Chambre criminelle. Déposition de M. Bertulus
— Plusieurs journaux proposent la candidature du colonel Picquart à la prochaine élection sénatoriale du département de la Seine.
— Christian Esterhazy proteste contre les mensonges de son cousin, dans les Dessous de l'affaire Dreyfus.
— Conférence de Francis de Pressensé à Marseille.
— Joseph Reinach renouvelle, dans /e Siècle, l'accusation de complicité avec Esterhazy, portée par lui contre Henry.
7. — Trarieux écrit au ministre de la Justice pour décliner, au nom de /a Lique des Droits de l'Homme, toute responsabilité dans les troubles qui peuvent survenir dans la rue.
— À l'inauguration de l'Opéra-Comique, des cris de « Vive Picquart! » accueillent le président de la République quand il remonte en voiture.
— Le duc d'Orléans télégraphie à André Buffet : « J’approuve pleinement votre lettre à /a Libre Parole. » (Voir au 3 décembre.)
— Me veuve Henry écrit à Joseph Reinach pour protester contre « les allégations abominables avancées contre la mémoire de son mari ».
— M. Declareuil, professeur de droit de la Faculté de Montpellier, dit à son cours, en parlant de la conférence que Francis de Pressensé a faite dans cette ville, le 5 décembre :
« Dans un café borgne, des hommes qui avaient trop bu se sont livrés à une manifestation dégoûtante. Ils nous ont ouvert la voie rouge : nous les y suivrons. »
— Cornély rapporte, dans /e Figaro, qu’un officier d’une garnison de l'Est lui a déclaré que l’armée devait répudier toute solidarité avec les officiers du bureau des renseignements.
8. — Après avoir entendu le rapport du conseiller Laurent-Atthalin, la plaidoirie de M° Mimerel et les conclusions du procureur général Manau, la Chambre criminelle rend un arrêt de soit-communiqué, sur la requête en règlement de juges du colonel Picquart.
Cet arrêt ordonne la communication de la requête aux parquets du tribunal et du Conseil de guerre et la transmission des dossiers à la Cour de cassation. La notification de l'arrêt emporte, de plein droit, sursis au jugement des deux procès.
— Le Sénat prend en considération la proposition de Waldeck-Rousseau, modifiant l’article 445 du code d'instruction criminelle.
— Nouvel article de Joseph Reinach, dans /e Siècle, sur les relations d’Henry et d'Esterhazy.
— M° Henry somme Joseph Reinach de prouver la culpabilité de son mari. Reinach répond qu'il est à sa disposition, à la Cour d'assises, où la preuve est admise.
— Le général Mercier est admis à la retraite.
959 — Décembre 1898.
— Le Conseil municipal de Séloncourt (Doubs), réuni en séance extraordinaire, vote une adresse au colonel Picquart.
— Réunions publiques, salle des Mille-Colonnes, sous la présidence de Duclaux, et à l’Alcazar d'Italie. Manifestations au Quartier Latin.
— Réunion publique à Levallois-Perret. Parmi les orateurs, Octave Mirbeau et Vaughan.
— La loge l'Equerre, de Paris, émet le vœu que le Conseil fédéral expulse de ses rangs « le Fr.". André Lebon, dont les actes d’inhumanité criminelle font cesser pour lui le droit d'être un des représentants de la maçonnerie écossaise ».
— Le docteur Moreau, de l’Institut Pasteur d'Alger, qui a signé une liste de protestation en faveur de Picquart, est conspué par des étudiants.
9. — La Ligue des Droits de l'Homme, en présence de l’arrèt de la Cour de cassation, déclare closes les listes de protestation en faveur de Picquart.
— Meeting revisionniste salle Thomas, avenue de La Bourdonnais. Les réactionnaires ayant tenté d’envahir la salle sont repoussés. Le député monarchiste Lerolle est blessé.
Autre réunion à la Maison du Peuple, à Montmartre.
— Dans un article publié par le Patriote de la Vendée, M. Guillemet, questeur de la Chambre, dit tenir d’un officier, juge au Conseil de guerre de 189%, que ses collègues et lui ont condamné Dreyfus sur la simple affirmation faite, au nom du ministre, de sa culpabilité.