent lumineux luimême, considéré comme distinct des autres agents connus qui se trouvent dans lés rayons solaires.
Si l'on expose au spectre solaire un semis de navets placé dans une boîlesaus <foaîp^rlinients, ou obgierve quç les plantçs se penchent
ii24 NATURE INTIHE DU SPECTRE SOLAIRE.
T€r8 un axe qpmman : celles qui sont exposées aux rayons rouges, oranges, jaunes et verts, s'inclinent vers la couleur indigo, tandis que les plantes éclairées par les rayons violets se meuvent à leur rencontre. Lorsqu'on prolonge suffisamment l'expérience, le semis prend l'apparence d'un champ de blé couché par deux vents opposés. L^xe commun vers lequel se penchent les plantes est la ligne que suit le rayon indigo de Fraunhofer, en allant du prisme au semis ; les plantes qui se trouvent dans la lumière indigo s'inclinent directement vers le point du prisme d'où leur vient la lumière ; celles qui sont éclairées en rouge, en orangé, etc., ne se dirigent pas directement vers le prisme ; elles s'inclinent diagonalement du côté des plantes éclairées par les rayons de couleur indigo. Cette inclinaison latérale diminue à mesure que les plantes sont plus rapprochées de l'axe ; de telle sorte que celles qui sont exposées au bleu et au violet sont peu déviées de la ligne que suivent les rayons qui les éclairent
M. Gardner conclut de cette expérience et d'autres, dans le détail desquelles nous n'entrons pas, que la force qui produit le mouvemeut se trouve dans le rayon indigo. La quantité de lumière nécessaire pour produire l'inclinaison est très-faible, et le phénomène parait si peu dépendre de l'intensité de la lumière, qu'il semble qu'il y ait fort peu à gagner en concentrant les rayons au delà d'un certain point ; il y a dans toutes les couleurs du prisme une force suffisante pour produire le mouvemeut. Pour les expériences sur la tendance des végétaux vers la lumière, les plantes développées dans l'obscurité sont préférables aux plantes vertes; elles sont beaucoup plus sensibles. Les mouvements sont plus marqués dans les plantes qui ont été exposées quelques jours à, la lumière \ ils cessent probablement dans les parties ligneuses. Le mouvement est dû à une action sur la tige, car il avait constamment lieu après l'enlèvement des feuilles. Ce qui paraît encore plus curieux, c'est que les plantes complètement penchées se redressent lorsqu'on les remet dans l'obscurité ; ce fait s'observe le mieux quand on n'a pas exposé le semis aux rayons directs du soleil. Il semble donc que l'action de la lumière qui produit le mouvement est transitoire, et que ce mouvement n'est pas accompagné d'un changement permanent dans la structure de la plante.
Ici" se présente de nouveau la question de savoir si l'action mo-
trice est due aux rayons chimiques ou bien aux rayons calorifigaes, ou enfin aux .rayons lumineux dn spectre. La propriété du bichro^ mate de potasse d'arrêter les rayons chimiques sert encore ici à prouver que ces rayons ne sont pas ceux qui produisent le mouvement; M. Gardner démontre aussi ce fait en arrêtant les rayons chimiques contenus dans le faisceau indigo au moyen d'une auge de verre renfermant du persuifocyanure de fer. L'action motrice ne peut pas être attribuée aux rayons calorifiques, parce qu'elle est le plus intense dans la partie du spectre qui présente le minimum de chalear. De plus, les rayons lunaires peuvent, même sans condensa* tion, produire un mouvement considérable en une ou deux heures ; ce résultat semble concluant, car on n'a jamais pu découvrir la moindre chaleur sensible dans les rayons de la lune. Si donc la présence du calorique peut être appréciée par le thermoscope, et celle des rayons chimiques par des composés d'argent, on doit attribuer le mouvement des plantes vers la lumière à l'action des rayons lumineux proprement dits.
Il existe un rapport intime entre les rayons qui développent la chlorophylle et ceux qui produisent la décomposition de l'adde carbonique et le spectre lumineux. En effet, on vient de voir que c'est dans le faisceau jaune qu'a lieu surtout le dévdoppement de la couleur verte des plantes ; or, le docteur Draper place là le maximum d'action pour la décomposition de l'acide carbonique, et c'est encore dans ce faisceau que sir W. Herschell et Fraunhofer placent le maximum de lumière. Non-seulement le maximum d'effet de ces trois actions se trouve situé au même endroit du spectre, mais leur intensité varie proportionnellement dans les différents espaces colorés. Ceci prouve que la coloration en vert des plantes et la décomposition de l'acide carbonique sont causées par le même agent impondérable, celui qui produit aussi la vision.
Si les résultats obtenus par M. Gardner sont confirmés par de nouvelles expériences, ils auront des conséquences nombreuses et importantes pour la physiologie végétale. Ils semblent en contradic^*tioQ avec la théorie émise par de Gandolle sur les mouvements des liantes vers la lumière, car les rayons de couleur indigo qui produisent cet effet ne paraissent pas jouir de la propriété de décompo^ ser l'adde carbonique et de produire b lignine. Yoici entf e autres
1126 NATURE! mTIMB nu SPECTBB 90LAIRK*
Me idée Ingénieuse indiqaée par M. Gardner, et qui décoole dei faits qu'il a obserTés. On a m que le mou?enient des plantes Vers la lumière était dû à Taction de la lumière indigo, et que des rayons d'une très-^faible intensité étaient capables de produire ce phénomène. Le bleu de l'atmosphère étant très-intense [par rapporta la lumière du soleil^ ne se pourrait-il pas que la couleur du ciel déterminât, jusqu'à un Certain point, la eroissaneo verticale des tiges?
En imprimant pour ta seconde fois dans la Bibliothèqae universelle de Genève l'analyse du Mémoire de M* Gardner, M. I^ M* l'accompagne de quelques réflexions critiques dont il sera bon da tenir compte^
« 1° D'après l'auteur, des plantes vertes prises dans les champs gardent letir couleur pendant des semaines entièresi mais à la fin deviennent jaunes. Dans les expériences de môme nature, nous avons toujours vu les feuilles des végétaux mis verts dans Tobsco* rite tomber après un temps plus ou moins long, et être remplacées par de nouveaux bourgeons qui se développaient étiolés. Jamais nous n'avons vu une feuille verte devenir jaune dans l'obscurité, tandis que rien n'est plus facile que de convertir en feuille verte ona feuille étiolée. L'auteur, daiis une partie subséquente de son Mémoire, cite* d'après Berzélius» l'opinion que nous a?ons émise d'a^ près le résultat de nos expériences, mais il dit ne pouvoir la partager, parce qu'il a vu les plantes perdre leur verdure après un séjour pltis oo moins prolongé dans l'obscurité. lie fait suns doute est constant t iliais s'il avait Suivi de près le mode selon lequel il s'opère, il aurait vu que ce n'était pas par la conversion de;s mêmes feuilles vertes en feuilles jaunes.
» Dans les recherches non encore publiées que j'ai entreprises cet été sur rinfluence de la lumière sur quelques phénomènes de la vé^ gétation, je me suis assuré qu'elle était aussi la cause de la coloration des pétales des fleurs* Ainsi, par exemple^ les boutons floraux d'une plante d'ornement, commune dans les jardins « l'Agapanthe nmbel* lata, août encore blancs lorsque par leur dévdoppement ils ron^Mt le spatbe qui les renferme. Us prennent ensuite une teinte foncée d'un beau Ueu*
» 2'' Si Ton enveloppe la fleur avant sa sortie du i))athe} on im* mé^iateaient après, d'iia oapueho» de papier neîr qni j&teriepii
RAYOHê ËXCitAtritfftS DE Uà téGÉTATItN. itST
la ItfiliMrd 8IÉ1 gélitr êon d6î«loppteaient, on trouvtrli q«*«Ue fcsM MatHihé MU» préâmu^r d'arllenrs d'abtres alléraliona R«mîa( à te tottidre^ dH6 m» colDte ensuite ghidoeHeoieiit^ qooiqtt*«Ue «Onaerie totij^iira yne t^iittd pins plie tfoe eeito qui n'oni p«iit él6 teoue» dtffa^ l'olisotirHé<
ii S<» M* du Cand«U« a ebèrcfaé à bxpliqiler» ea qndcpie aorte par. dfia action nicaiilqna, b teodanâë des piânies h ae piurter vers la pdint le {ikid éciairéi II établit que du oôlé de la tige qui reçoit I# [tfaa de luiniére, Tadde carboBiq«e cM pida factleoi^nt décooapoaif Ift tégétatiên est plas active^ le ligiteux ae forma plus afeémeat» ol qti*efi ionfeêquënee laa ibfefi, detinant plaa rîgidea et plua fertea du cOtA éelairdj 4oirrbehi la platite vers la luniîèreï Màiail ait clair ^ut si les expérientea de i>l. Gardher sbiit eeDGrlDéea« oatte théorie ia<génieâae lie pourra plus aubtriatel*! fin efléti on oomprendrail difiicileflfeot conullefit uil aeinblaUé effet p<Hirrak élre produit areo la rapidité qtte Tauteur du itiémoire que bous aToas afialysé a observée sdr lea piaules éiioléeai 11 devrait* de plus, être permauent de aa afttiiro) et l'on ne peut Tadmettre si les plantes^ une fois peucbées, reproiuient leur direction perpendiculaire dans robscuritéi Enfin, si la direction des plantes est principalement due aux rayons indigo du spectre» la théorie de M. de CandoUe ne saurait s'accorder avec ce fait» puisque ces rayons ne peuvent décomposer Tacide carbo-i nique, ni» parlant, produire le ligneux. II faut donc admettre que ce mouvement est produit par une sorte d'attraction de la lumière pure, attraction qui peut même n'être que ps^sagère. Quoique cette conclusion* puisse paraître singulière, nous connaissons d'autres corpji impondérables, comme le calorique et l'électricité, qui déterminent des mouvements considérables : poiirquoi ta lumière n'en prodiii* rait-elle pas aussi 1
• 4« L'auteur se livre à quelques spéculations conjecturales sur l'origine de la chlorophylle, qu'il penche à regarder comme la matière jaune des kuilles, ou peut-être la dextrine ou quelque autre aub« stance désoxygénée par l'action de la lumière^ Ce serait un efiet usm*logne à la formation d'autres hydrocarbures, comme la graisse el rhuile dana les animaux^ admise par Liebig. Il ne serait plus néces^ aaîre daua ce cas, dit l'auteur, d'admettre la décompoeilioB de l'eaju dans les phates, fmir rendre coflipte de la préseiwa de i'bydregèiie^
il28 NATURE INTIME 0U SPECTRE SOLAIRE.
La décomposition de Tacide carbonique Tiendrait après la prodiM> tîon de la chlorophylle, et suffirait pour expliquer la formation de toutes les sutetances organiques végétales. — Kous avouons ne pas pouvoir facilement comprendre la succession de phénomènes imaginée par l'auteur. S*il est un fait démontré en physiologie végétale, c*est que l'acide carbonique, Peau et l'ammoniaque^ sont les seuls éléments nourriciers indispensables. Or, ^ii en est ainsi, comment concevoir que la substance quelconque primitive, dont Fauteur admet la conversion en chlorophylle par sa désoxygénation, se serait formée sans la décomposition de l'acide carbonique, qui seul peut lui fournir le carbone qu'elle contient ? Evidemment cette décomposition doit être le premier acte de la vie végétale, et doit précéder, aussi bien que suivre, la production de la chlorophylle.
» 5*" Il faut conclure de la coïncidence entre le pouvoir éclairant, 'celui qui est le plus favorable à la décomposition de l'acide carbonique, et celui qui préside à la formation de la chlorophylle, que les rayons jaunes sont les plus propres à la végétation. Les idées de quelques physiologistes qxii, supposant que le rayon bleu exerçait la principale action sur la vie végétale, proposaient de faire les vitraux des serres en verre de cobalt, ne seraient, en conséquence, pas susceptibles d'une utile application. En terminant, l'auteur récapitule les conclusions qu'il croit pouvoir tirer de ses expériences, et insiste en particulier sur ce fait, que la lumière pure, dégagée de toute influence chimique ou calorifique, est capable de produire des mouvements appréciables dans les plantes. »
RECHERCHES DE M. HUNT. Première Note. — De l'influence de la lumière sur la végétation, — Août i'SUZ,
Depuis plusieurs années, l'auteur étudie l'influence des divers rayons de la lumière sur la germination des graines et sur l'accroissement des jeunes végétaux. Les résultats de ses recherches tendent à démontrer le pouvoir considérable que possèdent les rayons les plus lumineux pour empêcher la germination, et pour nuire au développement des plantes dans leur jeune âge. Ainsi des plantes que l'on force à végéter dans les rayons rouges s'écartent de la Inmlère comme d'une influence qu'elles cherchent à éviter,- tandis que les
hJkWOm BXGITATECR8 DE LA VÉGÉTATION. il 29
nyons bleos et les rayoos chimiques oat, an contraire, nue actîoa bienbisante snr le déYeloppeoieut des végétaux.
Néanmoins Tautenr a trouvé que, quoique Tinfluenoe du rayon bleu soit grande pour hâter la germination et favoriser la vigueur des végétaux, son action est trop stimulante pour leur permettre d'atr river ï une complète maturité. La sève du végétal paraît s'employer tout entière à la production d'un beau feuillage d*un vert foncé ; mais on ne peut en obtenir des fleurs ni des semences qu'en substituant au rayon bleu les rayons jaunes, qui sont les plus propres à assurer cet entier développement.
L'auteur a aussi observé Teffet remarquable des rayons verts pour amener l'étiolement du végétal, et la curieuse propriété que (es plantes possèdent d'envoyer des pousses d'une extrême longueur à la recherche de la nature de lumière qui leur est le plus favorable.
De l'influence de la lumière sur ta germination et sur la végétaxian.
L'auteur a confirmé, par de nouvelles expériences, les résultats auxquels il était parvenu, et qui tendaient à prouver que la lumière était nuisible à la germination des graines et à Vaccroissemeat des jeunes plantes.
Il s'est ensuite attaché à des recherches propres à éclairer la question de la formation de la fibre ligneuse. Il a trouvé que des plantes qui croissaient sous l'influence d'une lumière qu'on avait fait passer par des milieux de couleurs bleue où rongé, contenaient plus d'eau que celles qui avaient crû sous l'influence des rayons qu'on avait fait passer par des milieux jaunes et verts. La formation de la fibre ligneuse suit une progression contraire, et est plus considérable dans les plantes qui ont reçu ces derniers rayons. L'auteur a observé les rapports suivants :
Dans le r«yoQ bleu , les plantes ont pris 7. 16 p. */•»
— rouge 7. 25»
— vert , 7. 60,
— jaune 7. 69
de fibre jligneuse.
De jeunes plants bien' vigoureux furent exposés à l'influence des rayoBS'd« spectre. 11$ périrent tons en peo de joors sons Pac-
tioti 0é \é lutDtlN jaune ; lënr ftim*t foi plus iCAttril t^itfr^iis Kn» fluence du vert, et il« iio prospérèrent qMB dàntles rayoMroiigèg tt
M. Huril ?st ebsuitè f ntrë dmi queilitieii 4ét«ik sur les diveMs propriétés cbiinie|iM)A, «aJtfrifiqods et iHinifleuiss^ qui coeiîsteiil dans les rayons solaires» Il a établi qoe le luHiière du soleil irétait point du t0«t ^aie en quantité à» talorique et» encore laoins bu peat^r i^bi^ miquei lia montré que ctt der^iier aogm^itattdaus le spectre en proportion de la diminution de lumière» ei quet lorsque celle-ci était à son maximum, le pouvoir chimique était au contraire le plus .faible< l«*emploi de difers mUteux iibsorbents peut produire une lumière très-intense presque entièrement dépouillée de pouvoir. cbimiqueiaQ contraire i ce dernier agent peut êtie obtenu dans sa plus grande énergie sans être accompagné de lumière sensible.
Influence de ta lumière snir la germination des çraines et C accroissement des végétaux.
Ce sujet a été traité au moyeu d'une subvention de i*association. Al. Hunt a préparé six boîtes tellement arrangées, qu'aucune lumière n'y pouvait pénétrer qu'au travers de verres de différentes couleurs; le premier était d'un rouge foncé> le dernier d un beau vert. Dans ces boîtes il a élevé des renoncules, des tulipes et d^au- 1res plantes. Il a trouvé que les tulipes commençaient à germer lé plus tôt sous ie verre orangé, et le plus tara sous les verres bleus ë. verts. Sous Je verre bleu, les plantes, quoique plus tardives, étaient plus robustes et promettaient de venir a maturité et en ())ciiie fléiii', tandis quesous le verre orangé elles étaient plUs précoces, mais atàieâi un aspect maladif.
Un lait curieux est relatif au verre roùgè. Dans ioiités lés âdtréâ boîtes , quelle que soit la couleur du verre , les plantes se penchent vers M lumière , xnmmé élIAl fë fdHt tM}tff la WiMhth BfâuMitl» Mais sous le ♦en'e rouge-, elles se penchent comme ^fr s'en ébîgner.
Daifé ||)résqne totis les cas ,• la germination » tH empécbée par le pouvoir abA)rbant des rayons jaunes: . •
Le comité de l'Association britannique désire la tH^tttfiKsMM tk cbs opérlmtei , qm ne sont pas encore déeMvai rblalîveoseiit I la eonfimee <|ii*il fa«i avtir Am M fri«(ipe qM chlirdM» à taMfer
RAVb*i lîxdi+ltÉïîfts Be KA tfe(i*fAf Wn . 4 1 Bl
9). filutlt, dé r!t)f}(}èneé il[)ééiflti[ti6 «t pb<iltitë dé^ rîiyéhS dbtli>f(|ues Stir la gèrthittàtion des f^lftfifës.
Recherches de M. Draper. — Sur la décomposition de Vacide carbonit/ue par les feuilles^ sous l'influence des rayons jaunes du spectre. — Septembre \Sl\U.
L'auteur avait avancé que des rayons lumineux qui avaient traversé du bichromate de potasse en solution, et perdu toute action ebitiîjqilê, tfH point de h« plIN noibcif lé cblortire d*argent< avaient conservé la faculté â*6tl*.i{èr dAtls \eê ùiMkê dek pUurtet la déooifi»* position de Tacide carbonique, de former la chlorophylle, et de favoriser la germination. M.Hunta élevé des doutes sur ces assertions et a attribué aux rayons bleus la faculté d'opérer ces changements. D'autres physiciens, comme MM. Kane et Gardncr, ont téhdd I tollfliritlér letl tues do M . Drupér. I)ins tà but de donner de noUTélIëft pi'euveA de l'ejiëctltQde 4e m» pretttièrn» asMrtionsy tt défttiër i failleit èxt^érienéeît isùitàn(0i: Il à tènii pendanC deux joars I rob»6(frit4 deH bi'înâ d'ht>rbe fenfenndè dans nu tase rempli d'«a« imprégnée d'acide oarl)oiiiqi]e4 afin de Htisier dégager toulei les bul«iM d'air qui ae lientienl attadiéetf à la surface dea feuilUa fratohea. Gië hM*lM éiilent aibni d'on v«rt ièncé. Mises dans un tube conte*- MUt de Teau Imprégnée d'acUde carbonique nu atleii libre^ elles défagèrrat nno oertaioe quantifé d*im gai qui coatenalt i
Oxygônob . I ) » fti ■
Aaote. < I . 4 . 59
L'âutfetli» ptépafà linsditet^n^t tttbttde 8/5 de j^ottce *« dlamêth», «t de éix {R)(iee9 dd tong{ #Mpli« d'eftu Imprégnée d'aéide carton nique, et renversés sur une cuve qui en edftttfiait âiittK On ittiHK duisit dans chacun d'eux des brins de gazon à peu près en égale quantité. Ces tubes furent exposés à l'influence des rayons du spectre MtfH^, \à 1*6» Dbt^fit Ië8 IJ^Mfiités dt gak nprSMUtBes par lAfitiAbres suivants :