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— 950 — Janvier 1899.
Gobert, Charavay, Teyssonnières, Pelletier, Couard, Varinard et Belhomme, pour
w'ils en fassent un examen sommaire, le bordereau, les lettres d’Esterhazy du 417 avril 1892 et du 17 août 14894, un certain nombre de lettres d’Esterhazy saisies chez Schmidt et chez Callé et un certain nombre de lettres de Dreyfus. (Cass. : II, 514.)
Dépositions Bertillon, Pelletier, Charavay, Gobert, Teyssonnières, Couard, Varinard et Belhomme. (Css. : 1, 482-488 ; 500-508.)
Déposition Bertillon : … Le bordereau est écrit au moyen d’une espèce d'écriture de sûreté qui, bien qu'ayant été tracée relativement rapidement, présente l'apparence, lorsqu'on l’examine au moyen des procédés spéciaux de l'expertise en écriture, d’être un document forgé au moyen de mots décalqués et mis bout à bout... (Ibid., 483.)
… Nous avons été amené, après des recherches dont nous indiquerons l’origine, à trouver que le bordereau avait été écrit sur le mot intérét mis bout à bout, et cette chaine ainsi formée avait été doublée par un déplacement de cette chaîne, égal à {uu,25.. (Ibid., 486.)
Déposition Pelletier : Je maintiens mes conclusions d'octobre 1894, et, à la suite du nouvel examen des éléments de comparaison émanant du commandant Esterhazy et du capitaine Dreyfus, je crois devoir être plus affirmatif, c’est-à-dire, déclarer que certainement le bordereau ne peut pas être attribué à Dreyfus.
Sur l'examen superficiel que je viens de faire, j'estime qu'il est l’œuvre du commandant Esterhazy. (Jbid., 500.)
Déposition Charavay : … Etant donné qu'actuellement une écriture qui n’a pas été produite en 1894 et qui a une parenté évidente avec l'écriture du bordereau et avec celle de Dreyfus m'a été présentée, je ne peux pas maintenir dans les mêmes termes les conclusions de mon rapport et je ne puis actuellement dire qu'une chose, c’est qu'il y a deux écritures se rapportant à celles du bordereau. Je ferai toutefois observer qu’une des dissemblances typiques relevées par moi entre l'écriture du bordereau et celles de comparaison (le double S) n’existe pas entre le bordereau et la nouvelle écriture. Autrement dit, le double S du bordereau se retrouve dans l'écriture d’Esterhazy qui vient de m'être communiquée. (/bid., 504.)
M. Charavay a complété cette déposition par une lettre adressée le 23 avril 1899 à Gabriel Monod et transmise le 25, par ce dernier, au premier président de la Cour de cassation. (Cass. : II, 341.)
Seconde déposition Gobert : Je maintiens purement et simplement les déclarations que j'ai eu l’honneur de présenter à la Cour. Ma vérification d'aujourd'hui est venue les confirmer. Je tiens pour certain que l'écriture du bordereau n'est pas de Dreyfus, et les éléments de comparaison émanant d'Esterhazy me conduisent à dire que c’est réellement lui qui est l’auteur dudit bordereau. Je ne formule ce qui précède que comme une appréciation, ne pouvant, dans les conditions présentes, faire une vérification graphique complète. (Ibid., 502.)
Le 17 décembre, Gobert avait déclaré à la Cour : « Pour mon compte, c’est une conviction formelle : le bordereau est l’œuvre d'Esterhazy. » (1bid., 270.)
Déposition Teyssonnières : Je persiste dans mes conclusions et m'en réfère entièrement au rapport que j'ai dressé Le 29 octobre 1894. (Ibid., 503.)
Déposition Couard : Je persiste formellement dans les conclusions de notre rapport. L'ensemble de l'écriture du bordereau n'est pas conforme au type que présente l'écriture du commandant Esterhazy.. (Ibid., 505.)
… J'ai examiné aujourd’hui l'écriture de Dreyfus que je vois pour la première fois. Je trouve qu’il y a, entre l'écriture Esterhazy et l'écriture Dreyfus, certaines ressemblances ; mais il y a aussi de réelles différences, notamment dans la pente donnée aux caractères, et je déclare que cet examen n’a pas modifié le jugement que j'ai porté dans notre rapport du 24 décembre 1897. (Ibid., 506.)
Déposition Varinard : Je m'en réfère complètement aux conclusions de notre rapport, et l'examen que jai fait aujourd'hui des pièces que vous avez mises à notre disposition n’a en rien modifié ma conviction. (/bid., 507.) (Voir au 3 février.)
… Déposition Belhomme : … Je maintiens les conclusions des deux rapports auxquels j'ai collaboré... (Ibid., 508.)
— Fin de la déposition Tomps, reçue par le conseiller Laurent-Atthalin. (Cass. : I., 768.)
Déposition Guénée, reçue au domicile du témoin par le juge Josse. (/bid., 719.)
— 951 — Janvier 1899.
Dans cette déposition, Guénée dit « qu’un certain rapport fait à la Cour de cas-
salon » à été lu, la veille du jour de l'audience, chez un M. Eguillon, ingénieur, 24, rue Marbeuf. Le 27 janvier, Guénée ajouta qu'il lui avait été dit que M. Bard assistait à la lecture de ce rapport ; il finit par dire qu’il ne croyait pas grand'chose à cette histoire. {/bid., 721, 728.) — D'après une enquête faite par l’Aurore (n° du 17 avril 1899), il n’y avait, au n° 24 de la rue Marbeuf, aucun locataire du nom d'Eguillon.
… — Enquête Mazeau : Dépositions de Quesnay de Beaurepaire et du greffier Ménard. Quesnay de Beaurepaire remet à la commission deux lettres anonymes et la copie d’une lettre signée (dont il brûle l'original) : lettres signalant les relations du président Læw avec M° Leblois ou avec sa famille.
— Au Sénat :
La commission d'initiative du Sénat conclut, par 7 voix contre #, à la prise en considération de la proposition Bisseuil. (Voir au 17 janvier.)
— La 9° Chambre correctionnelle prononce une condamnation contre le Petit Journal qui avait refusé l’insertion d’une lettre rectificative de Mathias Morhardit, secrétaire de la Ligue des Droits de l'Homme.
Le même tribunal condamne à trois mois de prison, pour diffamation, un sieur Sapin, qui avait reproché à Me Séverine « d’émarger au syndicat de trahison ».
— Le Soir publie une nouvelle interview du général Mercier sur Esterhazy, le bordereau, le dossier secret, les mobiles de « la trahison », l’or étranger, etc.
— En réponse à un article de la Patrie, la Clef du Complot, qui mettait en cause l’ancien garde des Sceaux Darlan et Joseph Reinach. celui-ci donne au Rappel une longue interview où il énumère les démarches faites par lui, dans l'affaire Dreyfus, depuis le mois de décembre 1894. Il pensait en effet, dès lors, que Dreyfus était victime d’une erreur judiciaire. Il demanda à Mercier, pour le procès, « le huis-clos du Champ-de-Mars ». Il vit, avant le jugement, le président du conseil Dupuy et le président de la République Casimir-Perier. Dans l’été de 1897, il entretint, à Vichy, Darlan de la conviction de Scheurer-Kestner et de la sienne. En septembre, il demanda vainement à Lebon l'autorisation d'annoncer à Dreyfus que Scheurer-Kestner était convaincu de son innocence et résolu à lui faire rendre justice. (Voir, au 15 septembre 1897, la lettre de Joseph Reinach à Scheurer-Kestner. Voir, d’autre part, dans /e Temps daté du 19 janvier, l'interview de Darlan. Cf. une autre interview de Joseph Reinach, dans le Temps daté du 16 avril.)
— Le groupe d’action républicaine de la Jeunesse rennaise vote un ordre du Jour contre « la réaction antisémite cléricale ».
19. — Chambre criminelle. Dépositions Moch, Lanquety, Ducros et Hartmann. (Cass. : Z, 508, 514, 515, 518.)
— Enquête Mazeau. Déposition du général Chanoiïne,
— Au Sénat :
M. de Chamaillard développe une interpellation relative au règlement de juges dans l'affaire Picquart. L'ordre du jour accepté par le gouvernement est voté par 212 voix contre 98.
. — André Vervoort assigne Le Siècle en diffamation à raison du supplément illustré: Les Mensonges de la Photographie.
— La Ligue de la Patrie française tient, à la salle de la Société d’horticulture, sa première assemblée générale, sous la présidence de François Coppée. Conférence de Jules Lemaître. Nomination du comité définitif.
— M°° Henry fait notifier à Joseph Reinach, au gérant du Siècle et au procureur général, la liste de ses témoins.
20. — Chambre criminelle. Suite de la déposition Paléologue. (Cass. : 1, 394.)
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