Chambre criminelle. Suite de la déposition de Picquart
— M. Laurent-Atthalin recoit la déposition de Jules Roche au sujet de ses relations avec Esterhazy. (A cette déposition sont annexées les lettres d'Esterhazy à Jules Roche, notamment celle où il écrit : « le commandant Henry est mon débiteur depuis 1876. ») (Cass. : 7, 709.)
— Le Sénat adopte la proposition de Constans portant extension à la juridiction militaire de la loi du 8 décembre 1897 sur la réforme de l’instruction criminelle. L’amendement de Marcère est repoussé par 196 voix contre 52.
Waldeck-Rousseau dépose une proposition de loi tendant à compléter l’article 445 du code d'instruction criminelle. La Cour de cassation serait autorisée « à ordonner d'office de surseoir àtoute poursuite, instruction ou instance devant toutes juridictions, lorsque ces poursuites lui paraîtront viser des faits connexes à la procédure de revision ou lorsque ces poursuites seront de nature à lui faire obstacle ».
L'urgence est repoussée par 413 voix contre 113. Des rectifications au procèsverbal établiront qu’il y avait eu une majorité en faveur de l’adoption.
Joseph Fabre affirme que l’on a déposé en son nom, dans l’urne, deux bulletins négatifs.
Les sénateurs Couteaux et Galtier formulent des plaintes analogues.
— Jules Claretie, dans /e Temps, fait l'éloge du colonel Picquart.
— Hervé de Kérohant, par une lettre adressée à Lucien Victor-Meunier, adhère à la protestation en faveur du colonel Picquart. {Rappel.)
— Une revue de Lausanne, /a Bibliothèque Universelle, publie, sous la signature de M. Tallichet, son directeur, une étude sur l'affaire Dreyfus.
2. — De Freycinet promet au député Breton de s'employer à empêcher le huis clos au procès de Picquart.
— M° Mimerel, avocat du colonel Picquart près la Cour de cassation, dépose une requête en règlement de juges.
— Manifestations à la Sorbonne, au cours de Buisson.