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LS 'ORETE Janvier 1899.
Voici exactement, d’après l'enquête |dit la note}, ce qui s’est passé (le jour où le colonel Picquart devait être entendu, pour la première fois, par la Chambre crimi-
nelle) :
Le conseiller Bard fut chargé d'aller prévenir le lieutenant-colonel Picquart que la
Cour, occupée par d’autres dépositions, ne pouvait l'entendre ce jour-là. Il se rendit par erreur au Cabinet de M. Quesnay de Beaurepaire, président de Chambre, où il croyait qu'avait été conduit le lieutenant-colonel Picquart. L'erreur fut immédiatement reconnue, et M. Bard fut averti que le lieutenant-colonel Picquart se trouvait dans le cabinet du président de Chambre Tanon. Il s’y rendit et trouva là, en effet, le lieutenant-colonel, sous la garde d’un capitaine de gendarmerie et d’un agent de la sûreté.
Et n'ayant jamais vu le lieutenant-colonel Picquart et ne pouvant s'adresser directement à lui, il se borna, après avoir ouvert la porte du cabinet, à prévenir que la Cour
ne pouvait entendre le lieutenant-colonel. Ne CA M. Picquart, s'avançant alors, dit : « C’est moi qui suis le lieutenant-colonel Pic-
quart. »
Il n’y eut pas d’autres paroles échangées.
Voir au 25 décembre 1898.
— Quesnay de Beaurepaire, dans une lettre au ministre de la Justice, se dit prèt à déclarer de nouveaux faits graves concernant M. Lœw.
— Un télégramme de Cayenne au Daily Telegraph dit que Dreyfus est atteint depuis trois jours de la dysenterie.
— L'éditeur Stock publie une brochure: Essai sur la mentalité militaire à propos de l'affaire Dreyfus, signée Verax.
7. — Chambre criminelle. Déposition de M. Grenier, ancien préfet du terri-
toire de Belfort, reçue par le conseiller Laurent-Atthalin : . Jusqu'à ce qu'un arrêt motivé ait établi le vrai, je ne puis croire qu'il soit un infime comme certains le disent. Il a tous les vices, mais aussi les qualités d’un condottiere du xvr° siècle ; par conséquent, je ne crois pas qu'il ait trahi sa bande. Il a toujours, je crois, été un homme à chagrins, à besoins, à combinaisons, cherchant à attraper et y réussissant toujours.
(Cass. : 1,711.)
— Le garde des Sceaux charge le premier président Mazeau d'ouvrir une nouvelle enquête sur les dernières dénonciations de Quesnay de Beaurepaire. Sur la demande de M. Mazeau, le ministre lui adjoindra, le 14 janvier, les conseillers Dareste et Voisin.
— Dans une lettre au garde des Sceaux, M. Mazeau dément les propos que le Gaulois lui à fait tenir sur le compte de la Chambre criminelle, dans une prétendue conversation avec le ministre et avec le général Chanoine.
— Meeting revisionniste, salle Chaynes, sous la présidence de Jean Psichari.
— Réunion de la Ligue des Patriotes, rue de Belleville, sous la présidence d'Ernest Roche. Quelques revisionnistes, reconnus dans la salle, sont frappés et expulsés.
8. — (Juesnay de Beaurepaire adresse au garde des Sceaux sa démission de président de chambre :
.… Monsieur le garde des Sceaux,
J'ai l'honneur de vous adresser ma démission de président de Chambre à la Cour de cassation.
Veuillez agréer.
Il communique d’autre part à l'Agence Havas une note ainsi conçue :
A la suite d’un désaccord survenu relativement à l’enquête ouverte à la Cour de cassation, le président Quesnay de Beaurepaire a envoyé sa démission au ministre de la Justice.
— L'Association des anciens élèves de l’École normale supérieure nomme Jean Jaurès membre de son conseil d'administration.
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ONE ES Janvier 1899,
— A l'anniversaire de Gambetta, aux Jardies, M. Sansbœæuf fait à l'affaire Dreyfus des allusions directes qui provoquent des protestations. M. Gast lui répond au nom des groupes alsaciens revisionnistes.
9. — Chambre criminelle. Fin de la déposition de Cordier. (Cass. : 7, 304.) Dépositions de Paléologue /ibid., 388) et de Hérisson dit Clisson {ibid., 402).
Déposition du commissaire spécial Tomps, reçue par le conseiller Laurent- Atthalin {ibid., 763).
— Le président Læw, dans une lettre au garde des Sceaux, proteste contre les imputations dirigées contre lui par Quesnay de Beaurepaire.
— Quesnay de Beaurepaire donne à un rédacteur de l’Écho de Paris des explications sur sa démission.
— On lit dans /e Soir :
Nous savons de source certaine que l'examen du dossier secret a enfin opéré chez les membres de la Chambre criminelle la même conviction qui a fait affirmer par cinq ministres de la Guerre : Oui, Dreyfus est coupable et a été justement condamné.
— Le Petit Journal publie une lettre du juge Grosjean, adressée au ministre de la Justice et formulant contre le colonel Picquart l'accusation suivante :
Il y a quelques années, M. Picquart... aurait accepté que, devant une juridiction dont je sais le siège, on mit sous les yeux des juges des pièces que le prévenu, inculpé d'espionnage, devait ignorer.
Si cette accusation est fondée, elle est de nature à jeter une vive lumière sur les agis- Hu de M. Picquart dans l'affaire Dreyfus. Je la mets aux débats pour qu'elle soit vérifiée.
— Max Régis est révoqué de ses fonctions de maire d'Alger à la suite de propos injurieux tenus contre les pouvoirs publics.
— Le Siècle publie une lettre signée « Un Aisacien », relative aux incidents de la veille aux Jardies. « Tous ceux, dit cette lettre, des amis autorisés de Gambetta qui lui ont survéeu sont des partisans de la revision. »
10. — Chambre criminelle. Suite de la déposition de Hérisson, dit Clisson (Cass. : 1, 403). Dépositions Fournier (ibid., 40%), Curé (ibid., 406) et Jeannel (ibid., 410).
— M. Bailot-Beaupré est nommé président de la Chambre civile de la Cour de cassation.
— Rapport de l’agent de la sûreté Magnin sur les rencontres du colonel Picquart et du conseiller Chambareaud.
Une copie de ce rapport sera adressée le lendemain par le général Zurlinden au premier président Mazeau.
— Me Henry assigne Joseph Reinach et le gérant du Siecle devant la Cour d'assises, pour diffamation, à raison de l’article du 9 décembre 1898.
— Paul Brulat, dans les Droits de l'Homme, rapporte les déclarations suivantes, qu'aurait faites, en particulier, un juge du Conseil de guerre de 1894 :
Au moment de nous prononcer, nous n'étions pas tous absolument convaincus de la culpabilité de Dreyfus. En tout autre cas, nous aurions acquitté, puisque l'accusé doit bénéficier du doute. Mais il s'agissait de trahison, et nous avons préféré courir le risque de condamner un innocent plutôt que de laisser un traître dans l’armée française.
— Quesnay de Beaurepaire entre, comme rédacteur politique, à /’Echo de Paris, qui publie sa déposition du 28 décembre 1898 à l’enquête sur les magistrats de la Chambre criminelle.
11. — Chambre criminelle. Dépositions Lauth et Iunck. (Cass. : I, 411; 425.) — Gallichet, dit Galli, écrit au président de la Chambre criminelle pour