‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 170 sur 244 · Le Matin publie un article d'Esterhazy · texte numérisé non relu

Le Matin publie un article d'Esterhazy

45. — Le Temps publie le résultat de ses recherches sur les conditions où furent communiquées aux juges de Dreyfus les pièces secrètes, et sur les circonstances de la condamnation.

0 —— Mai 1899.

— Le colonel Picquart demande à la Chambre des mises en accusation d’ordonner un supplément d'enquête sur la falsification dont le petit bleu fut l’objet après son départ du ministère. (Temps daté du 17 mai.)

— M. Paléologue écrit au directeur de ?’Éclair :

Monsieur,

Je ne peux laisser passer sans protestation votre article d'hier : je vous serai donc obligé d'insérer la présente lettre.

Tout d’abord, une rectification de texte s'impose. Dans ma lettre du 29 avril au général Chamoin, vous placez sous ma plume ces mots : « Je ne fais aucune difficulté de vous avouer. » J'ai écrit : « Je ne fais aucune difficulté de vous déclarer. » La différence est grande, car l’aveu suppose une dissimulation antérieure, et je n’avaisrien dissimulé.

Quant aux accusations générales que vous me reprochez d’avoir formulées contre le ministère de la Guerre, je vous défie d'en relever une seule dans mes dépositions. Je n'ai cessé, au contraire, d’aflirmer à la Cour de cassation que l’État-Major, dans son ensemble, ne pouvait être tenu pour responsable des actes irréguliers que l’examen du dossier diplomatique a révélés. Toutes les fois que les faits exposés auraient pu être injustement exploités contre un officier, je me suis appliqué à le mettre hors de cause. Mes déclarations du 21 avril (que vous vous êtes abstenu de publier) auraient

rouvé à vos lecteurs le scrupule que j'ai apporté à cette partie de ma tâche. Et, le jour où, déférant aux pressantes instances du général Chamoiïn, j'ai consenti à préciser les responsabilités qui me semblaient engagées, je l'ai fait avec un souci évident de laisser aux personnes visées la possibilité d’être disculpées.

Veuillez comparer mes dépositions à celles de tel officier incriminant un de ses frères d’armes, et vous reconnaiîtrez que ce n’est pas au quai d'Orsay que les ageñts du ministère de la Guerre ont trouvé le moins de garanties pour leur honneur et leur réputation.

Agréez, monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

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