MÉMOIRES DE M. BIOT
. JU térébenthine de Venise dévie à droite et l'essence à gauche. La , térébenthine anglaise, dite Caroline^ dévie à gauche et l'essence à droite, etc., etc.
6. — 22 septembre 1845. Sur les phénomènes rotatoires opérés dans le cristal de roche. — M. Biot dans ce mémoire, refait dans des conditions nouvelles son étude dès lois qui régissent les mouvements rotatoires des plans de polarisation de la lumière dans le quartz cristallisé , en s'aidant d'un très-grand nombre de plaques parfaitement régulières et taillées perpendiculairement à l'axe avec une rigueur qu'aucun autre artiste n'avait pu atteindre, plaques que M. Soleil avait mis obligeamment à sa disposition. Il détermine mieux qu'il ne l'avait fait jusque-là, avec l'aide de M. Foucault, la longueur d'accès ou d'ondulation du rayon transmis par la plaque de verre ronge dont il s'était servi dans ses expériences. Il admet que les vitesses de rotation des divers rayons, croissantes avec la réfrangibilité, sont en raison inverse des carrés des longueurs d'onde. Il détermine les teintes par la règle de Newton , et la loi formulée d'abord par M. Blanc qui lie entre elles les teintes des divers rayons et les longueurs d'ondes par une expression exponentielle, loi très probablement connue aussi de Newton : il mesure enûn les déviations au moyen du compensateur variable de M. Soleil , et constate que l'expérience reproduit avec toute l'approximation désirable les prévisions du calcul ; de telle sorte que l'on peut regarder comme des lois démontrées : 1® la dispersion des plans de polarisation, proportionnelle aux épaisseurs et en raison inverse du carré des Ion- . guenrs de leurs accès; 2** la loi assignée par Newton pour le calcul des teintes résultant d'un mélange assigné de rayons simples.
7. — 19 janvier 18&6. Sur les phénomènes rotatoires opérés dans le cristal de roche, — Le but principal que M. Biot s'est proposé dans ce mémoire, est de compléter ses anciennes recherches sur les déviations des plans de polarisation des divers rayons simples qui traversent un milieu doué du pouvoir rotatoire. L'étendue du spectre visible, pour laquelle Newton a établi sa règle de la comparaison des teintes, est notablement moindre que ne le constatent les expériences de Fraunhofer, et les portions excédantes, négligées ou omises, sont sensibles dans les images colorées, développées par les pouvoirs ro-
1T26 MtSGiLLJlAEâ;
tatoires. Les premières détermlDalioDS de tetttes fritêS par M. Mftt étaient doue nécessairement défeetoebses; il MM les rec^Ber, par un mode de discussion nouveau , indépendant de li it^ de Newton, M. Biot est parvenu à le faire dMS deux cas : i<» quand tous les rayons simples compris entre les raies extraies B et H de Fraua* hofer ont leurs plans de polarisation dans une amplitude angulaire totale qui n*excède pas un quart de cercle ; 2° quand la section principale du prisme analyseur est dirigée de manière à produire , dans l'image extraordinaire, la teinte violet-bleuâtre, désignée sous le nom dé teinte de passage. Dans ces deux cas, Texpérience suit minutieusèment les indications du calcul.
M. fiiot n*a pas négligé non plus dVmployer le procédé ingénieux, imaginé pour vériOef A posteriori les valeurs assignées aux vitesse» de rotation des différents rayons simples. Nous avons déjà inséré dans notre second volume, page 556, l'énoncé mathématique par léquel M. Biot formule cci procédé ; il nous semblé qu'au point de vue physique on peut donner une idée beaucoup plus simple de ce mode d'analyse, dont M. Soleil a fait une dé ées plus belles expériences. Un rayon de lumière, polarisé par tine glace noire ou un prisine dé Nicol , passe à travers une fente rectiligtie , arrive norînalement à un Cristal de roche perpendiculaire à l'axé, t)uls à un prisme très-Wfriagent pour êtie enfin analysé par Un second prisiiië de t^icol, ôtl tin spalh d^Islande , suivant t|u'oti Veut obtéâif une oil dedx itûa^es du spectre solaire, que l'on reçoit dans l'oeil ou stir uii écran, suivant la méthode de projection de M. Soleil. En traversant le cristal de roche , d'une épaisseur plus ou moins grande, le rayon polarisé primitif, est dispersé circulairement, le plan de polarisation de chacdn des rayons simples dont il se composait a tourné d'un certain angle, et ponr les éteindre tour à tour, il fendra fâké tooniti' ranalyveur d'une quantité plus ou moins grande , et qui varie néeiBSSaîremest d'un rayon à Tautre. On pourra dtmc éteindre à vtiofité les rayetts nnige, orangé, jaune, vert, et«.) chaque extinction, d'aiHenrs, fera BaStrei dans le spectre on dans les devx spectres, une bande ncÉre, marquant la place dn rayon éteint; le spectre apparaStra doiiû siUonné d'an nombre de bandes obscures plus on moins grand, Milvant Tépaîsseur dn cristal. En même temps que le nombre de ces bandes ffmttAî itee tèjpiàmutt «Résdeti^ù&ettt dé pitii 6ù (iltisfiiie» parte
MiMOIHES DE M. BiOT. il^l
(]ue les plans de polarisation sont plus séparés, et qu'ainsi les rayons échappent mieux aux conditions physiques d'une séparation commune. Si Ton a déterminé à Tavance, en partant des formules de M. Biot, le nombre des intermittences ou bandes noires, on le retrouvera dans Texpêrience : on pourrait, au contraire, en partant de cette expérience , qui fait le plus grand honneur à MM. Fizeau et Foucault, déterminer sans peine les déviations des plans de polarisation des divers rayons. Mais, de quelque manière qu'on procède, Taccord entre le calcul et Texpérience ne laissera jamais rien à désirer. M. Biot donne une règle d'arithmétique fort simple par laquelle on prévoit tout de suite les nombres des intermittences qui doivent se former nécessairement ou facultativement, dans l'une et l'autre image, à travers toute plaque d'épaisseur donnée, pour chaitue position de la section principale de l'analyseur. Ces nombi'es croissent graduellement, par sauts brusques, à mesure que Tépaîstsëur augmente ; et il est assez singulier que dans une même plaqué, quelqu'épaisse qu'on la suppose , les nombres qui appartiennent à Tua ou à l'autre des deux specires ne ^aisseHt janmis différer totre AUX de flm d'uBe unité.
8.-9 mars 1846. Noie sur des mémoires de Fresnel qi(on croyait égarés, — M. Biot a appris de M. Léonor Fresnel, que tous les mémoires présentés à l'Académie par son illustre frère, et aon imprimés, sont entre ses mains parfaitement complets, dans leur état de rédAdtion définitif attesté par la signature des secrétaires perpétuas Cuvier et Delambre.
Parmi ces mémoires, M. Biot en distingue et signale dëtit qui semblaient devoir reporter sur lui et M. Ârago, une rei^ponsàbflité qu'as ne peuvent accepter. Ils avaient été chargés, il est vrai, de faire un rapport à l'Académie sur ces travaux vraiment remarquables, mais il est ceitaiti qu'ils ne sont jamais arrivés dans leurs mains. Le premier de ces mémoires a pour titre : sur les couleurs dévetop^ pées dans les fluides homogènes par ta lumière polarisée. Il fut présenté le 30 mars 1818, et contient 20 pages sur grand papier. Oii y , yoit teiue I» «uite d'idées, d'elipérienccs et de catculs> par )es(}uels Fresnel était §2^ v/e^u à rattadier le dé? el^ppcmeoti l'orérs et ta oeapositioa de ces couleurs au mode général de la double réfraction k
1728 MlSGELLANËil.
polarisation rectrangulaire comme il Tavait fait pour les couleurs des lames minces cristallisées, découvertes par M. Ârago, lesquelles se présentent expérimentalement avec l'apparence d'un mode de polalarisalion spéciale distinct de celui-là. M. Biot rappelle avec quels éloges justes et sincères il avait applaudi à cette belle application dans un mémoire présenté à TAcadémie en 1818.
Le deuxième mémoire est intitulé : Mémoire sur ta ré flexion de la lumière. Il n'est connu que par un court extrait de six pages in-8, inséré en 1820 dans le tome 15 des Annales de physique et de chimie.
Si l'espace ne nous avait pas manqué, nous aurions inséré dans notre répertoire une longue analyse de ces deux mémoires, quoiqu'ils n'ajoutent aucune idée théorique, aucune expérience fondamentale que nous n'ayons déjà fait suffisamment connaître, an moins dans tout ce qu'elles ont d'essentiel ; ces mémoires, d'ailleurs, ont été publiés dans les Annales de physique et de chimie^ ainsi que dans les mémoires de l'Académie des sciences.
9. — 14 septembre 18A6. Rapport sur un appareil construit par M. RUHMKORFF, pour faciliter l'exhibition des phénomènes optiques^ produits par les corps transparents^ lorsqu'ils sont placés entre les pôles contraires d'un aimant d'une grande puissance, — Notre troisième volume renferme une analyse de ce rapport qui n'ajoute rien de nouveau aux faits découverts par M. Faraday.
10. — 15 novembre 1846. Sur deux produits chimiques obte^ nus par M. Mitscherligh. — Le premier de ces produits est dn sucre de fécule en cristaux définis, transparents, limpides, ayaht des faces bien nettes, mutuellement inclinées sous des angles fixes. Ils n'appartiennent pas au système régulier, et possèdent la double réfraction à un degré assez énergique.
L'autre produit consiste en cristaux de chlorure de soude dont la forme appartient au système régulier. On y a reconnu des effets de polarisation lamellaire, ce qui indique un groupement de planeurs individus.
11. — 15 septembre 18&7. M. Biot met sous les yeux de TAcadémie un appareil tomtruit par M. Barthélémy Biânghi, pour C étude
MIÉMOIRES DE M. BIOT. 1729
phénomènes de polarisation roiatoire. — Le perfectionnement principal apporté à cet appareil consiste dans l'adjonction d'enveloppes métalliques munies intérieurement d'agitateurs et de thermomètres, où l'on peut produire des températures diverses en y faisant passer des courants d'eau ou de vapeur. On pourra ainsi étudier plus facilement les modifications passagères que la diversité de température opère dans les pouvoirs rotatoires.
12. — 23 octobre 1848. Rapport sur un mémoire de M. L. Pasteur, avec ce titre : « Rapport sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline^ la composition chimique et le sens du pouvoir rotatoire. » — M. Biot confirme, sans y rien ajouter d'essentiel, les résultats et les conclusions du beau mémoire de M. Pasteur. « Ce travail, ajoute-t-U, n'a pas seulement le mérite d'avoir été dirigé avec une sagacité rare, vers un but élevé ; l'auteur est arrivé par cette voie à une découverte des plus imprévues, et le procédé d'investigation qu'il a employé peut avoir les applications les plus fécondes. »
M. Pasteur avait trouvé que le moyen le plus excellent pour mettre en évidence le pouvoir rotatoire, quelquefois très-faible, des cristaux étudiés par lui, était la plaque à deux rotations de M. Soleil. M. Biot a vérifié ses assertions par le même procédé : c'est un heureux précédent et un acte de justice on peu tardive.
13.— 22octobrel849. Aipporf iartiwmrfmotredeM. L. Pasteur, ayant pour titre: « Recherches sur les propriétés spécifiques des deux acides quicomposent Vacide racémique, » 14 pages. ^Ge rapport ajoute au mémoire deM. Pasteur quelques expériences nouvelles qui donneraient,8'il était possible, un plus grand degré de certitude aux résultats et aux conclusions du jeune et savant cristallographe. M. Biot s'est assuré 1* queTacide dextroracémique combiné avec l'acide borique donnait des produits, dont la puissance rotatoire était la même, à proportions égales, que celle des combinaisons de l'acide tartrique avec l'acide borique, ce qui démontre l'identité des deux acides tartrique et dextroracémique ; 2* que l'acide dextroracémique et l'acide lévo * racémique avaient le même pouvoir réfringent> la même double ré* fraction attractive ou répulsive.
M. Biot rappelle que la découverte des deux nouveaux acides n'est
1730 MISGELLAKU.
j^oint due au hasard; elle fut la conséquence des recherches théoriques de M. Pasteur. Il ajoute que rbémyédrie nqn superponable n'entraîne pas le pouvoir rotatoire : ainsi le sulfate de magnésie et le sulfate de zinc ont ce genre d'bémyédrie et ne dévient pas le plan de polarisation. Gela n*a rien d'étonnant : le pouvoir rotatoire se trouve attaché à un principe organique qui le possède primitivement, et qui souvent le conserve encore après que son mode de groupement intérieur» toujours fort complexe, a été attaqué ou même en partie changé par la substitution de quelques autres éléments chimiques , de sorte qu*il ne le perd tout à feit, qu'après avoir été modifié profondément jusqu'à un d^é d'intensité, dont on n*a pas encore fixé la limite probablement diverse.
Il conclut enfin que le travail de H. Pasteur est la continqation à la fois intelligente, habile et patiente de ses premières recherches ; que c'est un chapitre tout nouveau de chimie, que H. Pasteur a eu le bonheur ainsi que le talent de commencer et de finir.
14* '— 10 décembre 1849. Sur la manifestation du pouarir rma* tcire moléculaire dans l$s corps solides^ — H. l<aurent avait appris % M. Biot qu'au moyen d'une manipulation spéciale, il pouvait fondre par ia chaleur^ et solidifier ensuite à Vétài amorphe^ des masses d'acide taririque pesant jusqu'à 200 ou 800 grammes, en les conservant transparentes, sans leur faire rien perdre de leur substance^ Q^ en leur en faisant perdre à sa voIoQté. Sf . Qiot présente à V^ca- 4éQ)ie les {produits de la manipulation habile de M. L9ure^t, ?t mentionne les résultats qu'ils lui ont fournis, en les étudiant dans l'état sqU4e où ils se trouvent* Ceus^ qu'ils ont çfferts dans leur retour à Vétat liquide, ^lant redissous dans Teaui feront l'obj^ d'we cpn^municatioi^ ultérieure,
li'acide est fondu, à feu nu, dans des fioles de ferre mii|C6^ avec des précautions qui préviennent sa carbonisation partiellOi Quand il est arrivé au degré requis, on le vei^e beujitont dans des cuves rec- Ungulaires, à parois de glace, et on le laisse se solidifia. Si on l'interpose dans le trajet du rayon polarisée pendant qu'il est enccm chaud et liquide, on lui trouve un pouToir rotatoire très-énergique vers la droite. L'élévation de tempâ^ure exalte alors son action dans ce mi»^ fhm que la privation d'eau ne tend à i'aSiûblir. Cette
MÉBfOttM m M^ BIOT. I9S1
tMMM|ii|iail0e dtainoe à foâfore qu'A m ttbniàitf «t ioraqn'il est nwÊm^ittÈBmpitmftmiiua^^ le» dévUtiotts qa'M teprtee lit hpiière poitrisée ne ie déeèiest plm q«e par de légeii chMgeneiita de WÊÊmm dns kt images cvanfmbes par le priame analfflear, ^piiDd <Hi l'éearte AtnMhemmt dans de très-petites ampihudes anf^lairea à droite et \ gaueiie d« plan de polarkatien primitif. Les effets feittmnta eAmal aiwri le eamstère d'affaiMissemeiit q^éeial, ^pie b bcwmki tirée des aoiatioas aqeeoses faisait présager. Ca m- «eloppe M camede gto^e pîUe, «t le pian de pelarisattoa déffede § degrés, ainsi que l'indiqaait la théorie.
ÀmA doue l'aeUe tartriqne aaiîdf&é l| l'étet aMorpIfê, noiMeÉleantlttvîe 1^ plans de pelaritalkn 4s la liinrfêre, mais eiMore eon* tin» eiaoMifint leiffâflie lai pfarsîqae de Tarlafcilté qui règfle ses cSielsesas iafiaede aohftioa aq«e«e«
▲ ees doez exsmpies de corps selidesi le eners d'orge et ractde . lirtRfM «uppmi la po^nreir reutoire, on peut ee ajouter «ne iofi* •ité é'aetoes» L'acide aariripe et hi^e berkpM, mis par U înskm ignée dans U^^sàm les pnopartiiN» ai ih peamt festev ombioés, dwHiwrt des p«od0ils ipri exeiveat le poonMiir rsfeataiif atee iiae trèsgrande inleosiaé. Si la (paatM d'acide borkiiie erelt eo praportloa prîtkaiélHiae» le pomoirreialDire croit pMpertkmaeBeflieiit.
Les tartiatûB aiepinis, sîa^es oa âsaUes, fondus dans lemr eaa de mstallifiii(Ni« sa soliditait anasi« par le refreîdkseaiwit, en maa« ses timspai!«Dte9 dsiis lesqneUss le pouyeir MMoîm persiste à aa manifaeler par nue fraade paiasanoe de dét iadop.
Hf av^H tsngtgwgn «ine M. 9iot avait désM troofer im eorpsqaf , à Tétat solide, coatmiranapt au qnartz, manifestât le pewroîr rota^ taire avee le «£0» tand&re d'ini}i^tt>l^ ÎBMléealafre quli f état Hqittda. « II, jfaqrant, dJ^il m pant pas saivir qwd pUsir on prodm à on vieiiUard* an li» donnant les nwiwna de réaliser nne idée fgà% a dcfiii9lai|gtanq>sMiK!iK| je déére qne taa nacoiuiainnooa letai apprenne s
IÇ» —11 mars 1849. Tleeherches expérimentales ayant pour but de savoir sil'eau pris de son maximum de demité auprès de son point de congélation^ mais encore liquide^ exerce ^elque aqtioj) car lalamièrapolariséç.
1732 MiSGIULLANEA.
Un savant anglais fort distingué avait appris à H. Biot, qae des physiciens de Londres avaient, disait-on, aperça des effets de polarisation sensibles près du maximum de contraction de Tean ; ce qui l'engagea, à reprendre des expériences qu'il avait faites autrefois. Il n'était pas hors de vraisemblance que les molécules de l'eau se tour- . nassent les unes vers les autres, suivant certaines directions polaires; et si ce mouvement intestin s'opérait avec continuité et régularité dans toute la masse, il pourrait bien rendre l'eau capable d'agir sur la lumière polarisée^ à la manière des verres que l'on trempe on que l'on comprime.
M. Biot se servant del'appareil construit pour lui, par M. Bianchi, a donc rempli d'eau nn tube argenté à l'intérieur, long de 502 millimètres, de 37 millimètres de diamètre et jaugeant 586 centimètres cubes. Un thermomètre très-sensible indiquait à chaque instant la température du liquide, et cette température du 16 octobre 1849 au 1" février 1850 varia de 11* à — 2%3. Chaque jour et plusieurs fois par jour. M, Biot visita son appareil t aucun mouvement possible ne pouvait agiter l'eau contenue dans le tube. Pour saisir jusqu'aux petites traces de pouvoir rotatoire, M. Biot avait eu recours à une plaque à deux rotations.de la construction plus sensible. Or, dans le cours de ces longs mois, M. Biot n'a observé aucune déviation ; et, d'après le long intervalle de temps dorant lequel il a suivi ces effets, comme aussi d'après l'ensemble des précautions qu'il a prises pour les rendre sensibles, s'ils s'étaient produits , il croit être en droit de conclure, que l'eau distillée liquide, aux environs de son maximum de contraction et vers son point de solidification, n'exerce aucune action appréciable sur la lumière polarisée.
Cette expérience négative ne prouve absolument [rien au fond: si le tube de M. Biot avait été deux fois, trois fois, quatre fois plus long, n'aurait-il pas observé quelque déviation 7 Et puis, qu'il nous permette de le lui dire, la lente expérience tentée par lui pouvait et devait être remplacée par une expérience beaucoup plus impor-* tante. Il fallait recourir à l'admirable appareil de M. Arago, au réfracteur iftlerférentîel ou à l'isodostat, et observer par le déplacement des franges d'interférence les variations que subit i'eau dans sa densité de -4- 10* à — lO'» par exemple. On se rappelle qu'à l'occasion de l'élection de M. Despretz, comme membre de l'Académie des
MÉMOIAES DE M. BIOT. 1733
sciences, M. Arago contesta les conclusions des recherches de H. Despretz, et alla jusqu'à nier que l'eau eut un maximum réel de pouvoir réfringent, et peut-être même de densité. M. Despretz se doit à luimême de revenir sur ce point capital ; nous l'y engageons vivement. Dans huit jours l'appareil peut être disposé, et en s'aidant d'un mélange réfringent, l'expérience que M. Biot a prolongée pendant cinq mois sera achevée en quelques heures.
16. — Sur les modifications qui s^ opèrent dans le sens de la polarisation des rayons lumineux lorsqu'ils sont transmis à travers des molécules solides ou liquides soumis à des influences magnétiques trés'puissantes. — 1*' article. C'est une énorme brochure de 51 pages in-A"* très serrées et extraites du Journal des Savants.
Le but évident de M. Biot a été de jeter des doutes sur la vérité du système des ondulations. Il parle aux hommes du monde, et leur donne un aperçu des principaux phénomènes de l'optique. Dans l'intérêt de la Justice et de la vérité, nous relèverons dans cette longue notice qui ne contient absolument rien de neuf, quelques passages qui nous ont vivement centriste.
Page 19. « Quant à la dispersion, plusieurs géomètres ont fait de grands efiorts d'analyse pour la déduire mathématiquement de Phy-* pothèse ondulatoire : mais je serais hors d'état de traduire leurs calculs en conceptions physiques, » Pour ceux qui ont lu notre premier volume y cette assertion paraîtra étrange : La loi de dispersion s'énonce très-simplement comme il suit : le carré de la vitesse de pro* pagation d'un rayon simple qui pénètre dans un milieu isophane se compose de deux termes, l'un constant, l'autre réciproquement proportionnel au carré de la longueur d'ondulation. La raison de la dispersion, c'est que, pour la lumière, la sphère d'action des molécules n'est pas infiniment petite comparée à la longueur d'onde.
Et voilà les conceptions physiques que M. Biot place hors de sa portée! Il est vrai que ces conceptions ont été formulées par M. Gaucby, et que M. Biot ne veut pas et ne peut pas entendre parler de son illustre confrère, dont le nom n'apparaît pas une seule fois dans sa brochure.
Page 3^. Note. « Huyghens était un très-grand génie, mais spécialement géométrique et mécanique , et ne saisissant tes idées que
1784 MIICBLLAIIIA^
reTétoM d'on corps.*.. On peut Atre uu trti-tN» gteiDètre et mtrèi» mauvais philosophe. > Non» protestons avec tous les historiens contre cette affirmation. Ouvrez la première encyclopédie estimée* par exemple, le Penny qfttapœdia : ^ous y lireiqn'Enygheos était un philosophe éminemment remarquable par son exactiiudet ^ pénétrai tîoH et une fraîcheur d'inteUégence qui ne L* abandonna jamais
Dire de l'immortel auteur du traité de la lumière], qa*il ne saisis* sait les idées que revêtues d'un corps, c'est formuler un jugement incroyable. Le syfrtème de Témlssiott , te système de Newton, c'^est précisément te système matérfél; té système de Hayglkens, te système des ondolsfions, c'est coinparatlreinént te système immaté- Hel \ l'an est corps « I^aâife esprit flnyghéns est te préinlef philosophé dtt continent, dît le biographe anglais, qut ait donné son assentiment tn Hvre des principes; s'il Ini est échappé de dh-e que le prteoipe de l'attfsctlmi Nèwtodienne Inf paraissait âbsnrde, (fest en tant qne l'on atirait adopté la réalité de l'àttrâctloit s ce dont Newton hBrt<4i}ênie m défeddalt. A l'eteeptioft de l'écde deLaplace, tons les pMlosojplies sérient ont p^octamé, qne podf eni , l'attraction universelle était non une force réelle, incompatible aves Tessence de la tataâère , mail une fèrce esplicatiye. Ht. Blot crott-it traiinent i la réalhé de l'attraetiMT La source de sa colère contre rioygbéiiSt ^ «it qo'BoyglMns est le créateur de la théorie des oftdntatkm*.
Page 50« M. tiot insinne qne lés géomètres n'ont pas encore dé* montré la possibilité d'en monrentent propagé rlgonfeasémeM éfl ligiie droite I dans Un itftd# éiastiqne^ sans commiMeathm latMlo sensible 1 snltam Inl donc, la théorie des ondulations û^kMtiûi pâ encore ei pttqné la propagatton rectiiigne et le phénomène de la df f^ fraction. U i^oote cependant qne cette dlAcoltê ne parait pis Itts6< Inble. Poisson, anx derniers motnente de sa vie^ erèyait être paiff enïr à la loter. Mais iTO l'a ait, il a emporté son secret dans le tombeatt. ^ ITon , M. Biot, le secret n'a pss été emporté dans le tombeau; M. Canchy atait, atant tf. Poisson, résoln compièteméht la dtffi* enlté ! it est vrai que tout oe qui tient de M. Câncby est ponr vomr tomme non avenu.
Quelques lignes plus bas, en revenant à la dispersion :> SlPntfièl aitùii 0écu, nous saurions quelque chose, s Ëresnet est mort, et cepén-
MÉMOIRE» DB tl« ÛAUGHT. 4735
âne mm9 batmis beanconp ; ce que Fresnel a tentA pltirietifs fob et [lias hd^itomeiit qne personne, M. Canchy Fa réalisée Encore «ne bài. M, Bkit fie connatt pas M« Ganchy* Il ne a*était point proSnit 8009 ?e goMk tine antipathie anssi yite^ ^
M. Biot enfin aonlôve an dernier doote : «ComftténtcoBCeTéir nne régolarité persistante dana des mDienx agités, aussi dlsjoiiltsqnepa^ raisseiit l'6trd les snlistances enflammées? On me trompè-je en stqiposant qne l'exacte continnité de ces Tibratidns e! ^elle des ondes lominenses qui en résnltei est une condition indispensable dans Vhypotfatee ondulatoire simple? i^ G-est bien tague. C'est bîeH obscur i maisii^ niême M. Biot sera encore vaincu : les belles etpéHences de MM. Fizeau et Foucault ont complètement mis eb éVidéikce dette régnlariié parfaite des iiiouvements ondulatoires.
En résumé, M. Biot doute encore. Il doute, mais ce doute est-il légitime, est-ce un doute de bonne foi ? Noos en dotttona noas-flotnie^ quand nous voyons que riliostre physicien s'obstine à ne parler d'aucun des phénomènes qui ont décidé ïa grande question qu'il soulève, et démontré que le système de rémission n'est pîtis piÂsible. Il ne dit pas un mot des faits singuliers de la réfraction conique; preuve irréfragable dé là réalité de la surface de l'onde d'Huyghens et de Fresnel; il passe sous silence la belle expérience de U« Arago» dans laquelle une lame de mica retarde réellement le rayon qui est forcé de la traverser, cjmtrairement an principe de l'émiMion; il ne fait pas même allusion à la non-intenférence des rayons polarisés a angle droit, etc., etc. Mais la acienoe a fait depuis un grand pas en avant: M. Jamin à nlesuré expérimentalement le rapport des axes de l'ellipse décrite par la molécule lumineuse, ^t ce rat)pbrt est précisémeiît exprimé par le nombre que donneraient les formule» de M. Gancby : la molécute lumineuse décrit donc réellement une (jlipae, el é'cn eat fait vne dernière fois dtt synâme de l'éMiiiiiefl.
ANâtTÈS l>BS HÉMOinrt ET NOÏES OE tf« GAt6flT.
1. — 80 août 18b7. Sur la polarisation chromatique, -^M* Gau-* cby» à l'occasion des recherches de M. Yon Ettingshausen» prend date, assure ses droits de priorité et cite une formule qui peut représenter les phénomènes de polarisation chromatique.
1736 MISGELLANBA.
2.— 17 janvier 18&8. Sur la lumière réfléchie par ta surface <fun corps opaque et spécialement d'un meia/.— Concevons qne Ton fasse tomber nn rayon lumineux sur la surface d*un corps opaque, maisisophane, par exemple, d'un métal, et nommons i l'angle d'inci* dence formé par le rayon lumineux avec la normale à la surface réfléchissante. Soient d'ailleurs c, e^ deux constantes tellement choisies que les deux produits c cose, c sin e^ représentent sous l'incidence perpendiculaire d'une part l'indice de réfraction, d'autre part le coefficient d'extinction. Soient maintenant P, J^ les intensités de lumière des rayons réfléchis, suivant que le rayon incident est polarisé perpendiculairement ou parallèlement au plan d'incidence. On trouve, sous l'incidence perpendiculaire :
H = Ji = tang(^ — J),
^ étant donné par la formule
cot ^=cosesin (2arctangc); et sous l'incidence oblique
P = tang(y-Jj,J«=tangJx— J)> les valeurs de ^ et de x <^tant déterminées par les formules cot f> = cos (2 e — II) sin (2 arc tang -j — j-.j,
{cosi\ 2 arc tang— —I,
dans lesquelles on a
f^ sin A ^, /sin2e\a
cot (2ti — e)=:cotecos jaarctang— I, =^11-^1 c.
Si le rayon incident est polarisé suivant un plan quelconque, il pourra du moins être décomposé en deux autres rayons polarisés, Tun suivant le plan d'incidence, l'autre perpendiculairement à ce plan. Si l'on suppose ces deux rayons doués, avant la réflexion, de la polarisation reçtiligne, en sorte que leurs nœuds coïncident, la réflexion opérée par la surface métallique, séparera ces mêmes nœuds, et si d représente, après la réflexion, la différence entre les phase; des deux rayons dont il s'agit, on aara