‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 18 sur 244 · Lettre de Dreyfus à du Paty de Clam · texte numérisé non relu

Lettre de Dreyfus à du Paty de Clam

Mon commandant,

Après ma condamnation, vous êtes venu me trouver, délégué par M. le Ministre de la Guerre. Je vous ai déclaré encore que j'étais innocent et que je n'avais pas écrit la lettre qu’on m'impuiait.

Vous m'avez alors promis, au nom de M. le Ministre, de faire poursuivre les recherches; vous m'avez en outre promis, en votre nom propre, de me prévenir dès qu'il se produirait un fait quelconque apportant un doute sur ma culpabilité.

Parole dite est parole sacrée pour un soldat. Fort de mon innocence, j'attends donc

la réalisation de vos promesses.

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- 45 — Juin 1895.

16. — Date d'une lettre adressée, d’un port italien, par une dame étrangère, à un agent secret du ministère des Affaires étrangères, et dans laquelle se trouve ce passage :

La vérité est qu'il (le major Z...) va deux fois par année à Toulon, Breste (sic) et Hâvre et qu'il est ami depuis quatre ans du ex-capitaine Dreyfus; voilà la pure vérité.

Il y a chez le C. C. C. (un oflicier supérieur italien) deux lettres de Dreyfus écrite (sic) à l’adresse du major avec la date 22 décembre 1892 et une lettre avec la date de mai 4893. Les deux lettres en question, le C. C. C. as (sic) chez lui dans son bureau.

L'agent transmit cette lettre au ministère des Affaires étrangères avec une note commencant ainsi :

Après bien des hésitations, je me décide à communiquer cette lettre, mais sous les plus expresses réserves.

Les Affaires étrangères communiquèrent le document à la Guerre le 2 juillet 1895. (Cass. : dép. Paléologue, 1, 397-396.)

Voir les lettres échangées entre le garde des Sceaux Lebret, le ministre des Affaires étrangères Delcassé et le premier président Mazeau du 26 avril au 6 mai 1809 (Cass, : ZI, 335, 336) et la note de l'agent secret des Affaires étrangères, du 3 mai 1899, affirmant « qu'aucune créance ne saurait être accordée aux correspondances » de cette dame. (Cass. : 11, 550, 357.)

Gonse, dans une lettre au premier président, du 13 mai 1899, dit que ce document a été remis à Picquart le 2 juillet 1895; à cette date, le général était absent de Paris; ni lui, ni aucun des officiers du bureau des renseignements ne fut informé par Picquart; aucune trace de la communication ne fut gardée au service. (Cass. : 11, 356, 357.)

Antérieurement à cette lettre, Judet, dans le Petit Journal du 21 avril 1899, avait insinué que Picquart avait « dérobé la lettre accusatrice ». (Voir, au 22 avril 1899, le développement de ces attaques contre Picquart.)

L'incident est élucidé par les dépositions Paléologue. (Cass. : 1, 397, 398); Delaroche-Vernet (RENNES, 1, 52-55) et Picquart (RENNES, /, 268-370.) Cf. la déposition de Picquart (Cass. : 7, 476.)

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RU Juillet-Août 1895.

4. — Picquart est nommé chef du bureau de là statistique (bureau des renseignements) au ministère de la Guerre. (Cass. : dép. Picquart, 1, 137,142: IT, 207 ; dép. de Galliffet, T, 215).

Le général Dumont donne juin 1895 comme date de la nomination de Picquart. (Cass..: IT, 150.)

Boisdeffre, dès sa nomination, dit à Picquart : « L'affaire Dreyfus n’est pas finie; elle ne fait que commencer. » Picquart ajoute :

Et il m'invita à nourrir le dossier en faisant des recherches sur les points qui étaient restés absolument obscurs jusque-là; et ces points étaient les raisons qui avaient pu déterminer Dreyfus à trahir.

(Cass. : dép. Picquart, I, 142; 11, 263 (erreur : lire juillet au lieu de janvier, ligne 306). (Renwes, dep. Picquart, 1, 384.)

Par contre, Sandherr, qui quitte le bureau des renseignements, dit à Picquart, en lui indiquant l'endroit où était enfermé le dossier secret, qu'il vaudrait mieux, selon lui, ne plus parler de l'affaire Dreyfus. (Cass. : dép. Picquart, I, 147; RENNES, 1, 584.)

2. — Le secrétaire d'ambassade Delaroche-Vernet communique au ministère de la Guerre la lettre du 16 juin 1895. (Voir à cette date et au 22 avril 1899.)

— Le lieutenant-colonel Cordier quitte le bureau des renseignements. (Cass. : dép. Cordier, 1. 295.)

7. — Esterhazy demande, par lettre, au capitaine d'artillerie Le Rond des renseignements sur des questions relatives à l’arüllerie. (Cass. : dép. Le Rond, 1, 617-622.)

3. — l’rocès intenté à /a Libre Parole et à la Nouvelle Revue, par M. Émile Weyi, ancien officier de marine. rédacteur au Journal des Débats.

— Yi — Octobre-Décembre 1895.

Sans date. — Une pièce « Dreifus Bois... » de l'écriture de Schwartzkoppen arrive au ministère de la Guerre par la voie ordinaire. (Cass. dép. Roget, E, 65 ; dép. Picquart, I. 177.).

4. — Lettre du général Faure-Biguet à Esterhazy. Il l’assure « de sa sympathie toute particulière » ; «elle n’a fait, ajoute-t-1l, que se confirmer par la connaissance que J'ai acquise de l'élévation de vos sentiments ». (Les dessous de l'A fjaire Dreyfus, appendice.)

28. — Un memento de Schwartzkoppen (pièce 83 du dossier secret) parvient au service des renseignements, (Cass. : dép. Cuignet, 1, 370.)

Fin 4895. — Époque primitivement attribuée au petit bleu par le commandant Lauth, chargé de le reconstituer. Plus tard il dit : « à un mois près ». (Cass. : dép. Picquart, I, 148.)

— Voir les lettres de Dreyfus à sa femme et à ses enfants au cours de l’année 1895 dans les Lettres d’un innocent, p. 45-160.

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