Formation du cabinet Dupuy
Charles Dupuy, président du Conseil et ministre de l'Intérieur; Guerre, de Freycinet ; Marine, Lockroy ; Justice, Lebret; Affaires étrangères, Delcassé ; Commerce, Delombre; Finances, Peytral; Instruction publique, Georges Leygues ; Travaux publics, Krantz ; Colonies, Guillain ; Agriculture, Viger.
Les décrets seront signés dans la soirée du lendemain et paraitront à l'Officiel le 5.
— La Chambre criminelle décide qu’elle entendra, le 8 novembre, les anciens ministres de la Guerre Mercier, Billot et Cavaignac, et, le lendemain, les anciens ministres Zurlinden et Chanoine. Elle délègue le conseiller Laurent-Atthalin à l’eflet de procéder aux mesures d'urgence.
— Le juge d'instruction Flory rend une ordonnance de non-lieu en faveur de Judet, sur la plainte en usage de faux déposée contre lui par Zola.
— M° Cabanes,'avocat d’Esterhazy, proteste contre la divulgation du télégramme adressé le 25 août par Esterhazy à M° Tézenas, et dont lecture a été donnée à l'audience par M° Mornard.
— Article de Jean Hess dans /e Matin sur le régime auquel est soumis Dreyfus aux îles du Salut.
— M9 — Novembre 1898.
4. — Le cabinet Dupuy fait dire officieusement qu'il « est résolu à faire respecter scrupuleusement les décisions prises et à prendre par la Cour de cassation ».
— D'après /e Réveil de l'Aube, M. Mouy, maire de Troyes, aurait entendu le général Chanoine, ex-ministre de la Guerre, déclarer lui-même qu'il n’y avait «rien ! rien! » qui fût relatif à Dreyfus dans le dossier secret.
— La presse antirevisionniste dit que si le capitaine Lebrun-Renault garde le silence sur la question des aveux, c’est que le général Risbourg lui a, en 1895, interdit toute divulgation.
2. — Me Callé, huissier à Paris, remet au juge Josse, subdélégué par le conseiller Laurent-Atthalin, une lettre d’Esterhazy, écrite sur papier pelure quadrillé, et datée du 17 août 1894. Voir à cette date. (Cass.: 7, 660-670.)
— Note de /’Agence Havas (journaux du 3) :
Plusieurs journaux ont relaté ce qui se serait passé dans la chambre du conseil de la Cour de cassation, après la mise en délibéré de l’affaire Dreyfus. Nous sommes autorisés à déclarer que leurs récits, tant sur les incidents de la délibération que sur l'attitude, les opinions et les propos qu'ils prêtent à certains magistrats sont absolument inexacts.
Aucune parole n’a pu être entendue du dehors, puisque la salle des délibérations était surveillée et défendue à toutes ses portes, et aucune indiscrétion n’a pu être commise par des magistrats que lie le serment professionnel « de garder religieusement le secret des délibérations ».
3. — Article du Petit Journal intitulé : La Trinité Manau, Bard, Mornard. La Chambre criminelle y est dénoncée comme participant à un complot organisé par le Syndicat, et le journaliste applique aux deux magistrats cette phrase du réquisitoire visant Henry : « Quoi qu'il en soit, c’est le faussaire qui parle. »