Élections législatives générales
— À Alger, les musiques militaires et de nombreux officiers prennent part à des manifestations antijuives.
10. — A Bruxelles, conférence du professeur Lucien Anspach sur l'affaire Dreyfus.
41. — Le Temps dit que les membres du Conseil de guerre et leurs avocats se
sont réunis chez M° Ployer pour arrêter la ligne de conduite à suivre au procès de Versailles.
13. — Conférence entre le premier président Périvier, le procureur général Bertrand et le bâtonnier Ployer sur les dispositions à prendre en vue du procès de Versailles.
— Un membre de la Délégation d’Alsace-Lorraine écrit au Siecle que l’on se refuse, en Alsace, à croire à la culpabilité de Dreyfus.
44. — La Cour de cassation se prononce pour la compétence de la juridiction correctionnelle, dans l’affaire des experts contre Zola.
— Louis Régis, frère de Max Régis, est condamné à trois mois de prison par le tribunal d'Alger pour outrage aux magistrats.
— Le Siècle signale les agissements de l'ambassade de France à Saint-Pétersbourg contre la revision.
Le conseiller d’ambassade de Vauvineux raconterait que Zola a reçu deux millions. L’ambassadeur de Montebello aurait demandé au tsar de faire cesser la campagne des journaux russes en faveur de la revision et se serait particulièrement plaint du sénateur Zakrewski. Une photographie des fausses lettres de l’empereur d'Allemagne aurait été montrée à différentes personnalités russes.
45, — Drumont, élu député à Alger, dénonce, dans ses affiches de remercie-
— 174 — Mai 1898.
ment, « les misérables qui ont organisé l'affaire Dreyfus, de complicité avec l'Allemagne ».
46. — Georges Thiébaud publie une brochure: Les Confidences de Zola, où il prétend que Zola aurait reconnu être «l'instrument d'une conspiration angloallemande pour faire disparaitre la France ».
— Lola recoit de Salonique un album offert par un groupe de jeunes gens.
47. — Un « catholique » qui signe Justin Vanex publie une brochure intitulée Coupable ou non, concluant à la revision du procès Dreyfus.
18. — Develle, ancien ministre des Affaires étrangères en 1894, candidat ballotté dans la Meuse, dit dans un appel à ses électeurs :
J'ai toujours réprouvé la campagne antipatriotique des soutiens du traître Dreyfus. Je donnerai l'appui le plus énergique aux mesures qui auront pour but d'assurer le respect de la chose jugée.
— M. Paul Viollet, de l’Institut, écrit, au journal {a Vérité, une lettre où il se proclame « dreyfusard ».
49. — Albert Réville commence, dans le Siècle, la publication des Étapes d’un intellectuel.
20. — Le juge d'instruction Bertulus demande à Possien, rédacteur des articles du Jour, de justifier son affirmation sur les entrevues de Schwartzkoppen et de Picquart à Carlsruhe.
Possien ne répond à aucune des questions du juge.
— Les Droits de l Homme attribuent à Léon Bourgeois le propos suivant :
Nous savons que Dreyfus est innocent. Mais si nous le disons tout bas, la raison d'Etat, hélas! nous empêche de le dire tout haut.
Ce propos sera démenti le lendemain par Léon Bourgeois. Les Droits de
l'Homme invoqueront le témoignage du député Pierre Baudin, qui répondra évasivement,