RAYONS CHIMIQUES. — E. BECQUEREL
électriqoe qui sera accusé par un galvanomètre dont les deux extrémités sont terminées par des lames de platine plongeant dans chaque liquide. Cette idée est tout è fait neuve, et les expériences de M. Becquerel ont mis en évidence l'influence de la lumière sur les réactions d'un grand nombre de substances, du perchlorure de fer, par exemple, et d'autres chlorures sur l'alcooL Yogel avait d^ remarqué le fait curieux suivant : quand on fait passer un courant^ continu de bulles de chlore dans l'alcool, et que celui-ci est saturé de, chlore ; si les rayons solaires viennent frapper le vase, chaque non* Telle bulle de gaz qui arrive produit une faible explosion, avec flamme rouge et dépôt de charbon. M. £dmond Becquerel, à l'aide de son instrument, étudia l'influence de quelques écrans, et s'assura que la. radiation chimique, semUable à la radiation calorifique, après avoir traversé un écran d'une certaine substance» traverse plus facilement un autre écran de cette même substance ; ou, en d'autres termes, qu'à partir d'une certaine épaisseur , différente probablement pour chaque corps, la radiation chUnique n'éprouve plus d'altération, quelle que soit l'épaisseur de l'écran.
. Il démonUra encore : 1* que Tordre des écrans ccdorés qui laissent passer les rayons chimiques est le même que celui des écrans qui laissent passer la radiation phosphorogéniquo de l'étincelle élcctri-que; 2"* que les écrans de nature différente, ou de différentes épais* seurs, produisent des effets différents : ainâ, les écrans suivants laissent passer une somme de quantités chimiques représentées par les nombres ci-joints : verre Uanc» 58,6 ; cristal do roche enfumé, 79fl$ ; plaque de chaux sulfatée , 58,5 ; mica, épaisseur O^tO?, 77 ; pa<*. pier de gélatine, 42,5 : on a représenté par 100 le nombre des rayons chimiques incidents.
M. Edmond Becquerel affirme c}ue l'appareil employé par lui est bien un appareil mesureur ^ et non pas seulement un appareil iMi^, caieur , en ce sens que l'intensité du courant est réellement proporr tionnelle à l'énergie de l'action chimique. i
Secoud MÊllOllE. -^ Sur les effets électriques preduiis sous Cinfluencê des roj/ans solaires. — Ce secoud mémoire jette d^es^ nuages sur les conclusions affirmatives du premier. Les deux lamei^ 4e platine, en relation avec les extrémités du galvanom^e, éprouvent ^Ués^mémes 1^ effets de )a nidistion , et 4oni?ont naigsdnre > ui(
second courant, dont les effets s'ajoutent & ceux du premier oa les neutralisent en partie : Tinstrument de M. E. Becquerel n*est donc récHementpas comparable ; et nous eussions admis aYec beaucoup de peine qu*il It fût, alors même que le jeune savant ne l'aurait pas reconnu Ini-méme. Suivant lui, la seconde note mettrait en éridence les ftiits suivants : i * des rayons qui accompagnent les rayons ks plus rèfrangibles de la lumière solaire font éprouver à des iamrs métalliques plongées dans un liquide une action telle qu'il en résulte des effets électriques auxquels on ne peut attribuer une or^^oe calorlflque; 2* la décomposition du cblorure, du bromure eldeTiodirre d'argent sous Tinfluence de la lumière, produit des effets électriques qui peuvent servir à la comparaison des rayons chimiques actîb. M. Becquerel croit qu'il pourra éliminer l'action de la radiation sur les lames métalliques , et rendre à son appareil sa valeur première ; nous ne sommes pas du tout de son avis.
TBOtSIÈME MÉimoinE. — Sur les rayonnements chimiques ffd accompagnent ta bunière solaire et la lumière électrique. — 2 no^em* brc 18^0. — Lenteur a tiré de ses recherches les conséqueioes suivantes :
1* Les rayons chimiques qui accompagnent la lumière solaire et qui agfssent sur les sels d^argent, comprennent au moins deax ordres de rayons : d'abord, les rayons chimiques ordinaires^ on exewtatemrs; ensuite, d'autres rayons, que l'on peut appeler continuateurs, oo qui ne font que continuer une action commencée sous IMnfloence des preu^iers;
2* Ces rayons continuateurs sont placés, par leur réfraiigibffité, dans la partie supérieuredu speelre solaire, c'est-^à-dire qu'ils i pignent les rayons rouges, orangés, jaunes, verts, peut-être les rayons bleus les moins réfrangibles ; mais, dans ce dernier cas, ib se cenfDMdeat avec des rayons excitateurs. On sait, en effet, que ces deniers accempegnent généralement les rayons les pins réfrangi*bks de la lumière, et II y en a q[ui, dans le spectre soiiire, aoat même rejetés au delà du violet ;
I* Lon de l'action des écrans, H s'en trouve qui Mfteat passer, Itu uns les rayons continuateurs, les antres les deux ordres de
A* Les raytAs continuateurs c<Mithinent aussi «le actioii diimlqwi
^inoiÇQcée sous rinflucncç de Tagciu çbiipi^uc qv)i acçQaip;^i)Q.Ia Ipmièrc électrique, et pcuveiu servir îf reconnaître çt anajywjr ^'ac-i tiou chimique de ce dernier agent.
Pour donner une idée plus coniplèie de ces re.cber€)iei) , poi^ citerons une des expçrieiiccs de M. Becquerel. Il a princÎQalçqt^nt opéré sur du papier de hiômure d'argent, préparé en étpndant spc-v. cessivenicnt sur une feuille de papier une couche d'une soIu^io|^ agueuse de bromure de potassium, puis de nitrate d'argent, et faisant sécher après l'application de chaque couche. On projetait sur la surface de ce papier Te spectre solaire provenant du passag^e d'un faisceau lumineux i travers un prisme de verre ordinaire; et, en Tcxaminant, au bout de quelques minutes^ on le voyait coloré dans les rayons biens, indigos, violets. Mais si, avant de l'exposer dans le spectre, on le laisse impressionner légèrement à la lumière fli^Tuse» il n^eo e?t plus de uiéine, et la coloration a lieu, non-seulement dans les rayons tes plus réfrangiblcs, mais encore dans la partie supérieure du spectre jusqu*au rouge. Si Ton place le papier sous des écrans de diverses nuances, II se colore différemment, suivant la nature de récran ;e( des papiers semblables, placés sous divers écrans» mettent des temps très-différents pour parvenir i une même phase de colqratlon. Ces faits étaient déjd connus. M. Becquerel a vu de plus qu'il existe certains écrans tels , que sous leur influence la partie déjà impressionnée de ta bande de papier sensible continuait seule à se colorer, tandis que l'autre, qui ne l'avait pas été primitivementi restait blanche. Sous un verre rouge qui ne laissait passer à peu près qoe les rayons lumineux rouges, après une demi-heure d'exposition an soleil, la bande primitivement impressionnée par la lumière se colorait davantage; la partie non primitivement impressionnée ét^it resiée complètement blanche.
Les recherches ullérieures d'un grand nombre de physiciens on^ prouvé efficacement que cette distinction de rayons excitateur^ et continuateurs n*a rien d'absolu et de rigoureux ; ou'op ne peut lui donner qu'une signification relative, parce que les mêmes rayons peur Tcnt, par rapport à différentes substances ou relativement à d'autres rayons, exciter tour à tour ou continuer simplement l'impressioa produite. M. Becquerel a remarqué lui même, dans un autre mé-* mofre, «lue l'action des rayons excitateurs s*arréte, pour les plaqiici!
?d3 HATURB INTIME DU SPECTRE SOIAIRE.
rimpleiDent iodarées, vers h limite de l'indigo, près de la raie G de Fraiinhofer, tandis que poar les plaques rendues plus sensibles par le chlore ou le brôme^ elle se prolonge jusqu'en E dans le bien extrême, du côté du rouge.
QCATRltaiE MÉMOIRE. -* Sur la comiUuîWH eu spectre solaire.^ 15 juin 18/i2. — Nous reproduisons textuellement les condosioiis de H. Becquerel :
« D'après les résultats que j'ai rapportés dans ce mémoire, on Toit que, pour les rayonnements chimiques et phosphorogéniquesqni agissent sur des substances impressionnables qudconqoes, ai l'on considère chaque partie de même réfrangibilité de ces dîfeoits spectres, on la trouve traversée par les mêmes raies ou espaces sans ' rayons que la partie correq[K)ndante] dans le spectre lumineux, n est donc probable que les rayons de même réfrai^pbilité aoot absorbés en même temps par les différentes substances qu'ils traversent, et que la cause qui fait que certains rayons manquent dans la lumière solaire, est aussi celle qui produit la disparition de ces rayons dans les autres rayonnements.
9 Je n'ai pas encore résolu complètement la question rdative ï h chaleur rayonnante et à la détermination des raies dans le spectre calorifique, mais je m'en occupe actuellement , et j'espère publier incessamment tous les résuluts auxquels ces recherches m'auront conduit.
» On avait admis généralement que ces rayonnements qui aocooh pagnent la lumière étaient différents les uns des antres, et que. suivant telle ou telle subsunce sensible, les rayons aclib étaient aosn différents; mais je ne crois pas que la question soit aussi complexe; je le suppose du moins. En effet, les phénomènes lumineux, d'après la théorie des ondulations, dépendent des vibrations des moiécoks du corps éclairant, lesquelles sont transmises à la rétine par l'intermédiaire de Téiher, dont les molécules sont elles-mêmes en vibration. FresneU dont les beaux travaux ont contribué à fatare uiompber cette théorie^ avait avancé que les effets chimiques produits sons Tin* fluence de. la lumière étaient dus à une action mécanique que les molécules de l'étber exercent sur les atomes des corps, de iaçon à leur faire prendre de nouveaux états d'équilibre dépendants de la nature ^ 4^ k Viiesse 4<^ vibrations |ux<}ttelles ils sont soQmiSr Cette idéf