‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 15 sur 244 · Lettre de Dreyfus au ministre de l'Intérieur · texte numérisé non relu

Lettre de Dreyfus au ministre de l'Intérieur

Monsieur le Ministre, J'ai été condamné pour le crime le plus infâme qu’un soldat puisse commettre, et je suis innocent.

Après ma condamnation, j'étais résolu à me tuer. Ma famille, mes amis m'ont fait

PÈRES Janvier 1895.

comprendre que moi mort, lout était fini, mon nom, ce nom que portent mes chers enfants, déshonoré à jamais.

Il m'a donc fallu vivre!

Ma plume est impuissante à vous retracer le martyre que j'endure; votre cœur de Français vous le fera sentir mieux que je ne saurais le faire.

Vous connaissez, Monsieur le Ministre, la lettre missive qui a constitué l’accusation formulée contre moi.

Cette lettre, ce n’est pas moi qui l’ai écrite.

Est-elle apocryphe?.. A-t-elle été réellement adressée, accompagnée des documents

ui y sont énumérés”? A-t-on imité mon écriture, en vue de me viser spécialement ?.… Ou bien n’y faut-il voir qu’une similitude fatale d'écriture?

Autant de questions auxquelles mon cerveau seul est impuissant à répondre.

Je ne viens vous demander, Monsieur le Ministre, ni grâce ni pitié, mais justice seulement.

Au nom de mon honneur de soldat qu'on m'a arraché, au nom de ma malheureuse femme, au nom enfin de mes pauvres enfants, je viens vous supplier de faire poursuivre les recherches pour découvrir le véritable coupable.

31. — Adoption, sans discussion, du projet de loi qui adjoint les îles du Salut à la presqu'ile Ducos, comme lieu de déportation. (Loi du 9 février 1895, insérée au Journal officiel du 12.

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