‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 130 sur 244 · Chambre criminelle. Déposition du général Roget. a · texte numérisé non relu

Chambre criminelle. Déposition du général Roget. a

Le président donne connaissance à la Chambre d’une lettre du ministre des Colonies, par laquelle il informe la Cour du désir formulé par Dreyfus d’être autorisé à communiquer à ses frais avec M° Demange, son avocat, et sen remet à la Cour du soin d'apprécier la suite à donner à cette requête.

La Chambre émet l'avis que cette faculté soit accordée à Dreyfus.

Le président fait ensuite part à la Chambre d’une visite du général Zurlinden, gouverneur de Paris, venu pour l’entretenir de la situation de Picquart et de l’époque où il pourrait être statué sur les poursuites militaires dont il était l’objet.

Rejet de la demande faite par Cavaignac, de prendre copie de sa déposition. (Cass.: 1, 67.)

— Barthou, nommé président du groupe des républicains progressistes, déclare se rallier à l’avance à la solution qui sera adoptée par la Cour de cassation.

— D'après /e Soir, le général Zurlinden aurait menacé de remettre sa démission de gouverneur au ministre de la Guerre, si on ne le laissait pas libre de faire juger Picquart par le Conseil de guerre.

— Henry Leyret publie la correspondance d’Esterhazy sous ce titre: Lettres d'un coupable.

— Boissy-d'Anglas, ancien député, écrit, dans /a Haute-Ardèche, que Cavaignac, étant simple député, avait affirmé, sans l’avoir jamais ni lu ni vu, l’existence d’un rapport du capitaine Lebrun-Renault.

— Le Siècle publie un supplément consacré à la reproduction des articles de Saint-Genest, dans le Figaro, sur le général Mercier, avant, pendant et après le procès de 1891.

— Le commandant Forzinetti est nommé trésorier général de la principauté de Monaco.

— Hyacinthe Loyson fait, à Biarritz, une conférence sur l'antisémitisme et l'affaire Dreyfus.

22. — Chambre criminelle. Suite de la déposition du général Roget.

— L'Umon Républicaine du Jura affirme que le dossier secret ne contient aucune preuve de la culpabilité de Dreyfus.

— Lettre de M" Lucie Dreyfus à son mari :

.. J'ai eu connaissance il y a quinze jours d’une lettre de toi dans laquelle tu aurais, paraît-il, déclaré ta résolution de ne plus écrire, même à moi.

23. — Chambre criminelle. Suite de la déposition du général Roget. Déposition du lieutenant-colonel Picquart.

— La Commission sénatoriale, saisie d’un projet de loi d’amnistie voté par la Chambre des députés, avec exclusion des délits commis à propos de l'affaire Dreyfus (Affaires Zola et Gohier), rejette cette exclusion par 5 voix contre 2.

— Le Matin dit qu’il a été saisi 43 lettres d’Esterhazy dans un coffre-fort privé du Crédit Lyonnais.

.— La Liberté rapporte et commente l'envoi à Dreyfus d’une lettre mystérieuse. 7

— Réunion publique à Lyon, sous la présidence de M. Lépine, professeur à la Faculté de médecine. Ordre du jour réclamant la mise en liberté du colonel Picquart « héroïque soldat de la justice ».

24. — Chambre criminelle. Fin de la déposition du général Roget.

— Le colonel Picquart est renvoyé par ordre du général Zurlinden, gouverneur militaire de Paris, devant le 2° Conseil de guerre, qui se réunira le 12 décembre.

— 996 — Novembre 1898.

L'Agence Havas indique la composition du Conseil : je Président, général Dosse. Juges, les colonels Chamoin, de Mazieux, Bonnal, Heimburger, les lieutenants-colonels du Liscæt et Duchassaing.

—— Le gouvernement autorise enfin M"° Lucie Dreyfus à envoyer un télégramme à son mari.

— Le Siècle publie une lettre ouverte d'Yves Guyot à Freycinet.

— Brunetière fait saisir la brochure les Raisons de Basile, qui reproduit les lettres écrites par lui, au cours de sa polémique avec Yves Guyot dans le Siécle.

— Louis Havet prend l'initiative d’une protestation populaire contre les persécutions dont est victime le colonel Picquart,.

Les soussignés protestent, au nom du droit méconnu, contre les poursuites et les persécutions qui frappent le colonel Picquart, l'héroïque artisan de la revision, à l’heure même où celle-ci s’accomplit.

Les listes, distribuées par la Ligue des Droits de l'Homme, se couvrent de signatures.

Page 1